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Abdul-Mu’min ben Alī al-Kūmī dit Abd al-Mumin (calife)

mardi 2 août 2022, par ljallamion

Abdul-Mu’min ben Alī al-Kūmī dit Abd al-Mumin (calife) (1094/1106-1163)

Premier calife de la dynastie des Almohades, régnant de 1147 à sa mort

En mourant, Ibn Toumert laisse à ses disciples dont Abd-al Mumin un mouvement religieux organisé et doté d’une puissante armée formée de plusieurs tribus masmoudiennes [1] du Haut Atlas marocain [2]. Ce Berbère zénète [3] est le fondateur du royaume des Almohades [4]. Il transforme la structure politique en monarchie héréditaire et s’appuie sur sa tribu d’origine les Koumya de la région de Nedroma [5] de l’ouest algérien et les Hilaliens [6] qu’il intègre dans l’armée régulière.

En 1128, Abd al Mu’min cache pendant 3 ans la mort d’Ibn Toumert, le temps d’asseoir son autorité politique au sein des Masmoudas jusqu’à ce qu’il parvienne à épouser la fille du cheikh [7]  [8], émir de la tribu des Hintata [9] et chef des Almohades.

Étant parvenu, avec l’aide de son beau-père, à faire exécuter les dernières volontés d’Ibn Toumert, il devient le grand cheikh et calife des Almohades. Il prend la tête du mouvement religieux et de troupes organisés par Ibn Toumert et soutenus par plusieurs tribus de l’actuel Maroc.

En mars-avril 1147, il fait massacrer Ishaq Ben Ali , dernier souverain almoravide [10] et étend la puissance almohade à tout le Maghreb en battant les tribus arabes coalisés contre lui et les armées normandes installés sur les côtes de l’actuel Tunisie.

La vie d’Abd al-Mumin est entourée de légendes, comme celle de nombreux personnages historiques.

Né au pied du massif des Trara [11], entre Honaïne [12] et Nedroma, dans le pays des Trara, à l’ouest de l’Algérie. Fils d’un potier. Durant sa jeunesse, il étudie à l’école du village, puis dans une mosquée de Tlemcen [13].

Le jeune étudiant veut perfectionner ses qualités à l’école des maîtres réputés, aussi se décide-t-il à se rendre en Orient, vers Bagdad [14], sous la conduite de son oncle. Il ne dépasse cependant pas Bejaïa [15], la capitale hammadide [16].

Dans un village voisin nommé Mellala, il rencontre Ibn Toumert, après que celui-ci fut expulsé de Béjaïa où il était venu prêcher sa doctrine rigoriste, peu appréciée des habitants de la ville.

Plusieurs années après la mort de son maître spirituel, Abd al-Mumin prend en 1130 le titre de calife [17], à l’instar d’Abou Bakr qui avait pris le titre de calife du prophète de l’islam, Mahomet, et de commandeur des croyants.

Des campagnes l’amènent du sud du Maroc jusqu’à la côte méditerranéenne, en restant toujours dans les montagnes de l’Atlas pour échapper aux armées des Almoravides. L’émir almoravide Tachfin Ben Ali , poursuivi, tente de s’échapper par la mer mais se tue en tombant d’une falaise ; son cadavre est décapité et sa dépouille embaumée pour être envoyée comme trophée à Tinmel [18]. Abd al-Mumin, après le long siège de Fès [19] et la prise de Tlemcen, met fin à cette dynastie en conquérant leur capitale Marrakech [20] en 1147 et en tuant le jeune héritier Ibrahim Ben Tachfin.

Après avoir ruiné Tlemcen et fait massacrer ses habitants, il relève les murs et invite d’autres populations à s’y fixer ; Ensuite, il se dirigea avec son armée jusqu’à l’actuelle Libye [21].

Il demande et obtient le soutien à son beau-père et doit recourir au soutien de sa tribu d’origine pour protéger son pouvoir et sa qualité de calife. Après avoir consolidé son gouvernement, il décide de conquérir les pays de l’est du Maghreb, y compris l’Ifriqiya [22] alors en proie à l’anarchie et dont une partie se trouve sous le joug des Normands de Sicile du roi Guillaume le Mauvais, mis en difficulté par des révoltes internes et la rébellion du gouverneur Omar de Sfax .

Abd al-Mumin envahit d’abord le territoire de l’actuelle Algérie, en 1152-1153, défait les tribus arabo-musulmanes qui s’opposent à son passage puis vainc le prince hammadide, qui règne à Bejaïa, et annexe ses États. Sept ans après, en 1159-1160, il s’empare de l’Ifriqiya en battant les normands. Le 12 juillet 1159, il entre devant Tunis [23], tandis que sa flotte, forte de 70 vaisseaux, croise dans le golfe de Tunis ; une délégation de notables de la ville vient au-devant du conquérant et sollicite l’aman [24] ; le calife promet de respecter la vie et les biens des messagers présents, mais exige des autres habitants la moitié de leurs biens.

Son empire s’étend jusqu’à Tripoli [25] et en Andalousie [26], jusque dans la vallée du Guadalquivir [27] : Grenade [28], Cordoue [29] et Séville [30] tombent ainsi entre ses mains. Il ne lui reste plus alors qu’à mater la révolte de chrétiens d’Andalousie menés par un certain Muhammad ibn Mardanis . Abd al-Mumin fait reconnaître son fils Abu Yaqub Yusuf comme héritier et, aidé par celui-ci, fait construire une forteresse sur la rive gauche du Bouregreg [31], en face de la ville de Salé [32], pour préparer la flotte destinée à envahir l’Espagne.

Cette forteresse est nommée le camp de la victoire [33], la future Rabat [34]. Abd al-Mumin meurt cependant en 1163 avant d’avoir pu achever son entreprise.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Charles-André Julien, Histoire de l’Afrique du Nord. Des origines à 1830, Paris, Payot, coll. « Grande Bibliothèque Payot », 1994, 868 p. (ISBN 978-2-228-88789-2)

Notes

[1] Les Masmouda ou Imesmouden forment l’une des trois principales confédérations berbères avec les Zénètes et les Sanhaja. Apparentés aux Chleuhs du Maroc moderne, il s’agit de berbères sédentaires habitants les montagnes du Haut-Atlas occidental. L’origine des Masmouda remonterait aux Branès selon Ibn Khaldoun. Les Masmouda s’installèrent dans de vastes régions de l’actuel Maroc où ils étaient largement sédentaires et pratiquaient l’agriculture. Les Mamsoudas s’illustrent par la formation du royaume berghouata de 744 à 1058 et l’émergence du mouvement puis du califat almohade : le prédicateur et fondateur de l’État almohade Ibn Toumert était Masmouda tout comme l’essentiel de l’aristocratie. L’ancêtre de la dynastie hafside, le cheikh Abou Hafs Omar El Hintati, était également un membre de la confédération Masmouda.

[2] Le Haut Atlas est une chaîne montagneuse marocaine orientée sud-ouest/nord-est. Cette chaîne appartient au massif de l’Atlas et plus précisément, à l’un des trois éléments de l’Atlas marocain, les deux autres étant le Moyen Atlas et l’Anti-Atlas. C’est le massif le plus élevé d’Afrique du Nord, parfois surnommé le « toit du Maroc » ou encore, le « toit de l’Afrique du Nord ». Il forme une immense barrière d’environ 750 kilomètres de longueur qui délimite le Maroc saharien du Maroc atlantique et méditerranéen. Il constitue la pièce maîtresse des étendues de haute montagne marocaine dont l’ensemble couvre 100 200 km² de superficie. La population, principalement amazighe, surtout Chleuhs au sud-ouest, vit du pastoralisme et de l’agriculture. Les habitants du Haut-Atlas oriental, comme les Aït Atta et les Aït Yafelman, eux parlent des dialectes de la tamazight du Maroc central.

[3] Les Zénètes sont une tribu berbère qui habitait une zone s’étendant de l’ouest de l’Égypte, au Maroc, dans l’antiquité, avec les Sanhadjas et Masmoudas. Leur mode de vie était principalement nomade. Ils sont à l’origine de nombreuses dynasties au Maghreb, tels que les Mérinides, les Zianides, les Ifrenides, ou les Wattassides. Les Zénètes ont adopté l’Islam tôt, au 7ème siècle. Tandis que d’autres tribus berbères continuaient à bien résister à la conquête musulmane au 8ème siècle, ils ont été rapidement arabisés. Ils ont également formé un contingent substantiel pour la conquête musulmane de la péninsule ibérique.

[4] Les Almohades sont un mouvement religieux berbère qui se structure en empire et qui gouverne le Maghreb et Al-Andalus entre le milieu du 12ème et le 13ème siècle. Face à la domination almoravide sur le Maroc et Al-Andalus, les Masmoudas du Haut-Atlas marocain, apparentés aux Chleuhs du Maroc moderne, forment le mouvement almohade au début du 12ème siècle sous la conduite d’Ibn Toumert. Ce mouvement s’appuie sur la doctrine religieuse d’Ibn Toumert. Ce dernier est originaire de la région du Souss et voyage pour parfaire sa formation et sa doctrine à Cordoue, en Orient et à Béjaïa. Ibn Toumert fonde ensuite l’État almohade dans le Haut Atlas. Pourchassé par les autorités almoravides, ce dernier prône alors une réforme morale puritaine et se soulève contre les Almoravides au pouvoir à partir de son fief de Tinmel. En s’inspirant de Mahomet, il organise un État qu’il adapte remarquablement aux structures de la société berbère. À la suite du décès d’Ibn Toumert vers 1130, Abd al-Mumin désigné comme successeur (en arabe calife) par Ibn Toumert avant sa mort prend la relève et instaure un pouvoir héréditaire. Le nouveau calife consolidera sa position dans l’armée et l’organisation almohade en s’appuyant sur sa tribu, les Koumya zénètes de la région de Nedroma, et sur les Arabes hilaliens qu’il intégra dans l’armée régulière. Sous son règne, les Almohades renversent les Almoravides en 1147, puis conquièrent le Maghreb central hammadide, l’Ifriqiya (alors morcelée depuis la chute des Zirides) et les Taïfas. Ainsi, le Maghreb et l’Al-Andalus sont entièrement sous domination almohade à partir de 1172.

[5] Nedroma, est une commune de la wilaya de Tlemcen dans l’ouest algérien, située à proximité de la frontière marocaine, à environ 58 km au nord-ouest de Tlemcen. Capitale des Trara, sa médina a conservé son allure médiévale et compte plusieurs monuments historiques

[6] Les Banu Hilal, Hilalites ou Hilaliens étaient une confédération de tribus d’Arabie des régions de Hejaz et Najd ayant migré en Afrique du Nord entre la fin du 10ème au 13ème siècle. L’afflux des Hilaliens fut un facteur majeur dans l’arabisation linguistique, culturelle et ethnique du Maghreb et dans la propagation du nomadisme dans les domaines où l’agriculture avait précédemment dominé

[7] Un cheikh est, dans la société musulmane, un terme de respect pour un chef tribal ou un homme distingué par ses connaissances scientifiques ou religieuses en islam. La fille ou l’épouse d’un cheikh est parfois appelée cheikha

[8] Abou-Hafs

[9] Les Hintata sont une ancienne confédération tribale du groupe des Masmouda. Leur territoire se situait au sud-ouest de Marrakech, dans les environs de la vallée du Nfiss. Appuis de la première heure des Almohades, ils leur survécurent et devinrent à la fin du 13ème siècle gouverneurs de Marrakech, d’abord pour le compte des sultans mérinides, puis, sans doute à partir des années 1440, en toute indépendance. Résistant à l’assaut portugais de 1515, les émirs hintata de Marrakech sont évincés par le chérif saadien Ahmed al-Araj en 1525.

[10] Les Almoravides des soldats issus de groupes nomades du Sahara. Les Almoravides adoptent une interprétation rigoureuse de l’islam et soumettent à leur autorité de vastes étendues de l’Occident musulman avec lesquelles ils forment un empire centré sur une dynastie berbère sanhajienne, qui constitue du 11ème siècle au 12ème siècle une confédération tribale puis un empire englobant le Maroc, le Sahara occidental, la Mauritanie et l’ouest de l’Algérie ainsi qu’une partie de la péninsule Ibérique (actuels Espagne, Gibraltar et Portugal) et du Mali moderne.

[11] Le massif des Trara est une région montagneuse d’Algérie située sur le littoral du Nord-Ouest du pays et dotée d’une altitude moyenne variant de 500 à 1 000 m. Il culmine à 1 136 m d’altitude au niveau du djebel Fellaoucene.

[12] Honaïne est une commune de la wilaya de Tlemcen, située à l’extrême nord-ouest de l’Algérie, à 60 km au nord-ouest de Tlemcen et à 120 km à l’ouest de Sidi Bel Abbès. C’est un port de pêche artisanale et une station balnéaire avec plusieurs plages. Durant la période zianide, Honaïne était le port de Tlemcen et la voie méditerranéenne pour le commerce avec le Tafilalet et le Soudan, puis elle est ruinée. La commune conserve des vestiges de l’ancienne cité.

[13] Tlemcen est une commune de la wilaya de Tlemcen, dont elle est le chef-lieu. Elle est située au nord-ouest de l’Algérie, à 520 km à l’ouest d’Alger, à 140 km au sud-ouest d’Oran et, proche de la frontière du Maroc, à 76 km à l’est de la ville marocaine d’Oujda. La ville est érigée dans l’arrière-pays, est distante de 40 km de la mer Méditerranée. Ancienne capitale du Maghreb central, la ville mêle influences berbère, arabe, hispano-mauresque, ottomane et occidentales. De cette mosaïque d’influences, la ville tire le titre de capitale de l’art andalou en Algérie

[14] Bagdad ou Baghdad est la capitale de l’Irak et de la province de Bagdad. Elle est située au centre-Est du pays et est traversée par le Tigre. Madīnat as-Salām fut fondée ex nihilo au 8ème siècle, en 762, par le calife abbasside Abou-Djaafar Al-Mansur et construite en quatre ans par 100 000 ouvriers. Selon les historiens arabes, il existait à son emplacement plusieurs villages pré-islamiques, dont l’un s’appelait Bagdad.

[15] Béjaïa anciennement Bougie, est une commune algérienne située en bordure de la mer Méditerranée, à 180 km à l’est d’Alger, dans la wilaya de Béjaïa et la région de Kabylie. Elle est le chef-lieu éponyme de la wilaya de Béjaïa et de la daïra de Béjaïa. Connue à l’époque romaine sous le nom de Saldae, elle devient au Moyen Âge l’une des cités les plus prospères de la côte méditerranéenne, capitale de grandes dynasties musulmanes notamment les Hammadides et une branche des Hafsides. D’abord connue en Europe grâce à la qualité de ses chandelles faites de cire d’abeille auxquelles elle a donné son nom, les bougies, Béjaïa a également joué un rôle important dans la diffusion des chiffres arabes en Occident.

[16] Les Hammadides ou Hammadites sont une dynastie berbère sanhajienne qui règne sur le Maghreb central de 1014 à 1152. La dynastie hammadide est fondée en 1014 par Hammad ibn Bologhine, second fils de Bologhine ibn Ziri, en conséquence d’une scission territoriale du royaume ziride à la suite d’un conflit de succession. Ils sont parfois désignés comme « Zirides hammadides », pour souligner leur ascendance directe avec les Zirides dont ils sont l’une des branches. Les Hammadides sont connus pour leur capitale fortifiée, la Kalâa des Beni Hammad, cité médiévale prestigieuse. Sous la pression des Hilaliens, ils vont chercher une nouvelle capitale et reconstruisent la ville de Béjaïa, l’antique Saldae, en 1067 sur la côte de Kabylie, sous le nom d’An-Nāṣīrīya (du nom du souverain An-Nasir). Sous leur impulsion, Béjaïa devient une grande capitale méditerranéenne, un foyer de culture majeur, et une place militaire d’où partent les expéditions maritimes vers le pays de « Rum » (principalement la Sicile)

[17] héritier

[18] Tinmel est une ancienne bourgade berbère du 11ème siècle située dans le Haut Atlas marocain, dans le pays du Goundafa (Tagountaft en berbère), plus précisément dans la vallée de l’Oued N’Fiss (Assif Ounfis en berbère), à 100 km au sud de Marrakech. Elle dépend de la province d’Al Haouz et du caïdat de Talat N’Yaaqoub.

[19] Fès, est une ville du Maroc central, située à 180 km à l’est de Rabat, entre le massif du Rif et le Moyen Atlas. Elle est la deuxième ville la plus peuplée du Maroc après Casablanca, et a été à plusieurs époques la capitale du pays. Sa fondation remonte à la fin du 8ème siècle, sous le règne de Moulay Idriss 1er.

[20] Marrakech est une ville située dans le centre du Maroc au pied des montagnes de l’Atlas. Marrakech est surnommée « la ville rouge » 1ou la « ville ocre » en référence à la couleur rouge d’une grande partie de ses immeubles et ses maisons. Marrakech fut la capitale du Maroc pendant près de 350 ans, sous les dynasties Almoravide, Almohade, Saâdienne, ainsi que sous le règne de Mohammed ben Abdallah de l’actuelle dynastie alaouite (régnant de 1757 à 1790).

[21] La Libye tire son nom d’une tribu berbère qui était nommée Libou, qui a donné le mot grec Libyè. Traditionnellement, on y distingue les régions de Tripolitaine, de Cyrénaïque et du Fezzan. Peuplé originellement de Berbères, son territoire est colonisé pendant l’Antiquité par les Phéniciens, puis les Grecs, avant d’être conquis par l’Empire romain. Au 7ème siècle, il est envahi par les armées arabes, qui y imposent leur culture et leur religion.

[22] L’Ifriqiya, est une partie du territoire d’Afrique du Nord pour la période du Moyen Âge occidental, qui correspond aux provinces d’Afrique romaine dans l’Antiquité tardive. Le territoire de l’Ifriqiya correspond aujourd’hui à la Tunisie, à l’est du Constantinois (est de l’Algérie) et à la Tripolitaine (ouest de la Libye). C’est sous ce nom que ce territoire est connu au moment de l’arrivée des Arabes musulmans et de la résistance qui leur est opposée par les populations berbères païennes, chrétiennes ou juives. Le continent, qui était auparavant nommé « Libye » par Hérodote tire son nom de cette dénomination que les Romains imposèrent par leur conquête.

[23] Tunis est la ville la plus peuplée et la capitale de la Tunisie. Elle est aussi le chef-lieu du gouvernorat du même nom depuis sa création en 1956. Située au nord du pays, au fond du golfe de Tunis dont elle est séparée par le lac de Tunis, la cité s’étend sur la plaine côtière et les collines avoisinantes. Son cœur historique est la médina. Bourgade modeste placée dans l’ombre de Carthage, Kairouan puis Mahdia, elle est finalement désignée comme capitale le 20 septembre 1159, sous l’impulsion des Almohades, puis confirmée dans son statut sous la dynastie des Hafsides en 1228 et à l’indépendance du pays le 20 mars 1956.

[24] Amân1 est un terme arabe utilisé surtout au Moyen Âge pour désigner la garantie donnée à un adversaire qui se soumet d’avoir la vie sauve, d’être pardonné.

[25] Le nom de la cité proviendrait du grec Tripolis. Elle aurait été nommée ainsi du fait de sa séparation en trois parties distinctes par les commerçants venant de Tyr, Sidon et Aradis. À partir de 1070, Tripoli est sous la domination de la famille Banû ’Ammâr, qui s’est rendue indépendante des califes fatimides d’Égypte. En 1102, lors de la première croisade, la ville est assiégée par Raymond IV de Saint Gilles et défendue par le cadi Fakhr al-Mulk ibn-Ammar. Le siège dure près de 10 ans, infligeant de lourds dégâts à la ville, qui tombe aux mains des croisés en 1109. Elle est ensuite, durant le temps des croisades, la capitale du comté de Tripoli, l’un des principaux États francs du Levant.

[26] L’Andalousie est une région située dans le sud de l’Espagne. Elle constitue l’une des dix-neuf communautés autonomes du pays. Dans l’Antiquité, l’Andalousie est peuplée par les Ibères, les Phéniciens (venus de l’actuel Liban), les Carthaginois (anciens habitants de l’actuelle Tunisie) et les Tartessiens. L’Andalousie reçoit des colonies grecques et des comptoirs phéniciens. Elle est ensuite sous l’obédience des Carthaginois, des Ibères, puis des Romains. Dans ce territoire se sont également établis les Vandales et Wisigoths, puis les Arabes et les Berbères.

[27] Le Guadalquivir est un fleuve espagnol qui se jette dans l’océan Atlantique à l’ouest du détroit de Gibraltar. Il doit son nom actuel à l’appellation arabe L’Oued-el-Kabir, qui signifie la grande vallée. Du temps de la civilisation de Tartessos, il était également appelé Tartessos. À l’époque romaine, il était connu sous le nom de Bætis, ou Betis.

[28] Grenade est une ville espagnole, capitale de la province de Grenade au sud-est de l’Andalousie. Elle est située au pied de la Sierra Nevada, au confluent de trois rivières, le Beiro, le Darro et le Genil et fut la capitale du dernier royaume musulman de la péninsule ibérique.

[29] Cordoue est une ville située dans le sud de l’Espagne, en Andalousie. Cordoue est la capitale de la province homonyme. La ville est située sur le Guadalquivir. Les musulmans conquirent la ville en 711. Elle devient alors le principal centre administratif et politique de l’Espagne musulmane (al-Andalus). À partir de 756, elle est la capitale de l’émirat de Cordoue, fondé par le prince omeyyade Abd al-Rahman 1er.

[30] Séville est une ville du sud de l’Espagne, capitale de la province de Séville et de la communauté autonome d’Andalousie.

[31] Le Bouregreg est un fleuve marocain, long de 240 kilomètres, son débit moyen s’élève à 23 m3/s mais, en période de crues, il peut atteindre 1 500 m3/s. Il prend naissance dans le massif du Moyen Atlas à l’altitude de 1 627 m au niveau du jebel Mtourzgane (province de Khémisset) et de Grou (province de Khénifra) et se jette dans l’océan Atlantique entre les villes de Salé au nord et Rabat au sud.

[32] Salé est une ville et commune du Maroc, chef-lieu de la préfecture de Salé, au sein de la région de Rabat-Salé-Kénitra. Elle est située au bord de l’océan Atlantique, sur la rive droite (nord) de l’embouchure du Bouregreg, en face de la capitale nationale Rabat. Ceci explique que les deux villes soient parfois qualifiées de « villes jumelles », mais chacune dispose de ses traditions et de son histoire propres. Fondée par les explorateurs Phéniciens au 3ème siècle av. jc, Salé connaît un important développement à l’époque des Almohades au 12ème siècle et des Mérinides au 14ème siècle, du fait de sa position stratégique sur la voie terrestre qui relie Fès à Marrakech et grâce à son port, centre d’échanges entre l’Europe et le Maroc.

[33] Ribat El Fath

[34] Rabat est la capitale du Maroc. La ville est située au bord de l’Atlantique au nord-ouest du Maroc, à 40 km au sud de Kénitra et 240 km au sud-ouest de Tanger et du détroit de Gibraltar, et à 87 km au nord-est de Casablanca. Elle est séparée de la ville de Salé au niveau de l’embouchure du Bouregreg, d’où leur surnom de « villes jumelles ». Fondée au 12ème siècle par les Almohades, qui y édifièrent une citadelle (devenue la kasbah des Oudayas), une mosquée et une résidence. C’était alors ce qu’on appelle un ribat (« forteresse »). Le nom actuel vient de Ribat Al Fath, « le Camp de la Victoire ». Plus tard, le petit-fils d’Al-Mūmin Ya’qub al-Mansūr agrandit et compléta la ville, l’entourant notamment de murailles. Par la suite, elle servit de base aux expéditions almohades en Andalousie.