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Nersès 1er le Grand ou Nersès 1er Medz ou saint Nersès

jeudi 17 septembre 2015

Nersès 1er le Grand ou Nersès 1er Medz ou saint Nersès (326-373)

Catholicos d’Arménie de 353 à 373

Fils d’Athanaginès fils de Houssik 1er Parthev et de Bambishen [1], sœur du roi arsacide arménien Tigrane VII . Il est donc l’arrière arrière-petit-fils de Grégoire l’Illuminateur.

Éduqué à Césarée de Cappadoce [2], il épouse Sandoukht, fille de Vardan Mamikonian le chef du parti pro-perse à la cour d’Arsace II d’Arménie. Il est conseiller et chambellan du roi Arsace II.

Élu à l’unanimité catholicos [3] en 353 à l’âge de 27 ans, il est consacré à Césarée comme ses prédécesseurs, cet usage s’arrête cependant avec lui.

Il convoque probablement aussitôt le premier conseil de l’Église apostolique arménienne à Achtichat, au Taron [4], qui réorganise celle-ci. Le zoroastrisme [5] et le paganisme y sont interdits, de même que les mariages consanguins ou les anciens rites funéraires, et de nombreuses institutions bénévoles (léproseries, orphelinats, …) sont mises en places. Ce conseil marque également l’essor du monachisme arménien.

En 358, Arsace II l’envoie à Constantinople y chercher son épouse, Olympias, et y négocier quelque privilège fiscal. Après son retour, en 359, et selon les historiens Fauste de Byzance et Moïse de Khorène , il critique le roi, qui a assassiné son neveu Gnel, dont Arsace II convoite l’épouse Pharantzem , laquelle n’hésite pas à faire assassiner Olympias. Ces épisodes masquent probablement une opposition entre Nersès et Arsace, qui développe des sympathies arianisantes. Le catholicos est alors éloigné de la cour, où le représente le diacre Khat, et est remplacé par Chahak Tchounak, non consacré.

Après la mort d’Arsace II et l’occupation perse, son fils Pap est restauré sur le trône arménien en 369 avec l’aide de l’empereur Valens. Il rappelle Nersès, sans que l’on sache s’il s’agit d’un geste de conciliation vis-à-vis de l’Église ou du résultat des pressions en ce sens des nakharark [6].

Pap étant arien [7], la brouille s’installe cependant rapidement : le roi fait ainsi empoisonner le catholicos, qui meurt le 25 juillet 373.

En raison de cet assassinat, l’archevêque de Césarée interdit toute ordination d’évêque en Arménie sous les trois catholicos suivants.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Christian Settipani, Nos ancêtres de l’Antiquité : étude des possibilités de liens généalogiques entre les familles de l’Antiquité et celles du haut Moyen-Âge européen, Paris, Christian,‎ 1991

Notes

[1] « princesse »

[2] Kayseri est une ville de Turquie, préfecture de la province du même nom, située dans la région de Cappadoce au pied du mont Erciyes. La ville se situe à 320 km de la capitale Ankara et 770 km d’Istanbul. Elle est anciennement connue sous le nom de Césarée de Cappadoce ou Mazaca.

[3] Le titre de catholicos est un titre équivalent à celui de patriarche porté par des dignitaires de plusieurs Églises orthodoxes orientales, notamment les Églises de la tradition nestorienne et les Églises monophysites, en particulier l’Église apostolique arménienne.

[4] Le Taron est une région du centre de l’Arménie historique, possédée initialement par les Mamikonian.

[5] Le zoroastrisme est une religion monothéiste où Ahura Mazdâ est seul responsable de l’ordonnancement du chaos initial, le créateur du ciel et de la Terre. Le zoroastrisme est une réforme du mazdéisme, réforme prophétisée par Zarathoustra, dont le nom a été transcrit en Zoroastre par les Grecs. Cette réforme est dite classiquement être intervenue au cours du 1er millénaire av.jc mais les indices s’accumulent pour la faire remonter au millénaire précédent. Elle a fait fonction de religion officielle des Iraniens à trois reprises (sous le roi Hystapès, sous les Achéménides, sous les Sassanides). Malgré l’arrivée de l’islam, elle a réussi à se fondre dans le patrimoine culturel iranien. En effet, les Iraniens, indépendamment de leur religion, accordent beaucoup d’importance aux fêtes zoroastriennes.

[6] Le nakharar est un satrape héréditaire en Arménie. Ce titre est de premier ordre au sein de la noblesse arménienne antique et médiévale.

[7] L’arianisme est un courant de pensée théologique des débuts du christianisme, due à Arius, théologien alexandrin au début du 4ème siècle, et dont le point central concerne les positions respectives des concepts de « Dieu le père » et « son fils Jésus ». La pensée de l’arianisme affirme que si Dieu est divin, son Fils, lui, est d’abord humain, mais un humain disposant d’une part de divinité. Le premier concile de Nicée, convoqué par Constantin en 325, rejeta l’arianisme. Il fut dès lors qualifié d’hérésie par les chrétiens trinitaires, mais les controverses sur la double nature, divine et humaine, du Christ (Dieu fait homme), se prolongèrent pendant plus d’un demi-siècle.