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L’histoire pour le plaisir

Baudouin II de Bourcq

mardi 1er janvier 2019, par ljallamion (Date de rédaction antérieure : 2 mars 2012).

Baudouin II de Bourcq (mort en 1131)

Comte d’Édesse de 1100 à 1118-Roi de Jérusalem de 1118 à 1131

Baudoin II (Baudouin du Bourg), roi de Jérusalem, huile sur toile, Versailles, Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.Fils cadet de Hugues comte de Rethel et de Mélisente de Montlhéry [1], coussin de Baudouin 1er.

En 1095, il s’engage dans la 1ère Croisade, dans le contingent de ses cousins Eustache III de Boulogne Godefroy de Bouillon, et de Baudouin de Boulogne. Il suit Baudouin 1er à Edesse [2], et se retrouve comte d’Edesse [3], lorsque Baudouin 1er succède à son frère Godefroy.

Il continua la politique de son prédécesseur et noua des alliances avec les seigneurs arméniens de Marash et de Malatya [4], et étendit sa suzeraineté jusqu’à ces contrées, et épousa Morfia, fille de Gabriel, prince de Malatya.

Il cherchait à prendre Harran [5], première étape vers Mossoul [6], lorsqu’il fut fait prisonnier avec Josselin 1er de Courtenay en 1104.

Détenus tous 2 dans une forteresse, ils réussissent à s’en emparer grâce à des complicités arméniennes. Josselin de Courtenay part seul chercher du secours pendant que Baudouin tient la forteresse avec une petite troupe. Il est néanmoins forcé de se rendre. Libéré en 1108, il dut se résigner à abandonner les campagnes de la rive orientale de l’Euphrate, face aux incursions turques.

En 1118, à la mort du roi Baudouin 1er de Jérusalem, il recueille la succession et confie le comté d’Edesse à un de ses cousins, Josselin de Courtenay.

Confronté aux attaques musulmanes, il remporta quelques succès devant Antioche [7], puis Tyr [8] Après le désastre de Tell Aqibrin ou bataille du Champ du Sang [9], où fut tué le prince Roger de Salerne, régent d’Antioche, il dut assurer la régence d’Antioche et protéger la ville. Il parvint à redresser la situation, lorsque un chef turc le fit prisonnier en 1123 jusqu’en 1128. il accueillit alors à Jérusalem les Templiers. Son gendre Foulque V d’Anjou lui succéda.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Alan V. Murray, The crusader Kingdom of Jérusalem : A Dynastic History, 1099-1125, Oxford, Prosopographica et genealogica, coll. « Occasional Publications / 4 », 2000, (ISBN 1-900934-03-5)

Notes

[1] La famille de Montlhéry est une branche cadette de la maison de Montmorency. Ils acquirent les terres de Rochefort et de Montlhéry. Cette famille fut rapidement proche du pouvoir royal, mais des disgrâces causées par des maisons rivales, ainsi qu’un tempérament récurrent de seigneurs brigands, conduisirent à leur élimination par Louis VI le Gros. Par leurs alliances, les Montlhéry-Rochefort sont apparentés à nombre de chevaliers qui se sont illustrés en Terre sainte

[2] Şanlıurfa souvent appelée simplement Urfa est une ville du sud-est de la Turquie. Elle fut d’abord nommée Urhai puis Édesse (ou Édessa), puis Urfa et aujourd’hui Şanlıurfa ou Riha en kurde. Le nom antique d’Édesse est Osroé, qui provient peut-être du nom du satrape Osroès qui gouverna la région. Selon la légende, Adam et Ève séjournèrent dans la cité, qui serait la ville natale d’Abraham et qui abriterait la tombe de sa femme Sarah.

[3] Le comté d’Édesse est l’un des premiers États latins d’Orient, le plus avancé dans le monde islamique. C’est aussi le premier à être reconquis par les musulmans, une cinquantaine d’années après sa création. À son avènement, le comté d’Édesse se réduit à la ville et à ses alentours, ainsi que des cités de Turbessel et de Ravendel. Les Ortoqides tiennent les environs de Saruj et de Mardin, les Danichmendides dominent le nord jusqu’à Samosate et les Byzantins tiennent la région de Marach, au bord de la Cilicie, qui leur a été remise par les Francs en 1097. Quelques cités, comme Bira et Malatya, sont tenues par des chefs arméniens.

[4] Malatya est une ville de Turquie, préfecture de la province du même nom. La population de Malatya est principalement turque, mais la ville accueille aussi une minorité arménienne et kurde. Il s’agit de l’ancien emplacement de Mélitène, fort et chef lieu de la province romaine de l’Arménie. Mélitène fut un grand centre du christianisme monophysite. Byzantine, la ville tombe aux mains des Arabes au 7ème siècle. Basile 1er l’isole mais ne réussit pas à la prendre. Reprise par les Byzantins en 934, la cité est ensuite intégrée aux possessions de Philaretos Brakhamios, serviteur arménien de l’empire qui prend son autonomie à la mort de Romain IV Diogène, en 1071. Après sa chute en 1085, Mélitène est défendue par son lieutenant Gabriel contre les Seldjoukides, qui assiègent la cité en 1097. L’arrivée des Croisés les oblige cependant à lever le siège et à quitter la région. Malgré l’alliance avec Baudouin du Bourg, comte d’Édesse, Mélitène est prise en 1103 par les Danichmendides. Militène fut le siège du patriarcat jacobite de 1094 à 1293.

[5] Harran (ou Carrhes) est une ville et un district de Turquie, ainsi qu’un site archéologique au sud-est de la Turquie actuelle, au croisement des routes de Damas, de Karkemich et de Ninive. Cette situation en a fait un point stratégique au cours de l’Histoire. Des inscriptions assyriennes mentionnent ce lieu vers 1100 avant l’ère chrétienne sous le nom de Harranu qui signifierait route en akkadien. Harran fut brûlé par les Hittites.

[6] Mossoul est une ville du nord de l’Irak, chef-lieu de la province de Ninive, en Haute mésopotamie. Appartenant de jure à l’Irak, Mossoul est située sur les ruines de Ninive. C’est la ville qui lui a succédé comme métropole régionale à l’époque chrétienne. Elle est alors d’obédience nestorienne et abrite les tombes de plusieurs évangélisateurs. Prise en 641 par les Arabes, elle devient le principal pôle commercial de la région en raison de son emplacement, au carrefour des routes de caravanes entre la Syrie et la Perse. C’est à cette époque qu’elle devient réputée pour ses tissus fins de coton, les mousselines, ainsi que pour son marbre. Au 10ème siècle, l’émirat de Mossoul acquiert une quasi-indépendance avant de devenir au 11ème siècle la capitale d’un État seldjoukide. Au 13ème siècle, elle est conquise et pillée par les Mongols. En 1262, elle passe sous domination perse, puis ottomane.

[7] Antioche est une ville de Turquie proche de la frontière syrienne, chef-lieu de la province de Hatay.

[8] Tyr se situe dans la Phénicie méridionale, à un peu plus de 70 km au sud de Beyrouth et à 35 km au sud de Sidon, presque à mi-chemin entre Sidon au nord et Acre au sud, et à quelques kilomètres au sud du Litani.

[9] Nommée en latin Ager sanguinis, la bataille du Champ du Sang opposa le 28 juin 1119 les Croisés d’Antioche contre les Alépins dans la plaine de Sarmada, à mi-chemin entre les deux villes.