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Lucius Valerius Potitus (consul en 393 av. jc)

jeudi 11 novembre 2021, par ljallamion

Lucius Valerius Potitus (consul en 393 av. jc)

Homme politique de la République romaine

Emblème de la République romaine.Cinq fois tribun militaire à pouvoir consulaire [1] entre 414 et 398 av. jc et consul en 393 et 392 av. jc. Il est membre des Valerii Potiti [2], branche de la gens Valeria. Il est le fils de Lucius Valerius Potitus, consul en 449 av. jc, et le petit-fils de Publius Valerius Publicola, consul en 475 av. jc.

Frère de Caius Valerius Potitus Volusus, consul en 410 av. jc, et le père de Lucius Valerius Publicola , tribun militaire à pouvoir consulaire entre 394 et 380 av. jc, et de Publius Valerius Potitus Publicola, tribun militaire à pouvoir consulaire entre 386 et 367 av. jc.

En 414 av. jc, Lucius Valerius est tribun militaire à pouvoir consulaire avec trois collègues. L’année précédente, les Èques [3] de Bola ont attaqué Labicum [4], ville latine alliée de Rome, mais ont perdu la ville de Bola restée isolée. Tous les Èques déclarent alors la guerre à la République romaine et reprennent Bola pour s’y fortifier.

Du côté des Romains, parmi les 4 tribuns consulaires, c’est Publius Postumius Albinus qui est chargé de la conduite de la guerre. Après une campagne rapide, il écrase les Èques et s’empare de Bola. Toutefois, une fois la ville conquise et contrairement à sa promesse, Publius Postumius refuse de procéder au partage du butin entre les soldats.

À Rome, le tribun de la plèbe [5] Marcus Sextius attaque les tribuns consulaires et propose une loi agraire prévoyant la colonisation de Bola, relançant une proposition du tribun Lucius Decius qui avait été bloquée l’année précédente. Publius Postumius, soutenu par les patriciens [6], s’y oppose et menace de décimer son armée. Publius Postumius et son questeur [7] Publius Sestius sont mis à mort par leurs troupes mutinées.

En 406 av. jc, il est tribun militaire à pouvoir consulaire pour la deuxième fois, avec 3 autres collègues. Les tribuns consulaires mènent une guerre contre les Volsques [8] et se répartissent sur plusieurs fronts : tandis que Publius Cornelius se dirige vers Ecetrae et que Numerius Fabius prend Anxur [9], Lucius Valerius lance une attaque sur Antium [10]. C’est durant leur mandat qu’est introduite pour la première fois la paye pour les soldats.

En 403 av. jc, il est tribun militaire à pouvoir consulaire pour la 3ème fois, en pleine guerre contre Véies [11], avec 5 ou 7 autres collègues selon les auteurs antiques, soit le nombre maximal de tribuns pour un même mandat si on suit l’estimation haute. Parmi les tribuns consulaires, seul Appius Claudius Sabinus demeure à Rome pour assurer la gestion de la ville. Tous les autres reprennent un commandement militaire dans la guerre contre les Étrusques [12] aux tribuns de l’année précédente qui ont décidé de maintenir les soldats devant la ville ennemie pendant l’hiver, contrairement à l’usage d’interrompre les opérations militaires pendant la mauvaise saison et de démobiliser les troupes, afin d’accentuer le blocus contre Véies.

En 401 av. jc, il est tribun militaire à pouvoir consulaire pour la 4ème fois avec 5 collègues. Les tribuns se partagent les différents fronts dans la guerre contre les Volsques. Lucius Valerius reçoit le commandement contre les Volsques d’Anxur. Deux des tribuns de la plèbe de cette année-là sont cooptés, en contradiction avec la Lex Trebonia [13] de 448 av. jc.

En 398 av. jc, il est tribun militaire à pouvoir consulaire pour la 5ème fois avec 5 collègues. Tous les tribuns consulaires exceptés Lucius Valerius et Marcus Furius Camillus partent relever les tribuns de l’année précédente qui ont poursuivi le siège de Véies. Lucius Valerius ravage le territoire des Falisques, alliés des Étrusques.

La même année il fait partie des ambassadeurs envoyés à Delphes [14] pour obtenir l’oracle d’Apollon concernant une montée des eaux inexpliquée d’un lac près d’Albe la Longue [15], un prodige que les Romains ont associé à l’issue du siège de Véies.

À leur retour en 397 av. jc, les ambassadeurs rapportent la même explication et le vieillard de Véies, d’abord emprisonné, est chargé d’expier le prodige pour apaiser les dieux.

Le collège des tribuns consulaires élus pour l’année 397 av. jc doit abdiquer avant la fin de l’année à cause d’une élection jugée irrégulière. Trois interrois [16] se succèdent alors pour mener à bien de nouvelles élections pour l’année 396 av. jc, parmi lesquels Lucius Valerius, Quintus Servilius Fidenas et Marcus Furius Camillus . Ce nouveau collège, composé de 5 plébéiens et un patricien, abdique également lorsque Marcus Furius Camillus est nommé dictateur [17] pour mettre un terme au siège de Véies et à la guerre contre les Étrusques et leurs alliés.

En 394 av. jc, Lucius Valerius fait partie des trois ambassadeurs patriciens envoyés à Delphes pour faire une offrande à Apollon pour la victoire obtenue sur les Véiens. Les ambassadeurs romains sont capturés sur le chemin par des pirates basés sur l’île de Lipari [18] mais leur chef, Timasitheus, finit par les libérer.

En 393 av. jc, le consulat ordinaire est rétabli après 15 années de tribunat consulaire. C’est Lucius Valerius et Publius Cornelius Maluginensis qui sont élus mais ils abdiquent et laissent la place à deux consuls suffect [19], Lucius Lucretius Tricipitinus Flavus et Servius Sulpicius Camerinus , qui s’opposent aux propositions des tribuns de la plèbe de déplacer une grande partie de la population de Rome à Véies, récemment conquise.

En 392 av. jc, ce sont de nouveau 2 consuls qui sont élus, avant que le tribunat consulaire ne monopolise de nouveau le pouvoir sans discontinuer jusqu’en 367 av. jc. Les consuls élus sont Lucius Valerius et Marcus Manlius Capitolinus . Ils remportent une victoire sur les Èques près du Mont Algide [20] pour laquelle Lucius Valerius obtient l’honneur de célébrer un triomphe et Marcus Manlius une ovation. Les deux consuls président les Ludi magni [21] pour célébrer la victoire sur Véies et consacrent le temple de Junon Regina construit par Marcus Furius Camillus sur l’Aventin [22]. Ils prennent ensuite le commandement de la guerre déclarée à la ville de Volsinies [23] et aux Sapinates mais une épidémie les empêche de partir en campagne. Ils semblent également toucher par l’épidémie et abdiquent assez tôt dans l’année mais les Fastes capitolins [24] ne donnent pas de consuls suffect.

Ce sont trois interrois, dont Lucius Valerius lui-même, qui se succèdent pour assurer les nouvelles élections pour l’année 391 av. jc qui débouchent sur la nomination d’un collège de 6 tribuns consulaires, tous patriciens.

En 390 av. J.-C., Rome est mise à sac par les Gaulois de Brennus, seul le Capitole [25] résiste. Selon la tradition, le Sénat rappelle Marcus Furius Camillus d’exil pour le nommer dictateur et repousser les Gaulois. Camille prend Lucius Valerius comme maître de cavalerie [26]. Camille rejoint Rome et vainc les Gaulois, victoire pour laquelle il célèbre un triomphe.

Lucius Valerius apparaît une dernière fois dans l’histoire de Rome en tant qu’interroi en 387 av. jc.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Lucius Valerius Potitus (consul en -393)/ Portail de la Rome antique/ Catégories  : Consul de la République romaine/ Tribun militaire à pouvoir consulaire/ Maître de cavalerie

Notes

[1] Un tribun militaire à pouvoir consulaire est un magistrat romain disposant d’un niveau d’imperium presque équivalent aux consuls qu’il remplace de façon irrégulière au début de la République romaine, entre 444 et 367 av. jc. Après cette date, le tribunat consulaire est définitivement abandonné.

[2] Les Valerii sont les membres de la gens Valeria, l’une des familles romaines les plus importantes. De rang patricien à l’origine, la famille compte plus tard plusieurs branches plébéiennes.

[3] Les Èques sont un peuple italique du nord-est du Latium antique et de l’Apennin central. Ils parlent une langue de la branche ombrienne des langues sabelliques. À partir de la fin du 6ème siècle av. jc et pendant le 5ème siècle av. jc, les Volsques et les Èques, deux peuples liés, envahissent le Latium lors de la migration plus générale des peuples sabelliens qui quittent les Apennins pour s’installer dans les plaines d’Italie. Ils occupent alors la partie supérieure de la vallée de l’Anio, du Tolerus (aujourd’hui le Sacco) et de l’Himella, torrent de l’Aia, dans la province de Rieti. À l’est, les cités latines d’importance les plus proches sont Préneste et Tibur. Au sud, les Herniques occupent la vallée du Tolerus. À l’est, sur l’autre rive de l’Anio, se situent les Marses et enfin, au nord, ce sont les terres sabines.

[4] Labicum, ou Labici, est une ancienne cité du Latium, à environ 10 km au sud-est de Rome, au nord des monts Albains, sur la Via Labicana, entre Gabies et Tusculum. Tous les aqueducs de la vallée de l’Anio passent près de la ville. Elle était l’une des trente cités de la Ligue latine au 5ème siècle av. jc, ayant rejoint les Èques en 419 av. jc avant d’être conquise l’année suivante par la République romaine

[5] Dans la Rome antique, les tribuns de la plèbe sont les représentants de la plèbe. Ils ne représentent pas le populus dans son entier, puisque la plèbe est le populus (l’ensemble du peuple de Rome, comprenant tous les citoyens de toutes les classes) sauf les patriciens.

[6] Un patricien est durant la période romaine un citoyen qui appartient, par sa naissance, à la classe supérieure ancienne et traditionnelle, et par ce rang détient diverses prérogatives politiques et religieuses. La classe des patriciens se distingue à Rome du reste de la population dite plébéienne.

[7] Dans la Rome antique, les questeurs sont des magistrats romains annuels comptables des finances, responsables du règlement des dépenses et de l’encaissement des recettes publiques. Ils sont les gardiens du Trésor public, chargés des finances de l’armée et des provinces, en relation avec les consuls, les promagistrats et les publicains. Maintenue sous le Haut Empire avec son rôle comptable, cette fonction se réduit sous le Bas-Empire à une magistrature honorifique et coûteuse exercée uniquement à Rome.

[8] Les Volsques appartiennent aux anciens peuples italiques installés dans le sud du Latium. Leur nom avec sa terminaison en « -cus » les classe avec les autres tribus dont le nom se termine en « -cus », comme les Herniques, qui sembleraient être les premiers habitants indo-européens de la côte occidentale de l’Italie

[9] Terracine (en italien Terracina) est une ville italienne de la province de Latina dans la région Latium en Italie. Terracine est située sur la côte de la mer Tyrrhénienne. La ville s’est développée entre la mer et des hauteurs qui ne livrent qu’un étroit passage côtier à la via Appia, à mi-chemin entre Rome et les cités de la Campanie. Il semble que Terracine soit entrée dans l’orbite du monde romain dès le vie siècle av. jc. Elle est en effet mentionnée dans le premier traité entre Rome et Carthage, rapporté par Polybe. À la fin du même siècle, cependant, la ville était occupée par les Volsques, qui lui donnèrent le nom d’Anxur

[10] Antium était, dans l’Antiquité, une ville et un port du Latium (aujourd’hui Anzio), et qui était la capitale des Volsques jusqu’à sa conquête par les Romains en 468 av. jc. Plus tard, à la fin de la république romaine, Antium devint un lieu de villégiature balnéaire couru pour les patriciens romains, à seulement une journée de voyage, juste assez loin pour se tenir à distance des émeutes et de l’agitation de Rome. Quand Cicéron revint de son exil, c’est à Antium qu’il rassembla les restes ravagés de ses bibliothèques, là où ses rouleaux seraient en sécurité. Les puissants Romains se faisaient construire de magnifiques villas en bord de mer. Mécène possédait une villa à Antium ; les empereurs Caligula et Néron sont nés à Antium ; on peut toujours visiter les ruines de la villa de Néron aujourd’hui. Elle s’étendait le long de la côte du cap d’Antium, sur 800 mètres de front de mer. Néron rasa l’ancienne villa, où Auguste avait reçu une délégation de Rome venue l’acclamer Pater patriae (Père de la patrie) pour reconstruire sur ses fondations une villa d’une dimension plus impériale. La villa de Néron a été utilisée par tous ses successeurs, jusqu’aux Sévères.

[11] Puissante cité étrusque située à la frontière sud de l Étrurie, dans la campagne falisque, à 16 km au nord de Rome sur le territoire de la commune de Formello. Elle était considérée comme la plus riche des villes de la Ligue étrusque.

[12] Les Étrusques sont un peuple qui vivait depuis l’âge du fer en Étrurie, territoire correspondant à peu près à l’actuelle Toscane et au nord du Latium, soit le centre de la péninsule italienne, jusqu’à leur assimilation définitive comme citoyens de la République romaine, au 1er siècle av. jc, après le vote de la Lex Iulia en 90 av. jc pendant la guerre sociale.

[13] La Lex Trebonia est une loi romaine présentée et votée en 448 av. jc par l’intermédiaire du tribun de la plèbe Lucius Trebonius Asper. Cette loi modifie les modalités d’élection des tribuns de la plèbe, la procédure se poursuivant jusqu’à ce que dix tribuns soient élus par le concile plébéien

[14] u pied du mont Parnasse en Phocide, Delphes est le site d’un sanctuaire panhellénique où parlait l’oracle d’Apollon à travers sa prophétesse, la Pythie ; il abritait également l’Omphalos ou « nombril du monde ». Investi d’une signification sacrée, Delphes fut du 6ème siècle av. jc au 4ème siècle av. jc le véritable centre et le symbole de l’unité du monde grec.

[15] Cité antique fortifiée du Latium, Albe la Longue (Alba Longa) est l’une des plus anciennes cités d’Italie. Elle est située à 20 km au sud-est de Rome à l’emplacement de l’actuel Castel Gandolfo.

[16] L’interroi est un magistrat nommé à titre exceptionnel dans la Rome antique, en cas de vacance du pouvoir, c’est-à-dire après la disparition du roi (selon la tradition légendaire rapportée par Tite-Live) ou des magistrats détenteurs de l’imperium (consul ou tribun militaire à pouvoir consulaire). Le Sénat romain désignait alors l’un des siens qui prenait le titre d’interrex (roi intérimaire ou interroi). Celui-ci recevait l’imperium, pouvoir suprême qui lui donnait droit d’établir les augures, et s’ils étaient favorables de réunir le peuple pour procéder selon les rites à l’élection d’un roi (sous la monarchie) ou des magistrats (sous la République). Sous la République romaine, si au bout de cinq jours les élections n’avaient pas eu lieu, l’interroi désignait son successeur, lui transmettait son imperium et démissionnait. Les interrois se succédaient ainsi, jusqu’à ce que des magistrats soient élus et leur succèdent.

[17] Le dictateur est, durant la République romaine, un magistrat extraordinaire qui détient les pleins pouvoirs (imperium) pour un mandat qui ne peut, à l’origine, excéder six mois. Selon la tradition, le titre a été institué en 501 av. jc pour répondre à une situation d’urgence militaire, mais un magister populi (littéralement « maître du peuple ») existe déjà sous la Royauté romaine.

[18] Lipari est une commune de la province de Messine en Sicile. Le territoire communal de Lipari s’étend sur six îles Éoliennes

[19] Parfois, un consul décède ou démissionne avant la fin de son mandat de douze mois. Le consul restant rétablit la collégialité par l’élection intermédiaire si le délai restant le permet ou par la désignation directe d’un consul suffectus (du participe passé du verbe sufficere, « remplacer »). Ce consul entre en fonction immédiatement, il a les mêmes privilèges et les mêmes pouvoirs que le consul remplacé mais il n’est en charge que pour la durée du mandat qui reste à couvrir. Enfin, le consul suffect ne donne pas son nom à l’année, à l’inverse du consul dit ordinaire.

[20] Le mont Algide est une montagne située à 31 km au sud-est de Rome dans le Latium, ainsi nommée à cause de l’air froid qui y règne. Elle s’étend de Tusculum à Préneste. Il s’agit du rebord sud-est des monts Albains, constitué du mont Artemisio (812 m), du mont Peschio (925 m) et du Maschio d’Ariano (891 m). Le poète Horace place le mont Algide sous la protection de la déesse Diane

[21] Les ludi Magni ou ludi Romani étaient les plus anciens jeux de la Rome antique après les Consualia et les Equirria.

[22] L’Aventin est l’une des sept collines de Rome, de toutes la plus méridionale, située entre le Tibre, le mont Cælius et le mont Palatin, de nos jours dans la zone urbaine qui porte son nom.

[23] Volsinies ou Volsinii est le nom du site de déportation des habitants d’une des villes composant la dodécapole étrusque, Velzna (l’ancienne), probablement située près d’Orvieto, quand, en 264 av. jc, ses habitants, qui avaient survécu au sac qui détruisit la ville, furent transférés à Volsinii novi (soit « la nouvelle ») près du lac de Bolsena.

[24] Les Fastes capitolins (Fasti capitolini consolari e trionfali) sont des documents épigraphiques trouvés en 1546-1547 dans les ruines du forum romanum à côté du temple des Dioscures. Ils sont conservés depuis 1586 au palais des Conservateurs de Rome

[25] Le Capitole est l’une des sept collines de Rome. C’est le centre religieux de la ville avec le temple consacré à la triade Jupiter, Junon et Minerve. Par extension chaque cité romaine se doit d’avoir son Capitole.

[26] Le maître de cavalerie est, durant la République romaine, l’assistant qu’un dictateur romain doit nommer, une sorte de chef d’état-major. À partir du 1er siècle av. jc, le titre est utilisé par l’armée romaine comme titre honorifique. Le grade de magister equitum, associé à de véritables pouvoirs de commandement, réapparaît durant le Bas-Empire romain.