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Cnéius Julius Agricola

dimanche 2 juin 2019, par ljallamion

Cnéius Julius Agricola (38-93)

Général romain

Photo de la statue de Gnaeus Julius Agricola érigée en 1894 aux thermes romains, prise le 22 mars 2006 par AutrucheNé à Fréjus [1], en Gaule. Son père, Julius Grécinus, fut mis à mort, sous le règne de Caligula, pour avoir répondu par un refus à l’ordre, venu de l’empereur, d’accuser Silanus. C’est sous l’oeil de sa mère, Julia Procilla, que grandit Agricola ; dès son enfance, il fut élevé à Marseille. Dans les écoles de la cité phocéenne, il prit un goût très vif pour la philosophie, mais il négligea bientôt ses études de jeunesse pour entrer dans la carrière des armes. Il fit l’apprentissage de la guerre en Bretagne [2] dans les légions de Caius Suetonius Paulinus , sous le règne de Néron.

Il y acquit une profonde connaissance du pays et des mœurs des habitants dont il fit son profit quand il retourna dans cette île, comme chef d’armée.

Après ses débuts militaires, Agricola revint à Rome et se maria avec Domitia Decidiana . De ce mariage devait naître une fille, qui fut la femme de Tacite. II commença la carrière des honneurs par l’exercice de la questure [3] en Asie et se fit remarquer par son intégrité.

Ensuite tribun, puis préteur [4], il garda un rôle assez effacé pour ne pas irriter les jalousies de Néron. Galba, lors de son court passage sur le trône, en 68, chargea Agricola, de faire rentrer dans les temples tous les dons qui avaient été dérobés.

Avec le règne de Vespasien, Agricola commence à jouer un rôle plus important. Il avait embrassé l’un des premiers le parti du nouvel empereur. Il en fut récompensé par le commandement de la vingtième légion, cantonnée en Bretagne. II prit part aux différentes expéditions du légat consulaire, Pétilius Cérialis, et se signala par ses succès. Au retour de ce commandement, Vespasien lui donna le gouvernement de l’Aquitaine. C’était une charge importante qui menait au consulat. En effet, moins de 3 ans après, il fut rappelé de sa province pour être nommé consul en 77. C’est alors que sa fille fut fiancée à Tacite ; le mariage se fit après son consulat.

En même temps, Agricola recevait de Vespasien la dignité de pontife et le gouvernement de la Bretagne. A peine arrivé dans sa province, le nouveau gouverneur se signala par une attaque heureuse contre les Ordovices [5], au centre du pays de Galles, ce dernier succès frappa les Bretons de stupeur, car les légionnaires franchirent à la nage le petit bras de mer qui les séparait de l’ennemi et pénétrèrent ainsi dans cette île dont les habitants se croyaient insaisissables. La douceur et l’habileté du gouvernement d’Agricola ne firent pas moins que ses victoires ; peu à peu, les habitudes romaines s’introduisirent, la toge même devint à la mode.

La 4ème année de son commandement, Agricola fit une reconnaissance militaire au nord de l’île et il établit une série de postes fortifiés sur l’isthme, large de 30 milles, qui s’étend entre les deux mers, du golfe de la Clyde [6] à celui du Forth [7], là même où devait s’élever plus tard le mur d’Antonin [8].

Puis il entreprit une attaque contre la Calédonie [9], en s’avançant par terre jusqu’aux monts Grampians [10], tandis que la flotte romaine longeait la côte. Les Calédoniens et leur chef Calgacos vinrent au-devant de lui pour lui livrer bataille. Ils furent vaincus, malgré leur courage. Agricola cependant ne voulut pas pousser plus loin sa marche en avant, les légions rentrèrent dans leurs retranchements. Quant à la flotte, elle alla reconnaître la pointe septentrionale de l’île et rejoignit ensuite l’armée de terre.

La légation de Bretagne ne durait d’ordinaire que trois ans. Agricola eut la faveur d’y rester 7 ans, jusqu’en 85.

Agricola, de retour à Rome, resta assez longtemps dans sa retraite ; il n’en sortit que pour refuser de participer au tirage au sort des provinces d’Afrique et d’Asie, pour ne pas provoquer la jalousie impériale.

II mourut à l’âge de 56 ans ; sa mort fut entourée de mystère, on l’attribuait au poison, mais Tacite ajoute qu’il ne peut rien affirmer avec certitude.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de (G. L.-G.)/Encyclopédie Imago Mundi/ Agricola (Cnéius Julius)/

Notes

[1] Fréjus est une commune française située dans le département du Var. Capitale du Fréjurès, elle est située sur la rive de la mer Méditerranée, à l’embouchure de l’Argens et du Reyran, c’est le chef-lieu du canton de Fréjus, le siège associé du diocèse. À l’origine nommée Forum Julii, la place (publique) de Jules (sous-entendu César), ville romaine fondée en 49 av. jc pour s’opposer à la toute-puissance de Massilia, puis colonie voulue par Auguste en 27 av. jc sous le nom de Colonia Octavanorum pour accueillir les vétérans de la Legio VIII Augusta. Équipée sous Tibère, elle déclina jusqu’au 4ème siècle, date de la constitution de l’évêché, deuxième de France après Lyon.

[2] La Britannia désignait la province romaine qui couvrait l’Angleterre, le pays de Galles et le sud de l’Écosse du 1er au début du 5ème siècle. Pour les Romains, la Britannia constituait « la terre la plus écartée et le dernier boulevard de la liberté » ; d’après l’écrivain Tacite

[3] Dans la Rome antique, les questeurs sont des magistrats romains annuels comptables des finances, responsables du règlement des dépenses et de l’encaissement des recettes publiques. Ils sont les gardiens du Trésor public, chargés des finances de l’armée et des provinces, en relation avec les consuls, les promagistrats et les publicains. Maintenue sous le Haut Empire avec son rôle comptable, cette fonction se réduit sous le Bas-Empire à une magistrature honorifique et coûteuse exercée uniquement à Rome.

[4] Le préteur est un magistrat de la Rome antique. Il était de rang sénatorial, pouvait s’asseoir sur la chaise curule, et porter la toge prétexte. Il était assisté par 2 licteurs à l’intérieur de Rome, et 6 hors du pomerium de l’Urbs. Il était élu pour une durée de 1 an par les comices centuriates. La fonction de préteur fut créée vers 366 av. jc pour alléger la charge des consuls, en particulier dans le domaine de la justice. Le premier préteur élu fut le patricien Spurius Furius, le fils de Marcus Furius Camillu. Égal en pouvoir au consul, auquel il n’a pas de compte à rendre, le préteur prêtait le même serment, le même jour, et détenait le même pouvoir. À l’origine, il n’y en avait qu’un seul, le préteur urbain, auquel s’est ajouté vers 242 av. jc le préteur pérégrin qui était chargé de rendre la justice dans les affaires impliquant les étrangers. Cette figure permit le développement du ius gentium, véritable droit commercial, par contraste avec le ius civile applicable uniquement aux litiges entre citoyens romain. Pour recruter, pour former ou pour mener des armées au combat ; sur le terrain, le préteur n’est soumis à personne. Les préteurs ont aussi un rôle religieux, et doivent mener des occasions religieuses telles que sacrifices et des jeux. Ils remplissent d’autres fonctions diverses, comme l’investigation sur les subversions, la désignation de commissionnaires, et la distribution d’aides. Lors de la vacance du consulat, les préteurs, avant la création des consuls suffects, pouvaient remplacer les consuls : on parle alors de préteurs consulaires.

[5] Les Ordovices étaient un puissant peuple celte brittonique de l’île de Bretagne (actuelle Grande-Bretagne), avant l’occupation romaine. Ils nous sont notamment connus par les textes de Tacite (La vie d’Agricola) et Ptolémée (Géographie). Leur territoire était situé dans l’actuelle région du Pays de Galles entre celui des Silures et des Demetae au sud, des Cornovii à l’est et celui des Deceangli et des Gangani au nord. L’île de Mona (Anglesey) hébergeait alors un important sanctuaire druidique

[6] La Clyde est un fleuve majeur d’Écosse au Royaume-Uni, débouchant dans le Firth of Clyde.

[7] Le Forth est un des principaux fleuves d’Écosse. Long de 47 km, il prend sa source au loch Ard dans le Parc national des Trossachs et du Loch Lomond, à l’ouest de Stirling. Il coule ensuite vers l’est à travers la ville de Stirling. À partir de Stirling, le fleuve s’élargit et commence à subir l’influence de la marée. C’est d’ailleurs à cet endroit qui se situe le dernier passage à gué. Il continue ensuite toujours plus à l’est, jusqu’à Kincardine où commence alors l’estuaire du Firth of Forth au bord duquel se trouve Édimbourg.

[8] Le mur d’Antonin est une muraille que l’empereur Antonin le Pieux fit construire vers 140 en Bretagne (Grande-Bretagne) par Quintus Lollius Urbicus entre le Firth of Forth et la Clyde (Écosse) et qui « doublait » au Nord la fortification (mur d’Hadrien) déjà édifiée par son père adoptif Hadrien. Il fut submergé par les invasions barbares pictes (territoire de l’Ecosse actuelle) à la fin du 2ème siècle.

[9] l’Ecosse actuelle

[10] Les monts Grampians sont l’une des trois principales chaînes de montagne d’Écosse. Ils dominent les plateaux de gneiss et de granites des massifs du sud et s’élèvent entre la vallée glaciaire et lacustre du Glenmore et la dépression qui unit les firths du Forth et de la Clyde. Ils constituent la région la plus élevée des îles Britanniques et contiennent leur point culminant : le Ben Nevis (1 345 m).