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Thascius Caecilius Cyprianus dit Cyprien de Carthage ou Saint Cyprien

samedi 10 juin 2017 (Date de rédaction antérieure : 15 août 2011).

Thascius Caecilius Cyprianus dit Cyprien de Carthage ou Saint Cyprien (vers 200-258)

Evêque de Carthage

Il naît en Afrique du Nord de parents païens, très probablement berbères. Il fait d’abord une carrière de rhéteur à Carthage. Il professe la rhétorique et se convertit assez tard au christianisme.

Il devient prêtre puis, en 248 ou 249, évêque de Carthage [1]. Pendant la persécution de Dèce il resta loin de Carthage, cette fuite, qu’on lui reprocha, aggrava les difficultés qu’il eut à résoudre, révolte des confesseurs, problème de la réconciliation des lapsi [2], éclatement de schismes à ce sujet en Afrique et à Rome, où Novatien choisit la sévérité et fonda une Église dissidente promise à un long avenir. La mort de Dèce en 251 lui apporta quelques années de répit, malgré les menaces de persécution et la survenue d’une épidémie.

En 255 commencent les démêlés avec Étienne, évêque de Rome, affaire de 2 évêques espagnols apostats, imprudemment, à ses yeux, réhabilités par le pape, affaire de Marcianus d’Arles, novatianiste [3], qu’il demande à Étienne d’écarter de la communion, dispute relative à la validité du baptême donné par les hérétiques.

Quand parut le premier édit persécuteur de Valérien, Cyprien fut exilé en août 257, un an après, revenu dans sa ville épiscopale, il y fut, en vertu du second édit, décapité le 14 septembre 258 avec plusieurs de ses compagnons ecclésiastiques, dont Flavien de Carthage .

Il a écrit en latin de nombreux traités ainsi que des lettres. Leur objet et leur but etaient de défendre le christianisme et de soutenir la foi des chrétiens.

Les lettres de saint Cyprien sont des documents historiques précieux, notamment pour comprendre l’évolution du droit ecclésiastique. Le traité De l’unité de l’Église catholique “De Catholicae Ecclesiae unitate” publié en 251 est l’une de ses œuvres clés, saint Cyprien n’ayant de cesse de rappeler l’unité de l’Église. Il met en garde ses contemporains chrétiens contre l’orgueilleuse tentation de créer une église parallèle à la grande Église. Cela n’aboutirait à rien car personne ne peut se sauver en dehors de l’Église.

Il fut enterré à Carthage, dans le cimetière de Macrobius Candidianus, à la rue des Mappales [4].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de histoire de Cyprien de Carthage, La Vertu de la Patience, Paris, Le Laurier, 2004 (ISBN 9782864952053)

Notes

[1] L’archidiocèse de Carthage est un siège épiscopal de l’Église catholique, anciennement territorial et aujourd’hui titulaire (in partibus), situé à Carthage en Afrique du Nord (aujourd’hui en Tunisie). Le diocèse de Carthage est érigé à la fin du 2ème siècle. Agrippin en est le premier évêque connu. Les plus grands écrivains chrétiens de cette époque y vivaient, comme par exemple Tertullien. Une floraison de martyrs a lieu au 3ème siècle, dont se détachent les figures de sainte Perpétue et sainte Félicité et de saint Cyprien. À cette époque, Carthage était le siège épiscopal le plus important de la province romaine d’Afrique (Afrique du Nord) et l’évêque de Carthage devint le primat et l’évêque métropolitain de fait de l’Afrique proconsulaire, de la Byzacène, de la Numidie, de la Tripolitaine et de la Mauritanie (même si dans les seules provinces, le privilège primatial était donné à l’évêque le plus ancien de la province). Le titre honorifique de patriarche fut aussi attribué à l’évêque de Carthage, toujours obéissant à Rome, à l’exception de l’épisode des relaps où Carthage était en faveur du rigorisme. Au 4ème siècle, le diocèse est travaillé par la diffusion de diverses hérésies : le donatisme, l’arianisme, le manichéisme et le pélagianisme. Les donatistes eurent même leur hiérarchie parallèle pendant une courte période. L’invasion des Vandales à la fin du siècle donne le signal à une période d’oppression contre l’Église à laquelle met fin la conquête byzantine en 533. Cependant les empereurs donnent leur appui à des hérésies, telles que le monothélisme et surtout l’iconoclasme. Les évêques de Carthage, fermes défenseurs de l’orthodoxie, sont exilés. Carthage est un siège important de l’Église latine, jusqu’à ce que la conquête des Arabo-musulmans lui porte un premier coup en 698 qui lui sera fatal ; en effet, Carthage va rapidement décliner. Le christianisme y met cependant 4 siècles à disparaître complètement. Le nom de deux derniers évêques est encore cité au 11ème siècle. Le dernier en 1076.

[2] Au cours des premiers siècles du christianisme, un lapsus, au pluriel lapsi, est un chrétien qui a renié sa foi par peur des persécutions.

[3] L’Église novatianiste, proche d’autres mouvements postérieurs comme le donatisme et le mélécisme, qui, au 4ème siècle, s’interrogent sur l’attitude à avoir face aux repentis.Elle perdure pendant 2 siècles, avec son propre clergé, se confondant à partir du milieu du 4ème siècle avec le donatisme.

[4] principe ! cimetière chrétien de Carthage au IIIème siècle