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L’histoire pour le plaisir

Robert II d’Artois

dimanche 29 mai 2022, par lucien jallamion (Date de rédaction antérieure : 2 juin 2012).

Robert II d’Artois

Comte d’Artois en 1250-Seigneur de Domfront

"Robert II d'Artois,Comte d'Artois en 1250-Seigneur de Domfront (domaine public)"Robert II naquit en Terre Sainte, fils posthume de Robert 1er , il devient comte d’Artois [1] en 1250, seigneur de Domfront [2].

Robert avait 20 ans quand Louis IX fit sa seconde croisade. Le jeune prince, aussi désireux de venger son père que de combattre pour la croix, montra la plus grande impétuosité devant Carthage [3] et dans toutes les approches des Sarrasins [4]. Puis il prend part à l’expédition de Sicile organisée par Philippe III pour secourir Charles d’Anjou après les Vêpres Siciliennes de 1282 [5].

Il fut nommé régent du royaume de Naples [6] après la mort de son oncle Charles d’Anjou, alors que Charles II, son fils, était prisonnier dans un château de la Catalogne. Il passa ensuite en Sicile [7], fit le siège d’Agosta et s’en rendit maître en 1286.

De retour en France Robert, fut employé par Philippe le Bel dans ses guerres de Guyenne [8] et de Flandre [9]. Lors des troubles en Flandre à l’appel du roi, Robert accourut avec son armée d’Aquitaine, et se porta sur Furnes [10], tandis que le roi assiégeait Lille [11]. 16 000 Flamands fondirent sur lui la pique basse ; il les mit en complète déroute ; mais son fils unique fut blessé mortellement à ses côtés. Furnes, Cassel [12], ouvrirent leurs portes. Mais la prise de possession de ces tumultueuses communes amena de terribles représailles.

Bruges [13] fit ses Vêpres siciliennes, où furent massacrés 3 000 Français.

Le comte d’Artois, chargé de châtier ces villes rebelles, passa la frontière avec une armée 7 500 cavaliers, 10 000 archers et 30 000 hommes de pied. Il marcha sur Courtrai [14], où campait l’armée des Flamands. On y comptait 20 000 hommes, appartenant pour la plupart aux corps de métiers. Ce fut un grand massacre plutôt qu’une bataille. Le comte d’Artois y fut tué le 11 juillet 1302, ainsi que le connétable, des maréchaux, le chancelier, 200 seigneurs des plus illustres, et 6 000 cavaliers.

Sa succession fut disputée entre sa fille Mahaut et son petit-fils Robert III.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Xavier Hélary, « Robert d’Artois et les Angevins (1274-1302), d’après le chartrier des comtes d’Artois », dans Alain Prévost, éditeur, Les comtes d’Artois et leurs archives : Histoire, mémoire et pouvoir au Moyen Âge (recueil d’études), Arras, Artois Presses Université, 2012 (ISBN 978-2-84832-165-3)

Notes

[1] Le comté d’Artois est une ancienne province du Nord de la France. Louis VIII, qui mourut le 8 novembre 1226, avait par son testament constitué l’Artois en apanage à son second fils, Robert, encore enfant. Ce ne fut qu’en 1237 que Robert releva de son frère Louis IX la terre d’Artois : Arras, Saint-Omer, Aire, Hesdin, Bapaume, Lens et leurs dépendances. Louis IX avait confirmé les dispositions de son père à cet égard, en ajoutant que Hesdin, Bapaume et Lens, qui formaient le douaire de leur mère Blanche de Castille, ne devaient être remis à Robert qu’à la mort de Blanche ; mais celle-ci survécut à son fils : Robert 1er d’Artois périt à Mansourah en 1250 et la reine ne mourut qu’en 1252. L’Artois passa au fils de Robert 1er, Robert II. En 1297, le comté d’Artois est érigé en comté-pairie. Robert II fut tué à Courtrai en 1302. Le comté est alors disputé entre son petit-fils Robert III et sa fille Mahaut, et la Cour des pairs finit par trancher en faveur de la comtesse Mahaut. Mahaut épousa Othon IV, comte de Bourgogne. Elle mourut en 1329, laissant une fille Jeanne, qui, dès 1315, avait tenu le comté de Bourgogne comme héritage de son frère (Robert l’Enfant) et qui, en Artois, succéda à sa mère, à laquelle elle ne survécut que de quelques mois. Jeanne, mariée au roi Philippe V, en avait eu une fille du même nom qui, en 1318, épousa Eudes IV, duc de Bourgogne, auquel en 1330, à la mort de sa mère, elle fit passer l’Artois et la Franche-Comté. Eudes IV mourut en 1350. Son petit-fils, Philippe de Rouvre fut uni, en 1357, à Marguerite de Male, encore enfant à cette époque et qui se trouva veuve dès 1361. Huit ans plus tard, Marguerite se remariait avec Philippe le Hardi que son père, le roi Jean II, venait d’investir le 6 septembre 1363 du duché de Bourgogne, vacant par le décès de Philippe de Rouvre. Quant à l’Artois et à la Franche-Comté, que ce même Philippe de Rouvre avait tenus de son aïeule Jeanne, femme d’Eudes IV, ils remontèrent à sa grand-tante, Marguerite de France, sœur de Jeanne, fille de Philippe V1. Marguerite de France était veuve alors de Louis de Crécy mort en 1346, et à sa mort, en 1382, ce fut leur fils Louis de Male qui hérita de ces principautés

[2] Le château de Domfront est un ancien château fort, du 11ème siècle, aujourd’hui ruiné, dont les vestiges se dressent sur la commune déléguée de Domfront au sein de la commune nouvelle de Domfront en Poiraie dans le département de l’Orne. Le château au cours de son histoire dû subir 13 sièges.

[3] Carthage est une ville tunisienne située au nord-est de la capitale Tunis. L’ancienne cité punique, détruite puis reconstruite par les Romains qui en font la capitale de la province d’Afrique proconsulaire, est aujourd’hui l’une des municipalités les plus huppées du Grand Tunis, résidence officielle du président de la République, regroupant de nombreuses résidences d’ambassadeurs ou de richissimes fortunes tunisiennes et expatriées. La ville possède encore de nombreux sites archéologiques, romains pour la plupart avec quelques éléments puniques,

[4] Sarrasins ou Sarrazins est l’un des noms donnés durant l’époque médiévale en Europe aux peuples de confession musulmane. On les appelle aussi Arabes, Ismaélites ou Agaréniens. D’autres termes sont employés également comme Maures, qui renvoient aux Berbères de l’Afrique du Nord après la conquête musulmane. Le terme de Sarrasin se cristallise finalement sur l’opposition avec l’ennemi dans le contexte des Croisades menées par l’Occident chrétien en Terre sainte.

[5] Les « Vêpres siciliennes » sont un soulèvement et une révolte populaire de l’île de Sicile contre la domination féodale du roi d’origine française Charles d’Anjou, survenu à Palerme et Corleone, le 31 mars 1282, mardi de Pâques. À la suite de ce soulèvement et du massacre des Français, les Siciliens se libèrent du joug angevin en passant sous la protection du roi d’Aragon Pierre III1. L’événement est donc à la fois un moment clef de l’histoire nationale sicilienne et un tournant géopolitique.

[6] Le royaume naquit de la scission de fait du royaume de Sicile, provoquée par les Vêpres siciliennes de 1282. Le roi Charles d’Anjou, chassé de l’île de Sicile par les troupes de Pierre III d’Aragon, ne se maintint que sur la partie continentale du royaume. Naples devint la capitale de ce nouveau royaume, ce qui provoqua une forte croissance de la ville qui était auparavant supplantée par Palerme. Sous le règne de Robert 1er, le royaume connaît une période de paix et de prospérité. Le roi fit de Naples l’un des centres culturels de l’Italie, invitant à sa cour Giotto, Pétrarque et Boccace. La seconde partie du 14ème siècle vit cependant s’amorcer une période de déclin due à la lutte fratricide entre deux branches adverses de la dynastie angevine pour régler la succession de Robert 1er puis celle de sa fille, la reine Jeanne 1ère. La maison d’Anjou-Duras finit par triompher, avec Charles III, duc de Duras, qui fit assassiner la reine Jeanne en 1382. Son fils, Ladislas 1er, étendit provisoirement le royaume sur une bonne partie de l’Italie centrale, caressant le rêve d’unifier la péninsule. À sa mort sans héritier en 1414 c’est sa sœur, Jeanne II, qui monta sur le trône.

[7] La Sicile est la plus grande île méditerranéenne. À partir du 2ème millénaire av. jc, l’île est occupée par trois peuples : les Sicanes, les Sicules et les Élymes. À partir du 8ème siècle av. jc, les Phéniciens fondent des comptoirs commerciaux en Sicile. Ceux-ci, souvent établis sur des promontoires ou des îles voisines de la côte, sont concentrés à la pointe nord-occidentale comme Palerme, Solonte ou Motyé. La Sicile fut ensuite gouvernée par des princes appelés tyrans dont les Denys l’Ancien et Denys le Jeune.

[8] La Guyenne est une ancienne province, située dans le sud-ouest de la France. Ses limites ont fluctué au cours de l’histoire sur une partie des territoires des régions françaises Nouvelle-Aquitaine et Occitanie. Portant le titre de duché, la Guyenne avait pour capitale Bordeaux. Son nom est apparu au 13ème siècle en remplacement du terme d’« Aquitaine ». Sous l’Ancien régime, la Guyenne était l’une des plus grandes provinces de France et regroupait divers pays et provinces plus petites comme le Périgord, l’Agenais, le Quercy et le Rouergue. Le terme de « Guyenne propre » correspondait à la région de Bordeaux, également appelée le Bordelais. La Guyenne était couramment associée avec la Gascogne dont la capitale était Auch et qui regroupait notamment l’Armagnac, le Bigorre, le Labourd, la Soule et le Comminges. Guyenne et Gascogne partageaient ainsi le même gouvernement général militaire.

[9] Le comté de Flandre a été un pagus carolingien, puis l’une des principautés du royaume de France, particulièrement impliquée dans les conflits franco-anglais, aux frontières et à l’influence durement disputées depuis sa création au 9ème siècle jusqu’en 1384, date de la mort du comte Louis de Male. Le comté, possédé par la Maison de Flandre de 863 jusqu’à la mort de la dernière comtesse, Marguerite de Constantinople, en 1280, puis par la Maison de Dampierre-Flandre, puis devenu l’une des possessions de la Maison capétienne de Bourgogne en 1385, devint alors l’un des principaux centres des États bourguignons. Après la Guerre de succession de Bourgogne il fut ensuite progressivement intégré aux Pays-Bas bourguignons et fut finalement détaché du royaume de France par le Traité de Madrid en 1526 en faveur des Habsbourg d’Espagne. Louis XIV en reconquit une partie sur les Espagnols. Le comté cessa d’exister en 1795 après la conquête des Pays-Bas autrichiens par les Français. Le territoire de ce comté correspond approximativement aux provinces belges actuelles de Flandre-Occidentale et de Flandre-Orientale, à l’ouest de la province de Hainaut (arrondissements de Tournai et Mouscron), plus la partie de la province d’Anvers située à l’ouest de l’Escaut, la Flandre zélandaise et la région historique de Flandre française (région de Lille, Dunkerque, Hazebrouck, Douai,…).

[10] Furnes est une ville néerlandophone de Belgique située en Région flamande dans la province de Flandre-Occidentale.

[11] Lille est une ville du nord de la France, préfecture du département du Nord. Le comté de Flandre, dont Lille devient l’une des capitales avec Gand, Bruges et Saint-Omer, est constitué progressivement à partir de 866 par Baudouin 1er de Flandre. En 1066, lorsque le comte Baudouin V de Flandre établit la grande charte de dotation de la collégiale Saint-pierre, Lille est déjà une petite ville avec remparts, accolée à son château fort, le château de la Motte-Madame, et qui commence à se développer autour du faubourg marchand de la paroisse Saint-Étienne, situé au sud du castrum. À l’est, le village de Fins possède, lui aussi, une église, l’église Saint-Maurice. Il sera intégré à Lille au cours du siècle suivant. La ville se développe grâce à son emplacement privilégié de traversée de la Deûle, au blé qu’on récoltait alentour en abondance et à ses relations avec les autres villes du prospère Comté de Flandre. Une foire au drap est ainsi fondée au 12ème siècle. En 1127 et 1128, Lille connaît ses premiers sièges par les armées du Roi de France, Louis VI de France, lors des affrontements entre Guillaume Cliton, fils du duc de Normandie, et Thierry d’Alsace, comte d’Alsace, pour la succession du comté de Flandre. En juin 1213, c’est Philippe Auguste qui fait le siège de Lille et remporte la ville en trois jours. Elle est reprise par Ferrand de Portugal en septembre de la même année, puis par Philippe Auguste qui incendie la ville, avant de remporter, l’année suivante, la bataille de Bouvines. À partir de 1214, Jeanne de Constantinople, comtesse de Flandre et de Hainaut, s’emploie à reconstruire la ville et ses fortifications. Elle fonde notamment l’hôpital Saint-Sauveur et l’hospice Comtesse. Lille est réunie une première fois au domaine royal en 1304. Entre 1297 et 1304, Lille a connu trois sièges, par les armées de Philippe le Bel d’abord, lors des affrontements qui l’opposent à Guy de Dampierre, par Jean 1er de Namur ensuite, lors des évènements qui font suite aux matines de Bruges et à la bataille de Courtrai en 1302, puis de nouveau par Philippe le Bel après la bataille de Mons-en-Pévèle. En 1369, Lille est cédée par le Roi Charles V de France, avec Douai et Orchies, à Philippe II de Bourgogne lorsqu’il épouse la fille de Louis II de Flandre, Marguerite III de Flandre. S’ouvre alors une période de prospérité au cours de laquelle Lille devient une des trois capitales des possessions du duc de Bourgogne, avec Dijon et Bruxelles. Elle devient aussi un pôle administratif de premier plan et accueille la Cour des comptes de l’État bourguignon en 1385. Le premier chapitre de l’ordre de la toison d’or est constitué à Lille en 1431. En 1477, à la mort de Charles le Téméraire, Marie de Bourgogne épouse Maximilien 1er du Saint Empire et apporte la ville aux Habsbourg. Lille rejoint ainsi le Saint-Empire romain germanique et partage le destin des Pays-Bas pendant plus de 150 ans.

[12] Cassel est une ville universitaire allemande, située dans le Land de Hesse, au bord de la rivière Fulda. Pendant le 17ème siècle en devenant un foyer du protestantisme calviniste, la ville a été entourée d’une fortification afin de protéger le bastion protestant contre les ennemis catholiques et en 1685 Cassel est devenue le refuge de 1 700 huguenots. C’est à Cassel que fut publiée, en 1614, la Fama Fraternitatis, premier manifeste rosicrucien, qui allait déclencher en Europe une intense agitation dans les milieux philosophiques et religieux. Une influence française est perceptible dans l’architecture de plusieurs quartiers, ainsi que dans plusieurs noms de lieux et de rues et s’explique par l’arrivée de protestants français à la suite de la révocation de l’édit de Nantes.

[13] Bruges est une ville de Belgique située en Région flamande, chef-lieu et plus grande ville de la province de Flandre-Occidentale. Bruges apparaît au 10ème siècle en tant que place forte du comté de Flandre. En 1134, un raz-de-marée a pour conséquence bénéfique d’ouvrir un bras de mer, le Zwin, donnant un accès direct à la mer pour la ville, ce qui entraîne un développement urbain spectaculaire entre le 12ème et le 15ème siècle, avec le creusement de nombreux canaux. Forte de son indépendance communale symbolisée par son beffroi, Bruges devient une plaque tournante portuaire, commerciale et financière centrale dans l’Europe du Moyen Âge, reliant les pays de la mer du Nord et de la Baltique à la Méditerranée. Les riches marchands brugeois traitaient avec ceux de toute l’Europe.

[14] Courtrai est une ville de Belgique située en Région flamande, chef-lieu d’arrondissement en province de Flandre-Occidentale. La ville de Courtrai est située à une trentaine de kilomètres au nord-est de Lille en France, elle est traversée par la Lys. Ville de garnison, Courtrai a connu une histoire mouvementée du Moyen Âge à la Révolution française. La bataille des éperons d’or eut lieu à l’extérieur de ses murs le 11 juillet 1302.