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Polyclète

jeudi 19 mars 2015

Polyclète

Sculpteur grec du premier classicisme 5ème siècle av. jc

Bien que Polyclète soit l’un des artistes antiques les plus souvent mentionnés par les textes anciens, sa vie est très mal connue. Sur la base des œuvres qui sont attribuées, sa période d’activité s’étendrait de 460 à 420 av. jc.

Pline l’Ancien mentionne son floruit [1] lors de la 90ème olympiade, c’est-à-dire en 420-417 av. jc, date qui correspond vraisemblablement à la statue de culte chryséléphantine d’Héra à Argos [2].

Pline indique qu’il est originaire de Sicyone [3], dans le Péloponnèse, mais toutes les autres sources, notamment des inscriptions, le mentionnent comme argien.

Selon la tradition, il est l’élève d’ Agéladas , tout comme ses contemporains Myron et Phidias. Il fonde ensuite à Argos un atelier. Parmi ses disciples, Pline cite Asopodoros d’Argos, Alexis, Aristéidès, Phrynon, Athénodoros et Déméas de Cleitor.

Polyclète a peut-être travaillé à Athènes. Parmi les indices figurent la réalisation d’un portrait de l’ingénieur Artémon , l’influence du Doryphore sur une figure de la frise du Parthénon et le fait que Socrate le cite à deux reprises dans ses propos.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Marion Muller-Dufeu, La Sculpture grecque. Sources littéraires et épigraphiques, Paris, éditions de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts, coll. « Beaux-Arts histoire »,‎ 2002

Notes

[1] apogée

[2] Argos est une ville d’Argolide dans le Péloponnèse, située près de Nauplie. Située au pied de deux acropoles remontant à l’antiquité Argos fut définitivement éclipsée par Sparte à partir du 6ème siècle av. jc. Elle ne participa pas aux guerres médiques. La rivalité avec Sparte explique qu’Argos ait adopté systématiquement un parti anti-laconien pendant la guerre du Péloponnèse, soit en restant neutre, soit en s’alliant à Athènes. La bataille de Mantinée, en 418 av. jc, finit par convaincre Argos de s’allier avec Sparte. Elle rompit cependant son traité au début de la guerre de Corinthe, en 395 av. jc. Pyrrhus s’attaqua à Argos en 272 avant notre ère, au cours de sa guerre contre le Macédonien Antigone II Gonatas. Il y fut tué, en recevant une tuile lancée depuis un toit par une vieille femme.

[3] Sicyone était une cité grecque du Péloponnèse, située sur un plateau, non loin du golfe de Corinthe. Elle était réputée être l’une des plus anciennes cités de Grèce. Elle était connue auparavant sous les noms d’Égialée, puis de Méconé. C’est là que l’on plaçait le théâtre de l’invention du sacrifice par Prométhée. Son héros éponyme, Égialée, passait selon les versions pour le fils du dieu fleuve Inachos ou pour un autochtone. Sicyone fut fondée par les Ioniens au 20ème siècle av. jc. Elle fut prise lors de l’invasion des Doriens, et passa sous tutelle d’Argos. Elle atteint son apogée au 7ème siècle av. jc, sous une lignée de tyrans anti-Doriens. Parmi ceux-ci figurait Clisthène, grand-père du Clisthène qui réforma Athènes. Sicyone devint rapidement un grand centre culturel, notamment dans le domaine de la sculpture. Ses ateliers de bronze et de céramique étaient très réputés. Son école de sculpture forma tout au long de l’Antiquité de grands artistes comme Lysippe, Polyclète ou Scopas. C’est même dans cette cité que, pensaient les Grecs, la peinture avait été inventé. Après la chute des tyrans, la prospérité continua jusqu’à la fin du 6ème siècle av. jc. Sicyone tomba alors dans l’orbite de Sparte. Elle participa à la ligue du Péloponnèse contre Athènes dans la guerre du Péloponnèse. Ceci fut cause de sa prise par les Thébains en 369 av. jc. Elle fut détruite pendant l’époque hellénistique par Démétrios Poliorcète en 303 av.jc, et rebâtie non loin de là.