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Léodamas d’Acharnes

vendredi 1er février 2019, par ljallamion

Léodamas d’Acharnes

Orateur attique du 4ème siècle av. jc

Bataille de Leuctres. Premier mouvement : la charge de la cavalerie thébaineOriginaire du dème [1] d’Acharnes [2], au nord d’Athènes, élève d’Isocrate, très peu de choses sont connues de cet auteur. Il a joui d’une grande réputation et fut maître d’Eschine. Quelques titres de discours ont été conservés : “Contre Thrasybule et Contre Callisthène”.   Il intenta en 366 av. jc un procès politique à Callistratos et à Chabrias après la perte d’Oropos [3]. Dans les débats concernant la politique extérieure d’Athènes, Callistratos et son entourage pensaient qu’il y avait plus à se méfier de Thèbes [4] que de Sparte [5], après sa défaite à Leuctres [6], alors que Léodamas et Aristophon d’Azénia étaient du parti pro-thébain.   Mais Callistratos fut acquitté et put poursuivre sa politique jusqu’à ce qu’un nouveau procès en ostracisme [7], vers 362/361 av. jc, le contraigne à l’exil.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Pierre Pellegrin (dir.), Aristote : Œuvres complètes, Éditions Flammarion, 2014, 2923 p. (ISBN 978-2081273160)

Notes

[1] Le dème ou demos est une circonscription administrative de base instaurée lors de la révolution isonomique de Clisthène (personnage politique grec) qui eut lieu de 508 à 507 av jc à Athènes. Le dème est directement lié à la marche d’Athènes vers la démocratie.

[2] Dans la Grèce antique, Acharnes est le plus vaste des dèmes d’Attique, situé au pied du mont Parnès, à 60 stades au nord d’Athènes, en territoire de la tribu des Œnéides. Un policitien du 5ème siècle av. jc, Phéax, un membre du parti aristocrate, adversaire d’Alcibiade, vient de ce dème.

[3] Oropos est une ville portuaire de l’Attique située à la frontière de la Béotie. Au 4ème siècle av. jc, le philosophe Dicéarque parle, dans sa correspondance avec son condisciple Théophraste de la cité d’Oropos, dont les habitants commettent des vols, de l’ostentation des Platéens, de l’esprit de contradiction des Thespiens, de l’obséquiosité des habitants de Coronée ou bien encore de la stupidité des habitants d’Haliarte

[4] Thèbes est une ville grecque de Béotie, siège d’un dème. Elle fut dans l’antiquité l’une des principales cités de Grèce, et était liée à de très nombreux mythes antiques.

[5] Sparte ou Lacédémone est une ancienne ville grecque du Péloponnèse, perpétuée aujourd’hui par la ville moderne du même nom. Située sur l’Eurotas, dans la plaine de Laconie, entre le Taygète et le Parnon, elle est l’une des cités États les plus puissantes de la Grèce antique, avec Athènes et Thèbes. Sparte se distingue des autres cités par un modèle social où la minorité des Homoioi (les « semblables ») exerce à plein temps la citoyenneté tandis que l’activité économique est assurée par les Périèques, population libre mais non citoyenne, et par les Hilotes, dont le statut s’apparente à celui des serfs du Moyen Âge occidental. L’éducation est obligatoire, collective et organisée par la cité : elle vise à former des soldats disciplinés, efficaces et attachés au bien de la cité. De fait, l’armée spartiate est renommée comme la plus puissante du monde grec.

[6] La bataille de Leuctres (un lieu-dit de Béotie, situé au sud-ouest de Thèbes, non loin de Thespies) a lieu le 6 juillet 371 av. jc, et voit la victoire des Thébains, conduits par le béotarque Épaminondas, qui infligent une sévère défaite aux Spartiates du roi Cléombrote II.

[7] L’ostracisme était un vote par lequel l’Ecclésia (l’assemblée des citoyens) prononçait le bannissement de l’un de ses citoyens, dont le nom était inscrit sur un tesson de céramique désigné par le terme ostrakon, signifiant coquille d’huître. Durant la période de bannissement, l’Ecclésia conservait ces tessons, ostraca, où figuraient les noms des exilés. Athènes et quelques autres cités, au 5ème siècle av. jc, ont instauré une institution qui permettait de bannir pendant dix ans un citoyen, sans que celui-ci perdît ses biens. C’était une mesure d’éloignement politique, un simple vote de défiance à l’égard d’un citoyen influent soupçonné d’aspirer au pouvoir personnel : ce n’était pas une peine judiciaire, cette sanction n’étant pas une condamnation pénale : elle ne s’accompagnait pas de peine pécuniaire, et les droits civiques étaient conservés. Cette importante institution apparaît donc marquée d’un esprit d’humanité tant dans la procédure suivie que dans la peine prononcée