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Geoffroy III d’Anjou dit le Barbu

jeudi 10 mars 2016 (Date de rédaction antérieure : 16 novembre 2011).

Geoffroy III d’Anjou dit le Barbu (1040-1096/1097)

Comte de Gâtinais de 1056 à 1068-Comte d’Anjou et de Tours de 1060 à 1068

Fils aîné de Geoffroy II Ferréol, comte de Gâtinais [1] et d’Ermengarde d’Anjou. Il succède à son père vers 1045, puis partage avec son frère cadetFoulque les biens de son oncle Geoffroy Martel. Il obtient l’Anjou [2] et la Touraine [3], tandis que son frère reçoit la Saintonge [4] et la seigneurie de Vihiers [5]. Très rapidement, il se brouille avec le clergé, envahit l’abbaye de Marmoutier [6] et s’oppose à l’archevêque de Tours à propos de l’élection de l’évêque du Mans. Il perd d’ailleurs le contrôle du Maine, occupé par Guillaume le Conquérant. En 1067, Geoffroy est excommunié par le pape.

Pendant ce temps, son frère Foulque, chassé par Guy Geoffroy Guillaume VIII, duc d’Aquitaine qui lui avait pris la Saintonge en 1062, ne peut se contenter de sa seigneurie de Vihiers et prend la tête de l’opposition baronniale. Il s’empare de Saumur le 25 février 1067, puis d’Angers, le 4 avril 1067, capture son frère et l’emprisonne.

Lorsque Foulque Réchin gagne à sa cause quelques-uns des plus puissants vassaux de Geoffroy le Barbu, son frère, excommunié, est abandonné par le clergé. Sûr du concours de ses alliés, il marche sur Angers le 4 avril 1067 et, grâce à la trahison de Geoffroy de Preuilly , de Renaud II de Château-Gontier, de Giraud de Montreuil et du prévôt d’Angers, nommé Robert, s’empare de la personne du comte Geoffroy et le jette en prison. La punition des traîtres ne se fait pas attendre. Foulque Réchin ne peut ou ne veut pas préserver ses affidés de la vengeance populaire. Le lendemain, une émeute terrible soulève la ville, Renaud de Château-Gontier, Geoffroy de Preuilly, Giraud de Montreuil, sont massacrés, le prévôt, appréhendé à son tour, a bientôt subit un sort semblable.

Après une courte réconciliation, les 2 frères se brouillent à nouveau, et l’armée de Geoffroy est battue par les hommes de Foulque sur le champ de bataille de Brissac-Quincé [7] au mois d’avril 1068. Geoffroy est emprisonné pendant plus de 20 ans, au cours desquels il devint fou, et ni le roi de France, ni le comte de Blois ne réussissent à convaincre Foulque de le libérer.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de histoire de Geoffroy III le Barbu/ Histoire de l’Europe

Notes

[1] Le Gâtinais se situait entre les villes d’Orléans et de Fontainebleau, et fut possédé par des seigneurs à qui fut confié la vicomté d’Orléans. À la fin du 10ème siècle, les vicomtes d’Orléans s’intitulaient comtes de Gâtinais. L’un d’eux, Geoffroy II Ferréol, épouse la sœur d’un comte d’Anjou et leur fils devint comte d’Anjou à l’extinction de la famille des Ingelgeriens.

[2] L’Anjou est une région historique et culturelle française, correspondant à l’ancienne province du même nom et dont la capitale est Angers. Bien que le duché ait disparu, le terme « Anjou » est toujours utilisé pour définir le territoire de Maine-et-Loire. Le logo du département reprend le terme « Anjou ». Le territoire de l’Anjou correspond à l’actuel département de Maine-et-Loire, ainsi qu’à plusieurs autres territoires intégrés dans diverses divisions administratives.

[3] La Touraine est une des anciennes provinces de France héritière de la civitas turonensis ou cité des Turones, dont elle tire son nom. Les comtes d’Anjou et de Blois, maîtres politiques de la Touraine, sont longtemps plus puissants que les rois capétiens, mais la généralisation de la seigneurie franco flamande et son besoin de garantie de paix réhabilitent le pouvoir central longtemps oublié. Au terme d’une reprise capétienne séculaire, Philippe Auguste s’impose face à la prestigieuse dynastie Plantagenêt après 1216. Toute la Touraine (et pas seulement la portion de la ville de Saint Martin de Tours) et quelques places fortes est sous l’égide de la maison royale de France. La ville de Tours est chef-lieu de généralité des pays tourangeaux, angevins et (céno)manceaux à la fin de l’Ancien régime.

[4] La Saintonge est une ancienne province française dont les limites ont plusieurs fois varié avec le temps. Partie intégrante de la province romaine d’Aquitaine ou Aquitania durant l’antiquité (Saintes devenant la première capitale de ce vaste ensemble), elle est ensuite placée selon les époques dans la mouvance des rois et ducs d’Aquitaine, des comtes d’Anjou puis des comtes de Poitiers ramnulfides, avant d’être de nouveau intégrée au duché d’Aquitaine pour plusieurs siècles.

[5] Commune angevine du sud Layon située dans les Mauges, ce territoire rural de l’ouest de la France se trouve au sud d’Angers (36 km), au nord-est de Cholet (28 km) et au sud-ouest de Saumur (37 km). Le pays fait partie au 9ème siècle des domaines de Saint-Hilaire de Poitiers (Poitou), et passe à la fin du 10ème siècle dans les mains des comtes d’Anjou. Vers 1010–1016, Foulques Nerra, comte d’Anjou, fait construire à Vihiers une puissante forteresse et y amène la population de Saint-Hilaire (ville close). Assez vite deux églises s’élèvent : Saint-Hilaire le château et Notre-Dame Saint-Jouin. Au milieu du 11ème siècle, Foulques IV d’Anjou dit le Réchin, est à la tête de la Saintonge et de la seigneurie de Vihiers. Son fils cadet, Foulques V d’Anjou dit le Jeune, fait construire deux autres églises : Saint-Jean en 1115 et Saint-Nicolas en 1125

[6] L’abbaye de Marmoutier est une ancienne abbaye bénédictine située sur la rive droite de la Loire, un peu en amont de Tours. Fondée par Martin de Tours, peut-être dès 372, l’abbaye connut son apogée au Moyen Âge et ses dépendances s’étendaient dans une bonne partie de la France médiévale et jusqu’en Angleterre. Elle fut démembrée sous le Révolution française. Rachetés par les sœurs du Sacré-cœur, les bâtiments rescapés furent restaurés et d’autres construits pour abriter un établissement d’enseignement privé toujours en activité au 21ème siècle.

[7] Brissac-Quincé est une commune française, située dans le département de Maine-et-Loire. En 852, les Normands qui pillaient le Poitou et les pays de Charente depuis une dizaine d’années sont battus à Brissac par le comte de Poitiers et le comte d’Herbauge.