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L’histoire pour le plaisir

Thomas de Galloway

lundi 2 mai 2016

Thomas de Galloway (mort en 1231)

Noble écossais-4ème comte d’Atholl de 1210 à 1231

Fils cadet de Roland ou Lachlan , seigneur de Galloway [1] et d’Hélène, fille de Richard de Morville, seigneur de Lauderdale et Cunninghame [2] et Connétable [3] du roi d’Écosse.

L’étendue de l’héritage de Thomas au Galloway est inconnue, mais à partir de 1204/1205 il est à la tête d’une flotte de vaisseaux de combats. Cette année là il entre au service du roi Jean 1er d’Angleterre, qui engage ses navires lors de sa campagne avortée de reconquête de la Normandie et de l’expédition de 1206 au Poitou.

Ce service lui apporte des propriétés dans le nord et l’ouest de l’Angleterre, qui sont apparemment perdues quand il retourne en Écosse vers 1209.

Avant janvier 1210 il épouse Isabelle fille aînée de Henri, 3ème comte d’Atholl [4] et obtient le titre comtal.

En 1212 le comte Thomas sert le roi Guillaume 1er d’Écosse contre les Meic Uilleim [5] dans le Ross, et en 1212 il débute une série d’interventions en Ulster [6] dirigées contre Áed Méith mac Áeda Uí Néill [7] roi de Tir Éogain [8], l’allié des Meic Uilleim.

En compagnie de Donald Mac Ragnald seigneur d’Islay [9], il pille Derry [10]. Son intervention en Irlande culmine en 1214 lors de la construction du château de Coleraine.

À cette époque en effet les intérêts politiques Écossais et Anglais sont identiques en Irlande et il reçoit initialement du roi Jean 1er un petit domaine en Ulster, agrandi en juin 1215 par la création d’une importante seigneurie centrée sur Coleraine [11]. Ces donations ainsi que l’octroi de la garde du Château d’Antrim [12], semblent avoir été destinées à gagner le soutien du comte au roi Jean sans Terre, en conflit avec ses barons.

On ne sait toutefois pas s’il prend part à la guerre civile en Angleterre pendant la période 1215/1217. En juin 1219 le comte Thomas rend hommage et jure fidélité à Henri III d’Angleterre et reçoit la confirmation de ses possessions en Irlande, mais en juillet 1222 il lui est ordonné de restituer le château d’Antrim, et en 1224 Coleraine est détruit par les Uí Néill.

La menace que représente la montée de la puissance en Ulster de Hugues de Lacy, qui tente de reconquérir la seigneurie d’Ulster dont le roi Jean 1er l’a dépossédé, est sans doute la cause des largesses anglaises destinées à fixer Thomas d’Atholl en Irlande, par le paiement de soldes importantes et l’octroi de domaines. Lorsque la couronne anglaise trouve un arrangement en 1226 avec de les frères de Lacy, une tentative sans suite est faite par Thomas pour tenter de garder ses possessions irlandaises.

Son incapacité à défendre ses domaines irlandais au début de la décennie 1220 est à l’origine de l’implication du comte Thomas dans la politique d’expansion de son frère Alan de Galloway vers l’île de Man [13]. En 1221 avec ses vaisseaux il détruit une flotte des Hébrides [14] au large de la côte irlandaise et tue Diarmait Ó Conchobhair, un prétendant au royaume de Connacht [15], qui était soutenu par un allié de Henri III, et en 1228 comte Thomas est de nouveau actif dans « les Isles », lorsqu’il participe à l’invasion de l’île de Man par son frère Alan de Galloway qui soutient le roi exilé Ragnvald de Man.

Après la mort de Ragnvald en février 1229, le comte Thomas ne fournit aucune aide supplémentaire et en juillet 1230 ses navires sont de nouveau au service de l’Angleterre, probablement pour les expéditions de Henri III en Bretagne et à Bordeaux.

La mort du comte Thomas est probablement liée à un accident lors d’un tournoi, car en 1252 Patrick, fils de Constantin de Goswick, un chevalier du comte de Dunbar [16], est officiellement pardonné par le roi Henri III d’avoir causé la mort de Thomas de Galloway. Le comte d’Atholl est inhumé dans l’abbaye de Coupar [17] en 1231.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Richard Oram « Thomas [Thomas of Galloway], earl of Atholl (d. 1231) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004.

Notes

[1] Galloway désigne aujourd’hui l’ancien comté de Wigtownshire (délimité par la côte à l’ouest, les collines de Galloway au nord, et le fleuve Cree à l’est) et la Stewartry of Kirkcudbright (qui s’étend du Nith au Cree, et est limité également par les collines de Galloway au Nord) dans le sud-ouest de l’Écosse, mais dont la taille a beaucoup varié au cours de l’Histoire.

[2] Le district historique de Cunninghame était bordé par les districts de Renfrew et Clydesdale au nord et à l’est respectivement, par le district de Kyle au sud au-delà de l’Irvine et par le Firth of Clyde à l’ouest. Cunninghame devient un des trois districts d’Ayrshire, le sheriffdom d’Ayr. Cuninghame se trouvait alors au nord, longeant l’Irvine ; Kyle était au centre, au bord de l’Ayr ; et Carrick au sud, au bord de la Doon. Au 18ème siècle l’Ayrshire est devenu un des comtés d’Écosse, et ses subdivisions n’ont plus aucune légitimité administrative.

[3] Connétable (du latin comes stabuli, le comte de l’étable, comprendre comte chargé des écuries et donc, à l’origine, de la cavalerie de guerre) était une haute dignité de nombreux royaumes médiévaux. Selon les pays son rôle était généralement de commander l’armée et de régler les problèmes entre chevaliers ou nobles, via un tribunal spécial, comme la Court of Chivalry anglaise ou la juridiction du point d’honneur française. Parfois, il avait aussi un pouvoir de police. Le connétable était secondé par un ou plusieurs maréchaux. La fonction de connétable n’est pas une tenure, mais une fonction de ministérial. Dans le royaume d’Écosse, la dignité de grand connétable (high constable) était héréditaire elle se fixa en 1309 dans la famille Hay, comtes d’Errol avec Gilbert de la Hay. Elle est encore portée de nos jours.

[4] Le titre de Mormaer désigne un souverain régional ou provincial dans le royaume des Scots médiéval. En théorie, bien que cela n’ait pas toujours été vrai dans la réalité, un Mormaer venait juste après le roi d’Écosse en termes de statut, et était supérieur au toisech. Un Mortuath ou Mormaerdom (« territoire du mormaer ») n’était pas simplement une seigneurie régionale, mais possédait également un rang officiel de comté.

[5] Les Meic Uilleim (ou MacWilliam) forment une famille gaélique descendant de William fitz Duncan, petit-fils de Malcolm III d’Écosse. Ils sont exclus de la succession au trône par le fils de Malcolm, David 1er d’Écosse, au 12ème siècle et fomentent plusieurs rebellions pour revendiquer leur droit sur le Moray voire sur toute l’Écosse.

[6] L’Ulster est l’une des quatre provinces historiques de l’île d’Irlande. La principale ville de la province d’Ulster est Belfast.

[7] Les Uí Néill étaient une grande dynastie irlandaise. Il signifiait les « descendants de Niall Noigiallach », et se rapportait à un groupe de parenté irlandais. Les Uí Néill n’étaient ni une tribu, ni une confédération de tribus, mais une dynastie, c’est-à-dire qu’ils étaient composés, dès le 6ème siècle, de quelques douzaines de personnes réparties sur un vaste territoire au nord et au centre de l’Irlande. Ils devinrent à partir de la seconde moitié du 6ème siècle la dynastie dominante de la moitié nord de l’Irlande. Ses diverses branches donnèrent un certain nombre de hauts rois d’Irlande entre les 7ème et 11ème siècles.

[8] Le comté de Tyrone ou Tír Eoghain, est le deuxième plus grand des neuf comtés d’Ulster et le plus grand des six comtés d’Irlande du Nord. Historiquement Tyrone s’étirait au nord jusqu’au Lough Foyle, et à l’est jusqu’au fleuve Foyle situé maintenant dans le comté moderne de Londonderry. Tyrone était le bastion traditionnel des différents clans O’Neill, qui font partie des plus importantes familles irlandaises gaéliques.

[9] Islay est l’île la plus méridionale de l’archipel des Hébrides, en Écosse. Surnommée « la reine des Hébrides », elle est située à 27 kilomètres à l’ouest de la côte britannique. La capitale de l’île est Bowmore

[10] Derry ou Londonderry est une cité d’Irlande du Nord. Seconde ville de la province d’Irlande du Nord après Belfast. La vieille ville fortifiée de Londonderry se situe sur la rive ouest de la rivière Foyle alors que le vieux Derry était localisé sur la rive est. La ville actuelle couvre les deux rives (Cityside à l’Ouest et Waterside à l’Est) qui sont reliées par deux ponts. Derry fut la dernière ville des îles Britanniques à être enfermée dans des remparts et c’est une des rares en Europe à avoir gardé ses remparts inviolés. Derry est très proche de la frontière avec le comté de Donegal en République d’Irlande (moins de 10 km). Elle est située à 110 km de Belfast.

[11] Coleraine est une ville du Royaume-Uni, située dans le comté de Derry en Irlande du Nord. Coleraine est située à l’embouchure de la rivière Bann, à 90 km au nord-est de Belfast et à 50 km à l’est de Derry.

[12] Antrim est la deuxième plus grande ville du comté d’Antrim dans le nord-est de l’Irlande du Nord après Ballymena, sur les bords de Six Mile Water, à un peu plus de deux kilomètres au nord-est du Lough Neagh. La ville est le centre administratif pour le comté d’Antrim. Elle se situe à 35 kilomètres au nord-ouest de Belfast.

[13] L’île de Man, Ellan Vannin, Mann ou Mannin en mannois, Insula Mona en latin, est un territoire formé d’une île principale et de quelques îlots situés en mer d’Irlande, au centre des îles Britanniques. L’île de Man forme une dépendance de la Couronne britannique, c’est-à-dire que l’île n’appartient ni au Royaume-Uni ni à l’Union européenne mais relève directement de la propriété du souverain britannique, actuellement la reine Élisabeth II, qui agit en qualité de « seigneur de Man ». Ce statut n’en fait pas un État reconnu indépendant, mais l’île dispose d’une large autonomie politique et économique. L’île de Man est une terre celte depuis la protohistoire, puis devient un royaume viking au Moyen Âge, soumis à l’influence anglo-saxonne. Les dominateurs scandinaves y ont fondé un système politique basé sur le principe des « citoyens libres » et s’organisant autour du Tynwald qui serait le plus ancien parlement en fonctionnement continu du monde. L’île de Man fait aujourd’hui partie des six nations celtiques (avec l’Irlande, les Cornouailles, la Bretagne, l’Écosse et le pays de Galles) reconnues par le Congrès celtique et la Ligue celtique.

[14] Les Hébrides, sont un archipel du Royaume-Uni situé dans l’ouest de l’Écosse. Ces îles sont divisées en deux grands groupes séparés entre eux par le bras de mer baptisé The Little Minch et la mer des Hébrides. Le contrôle des Hébrides intérieures et extérieures par les Norvégiens fut à l’origine de guerres incessantes jusqu’au partage de 1156. Les Hébrides extérieures restaient la possession du Royaume de Man et des Îles tandis que les Hébrides intérieures s’en détachèrent sous la conduite de Somerled, un parent celto-normand de Lulach et de la maison royale de Man. Bien que les Hébrides intérieures, connues à partir de 1156 sous le nom de Royaume des Hébrides, fussent encore en droit sous la souveraineté norvégienne, ses chefs étaient écossais de langue et de culture plus que scandinaves. Après sa victoire en 1156, Somerled conquit deux ans plus tard l’île de Man elle-même et devint le dernier roi de Man et des Îles à régner à nouveau sur l’ensemble des îles que comprenait autrefois le royaume. Après sa mort en 1164, les souverains de Man cessèrent de contrôler les Hébrides intérieures. En 1262 eut lieu un raid écossais sur Skye, ce qui amena le roi de Norvège Håkon IV à se rendre en Écosse afin de régler l’affaire. Vers la fin de l’année 1263, Håkon fit voile vers l’Écosse avec une armée d’invasion forte de 200 navires et de 15 000 hommes. La flotte norvégienne essuya des tempêtes près des côtes écossaises, et il fallut transporter quarante navires par voie de terre jusqu’au Loch Lomond. Finalement eut lieu une petite escarmouche à la bataille de Largs, dans laquelle les Norvégiens et leurs alliés de Man commandés par Magnus III de Man n’obtinrent qu’un léger avantage tactique sur les Écossais commandés par Alexander Stewart. Après la bataille, le mauvais temps obligea la flotte norvégienne et mannoise à se retirer vers les Orcades. À son arrivée à Kirkwall, Håkon, malade et fatigué, décida de passer l’hiver dans le palais de l’évêque Heinrkr pour reprendre sa campagne l’été suivant. Ses plans furent cependant déjoués lorsqu’il mourut en décembre. Sa couronne passa à son fils Magnus VI de Norvège, qui jugea que faire la paix avec les Écossais était plus important que de maintenir les possessions norvégiennes sur les îles à l’ouest de l’Écosse et en mer d’Irlande. Le traité de Perth de 1266 laissa les Hébrides et l’île de Man à l’Écosse pour 5 000 marcs et un tribut annuel de 100 marcs. L’Écosse confirmait en même temps la souveraineté norvégienne sur les îles Shetland et les Orcades. Cependant le contrôle de Man par les Écossais ne devint effectif qu’après la défaite des Mannois et de leur dernier roi norvégien, Godfred Magnuson de Man, à la bataille de Ronaldsway en 1275.

[15] Les rois de Connacht étaient les souverains de la province du Connacht, qui se trouve à l’ouest du fleuve côtier Shannon. Ce nom ne lui fut appliqué qu’au début du Moyen Âge d’après le nom de la dynastie régnante des Connachta. Après la première intervention des barons anglo-normands en Irlande Guillaume du Bourg reçoit vraisemblablement le titre de « seigneur de Connaught » mais il ne peut pas prendre possession de son domaine qui demeure entre les mains des Uí Conchobair jusqu’en 1224/1235. À cette date Richard Mor de Burgh se prévalant des droits de son père réclame l’investiture sur le Connacht. Il reçoit l’appui de son parent Hubert de Burgh qui est « Justicier d’Irlande » et qui l’autorise à effectuer une levée féodale parmi les barons normands pour conquérir le Connacht à partir de 1227. Après avoir vaincu Felim mac Cathal Crobderg Ua Conchobair roi de Connacht issu des Uí Conchobair qui ne conserve plus comme vassal du roi d’Angleterre que cinq cantons de son ancien royaume Richard de Burgh se proclama seigneur de Connaught en 1235.

[16] Comte de Dunbar ou comte de Lothian à l’origine, puis comte de March, est un titre de noblesse écossaise dont le titulaire possédait un comté au sud-est du royaume entre le 12ème et le 15ème siècle.

[17] Monastère cistercien près de Coupar Angus , dans le centre de l’ Ecosse , à la frontière entre Angus et Gowrie . L’abbaye fut fondée sur le vieux manoir royal de Coupar en 1161/1162 avec le patronage de Malcolm IV, roi d’Ecosse , par les moines cisterciens de l’abbaye de Melrose. Il fut transformé en une seigneurie laïque pour James Elphinstone après plus de quatre siècles de vie monastique, par le Parlement en 1606 et par la charte royale en 1607.