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Serge 1er de Constantinople

jeudi 3 décembre 2015

Serge 1er de Constantinople (mort en 638)

Patriarche de Constantinople du 18 avril 610 à sa mort

Il entra en fonction à l’extrême fin du règne de l’empereur Phocas, renversé et exécuté sur l’ordre d’Héraclius le 5 octobre 610. Il fut ensuite jusqu’à sa mort, pendant vingt-huit ans, l’un des principaux collaborateurs de l’empereur Héraclius, et leurs deux noms sont restés étroitement associés.

Il fut l’une des plus fortes personnalités à avoir occupé la fonction de patriarche de Constantinople.

D’origine syrienne, ses parents appartenaient sans doute à l’Église jacobite [1]. Il avait été diacre de la basilique Sainte-Sophie avant d’être élu patriarche.

Le 5 octobre 610, jour même de l’exécution de Phocas, Serge 1er couronna Héraclius empereur dans la chapelle Saint-Étienne du palais impérial. Aussitôt après, dans le même lieu, il célébra le mariage d’Héraclius et de Fabia Eudocia et couronna cette dernière impératrice. Fabia Eudocia mourut le 13 août 612. Quelque temps plus tard entre 614 et 623 selon les historiens, Héraclius décida d’épouser sa nièce Martine malgré le scandale public et l’interdiction que faisait l’Église des mariages entre parents si proches.

Serge 1er fit quelques remontrances, mais accepta de célébrer le mariage et de couronner Martine.

Le patriarche joua un rôle très important dans les guerres défensives menées à cette époque, à l’est contre les Perses, dans les Balkans contre les Slaves et les Avars. En 618, l’empereur ayant manifesté sa volonté d’abandonner Constantinople comme capitale pour s’installer à Carthage, ce fut Serge 1er qui l’en dissuada. Le 25 mars 624, Héraclius et Martine quittèrent la capitale pour l’Orient afin de diriger de plus près la guerre contre les Perses. Ils n’y revinrent qu’en 628 ou au début de 629, après la victoire contre l’empire rival. Pendant cette période, auprès du très jeune empereur Constantin (futur Constantin III) couronné dès 613, Serge 1er et le maître des offices [2] Bonus exercèrent une régence à Constantinople.

Du 29 juin au 8 août 626, la capitale fut assiégée par une immense armée composée d’Avars et de Slaves, sous le commandement du khan des Avars. Au même moment, une armée perse commandée par le général Schahr-Barâz occupait la rive asiatique du Bosphore [3]. En ce péril extrême, Serge 1er apparut comme l’un des piliers de la résistance. Il promena notamment l’icône de la Mère de Dieu de l’église des Blachernes sur les murailles et dans les rues de la ville. La piété attribua ensuite le salut de la ville à cette image de la Théotokos brandie devant l’ennemi par le patriarche.

Serge Ier accepta également que l’Église de Constantinople prenne sa part de l’effort de guerre, dès 612, le personnel de la basilique Sainte-Sophie fut fortement réduit. En 622, le patriarche céda les objets en métal précieux de son trésor pour les faire fondre.

Serge 1er est surtout resté célèbre par les efforts qu’il déploya pour restaurer l’unité religieuse de l’empire, déchiré par le schisme entre les partisans du concile de Chalcédoine de 451 [4] et ceux du monophysisme [5] notamment l’Église jacobite de Syrie [6] et l’Église copte [7]. Ces tentatives, fortement encouragées par l’empereur Héraclius, paraissaient cruciales pour souder l’empire contre les Perses, puis contre les Arabes.

Dès 616, Nicétas , cousin d’Héraclius et préfet d’Égypte, facilita au moins des pourparlers d’union entre Athanase dit le Chamelier , patriarche jacobite d’Antioche, et Anastase, patriarche copte d’Alexandrie. Il s’agissait donc déjà d’unifier les rangs monophysites, eux-mêmes fortement divisés, et l’accord conclu ne semble d’ailleurs guère avoir survécu à la mort d’Anastase en 619.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Serge Ier de Constantinople/ Portail des chrétiens d’Orient/ Patriarche de Constantinople

Notes

[1] monophysite

[2] Le magister officiorum ou maître des offices est un haut fonctionnaire romain de l’époque du Bas-Empire. Créé sous Constantin 1er vers 320, ce fonctionnaire est à un poste clé et est membre du consistoire sacré, ou conseil de l’empereur et dirige la majeure partie de l’administration centrale. Il remplace le préfet du prétoire comme commandant de la nouvelle garde impériale, les scholæ palatinæ et à la direction des fabriques d’armes. Il contrôle l’ensemble de l’administration impériale par l’intermédiaire du corps des agentes in rebus, chargés de mission qui acheminent les courriers et les ordres officiels, et qui enquêtent dans les provinces, surveillant les gouverneurs locaux, au point qu’on les surnomme les curiosi. Enfin, il reçoit les ambassadeurs, et par extension, surveille les réceptions et les cérémonies officielles à la Cour, et a une autorité disciplinaire sur le personnel du cubiculum, domesticité personnelle de l’empereur.

[3] Le Bosphore est le détroit qui relie la mer Noire à la mer de Marmara et marque, avec les Dardanelles, la limite méridionale entre les continents asiatique et européen. Il est long de 42 kilomètres pour une largeur de 698 à 3 000 mètres.

[4] Le concile de Chalcédoine est le quatrième concile œcuménique et a eu lieu du 8 octobre au 1er novembre 451 dans l’église Sainte-Euphémie de la ville éponyme, aujourd’hui Kadıköy, un quartier chic de la rive asiatique d’Istanbul. Convoqué par l’empereur byzantin Marcien et son épouse l’impératrice Pulchérie, à partir du 8 octobre 451, le concile réunit 343 évêques dont quatre seulement viennent d’Occident. Dans la continuité des conciles précédents, il s’intéresse à divers problèmes christologiques et condamne en particulier le monophysisme d’Eutychès sur la base de la lettre du pape Léon 1er intitulée Tome à Flavien (nom du patriarche de Constantinople, destinataire de la lettre du pape).

[5] Le monophysisme est une doctrine christologique apparue au 5ème siècle dans l’Empire byzantin en réaction au nestorianisme, et ardemment défendue par Eutychès et Dioscore d’Alexandrie.

[6] L’Église syriaque orthodoxe est une Église orthodoxe orientale autocéphale. Elle fait partie de l’ensemble des Églises des trois conciles (ou orthodoxes orientales). Le chef de l’Église porte le titre de Patriarche d’Antioche et de tout l’Orient, avec résidence à Damas. Du fait des querelles « christologiques » et des schismes qui s’ensuivirent, le titre de Patriarche d’Antioche se trouve porté également par quatre autres chefs d’Église.

[7] L’Église copte orthodoxe est une Église orthodoxe orientale, autocéphale. Elle fait partie de l’ensemble des Églises des trois conciles. Son chef porte le titre de pape d’Alexandrie et patriarche de la Prédication de saint Marc et de toute l’Afrique, avec résidence au Caire.