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L’histoire pour le plaisir

Charles II de Bourbon

mercredi 26 avril 2017 (Date de rédaction antérieure : 24 mars 2017).

Charles II de Bourbon (1433-1488)

Archevêque de Lyon de 1444 à 1488

Deuxième fils de Charles 1er de Bourbon et d’ Agnès de Bourgogne .

À la mort de l’archevêque Amédée de Talaru , les chanoines du chapitre cathédral tentent d’imposer au pape et au roi de France leur candidat : Jean III de Bourbon . Mais le pape Eugène IV tarde à envoyer la confirmation et Jean renonce de lui-même au poste en proposant Charles de Bourbon son neveu.

Le chapitre l’élit alors le 6 juin 1444 à l’âge de 11 ans. Mais le pape casse l’élection, au mépris de la pragmatique sanction [1], et impose Geoffroy de Vassali , alors archevêque de Vienne [2]. Ce dernier ne prend jamais possession de l’archevêché. En effet, la famille de Bourbon négocie avec lui et il renonce à son titre en octobre 1445. Le roi et le pape acceptent alors la candidature de Charles de Bourbon.

L’archevêché est administré pendant sa minorité par Jean Rollin , évêque d’Autun [3], de 1446 à 1447, puis par Jean Du Gué, évêque d’Orléans [4], de 1447 à 1449, et Jean de Bourbon , évêque du Puy [5], de 1449 à 1466. Ce dernier mandataire s’appuie pour la gestion du diocèse sur l’abbé de Belleville [6], Étienne de la Chassagne, qui est évêque in partibus.

En 1461, à l’avènement de Louis XI, il est fait abbé de Saint-Vaast, à Arras [7], et de saint-Austremoine, à Issoire [8].

Avant tout homme de cour, Charles de Bourbon reste toute sa vie un proche du roi, à la fois diplomate et conseiller. La multiplication des bénéfices, son poids politique important et son mécénat, montre qu’il n’appartient plus tout à fait au Moyen Âge, mais déjà en partie à la Renaissance.

Après le conflit de la ligue du Bien public [9], Louis XI l’envoie en 1466 auprès du pape Paul II , en tant qu’ambassadeur, avec Thibaud de Luxembourg .

En 1468, Charles de Bourbon est à Péronne [10] pour négocier la libération du roi auprès de Charles le Téméraire. Il est en effet, un parent de ce dernier par sa mère. L’année suivante, le 7 janvier 1469, il signe une lettre patente royale en tant que son conseiller, au Montilz-lèz-Tours [11], son principal château près de Tours. En 1470, il suit Louis XI à Liège et l’année suivante, il baptise son quatrième fils Charles et en est le parrain. Cette même année, il est fait prieur de Souvigny [12] et de Saint-Pourçain [13].

Lors de la préparation de la clôture définitive de la guerre de Cent Ans en 1475, l’archevêque est à l’abbaye de la Victoire [14] près de Senlis pendant la négociation avec Édouard IV d’Angleterre et François II de Bretagne. Avec le roi et son frère aîné Jean II de Bourbon, il arrive à Picquigny le 29 août pour le Traité de Picquigny [15]. Le 16 octobre, il signe ensuite dans l’abbaye une lettre patente royale pour rétablir la paix avec le duc François II de Bretagne.

De 1472 à 1476, il exerce également la charge de légat du pape à Avignon. Il n’y arrive cependant que le 23 novembre 1473. Le 23 mai 1474, le pape Sixte IV nomme son neveu Giuliano della Rovere en tant qu’évêque d’Avignon, puis 2 ans plus tard, légat. Cela provoque un conflit entre Louis XI et le pape, dégénérant à Avignon même entre l’armée royale et les troupes pontificales. Finalement, le 15 juin 1476, afin de résoudre cette difficulté, Louis XI accueille Giuliano della Rovere à Lyon, et Charles II de Bourbon accepte de perdre la légation. C’est la raison pour laquelle, en 1476, il devient administrateur de l’évêché de Clermont [16] et est créé cardinal par le pape Sixte IV.

Le 8 janvier 1476 encore, comme le premier rang du conseil du roi, il signe quatre lettres patentes dont une lettre concernant la liberté de l’Église gallicane, au château de Plessis-du-Parc-lèz-Tours.

Il semble qu’après avoir quitté Avignon, il suit de nouveau les itinéraires de Louis XI. En effet, le cardinal était présent auprès du roi à Arras le 18 mars 1477, lors de la campagne faisant suite à la mort de Charles le Téméraire. En 1480, il est fait abbé de l’Île Barbe [17].

Après le décès de Louis XI, il participe au conseil du nouveau roi Charles VIII. Le 27 décembre 1483, il signe au château d’Amboise une lettre patente royale, à la tête du conseil. Il est en 1486, premier prieur commendataire du Prieuré Notre-Dame de La Charité-sur-Loire [18].

Duc de Bourbon et d’Auvergne à la mort de son frère le 1er avril 1488, il se trouve opposé à son frère Pierre, dont les prétentions au titre son soutenue par son épouse Anne, alors régente de France.

Il renonce à peine au duché qu’il décède le 13 septembre 1488. Il meurt en laissant une fille naturelle, Isabelle, mariée à Gilbert de Chantelot, seigneur de La Chaise [19].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du livre de Bernard Berthod, Jacqueline Boucher, Bruno Galland, Régis Ladous et André Pelletier, Archevêques de Lyon, Lyon, Éditions lyonnaises d’art et d’histoire, 2012, 191 p. (ISBN 9782841472284)

Notes

[1] La Pragmatique Sanction de Bourges est une ordonnance qui fut débattue dans le chapitre de la Sainte-Chapelle de Bourges et promulguée le 7 juillet 1438, par le roi de France Charles VII, avec l’accord du clergé réuni en assemblée à Bourges. Le roi s’affirme comme le gardien des droits de l’Église de France. Ce décret fut le premier pas vers le gallicanisme, renforcé par le Concordat de Bologne de 1516.

[2] L’archevêché de Vienne en Dauphiné aurait été le premier évêché vers 160. Il a été supprimé en 1790 par la Constituante, pour être partiellement rattaché à l’évêché de Grenoble.

[3] Le diocèse d’Autun est un diocèse de l’Église catholique en France. Son territoire correspond au département de Saône-et-Loire, en Bourgogne. Il est aujourd’hui rattaché à l’archidiocèse de Dijon, après avoir été antérieurement premier suffragant de la Primatiale des Gaules

[4] Le diocèse d’Orléans est un diocèse catholique français, qui correspond aux limites du département du Loiret depuis la Révolution française. Le diocèse d’Orléans a été fondé au 3ème siècle. Avant 1789, le diocèse s’étend sur la moitié ouest du Loiret, avec des extensions dans le département d’Eure-et-Loir (quelques paroisses) et un tiers du département de Loir-et-Cher (au sud-est).

[5] Le diocèse du Puy-en-Velay est un diocèse de l’Église catholique en France. Il est le diocèse historique du Velay. Le diocèse du Puy est érigé dès le 4ème siècle. Le siège épiscopal du Puy est maintenu par la Constitution civile du clergé.

[6] L’abbatiale de l’Assomption de Belleville est une église catholique située à Belleville dans le département du Rhône, anciennement Bellevile-sur-Saône.

[7] L’abbaye Saint-Vaast était un monastère bénédictin fondé en 667 sur la colline de La Madeleine près d’Arras, où le futur saint Vaast avait coutume de se retirer. C’est autour d’elle que grandit le village sur les rives du Crinchon. L’abbaye Saint-Vaast fonda l’un des trois premiers collèges de l’université de Douai en 1619.

[8] L’église Saint-Austremoine est une abbatiale de style roman auvergnat située à Issoire en Auvergne, dans le département du Puy-de-Dôme. Elle fait partie des cinq églises romanes d’Auvergne dites « majeures », avec la basilique Notre-Dame-du-Port à Clermont-Ferrand, la basilique Notre-Dame d’Orcival, l’église de Saint-Nectaire et l’église Notre-Dame de Saint-Saturnin.

[9] La ligue du Bien public est une révolte de princes, menés par Charles, comte de Charolais et d’autres grands seigneurs, contre l’accroissement des pouvoirs du roi de France Louis XI. Elle s’étend de mars à octobre 1465.

[10] Péronne est une commune française du département de la Somme. Châtellenie appartenant au duc de Bourgogne depuis 1418, Péronne fait partie des villes de la Somme (Péronne, Saint-Quentin, Corbie, Amiens, Doullens, Abbeville, Montreuil, Rue, Saint-Valery, Le Crotoy, Saint-Riquier, Roye, Montdidier, auxquelles il faut ajouter Crèvecœur-en-Cambrésis et Mortagne qui, elles, ne sont pas à proximité de la Somme, que se disputèrent, de 1463 à 1477, Louis XI et Charles le Téméraire.

[11] La seigneurie de Montils-lèz-Tours, qui prendra plus tard le nom de Plessis, devient à partir de 1444 une résidence royale, où le roi Charles VII séjourne à plusieurs reprises. Puis, la demeure est achetée le 15 février 1463 par Louis XI, fils et héritier de Charles VII, pour la somme de 5300 écus, afin d’y bâtir une nouvelle demeure. Précédemment, une forteresse du 11ème siècle y fut érigée, embellie par des travaux voulus notamment par Charles VII. L’aménagement des nouveaux bâtiments et des cachots voulus par Louis XI se déroulera jusqu’en 1470.

[12] Souvigny est une commune française située dans le département de l’Allier. Berceau de la famille des Bourbons, elle est l’ancienne capitale du Bourbonnais naissant. L’histoire de Souvigny est étroitement liée à celle de la puissante abbaye de Cluny. En 916, Aimar, premier ancêtre connu des Bourbons, fait don à l’abbé Bernon de l’église de Souvigny, consacrée à saint Pierre. Grâce à cette donation, Souvigny devient « fille aînée » de Cluny. La ville ne cessera d’accroître son influence sur le Bourbonnais et deviendra un centre de pèlerinage très fréquenté au Moyen Âge, deux grands abbés de Cluny devenus saints sont enterrés à Souvigny : saint Mayeul et saint Odilon. Souvigny est aussi à cette époque la capitale spirituelle des Bourbons. La puissance des Bourbons et le rayonnement de Souvigny vont se développer conjointement, permettant la construction en Bourbonnais de nombreux prieurés et églises romanes.

[13] Un esclave affranchi et peut-être ancien porcher, fonda au 6ème siècle un monastère construit sur la hauteur dominant la rivière et dont il devint l’abbé. Le monastère fut restauré entre 871 et 875 par les moines de l’abbaye bénédictine Saint Philibert, à Saint-Philbert-de-Grand-Lieu (aujourd’hui en Loire-Atlantique). Ils y séjournèrent entre deux et quatre ans puis s’établir en 875 à Tournus. Le monastère de Saint-Pourçain devint alors un prieuré dépendant de l’abbaye Saint-Philibert de Tournus. Entre 945 et 949, les moines de l’abbaye de Tournus se réfugièrent à Saint-Pourçain. Au Moyen Âge, le prieuré bénédictin prospéra comme la ville qui comptait sous Charles V un atelier monétaire royal. Au haut Moyen Âge, la ville s’appelait Saint-Pourçain les Tonnelles, en référence à la vigne cultivée en treilles sur tonnelles. Du 15ème siècle à la Révolution, l’église paroissiale était consacrée à saint Georges, comme l’attestent les registres paroissiaux. Au 14ème siècle, le bourg fut entouré de murailles. En 1646, le prieuré de Saint-Pourçain adhéra à la congrégation de Saint-Maur, une congrégation de moines bénédictins français, créée en 1621, et connue pour le haut niveau de son érudition. Saint-Pourçain était l’une des 13 bonnes villes d’Auvergne. Avant 1789, la ville faisait partie de l’ancienne province d’Auvergne. Mais elle relevait de la généralité de Moulins et était le siège d’une subdélégation de cette généralité. Sous la Révolution française, le monastère fut fermé, son église devenant église paroissiale. La paroisse devenue commune prit le nom de Mont-sur-Sioule avant de prendre le nom de Saint-Pourçain-sur-Sioulle (la distinguant des autres communes de la région portant le nom de Saint-Pourçain).

[14] L’ancienne abbaye de la Victoire ou abbaye Notre-Dame-de-la-Victoire-lès-Senlis est située sur le territoire de la commune de Senlis, à 2,5 km au sud-est du centre-ville. À l’abbaye de la Victoire, Louis XI prépara un traité de paix avec le roi Édouard IV d’Angleterre, connu comme « la paix heureuse ». Le 9 octobre 1475, le traité de paix de Senlis avec François II, duc de Bretagne, fut également signé à l’abbaye de la Victoire

[15] Le traité de Picquigny est signé le 29 août 1475 entre le roi de France Louis XI et Édouard IV d’Angleterre à Picquigny en Picardie (situé aujourd’hui dans le département de la Somme). Il met définitivement fin à la guerre de Cent Ans qui s’était « endormie » en 1453 après la bataille de Castillon.

[16] Le diocèse d’Auvergne est établi à Arvernis, l’ancien chef-lieu de la cité des Arvernes. Ses évêques ne sont appelés évêques de Clairmont ou Clermont (aujourd’hui Clermont-Ferrand) qu’en 1160. À partir de 1317, le diocèse est démembré et un diocèse particulier est créé pour la Haute Auvergne : le diocèse de Saint-Flour.

[17] L’abbaye de l’Île Barbe est une ancienne abbaye située dans le 9e arrondissement de Lyon, dans le quartier de Saint Rambert l’Île Barbe. Elle est construite sur l’île Barbe au 5ème siècle. Il s’agit du premier établissement monastique de la région lyonnaise et l’un des plus anciens de la Gaule. Charlemagne la dote d’une belle bibliothèque. Le monastère est pillé à plusieurs reprises (en 676, en 725 par les Sarrazins, en 937 par les Hongrois). Il adopte la règle de saint Benoît au 9ème siècle et gagne progressivement en richesse. En 816, Louis le Pieux accorde au monastère : le droit de disposer en tout temps de trois navires sur la Saône, le Rhône et le Doubs exempts de taxes de péages ; un décret d’immunité et de protection au monastère confirmé par Charles le Chauve en 861. Au début du 16ème siècle, l’abbaye passe sous le régime de la commende au bénéfice de la famille d’Albon. Le 12 avril 1549, le pape Paul III sécularise l’abbaye et les moines deviennent des chanoines (collégiale). En 1562, elle est dévastée et incendiée par les troupes protestantes du baron des Adrets.

[18] Le prieuré Notre-dame de La Charité-sur-Loire, est un prieuré bénédictin situé dans le département de la Nièvre, dont la charte de fondation remonte à 1059 avec la donation d’une église Sainte-Marie. Il est connu en 1070 sous le nom de Caritate et fait partie du diocèse d’Auxerre. Il a subi des modifications au 12ème siècle, notamment la construction d’un déambulatoire à chapelles rayonnantes. L’église est surtout réputée pour son chevet à chapelles rayonnantes et sa façade (Ouest) timbrée de deux tympans. Elle appartenait à un important prieuré dépendant de la puissante abbaye de Cluny, en Bourgogne dont il était une des cinq filles aînées. C’est pourquoi elle était, au Moyen Âge, la seconde plus grande église de France, après celle de Cluny. Riche et puissant, le prieuré clunisien de La Charité-sur-Loire s’enrichit de nombreuses donations et possessions dès sa création.

[19] Monétay-sur-Allier