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Guillaume de Normandie dit Guillaume Cliton

jeudi 30 octobre 2014, par ljallamion

Guillaume de Normandie dit Guillaume Cliton (1102-1128)

Comte de Flandre de 1127 à 1128

Représentation de Guillaume Cliton datant du 17ème siècleIl revendiqua le duché de Normandie et le trône du Royaume d’Angleterre.

Fils du duc de Normandie Robert Courteheuse et de Sybille de Conversano , petit-fils de Guillaume le Conquérant et de Mathilde de Flandre, elle-même fille du comte Baudouin V et de Adèle de France . Il est donc le cousin du comte Charles 1er de Flandre , son prédécesseur, mort assassiné, sans enfant.

Après la défaite et la capture de son père par son frère le roi d’Angleterre Henri 1er Beauclerc à la bataille de Tinchebray [1] le 28 septembre 1106, le jeune Guillaume tombe entre les mains du roi, son oncle. Henri 1er le confie à la garde au comte d’Arques, Hélias de Saint-Saëns, qui a épousé une demi-sœur de Guillaume, une fille naturelle du duc Robert Courteheuse.

À partir de 1109, son oncle est en conflit ouvert avec le roi de France Louis VI le Gros et ses alliés angevins. Guillaume Cliton devient donc un enjeu d’importance, car sa revendication au duché de Normandie est plus légitime que celle d’Henri 1er.

Le roi décide donc de le faire arrêter vers 1109/1110. Mais avec la complicité d’Hélias, le jeune homme s’enfuit de Normandie et se réfugie auprès de divers princes opposés à Henri 1er.

Bientôt, les barons normands mécontents et les ennemis d’Henri 1er forment une coalition qui revendique le duché de Normandie pour Guillaume. Cette revendication sert de prétexte à Louis VI de France, Foulque V d’Anjou et Baudouin VII de Flandre pour s’opposer au roi anglais dont la puissance effraie.

En 1113, Louis et Foulques, défaits militairement, concluent des traités très favorables pour Henri, lui reconnaissant ses droits sur la Normandie. Peu après, Henri solidifie encore plus la paix en négociant les fiançailles de son fils Guillaume Adelin avec Mathilde, une fille du comte d’Anjou.

Entretemps, Guillaume Cliton s’est réfugié à la cour de Flandre, auprès du comte Baudouin VII. Il l’aurait rejoint à l’âge de 13 ans, et aurait été adoubé à 16.

À partir de 1114, le comte de Flandre mène des raids en Normandie en soutien de son protégé. À partir de 1117, ses raids dans le nord-est reçoivent un certain soutien local. Certains barons se déclarent alors ouvertement pour Guillaume Cliton, et bientôt le roi de France et le comte d’Anjou brisent la paix établie depuis 1113. Entre les étés 1118 et 1119, Henri 1er est en guerre ouverte contre cette coalition d’ennemis. C’est la période la plus difficile de son règne. Mais le souverain prend le dessus après la mort au combat du comte de Flandre, la paix arrangée avec le comte d’Anjou par le mariage de leurs enfants, et la lourde défaite infligée au roi de France à la bataille de Brémule [2] le 20 août 1119. En Normandie, la rébellion est matée.

Ses espoirs envolés, Guillaume Cliton rencontre Henri 1er en octobre 1119, pour lui demander de libérer son père, promettant de s’exiler tous 2 à Jérusalem. Doutant de sa parole, Henri refuse. Néanmoins, il cherche à l’attirer à sa cour en lui promettant un statut équivalent à celui d’un comte avec autorité sur trois comtés. Guillaume Cliton refuse et reste en exil. En 1120, les rois français et anglais concluent un nouveau traité favorable à Henri 1er.

La cause de Guillaume renaît avec la mort de Guillaume Adelin, le fils et héritier d’Henri 1er, dans le naufrage de la Blanche-Nef, le 25 novembre 1120. En 1123, il obtient la main de Sybille , une fille cadette de Foulque V d’Anjou. Un nouveau noyau de supporteurs se forme en Normandie.

Au cours de cette année et de la suivante, il s’ensuit une révolte en sa faveur menée par Amaury III de Montfort, le comte d’Évreux, et Galéran IV , le comte de Meulan. Mais cette rébellion est matée le 25 mars 1124, lorsque les officiers militaires de la maison royale, notamment Ranulf le Meschin , le comte de Chester, capturent ses meneurs dans une embuscade près de Bourgtheroulde [3].

Poursuivant avec acharnement son ennemi, Henri 1er obtient même du pape l’annulation du mariage de Guillaume Cliton pour cause de consanguinité.

En janvier 1127, Louis VI de France décide de lui arranger un mariage avec Jeanne de Montferrat, une demi-sœur de Adèle de Savoie, son épouse. Il lui confie aussi le Vexin français et décide de le soutenir de tout son poids, maintenant que Henri 1er a décidé de faire reconnaître sa fille Mathilde l’Emperesse comme son héritière. Immédiatement, Cliton franchit la frontière normande et assiège la forteresse de Gisors [4] et revendique à nouveau le duché.

Charles le Bon est assassiné durant une messe, le 2 mars 1127, et ne laisse aucun héritier. Étant le petit-fils de Mathilde de Flandre et l’arrière-petit-fils de Baudouin V de Flandre, Guillaume revendique alors, avec la bénédiction et l’appui de son beau-frère Louis VI, le comté de Flandre.

En dépit des droits du comte Baudouin IV de Hainaut , et en présence des barons flamands rassemblés le 23 mars 1127 à Arras, Louis VI, en tant que suzerain, intervient et impose l’investiture du comté de Flandre à Guillaume. Le roi de France montre sa force en mettant le siège devant Lille puis, le 6 avril 1127, se rend à Bruges pour assister aux mutuelles prestations de serments du nouveau comte et de ses barons. Guillaume, en promettant notamment l’abolition du tonlieu [5] et du cens [6], jure de respecter les lois et les privilèges des villes. C’est à ce moment-là que Saint-Omer reçoit une charte communale le 14 avril 1127.

Cependant la partie n’est pas jouée, puisque, outre Baudouin IV de Hainaut qui s’empare d’Audenarde [7], les prétendants au titre sont nombreux.

Son expérience militaire ne lui sert guère dans cette Flandre où la société change rapidement avec le développement de l’industrie de la laine. Guillaume Cliton se rend rapidement odieux à ses nouveaux sujets. Non seulement il ne respecte ni ses engagements, ni même ses serments, mais en plus il lève de nouveaux impôts sur les marchés et de nouvelles redevances sur les maisons, qu’il fait récolter par la violence. Le comte projette toujours de reconquérir la Normandie et agit classiquement en féodal. C’est sans compter sur la réaction des villes, de plus en plus florissantes, très soucieuses de leur liberté. Qui plus est, Guillaume ne donne pas les signes d’une vie chrétiennement irréprochable.

Des émeutes éclatent à Saint-Omer et à Lille, après l’arrestation le 1er août 1127 d’un de ses serfs sur la place de Lille en pleine foire. Le 17 septembre suivant c’est la commune de Bruges qui gronde. Ces révoltes sont alors matées et le comte Guillaume exige une lourde amende. Mais il ne peut empêcher Gand et Bruges de reconnaître Thierry d’Alsace comme comte. En 1128, c’est toute la Flandre impériale qui se rallie au Lorrain, tout comme la majorité des barons de la Flandre royale, appuyés en sous-main par le roi Henri 1er d’Angleterre, qui exploite ces tensions.

Louis VI fait lancer l’interdit sur la Flandre, excommunier Thierry d’Alsace, et assiège Lille où ce dernier s’est enfermé. Mais il se retire rapidement, car Henri 1er a amassé une armée au château d’Épernon.

Après avoir levé le siège de Lille le 21 mai 1128, Guillaume, appuyé par Godefroid 1er de Louvain dit le Barbu , remporte la victoire à Tielt [8] ainsi qu’au château d’Oostkamp et encercle Thierry à Alost [9] où l’a conduit sa fuite de Lille.

C’est là que le 27 juillet 1128, Guillaume est atteint d’un trait d’arbalète. Il meurt peu après. Il ne laisse aucun enfant et Thierry d’Alsace récupère la Flandre.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Guillaume Cliton/ Portail de la Région flamande/ Liste des comtes de Flandre

Notes

[1] La bataille de Tinchebray a eu lieu le 28 septembre 1106, dans la ville de Tinchebray en Normandie, entre des troupes de l’envahisseur Henri Ier Beauclerc, roi d’Angleterre, et celle du duc de Normandie, son frère aîné Robert Courteheuse. Cette bataille s’est soldée par une victoire décisive d’Henri Beauclerc, qui lui permit de rattacher la Normandie à l’Angleterre, ce qui n’était plus le cas depuis la mort de leur père Guillaume le Conquérant en 1087. La Normandie restera une possession de la couronne d’Angleterre jusqu’en 1204.

[2] La bataille de Brémule s’est déroulée le 20 août 1119 entre Henri 1er Beauclerc, roi d’Angleterre et duc de Normandie, et le roi de France Louis VI le Gros. Sévèrement battu, Louis VI est contraint à fuir et à se réfugier aux Andelys. Cette bataille est le résultat d’une rencontre fortuite entre les deux voisins qui conduisaient une opération de police sur leurs marches respectives, les limites encore imprécises de leurs royaumes dans le Vexin et la vallée de la Seine.

[3] Bourgtheroulde-Infreville est une commune française située dans le département de l’Eure en région Haute-Normandie.

[4] Le château de Gisors est un ancien château fort des 11 et 12ème siècles dont les vestiges se dressent sur la commune de Gisors dans le département de l’Eure et la région Haute-Normandie.

[5] impôt sur les marchés

[6] redevances sur les maisons

[7] Audenarde est une ville néerlandophone de Belgique, située en province de Flandre-Orientale. La ville est située au sud de Gand, sur les rives de l’Escaut.

[8] Tielt est une ville néerlandophone de Belgique située en Région flamande, chef-lieu d’arrondissement en Province de Flandre-Occidentale.

[9] Alost est une ville dans le Denderstreek située en Région flamande, chef-lieu d’arrondissement en province de Flandre-Orientale sur la Dendre et sur le Molenbeek-Ter Erpenbeek. Elle se trouve à mi-chemin entre Bruxelles et Gand