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L’histoire pour le plaisir

Amyntas de Galatie

vendredi 19 août 2022, par ljallamion

Amyntas de Galatie (mort en 25 av. jc)

Tétrarque-Roi de Galatie en 37 av. jc-Roi de Cilicie Trachée en 30 av. jc

Fils d’un certain Dyitalos. Il portait le même nom que ses grands-pères paternel et maternel.   Amyntas commence sa carrière comme secrétaire de Déiotaros avant d’épouser une des filles de nom inconnu du vieux tétrarque puis roi, qui avait réussi au cours de sa longue carrière à réunir l’ensemble des Galates [1] sous son autorité. Amyntas est d’abord tétrarque [2] des Trocmes [3], sans doute après le décès sans héritier de son beau-frère Brigotorix, fils de Déiotoros et tétrarque des Trocmes, et époux d’une autre fille du roi Déiotaros.   Avec l’appui de Marc Antoine, il succède comme roi de Galatie en 37 av. jc à Castor II, petit-fils et successeur de Déiotaros, dont les héritiers sont cantonnés à la Paphlagonie [4].   Amyntas, avec opportunisme d’ailleurs comme son petit-neveu Déiotaros Philadelphe de Paphlagonie, abandonne le parti d’Antoine avant la bataille d’Actium [5]. Il en est récompensé par l’annexion de la Lycaonie [6] au sud et les mains libres pour étendre son influence sur les principautés de Derbé [7] et de Laranda [8] en Isaurie [9]. Il reçoit également la Cilicie Trachée [10], qui était théoriquement sous l’autorité de Ptolémée Philadelphe, le fils de Cléopâtre VII et d’Antoine.   Amyntas est tué en 25 av. jc alors qu’il combat des tribus insoumises de Lycaonie. Son royaume est immédiatement réduit en province romaine. La Cilicie et la Lycaonie sont données en 20 av. jc à Archélaos de Cappadoce.   Les héritiers d’Amyntas sont encore par la suite de grands propriétaires fonciers en Galatie.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Maurice Sartre, Le Haut-Empire romain. Les provinces de Méditerranée orientale d’Auguste aux Sévères, Point Histoire no 220, Éditions du Seuil, Paris, 1991 (réédition 1997) (ISBN 2020281538).

Notes

[1] Les Galates sont des peuples celtes qui, dans l’Antiquité, ont migré dans le centre de l’Asie Mineure. De Gaule cisalpine, des troupes celtes ont pris la route des Balkans, ils ont traversé la Macédoine et gagné la Grèce, pillant au passage le temple de Delphes, lors de la Grande expédition. À ce moment ils se divisent, certains d’entre eux retournant en Gaule dans les Cévennes et autour de Toulouse où ils sont désormais désignés comme Volques Tectosages. Les autres, ayant franchi l’Hellespont, les Galates, commandés par Lutérios et Léonorios, arrivent dans ce pays vers 278 av. jc à l’invitation du roi Nicomède 1er de Bithynie afin de combattre Antiochos 1er, roi séleucide. Leur appui lui assura le trône, et il leur donna en récompense des terres situées au sud de son royaume, sur les bords du Sangarius. Avant de s’y établir, les Gaulois dévastèrent toute la partie de l’Asie Mineure baignée par la mer Egée, depuis la Troade jusqu’à la Carie. Vaincus par Antiochos 1er, roi de Syrie en 277 et par Attale 1er, roi de Pergame en 241, ils se concentrèrent dans la partie nord de la Grande Phrygie, lui donnèrent le nom de Galatie, et reçurent eux-mêmes le nom de Gallo-Grecs, parce qu’ils se mêlèrent à la population grecque et phrygienne du pays. Géographiquement, leur implantation est délimitée par le royaume du Pont et la Paphlagonie au nord, la Cappadoce à l’est, le royaume de Pergame au sud et la Bithynie à l’ouest.

[2] Un tétrarque, dérivé de tessares signifiant quatre, et d’archon, chef était au sens propre le dirigeant d’une des quatre parties d’un royaume dans le cas de la Palestine ou d’un empire (Empire romain). Ce terme sera employé plus tard sans qu’il y ait réellement une division rigoureuse d’un territoire en quatre parties.

[3] Les Trocmes sont un des trois peuples celtes qui, avec les Tolistoboges et les Tectosages, ont formé en Anatolie (Turquie) la Communauté des Galates, au 3ème siècle av. jc.

[4] La Paphlagonie est une ancienne région de l’Asie Mineure, sur la côte nord, entre la Bithynie et le Pont, bornée au sud par la Galatie, qui avait pour capitale Amastris (Amasra) et comme villes principales Gangra (Çankırı) et Sinope (Sinop). Selon Hérodote, la Paphlagonie est au 6ème siècle av jc sous la domination de Crésus, roi de Lydie. En 480 av jc, elle envoie un contingent, dirigé par un certain Dotos, fils de Mégasidrès à Xerxès 1er pour son invasion de la Grèce. Après Alexandre le Grand, la Paphlagonie devint un royaume, dont le dernier roi Pylémène II, légua à sa mort, en 121 av jc, son territoire au père de Mithridate VI. Ce pays devint dès lors un sujet de guerre entre les rois du Pont et ceux de Bithynie. Les Romains, vainqueurs de Mithridate, la réduisirent en province romaine, et la réunirent à la province du Pont en 63 av jc. Elle en fut séparée et fit partie sous Dioclétien du diocèse du Pont.

[5] Le 2 septembre de l’an 31 av. jc pendant la Dernière Guerre civile de la République romaine, qui suit l’assassinat de Jules César, une grande bataille navale se déroule près d’Actium, sur la côte occidentale de la Grèce, dans le golfe Ambracique, au sud de l’île de Corfou. Elle met aux prises les forces d’Octave et celles de Marc Antoine et Cléopâtre. Elle voit la victoire d’Octave et marque la fin de la guerre civile. Par son ampleur et ses conséquences, la bataille d’Actium est généralement considérée par les historiens comme l’une des batailles navales les plus importantes de l’histoire.

[6] La Lycaonie était une région historique de l’Asie Mineure, limitée par la Cappadoce au nord-est, la Galatie au nord, la Phrygie au nord-ouest, l’Isaurie à l’ouest et la Cilicie au sud-est. Sa capitale était Ikônion/Iconium, aujourd’hui Konya. Deux autres villes de Lycaonie sont Lystre et Derbé.

[7] Derbé est une ancienne ville de Lycaonie, en Asie mineure, sur la route de Tarse à Iconium, à quelque distance de Lystre (dans la province d’Anatolie centrale de la Turquie moderne). C’est la seule ville mentionnée dans le Nouveau Testament où le message de l’Évangile a été accepté dès le début par ses habitants.

[8] Karaman, connue autrefois sous le nom de Larende, est une ville de Turquie, préfecture de la province du même nom

[9] L’Isaurie est une ancienne région d’Asie Mineure, située entre la Phrygie au nord, la Cilicie au sud, la Lycaonie à l’est et la Pisidie à l’ouest. Elle était située sur ce qui forme maintenant les monts Taurus en Turquie. Région rebelle à l’autorité grecque d’Alexandre le Grand, des Séleucides et du royaume de Pergame, l’Isaurie est conquise en 76 av jc par le Romain Publius Servilius Vatia Isauricus et fut définitivement incorporée à l’Empire romain en 279/280, sous Probus. Héritée par l’Empire byzantin, dont elle devient une région frontalière avec le monde musulman, elle est le berceau des empereurs byzantins Zénon et Léon III. Elle est conquise par les Turcs Seldjoukides au 11ème siècle et fait successivement partie des sultanats de Roum, de Karaman et de l’Empire ottoman.

[10] Alexandre le Grand conquiert la Cilicie sur Darius en 333 av. jc après la bataille d’Issos ; à sa mort, elle échoit au Royaume séleucide avant d’être partagée entre le royaume de « Cilicie trachée » à l’ouest : la « Cilicie âpre », avec la capitale à Korakesion, l’actuelle Alanya et le royaume d’Arménie (sous Tigrane II) à l’est.