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L’histoire pour le plaisir

Martine Impératrice

samedi 11 juillet 2015

Martine (vers 598-641)

Impératrice byzantine

Nièce maternelle de l’empereur Héraclius, fille de sa sœur Maria et de son premier époux Martinos. Sa mère se remaria avec Eutropios et leur fils Stéphane fut otage en Perse en 626.

Quelque temps après la mort de sa première épouse Fabia Eudocia en août 612, Héraclius la prit pour femme au grand scandale de l’Église et de l’opinion publique. Elle accompagna l’empereur au cours de ses campagnes militaires contre les Perses de 624 à 629. Le couple eut 11 enfants, dont Héraclonas , né en 626 et qu’Héraclius fit couronner en 638, le posant en concurrent de son fils aîné Constantin III , né en 612 de Fabia Eudocia et qui avait lui-même deux fils. Cette organisation très maladroite de la succession fut attribuée à l’ambition de Martine et à l’influence qu’elle exerçait sur son oncle et mari.

Ce mariage incestueux passa aux yeux de beaucoup pour maudit. En 617 son mari fait du premier de ses fils, Constantin, né en 615, césar, mais il mourut vers 631. Son deuxième fils, Flavius ou Fabius, né vers 616 et qui avait un cou paralytique, mourut la même année, ainsi que deux filles, nées en 618 et en 620.

Son fils Théodosius, né en Perse en 622, était sourd-muet. Il mourut avant 641, et se maria avec sa cousine Nike, née en 615 et décédée après 630, fille de Nicétas et de sa femme Grégoria, sans postérité.

Son fils David, né en Asie Mineure le 7 novembre 630, fut renommé Tiberius et fait césar en 637 et auguste en 641, et son autre fils Marinus, né vers 632, fut aussi fait césar. Les deux furent assassinés en 641

À la mort d’Héraclius le 11 février 641, Martine tenta de défendre les intérêts d’Héraclonas contre Constantin III et ses fils. Mais l’impératrice était fort impopulaire, tandis que Constantin III acquit la bienveillance des soldats par une gratification généreuse de début de règne [1].

À la mort prématurée de Constantin III, Martine se trouva régente, mais démunie d’argent. Accusée sans doute à tort d’avoir empoisonné son beau-fils, elle fut en butte à une révolte militaire dirigée par Valentin , commandant de la principale armée d’Orient et fidèle de Constantin III, et à une émeute populaire dans la capitale.

Soutenue par le patriarche Pyrrhus , elle tenta de se rétablir en acceptant le couronnement du jeune Constant II, fils de Constantin III, mais rien n’y fit. Déposée par Valentin avec Héraclonas en septembre, elle eut la langue tranchée et fut exilée à Rhodes, où elle mourut.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Christian Settipani, Continuité des élites à Byzance durant les siècles obscurs. Les Princes caucasiens et l’Empire du VIe au IXe siècle, 2006

Notes

[1] donativum