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Aelia Flavia Flacilla dite Aelia Flaccilla

mardi 23 décembre 2014

Aelia Flavia Flacilla dite Aelia Flaccilla (morte vers 385/386)

Première femme de l’empereur Théodose 1er. Comme son futur époux, elle est née en Espagne, probablement dans une famille noble d’origine romaine.

Elle épouse Théodose vers 376, fils du général Théodose l’Ancien qui tombe en disgrâce et rentre avec son fils en Espagne, à Cauca*, (aujourd’hui Coca), une petite ville dans le Nord-Ouest de la province romaine de Gallaecia. Théodose l’Ancien est exécuté à Carthage pour des raisons inconnues et en 379, l’empereur Gratien élève son fils, Théodose 1er à la dignité d’Auguste et lui confie la partie orientale de l’empire. Aelie Flacilla donne naissance à Arcadius en 383 et Honorius en 384, et à Pulchérie morte en bas âge.

Aelia Flacilla fut couronnée Augusta en 379. Chrétienne convaincue, elle allait visiter les malades dans les hôtelleries des églises et leur donner à manger. Elle est proche de Grégoire de Nysse , souvent invité au palais impérial, qui fait l’oraison funèbre de sa fille, morte en 385/386.

Connue et célébrée pour sa profonde piété chrétienne et sa générosité envers les pauvres, elle fut louée par saint Ambroise et Grégoire de Nysse, comme “pilier de l’église” et figure toujours parmi les saintes de la liturgie grecque.

Elle soutient l’orthodoxie chrétienne du concile de Nicée [1] avec une grande ferveur et elle est intervenue pour empêcher la rencontre de son époux avec Eunome, l’évêque de Cyzique, de la secte arienne des Anoméens [2], craignant que cette rencontre fasse changer son époux de camp.

Elle meurt peu après sa fille, en Thrace [3], à Scotumin, une station thermale dans laquelle elle s’était rendue pour y suivre une cure, vers 386.

Enterrée à Constantinople, son oraison funèbre fut faite par Grégoire de Nysse, qui mentionne ses interventions auprès de son époux pour faire annuler des condamnations à mort.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Jean-Pierre Callu, « Pia Felix », Revue numismatique, 155e série, vol. 6,‎ 2000, p. 189-207

Notes

[1] Le Ier concile œcuménique se réunit à Nicée en 325 pour statuer au sujet de l’arianisme. Les principales personnalités engagées dans ce débat étaient présentes, dont Arius, Eusèbe de Nicomédie qui lui était favorable, Eusèbe de Césarée, modéré, Alexandre d’Alexandrie (accompagné d’Athanase d’Alexandrie comme secrétaire) qui s’opposait à lui, de même que, de façon intransigeante, Eustathe d’Antioche et Marcel d’Ancyre. Une quasi unanimité s’est prononcée pour condamner les thèses ariennes et rédiger un symbole affirmant que le Fils est consubstantiel (homoousios) au Père, c’est-à-dire de même nature que lui.

[2] L’anoméisme est un courant du christianisme ancien apparu au 4ème siècle dont les principaux représentants sont Aèce d’Antioche et Eunome.

[3] La Thrace désigne une région de la péninsule balkanique partagée entre la Grèce, la Bulgarie et la Turquie ; elle doit son nom aux Thraces, la peuplade qui occupait la région dans l’Antiquité. Au 21ème siècle, la Thrace fait partie, à l’ouest, de la Grèce, Thrace occidentale, au nord, de la Bulgarie et, à l’est, de la Turquie, Thrace orientale.