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Charles de Mayenne ou Charles II de Lorraine

lundi 16 mai 2016

Charles de Mayenne ou Charles II de Lorraine (1554-1611)

Duc de Mayenne en 1573

Noble français de la maison de Guise et chef militaire de la Ligue [1] pendant les guerres de religion.

Second fils de François 1er, duc de Guise, et d’ Anne d’Este , frère cadet du duc Henri de Guise dit le Balafré. Capitaine de guerre durant les guerres de religion, il participa à plusieurs campagnes militaires sous le règne de Henri III.

Il accompagna le futur Henri III en Pologne. Il prit Brouage [2] lors de la sixième guerre de religion en 1577, et enleva La Mure [3] aux protestants du Dauphiné lors de la prise d’armes suivante. Il fut amiral de France jusqu’en 1582, poste qu’il perdit au profit du duc de Joyeuse Anne de Joyeuse , l’un des deux archimignons [4] d’Henri III.

Il était le gouverneur de Bourgogne et possédait à la cour de France la charge honorifique de grand chambellan [5]. Après l’assassinat de ses frères en 1588, il prit la tête de la Ligue et se rend à Rouen, une des rares villes qui hésitait à rallier la Ligue, et obtient son soutien.

Il est battu une première fois près de Chartres par Châtillon, le fils de Coligny, début 1589. À ce moment-là, il prend le titre de Lieutenant général de l’État et Couronne de France de 1589 à 1595. À la mort d’Henri III en 1589, il tente de faire proclamer roi le cardinal de Bourbon Charles 1er de Bourbon . Il échoua à se faire élire roi par les États généraux qu’il avait convoqués à Paris en 1593.

Il fut vaincu à Arques [6] en 1589 et à Ivry [7] en 1590 par Henri IV. En 1591, il fit pendre les dirigeants de la Ligue parisienne qui, eux, venaient de faire pendre Barnabé Brisson, premier président du Parlement de Paris, scellant ainsi la rupture entre la Ligue nobiliaire et la Ligue urbaine

Le 5 juin 1595, il fut battu par Henri IV à la bataille de Fontaine-Française [8] et fit acte de soumission solennelle à Henri IV en novembre 1595, en échange de 2 640 000 livres et de trois places de sûreté en Bourgogne, dont il perdit le gouvernement. Il acquit l’Hôtel de Mayenne en 1605.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Henri Drouot, Mayenne et la Bourgogne : étude sur la Ligue (1587-1596), éditions Picard, 1937. 2 volumes - In-8° de LXXIX + 454 et 525p.

Notes

[1] La Ligue catholique, la Sainte Ligue ou la Sainte Union est le nom donné pendant les guerres de religion à un parti de catholiques qui s’est donné pour but la défense de la religion catholique contre le protestantisme. Son succès est tel qu’elle devient un danger pour la monarchie. En 1588, elle parvient à chasser le roi Henri III de la capitale. La Ligue décline petit à petit devant les victoires du roi Henri IV. Elle constitua un des plus grands dangers que connut la monarchie française avant l’avènement de l’absolutisme, avec la Fronde, au siècle suivant, dont les acteurs gardèrent présente à l’esprit la Ligue, comme modèle ou comme repoussoir.

[2] Hiers-Brouage est une commune du sud-ouest de la France située dans le département de la Charente-Maritime. Lieu unique de par son environnement naturel et architectural, la place forte de Brouage a aussi un riche passé historique. C’est un ancien port de commerce du sel du nom de Jacopolis sur Brouage devenu port de guerre catholique voulu par le cardinal de Richelieu qui le nommera Brouage en 1627 pour concurrencer la place forte huguenote de La Rochelle.

[3] La Mure est une commune française située dans le département de l’Isère. La Mure d’Isère est située à 40 kilomètres au sud de Grenoble et 65 kilomètres au nord de Gap, entre Provence, Lacs et Montagne, elle se trouve sur le plateau matheysin à environ 700 mètres d’altitude. En 1580, durant les guerres de religion, la ville est assiégée et prise aux protestants par le duc de Mayenne. La citadelle est détruite en 1581. En 1587, le château de Monestier est détruit par les troupes de Lesdiguières.

[4] Mignon est le nom donné au 15ème siècle au favori du prince. Être le mignon est un honneur, un signe de l’amitié profonde que porte le souverain à un favori1. Il le distingue des autres en lui octroyant le privilège de s’habiller comme lui. À une époque où les querelles de préséance sont légion et où le code vestimentaire obéit à des règles strictes pour désigner le rang social et les privilèges qui l’accompagnent, on est à même de mesurer toute la portée de cet honneur. Le mignon a également le privilège de dormir dans la même chambre et souvent dans le même lit que le souverain. Ce dernier honneur n’a habituellement rien à voir avec les rapports antiques de l’amitié grecque. Le terme mignon apparaît dès le règne de Charles VII et désigne aussi bien les « mignons de Dieu » ou les « mignons du pape » (les jésuites). Il traverse la Manche à la fin du 15ème siècle sous la forme minion (fidèle, subalterne). Il ne prend une connotation sexuelle qu’à partir du règne d’Henri III (1551-1589), à l’époque duquel les courtisans adoptent un genre de vie raffiné.

[5] Le grand chambellan de France était l’un des grands officiers de la couronne de France pendant l’Ancien Régime et l’un des personnages les plus importants de l’État au 16ème siècle puis, tout comme le grand maître de France, sa charge eut de moins en moins d’importance politique et devint de plus en plus honorifique.

[6] La bataille d’Arques eut lieu du 15 au 29 septembre 1589 entre les troupes royales de Henri IV et les Ligueurs dirigés par Charles de Mayenne.

[7] La bataille d’Ivry, le 14 mars 1590, est une bataille des guerres de religion qui ensanglantèrent ponctuellement le Royaume de France entre 1562 et 1598. Elle oppose l’armée royale commandée par Henri IV à l’armée ligueuse, renforcée de contingents espagnols, commandée par le duc Charles de Mayenne. Elle se déroule dans la plaine Saint-André entre la ville de Nonancourt et la ville d’Ivry, ensuite renommée Ivry-la-Bataille en souvenir du combat. Malgré leur supériorité numérique, les ligueurs sont mis en déroute.

[8] La Bataille de Fontaine-Française se déroula le 5 juin 1595 et opposa d’un côté les troupes françaises commandées par Henri IV de France, aux troupes espagnoles de Juan Fernández de Velasco et les Ligueurs dirigés par Charles de Mayenne.