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Quintus Mucius Scævola Augur

mardi 1er septembre 2015

Quintus Mucius Scævola Augur (vers 159 av. jc- 88 av. jc)

Homme politique de la République romaine

Issu de la gens des Mucii, il est le fils de Quintus Mucius Scævola , ami et beau-fils de Laelius Sapiens et beau-père de l’orateur Lucius Licinius Crassus.

Juriste expérimenté et passionné, il s’intéresse à la justice civile. Il s’intéresse à la culture grecque, et suit les conférences que Carnéade donne à Rome en 155. Par ailleurs, sa famille héberge le stoïcien [1] Blossius de Cumes , conseiller de Tiberius Gracchus.

Il se marie en 140 avec Laelia, fille ainée de Gaius Laelius, un ami de Scipion Émilien, dont il a un fils et deux filles. L’une d’entre elles, Mucia, épouse l’orateur Lucius Licinius Crassus.

Il est augure [2] avant 129, et conserve cette charge pendant plus de quarante ans, d’où son surnom.

Pour se changer l’esprit des activités du forum, il se délassait avec simplicité, en jouant à la balle, ou à des jeux de damier.

Ses sympathies pour les Gracques puis plus tard pour Marius le situent dans la mouvance politique des populares [3], ce qui a pu le desservir auprès de l’aristocratie pour sa carrière politique.

En 128, il est tribun de la plèbe [4]. En 125, il devient Édile [5]. En 120, il est préteur [6] et administre l’Asie. Il se déclare alors contre les réformes des Gracques.

Lors de son retour à Rome l’année suivante, il est accusé d’extorsion par Titus Albucius, probablement pour des raisons personnelles, mais assure lui-même sa défense avec succès.

En 117, il est élu au consulat pour un mandat sans grand relief.

Dans sa vieillesse, Scævola maintient son intérêt pour les affaires de Rome. Il enseigne sa connaissance juridique aux jeunes Romains, dont en 90 Cicéron et Atticus. Il écrit aussi des ouvrages de droit.

En 88, il donne asile au fils de Marius, qui avait épousé sa petite-fille Licinia. Il défend Marius contre Sylla qui tentait de le faire désigner "ennemi du peuple", en déclarant qu’on ne pouvait nommer ainsi un homme qui avait sauvé Rome.

Il décède peu après, en 88 ou en 87.

Cicéron rend hommage à son maître en le figurant comme protagoniste dans plusieurs de ses traités,“ le De oratore, le De Republica et le Laelius de Amicitia”.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Cicéron (trad. Esther Breguet, préf. Bernard Besnier), La République, suivi de Le Destin, Gallimard,‎ 1994

Notes

[1] Le stoïcisme est un courant philosophique occidental issu de l’école du Portique fondée en 301 av.jc à Athènes, par Zénon de Cition. Le stoïcisme a par la suite traversé les siècles, subi des transformations (notamment avec Chrysippe de Soles en Grèce et à Rome avec Cicéron, Sénèque, Épictète, Marc Aurèle), puis exercé diverses influences, allant de la période classique en Europe (en particulier au 17ème siècle, chez René Descartes) jusqu’à nos jours.

[2] L‘augure est, dans la religion romaine, un prêtre chargé d’interpréter les phénomènes naturels considérés comme des présages. Les augures étaient les interprètes des volontés de Jupiter, maître des signes ; il était hors de question de partir à la guerre, de choisir l’emplacement d’un temple, de désigner un homme pour une fonction politique, sans consulter les augures.

[3] Les populares formaient une tendance politique populiste qui marqua la République romaine, notamment au 2ème siècle av.jc, en s’appuyant sur les revendications des couches les plus pauvres de la société romaine et des non citoyens. Ce ne fut pas un parti politique au sens moderne, mais un clivage majeur dans les luttes politiques et sociales romaines, permettant aux acteurs politiques de se situer face au conservatisme des optimates au sein d’alliances personnelles souvent mouvantes.

[4] Dans la Rome antique, les tribuns de la plèbe sont les représentants de la plèbe, élus pour une durée d’un an par le concile plébéien.

[5] Les édiles étaient des magistrats de la Rome antique. Leur fonction primitive était liée à l’administration urbaine de Rome. L’édilité est intégrée au cursus honorum.

[6] Le préteur est un magistrat de la Rome antique. Il est de rang sénatorial, peut s’asseoir sur la chaise curule, et porter la toge prétexte. Il est précédé par deux licteurs à l’intérieur de Rome, et six hors du pomerium de l’Urbs. Sous la République, il est élu pour une durée d’un an par les comices centuriates.