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Ahmôsis II ou Ahmès II

mardi 29 mars 2016, par ljallamion

Ahmôsis II ou Ahmès II

Pharaon de la XXVIème dynastie de la Basse époque égyptienne de 571 à 526 av.jc-Général des mercenaires libyens

Tête d'une statue attribuée à Amasis - Ägyptisches Museum BerlinD’origine libyenne il s’est couvert de gloire dans l’expédition contre les Kouchites [1] organisée par Psammétique II .

Après l’expédition désastreuse que son prédécesseur et chef Apriès envoya à Cyrène [2] pour limiter l’expansion grecque en Cyrénaïque, Amasis est envoyé par le pharaon pour calmer la foule, mais celle-ci, au lieu de s’apaiser, convainc Ahmôsis de prendre le pouvoir et de chasser Apriès, ce qu’il fait en 570.

Parallèlement, c’est à cette époque que Nabuchodonosor II , roi de Babylone, menaçait tout le Proche-Orient au cours de nombreuses campagnes qui l’opposaient à Apriès et ayant déjà attaqué en vain l’Égypte par deux fois sous le règne de ce dernier en 601 et 582, il reçoit le pharaon déchu à sa cour et le place à la tête d’une puissante armée pour réessayer de conquérir l’Égypte. Mais en 567, Ahmôsis II écrase Apriès et celui-ci est lui-même tué.

Babylone ayant cependant conquis toute la Judée [3], Amasis mène alors une politique étrangère radicalement opposée au roi babylonien. À la mort de Nabuchodonosor II, il mène une campagne au Proche-Orient, et va même envahir Chypre, qu’Apriès avait attaquée la dernière année de son règne en 570 pour se replier en cas d’échec au Liban. C’est donc la première et seule fois avant les Ptolémées que Chypre appartient au pharaon égyptien.

Ahmôsis II est alors le maître incontesté de l’Égypte, d’Éléphantine [4] jusqu’au delta [5], mais avec une zone d’influence bien plus large, de Napata [6] en Nubie [7]. Ahmôsis II a donc réussi à élever l’Égypte presque au niveau de ce qu’elle était au Nouvel Empire, en étant parti de peu de chose et dans un contexte défavorable.

Son long règne est propice à une intense activité architecturale. Dans le delta du Nil, outre à Saïs [8] et son grand temple de la déesse Neith, il fait bâtir un temple à Athribis [9] et accorde à Naucratis [10] un statut particulier lui autorisant à fonder et à construire des temples. Il intervient également à Memphis [11] et procède à l’enterrement d’un Apis en l’an 23 de son règne au Sérapéum de Saqqarah [12]. Il fait reconstruire le sanctuaire d’Osiris en Abydos [13] et édifie une chapelle dans l’enceinte d’Amon-Rê de Karnak [14] conjointement avec sa fille Nitocris , qu’il fait adopter par Ânkhnesnéferibrê comme divine Adoratrice d’Amon.

Ahmôsis II entretient de bons rapports avec les Grecs. Allié à Cyrène, à Crésus de Lydie, à Polycrate de Samos, il envoie des offrandes à Delphes et finance la reconstruction du temple d’Apollon détruit par un incendie en 548, noue de nombreux contacts avec les cités grecques et accueille de nouveaux contingents ioniens et cariens.

Ayant obligé Chypre à se soumettre à l’Égypte, il dispose aussi d’une flotte commerciale considérable. Son action philhellène ne se limite pas a des actions militaires ou commerciale car il est réputé avoir invité à la cour de grands penseurs, philosophes ou mathématiciens grecs tels Thalès de Milet et Pythagore.

S’opposant à l’hégémonie perse, il va jusqu’à s’allier à son mortel ennemi, Babylone, pour les contrer. Cette alliance est officialisée dans un traité entre Babylone, Pharaon et Crésus, roi de Lydie [15]. Malgré ses efforts et son réseau d’alliances, même avec l’ancien rival babylonien, il ne peut contenir l’expansion perse et peu à peu tous ses appuis disparaissent, à commencer par Crésus, battu par Cyrus, roi des Perses, et finalement Babylone.

Pour alimenter cette subtile politique d’alliance, Amasis fait lever des impôts, notamment en prélevant une part des revenus du clergé ce qui lui attire une certaine animosité et la défiance d’une partie importante de la société égyptienne.

Quelques mois avant sa mort a lieu une bataille perdue par l’Égypte contre les Perses en 526, et un an plus tard est porté le coup fatal et final essuyé par son successeur.

Personnage haut en couleurs d’origine plébéienne il fut un souverain novateur et réformateur. Il conçoit un grand nombre de lois régissant le droit privé auxquelles on continua à se référer des siècles plus tard.

Psammétique III lui succède de 526 à 525 av.jc.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Nicolas Grimal, Histoire de l’Égypte ancienne/ Le petit mourre dictionnaire d’histoire universelle édition Bordas 2004 p 27

Notes

[1] Le royaume de Koush est l’appellation que les Égyptiens antiques donnèrent au royaume qui s’établit au sud de leur pays dès l’Ancien Empire égyptien. Ce royaume eut une longévité peu commune et trouve ses origines dans les cultures néolithiques qui se développèrent dans le couloir nilotique du Soudan actuel et de la Nubie égyptienne.

[2] Cyrène, l’ancienne ville grecque (en Libye actuelle), est la plus ancienne et la plus importante des cinq colonies grecques dans la région et lui donne son nom de Cyrénaïque, qui est encore utilisé aujourd’hui. Ancien évêché, elle se situe dans la vallée de Djebel Akhdar.

[3] La Judée est le nom historique et biblique d’une région montagneuse qui correspond aujourd’hui à une partie de la Cisjordanie et du sud d’Israël. Son nom vient de la tribu de Juda dont elle constituait le territoire. Dans l’Antiquité, c’était une région plutôt reculée au relief escarpé. La Judée a été le centre de plusieurs royaumes et provinces antiques : le royaume de Juda à l’âge du fer, la province perse de Yehoud Medinata, les dynasties des hasmonéens et des hérodiens puis la province romaine de Iudaea.

[4] L’île Éléphantine est une île d’Égypte située sur le Nil, en face du centre-ville d’Assouan dont elle fait partie. Elle constitue une des nombreuses îles et rochers qui forment la première cataracte du Nil. Dans l’Égypte antique, l’île était une ville, capitale du premier nome de Haute Égypte, celui « du Pays de l’arc » ou « du Pays de Nubie » (tA-sty).

[5] Le delta du Nil désigne la région d’Égypte où le Nil se jette dans la mer Méditerranée. C’est une région marécageuse qui depuis l’Antiquité a toujours été riche en faune et flore. Depuis près de 5 000 ans, le delta est une zone d’agriculture intensive. Le papyrus égyptien vient en grande partie de cette région. Il se situe au nord de l’Égypte et commence au nord de la ville du Caire, à quelque 150 km de la côte méditerranéenne, en un lieu que les Égyptiens nomment « Le Ventre de la vache » (Batn el-Baqara). Le Nil, après un parcours de près de 6 600 km, s’y divise en plusieurs branches. Sa superficie est de l’ordre de 24 000 km², faisant de par sa surface le premier delta en Méditerranée devant celui du Rhône.

[6] Napata est à la fois le nom d’un royaume antique d’Afrique et le nom de sa capitale. Son nom est attaché à la « deuxième période » du royaume de Koush (après le royaume de Kerma et avant celui de Méroé).

[7] La Nubie est aujourd’hui une région du nord du Soudan et du sud de l’Égypte, longeant le Nil. Dans l’Antiquité, la Nubie était un royaume indépendant dont les habitants parlaient des dialectes apparentés aux langues couchitiques. Le birgid, un dialecte particulier, était parlé jusqu’au début des années 1970 au nord du Nyala au Soudan, dans le Darfour. L’ancien nubien était utilisé dans la plupart des textes religieux entre les 8ème et 9ème siècles.

[8] Saïs se situait sur la branche canopique du Nil dans le delta occidental. Elle est identifiée de nos jours au site du village de Sa el-Hagar (ou Sah el-Haggar, ne pas confondre avec Sân el-Haggar qui est le site de Tanis), à l’Ouest de Samannud. Elle fut la capitale du cinquième nome de Basse Égypte le « nome supérieur de Neith » ou « la cible du Nord » (nt mHt).

[9] Athribis est le nom grec d’une cité antique égyptienne du delta, dans le 10ème nome de Basse Égypte, « Le grand taureau noir ». Son nom égyptien est Het-ta-hérieb ou Het-ta-héri-ib ou encore Hout-héry-ib. Ce site, connu par les archéologues sous le nom arabe de Tell-Athrib, se trouve près de la localité de Benha. Il est connu de nos jours sous le nom de Kom Sidi Youssef.

[10] Naucratis, est une ville du delta sur la branche canopique du Nil, proche de Saïs, à 72 km au sud-est d’Alexandrie. Cette ancienne colonie commerciale portuaire grecque est identifiée aujourd’hui au site de Kôm Gaef (ou Kom Gieif ou El-Gaïef). Elle sera la principale cité du 4ème nome de Basse Égypte, le nome « inférieur de Neith » ou « la cible du Sud » (nt rsw).

[11] Memphis était la capitale du premier nome de Basse Égypte, le nome de la Muraille blanche. Ses vestiges se situent près des villes de Mit-Rahineh et d’Helwan, au sud du Caire. La légende, rapportée par Manéthon, raconte que Memphis fut fondée par le roi Ménès vers 3000 av.jc. Capitale de l’Égypte durant tout l’Ancien Empire, elle est restée une cité importante tout au long de l’histoire égyptienne, placée sous la protection du dieu Ptah, le patron des artisans dont le temple était l’Hout-ka-Ptah (le « château du ka de Ptah »). C’est de ce terme, qualifiant la maison du dieu, que serait dérivé en grec le mot aegyptus prototype du nom du pays en latin. La ville occupe une place stratégique à l’entrée du delta du Nil et de ce fait regorge d’ateliers et de manufactures, notamment d’armes qui étaient conservées dans de grands arsenaux non loin du port principal de la ville, le Perou Nefer, dont les textes du Nouvel Empire vantent l’activité fébrile. Son histoire est étroitement liée à celle du pays et sa ruine est due, d’abord, à la perte de son rôle économique à la fin de l’Antiquité et la montée d’Alexandrie, puis à l’abandon de ses cultes à la suite de l’édit de Thessalonique.

[12] Le Sérapéum de Saqqarah est situé à l’ouest du mastaba de Ti. Il s’agit de la nécropole consacrée au dieu Apis dans laquelle le taureau sacré était enseveli à l’issue d’une vie toute consacrée à des cérémonies et des offrandes dans son temple de Memphis. L’origine de cette nécropole remonte à la XVIIIème dynastie. Sa fondation serait l’œuvre d’Amenhotep III et sa première extension magistrale au règne de Ramsès II. Il ne cessera alors d’être agrandi sous les règnes suivants et jusqu’à la fin de l’époque pharaonique, à l’aube de l’époque chrétienne.

[13] Abydos (Abidjou) est une ancienne ville sainte d’Égypte vouée au culte du dieu Osiris, et située à 70 km au nord-ouest de Thèbes. Aujourd’hui sur le territoire de l’antique Abydos s’élève l’actuelle ville de Madfounek

[14] Le complexe religieux de Karnak abusivement appelé temple de Karnak ou tout simplement Karnak comprend un vaste ensemble de ruines de temples, chapelles, pylônes, et d’autres bâtiments situés au nord de Thèbes, aujourd’hui la ville de Louxor1, en Égypte, sur la rive droite du Nil. Le complexe de Karnak, reconstruit et développé pendant plus de 2 000 ans par les pharaons successifs, de Sésostris 1er au Moyen Empire à l’époque ptolémaïque, s’étend sur plus de deux km², et est composé de trois enceintes. Il est le plus grand complexe religieux de toute l’Antiquité. Temple le plus important de la XVIIIème dynastie, il était consacré à la triade thébaine avec à sa tête le dieu Amon-Rê. Le complexe était relié au temple de Louxor par une allée de sphinx de près de trois kilomètres de long.

[15] La Lydie est un ancien pays d’Asie Mineure, situé sur la mer Égée et dont la capitale était Sardes. Elle était connue par Homère sous le nom de Méonie. La Lydie est évoquée dans les légendes d’Héraclès et Omphale, d’Arachne, ou de Tantale et Pélops (ancêtres des Atrides).