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L’histoire pour le plaisir

Myron

mardi 23 mai 2017

Myron (vers 485 av.jc- vers 420 av. jc)

Sculpteur grec

Né à Éleuthères [1] en Attique [2], dans la première moitié du 5ème siècle av. jc, est l’un des plus célèbres sculpteurs grecs. Il est l’auteur de nombreuses statues d’athlètes, la plus connue étant le “Discobole”.

Selon la tradition, il part à Argos [3] pour devenir le disciple d’Agéladas, qui avait déjà eu Phidias comme élève. Myron a pour condisciple Polyclète, dont il devient rapidement le rival. Il reprend de son maître l’intérêt pour la représentation de la musculature et du mouvement.

Ses premières œuvres connues sont des statues d’athlètes : une statue du coureur spartiate Chionis, vainqueur aux Jeux olympiques et une du boxeur Philippe de Pellana.

Avant 457, la cité d’Égine [4] lui commande un xoanon [5] de la déesse Hécate. Il réalise également un portrait du coureur Ladas, représenté courant sur la pointe des pieds. Il exécute un portrait de Timanthe de Cléonai, vainqueur olympique du pancrace en 456 av. jc, que l’on pense reconnaître dans le type de l’Athlète d’Amelung, représentant un athlète en train de nouer un bonnet à brides sur sa tête.

Myron rompt avec son maître peut-être vers 450 av. jc, au moment où Myron réalise son œuvre la plus connue, “le Discobole”, et Polyclète son “Doryphore”.

Myron s’établit à Athènes, cependant que Polyclète reste à Argos. Il continue à produire des statues d’athlètes, mais réalise également des effigies de divinités et d’animaux pour des commanditaires béotiens, d’Asie mineure, siciliens et athéniens. Sa dernière création est peut-être sa statue de vache, qui est sans doute l’œuvre la plus connue de Myron sous l’Antiquité et dont de nombreuses épigrammes vantent le réalisme.

Myron vit vieux et riche : selon la tradition, il fréquente l’hétaïre [6] la plus coûteuse de son époque, Laïs. Il meurt probablement vers 420 av. jc.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Marion Muller-Dufeu, La Sculpture grecque. Sources littéraires et épigraphiques, Paris, éditions de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts, coll. « Beaux-Arts histoire »,‎ 2002

Notes

[1] La forteresse d’Éleuthères : Elle commande la route, toujours très fréquentée, qui joint Thèbes à Éleusis. Ses hautes murailles aux tours carrées sont en excellent état. Elles forment un quadrilatère allongé, pourvu de quatre portes.

[2] L’Attique est la région qui entoure Athènes. L’Attique s’est d’abord appelée Mopsopie L’Attique est découpée en 139 dèmes et parallèlement, en trois grands secteurs : la ville, la côte et l’intérieur. Les dèmes sont regroupés en trittyes qui elles-mêmes sont regroupées trois par trois, une de chaque secteur, pour constituer une tribu. Durant l’Antiquité, il s’agissait de l’une des plus importantes régions productrices d’huile d’olive ; huile qui était ensuite exportée par exemple vers l’Étrurie. La céramique d’Attique au 6ème siècle av. jc connaît également un certain succès.

[3] Argos est une ville d’Argolide dans le Péloponnèse, située près de Nauplie. Située au pied de deux acropoles remontant à l’antiquité Argos fut définitivement éclipsée par Sparte à partir du 6ème siècle av. jc. Elle ne participa pas aux guerres médiques. La rivalité avec Sparte explique qu’Argos ait adopté systématiquement un parti anti-laconien pendant la guerre du Péloponnèse, soit en restant neutre, soit en s’alliant à Athènes. La bataille de Mantinée, en 418 av. jc, finit par convaincre Argos de s’allier avec Sparte. Elle rompit cependant son traité au début de la guerre de Corinthe, en 395 av. jc. Pyrrhus s’attaqua à Argos en 272 avant notre ère, au cours de sa guerre contre le Macédonien Antigone II Gonatas. Il y fut tué, en recevant une tuile lancée depuis un toit par une vieille femme.

[4] Égine est une île grecque du golfe Saronique. Ses habitants sont les Éginètes. L’île est célèbre pour son temple d’Aphaïa, un des trois temples du triangle sacré Parthénon, Sounion, Aphaïa. Elle fut longtemps une grande rivale d’Athènes, dans l’Antiquité. Égine fut une des premières cités maritimes et commerçantes de la Grèce antique : elle eut la première marine de Grèce et fut la première cité à battre monnaie.

[5] Un xoanon est une statue en bois, dédiée au culte à l’époque archaïque en Grèce, souvent aniconique.

[6] Une hétaïre est, dans la Grèce antique, une femme éduquée et de haut niveau social qui offre compagnie et services sexuels, souvent de manière non ponctuelle.