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L’histoire pour le plaisir

Numerius Fabius Ambustus

samedi 18 septembre 2021, par ljallamion

Numerius Fabius Ambustus

Homme politique de la République romaine

Emblème de la République romaine.Tribun militaire [1] à pouvoir consulaire en 406 et 390 av. jc, année de la prise de Rome par les Sénons [2] de Brennus ou Brennos .

Il est membre des Fabii Ambusti [3], descendants des Fabii Vibulani, branche de la gens Fabia [4].

Fils de Marcus Fabius Vibulanus, consul en 442 av. jc et le frère de Quintus Fabius Ambustus, tribun consulaire [5] en 390 av. jc et de Kaeso Fabius Ambustus, tribun consulaire en 404, 401, 395 et 390 av. jc. Il est le père de Marcus Fabius Ambustus , consul en 360, 356 et 354 av. jc et de Caius Fabius Ambustus , consul en 358 av. jc.

Alors que Cnaeus Cornelius reste à Rome, les trois autres tribuns consulaires poursuivent la guerre contre les Volsques [6] et se répartissent sur plusieurs fronts. Publius Cornelius se dirige vers Ecetrae et Lucius Valerius Potitus lance une attaque sur Antium [7], dévastant le territoire volsque. Pendant ce temps, Numerius Fabius qui ne participe pas aux opérations de pillage, avance vers Anxur [8], objectif principal de cette campagne.

Quatre cohortes [9] menées par Caius Servilius Structus Ahala qui sert sous les ordres de Numerius Fabius comme légat, contournent la ville et prennent position sur une hauteur qui la domine, alors que le gros de l’armée de Fabius attaque sur un autre point. Ahala lance l’assaut, prenant les défenseurs par surprise.

Anxur tombe entre les mains des Romains qui font 2 500 prisonniers. Les armées des tribuns consulaires font leur jonction et Anxur est livrée au pillage. La ville est ensuite transformée en place forte pour protéger le sud du Latium [10].

C’est durant leur mandat qu’est introduite pour la première fois la paye pour les soldats.

En 398 av. jc, la plupart des tribuns consulaires sont appelés à relever les commandants du siège infructueux de Véies [11], sans parvenir à y mettre eux-mêmes un terme. Une ambassade est envoyée à Delphes [12], dont fait peut-être partie Numerius Fabius, pour consulter l’oracle concernant une brusque montée des eaux inexpliquée d’un lac près d’Albe la Longue [13]. Ce phénomène est considéré comme un prodige par les Romains, un présage religieux qui pourrait être lié à l’issue de la guerre contre Véies. À son retour en 397 av. jc, l’ambassade rapporte l’oracle qui conditionne la prise de la ville par les Romains à la baisse du niveau de l’eau. Selon la tradition, les travaux de drainage s’achèvent en 396 av. jc, année de l’assaut final de Marcus Furius Camillus dit Camille sur Véies.

En 391 av. jc, il est envoyé avec ses deux frères comme membre d’une délégation à Clusium [14]. Mais les Gaulois refusent de négocier ignorant encore l’existence même des Romains. Les Clusiniens passent alors à l’offensive pour forcer les Gaulois à partir. C’est au cours d’une des attaques que les ambassadeurs romains, prenant part à la bataille, sont aperçus tuant un chef gaulois et dépouillant son cadavre.

Les Gaulois envoient immédiatement des émissaires à Rome pour exiger que leur soient livrés les ambassadeurs. Bien que le Sénat romain désapprouve la conduite des Fabii, il refuse d’accéder aux demandes des Gaulois. Ce refus est interprété comme un casus belli par le chef Brennus et ses hommes qui marchent sur Rome pour obtenir réparation. De retour à Rome, les Fabii ne sont pas sanctionnés pour leurs fautes mais au contraire sont élus tribuns militaires à pouvoir consulaire et prennent le commandement de la guerre qui se prépare.

En 390 av. jc, il est tribun militaire à pouvoir consulaire, avec cinq autres collègues dont ses deux frères, de retour de Clusium. Alors que les Gaulois de Brennus qui descendent vers le sud en suivant la via Salaria [15] représentent une des plus grandes menaces à laquelle Rome ait eu à faire face, les tribuns ne nomment pas de dictateur [16]. Pris de vitesse, ils réunissent une armée en hâte placée sous le commandement de Quintus Sulpicius Longus . Mais l’impréparation des commandants et le manque d’expérience d’une partie des troupes réunies conduisent à la défaite suivie d’une débâcle durant laquelle les Romains se bousculent et sont en majorité massacrés.

Les survivants se réfugient dans la cité étrusque de Véies qu’ils fortifient. Bien peu parviennent à rejoindre Rome. D’après Tite-Live, ce sont les tribuns consulaires, dont Numerius Fabius, qui sont responsables de la défaite parce qu’ils n’auraient pas respecté les rites religieux et auraient fait preuve de précipitation dans leur commandement.

La défaite de l’Allia ouvre la route de Rome aux Gaulois. Trois jours après la bataille, ils investissent Rome, les défenses de la ville ayant été dégarnies. Selon la tradition, tous les Romains qui le peuvent, essentiellement représentants de la jeunesse romaine, se réfugient sur le Capitole [17] et se préparent à défendre la citadelle face aux assauts gaulois imminents

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Dominique Briquel, « Le tournant du IVe siècle », dans François Hinard (dir.), Histoire romaine : des origines à Auguste, Fayard, 2000, 1075 p. (ISBN 978-2-213-03194-1)

Notes

[1] Le tribun militaire est un officier supérieur qui sert dans la légion romaine sous la Rome antique. Sous le Haut Empire, le poste de tribun militaire reste une étape dans les débuts de carrière publique, rendue obligatoire par Auguste pour le cursus honorum tandis que son accès par la voie électorale tombe en désuétude. Il semble que l’empereur, en tant qu’imperator se réserve les nominations

[2] Les Sénons étaient un des nombreux peuples celtes basés en Gaule. Ils occupaient la région du Sénonais, s’étendant sur une partie des départements actuels de l’Yonne et de Seine-et-Marne. Ils donnèrent leur nom à la ville de Sens qui était leur capitale sous le nom d’Agendicum. Durant le Haut Empire, la cité des Sénons faisait partie de la province de Gaule lyonnaise.

[3] Les Fabii Vibulani et Fabii Ambusti sont des patriciens romains membres d’une branche de la gens Fabia. Ils occupent de hautes magistratures au cours des 5ème et 4ème siècles av. jc. À l’origine, ils portent le cognomen Vibulanus mais durant le dernier quart du 5ème siècle av. jc apparaît le cognomen Ambustus qui finit par définitivement supplanter le cognomen Vibulanus. Ambustus signifie « brûlé, roussi ».

[4] Les Fabii sont les membres de la gens Fabia, une illustre famille de la Rome antique qui prétend descendre d’Hercule par une fille d’Évandre.

[5] Un tribun militaire à pouvoir consulaire est un magistrat romain disposant d’un niveau d’imperium presque équivalent aux consuls qu’il remplace de façon irrégulière au début de la République romaine, entre 444 et 367 av. jc. Après cette date, le tribunat consulaire est définitivement abandonné.

[6] Les Volsques appartiennent aux anciens peuples italiques installés dans le sud du Latium. Leur nom avec sa terminaison en « -cus » les classe avec les autres tribus dont le nom se termine en « -cus », comme les Herniques, qui sembleraient être les premiers habitants indo-européens de la côte occidentale de l’Italie

[7] Antium était, dans l’Antiquité, une ville et un port du Latium (aujourd’hui Anzio), et qui était la capitale des Volsques jusqu’à sa conquête par les Romains en 468 av. jc. Plus tard, à la fin de la république romaine, Antium devint un lieu de villégiature balnéaire couru pour les patriciens romains, à seulement une journée de voyage, juste assez loin pour se tenir à distance des émeutes et de l’agitation de Rome. Quand Cicéron revint de son exil, c’est à Antium qu’il rassembla les restes ravagés de ses bibliothèques, là où ses rouleaux seraient en sécurité. Les puissants Romains se faisaient construire de magnifiques villas en bord de mer. Mécène possédait une villa à Antium ; les empereurs Caligula et Néron sont nés à Antium ; on peut toujours visiter les ruines de la villa de Néron aujourd’hui. Elle s’étendait le long de la côte du cap d’Antium, sur 800 mètres de front de mer. Néron rasa l’ancienne villa, où Auguste avait reçu une délégation de Rome venue l’acclamer Pater patriae (Père de la patrie) pour reconstruire sur ses fondations une villa d’une dimension plus impériale. La villa de Néron a été utilisée par tous ses successeurs, jusqu’aux Sévères.

[8] Terracine (en italien Terracina) est une ville italienne de la province de Latina dans la région Latium en Italie. Terracine est située sur la côte de la mer Tyrrhénienne. La ville s’est développée entre la mer et des hauteurs qui ne livrent qu’un étroit passage côtier à la via Appia, à mi-chemin entre Rome et les cités de la Campanie. Il semble que Terracine soit entrée dans l’orbite du monde romain dès le vie siècle av. jc. Elle est en effet mentionnée dans le premier traité entre Rome et Carthage, rapporté par Polybe. À la fin du même siècle, cependant, la ville était occupée par les Volsques, qui lui donnèrent le nom d’Anxur

[9] Cohorte romaine, une unité d’une Légion romaine. Une cohorte comportait environ 600 hommes il y a généralement 10 cohortes dans une légion.

[10] Le Latium, ou officiellement Lazio en italien, est une région d’Italie centrale. Sa capitale est Rome. Elle est délimitée par la Toscane, l’Ombrie, les Abruzzes, le Molise, la Campanie et la mer Tyrrhénienne. Le Latium est habité depuis le 2ème millénaire av. jc par les Latins qui subissent la domination étrusque. Pour lutter contre celle-ci, ils ont formé la Ligue latine, qui comprenait une trentaine de cités, dont Albe. Au 4ème siècle av. jc, le Latium fut soumis par Rome et ses habitants devinrent des citoyens romains.

[11] Puissante cité étrusque située à la frontière sud de l Étrurie, dans la campagne falisque, à 16 km au nord de Rome sur le territoire de la commune de Formello. Elle était considérée comme la plus riche des villes de la Ligue étrusque.

[12] Au pied du mont Parnasse en Phocide, Delphes est le site d’un sanctuaire panhellénique où parlait l’oracle d’Apollon à travers sa prophétesse, la Pythie ; il abritait également l’Omphalos ou « nombril du monde ». Investi d’une signification sacrée, Delphes fut du 6ème siècle av. jc au 4ème siècle av. jc le véritable centre et le symbole de l’unité du monde grec.

[13] Cité antique fortifiée du Latium, Albe la Longue (Alba Longa) est l’une des plus anciennes cités d’Italie. Elle est située à 20 km au sud-est de Rome à l’emplacement de l’actuel Castel Gandolfo.

[14] une ville qui n’est pourtant pas alliée de Rome mais qui demanderait son assistance alors qu’elle est menacée par une invasion gauloise

[15] qui longe le Tibre

[16] Le dictateur est, durant la République romaine, un magistrat extraordinaire qui détient les pleins pouvoirs (imperium) pour un mandat qui ne peut, à l’origine, excéder six mois. Selon la tradition, le titre a été institué en 501 av. jc pour répondre à une situation d’urgence militaire, mais un magister populi (littéralement « maître du peuple ») existe déjà sous la Royauté romaine.

[17] Le Capitole est l’une des sept collines de Rome. C’est le centre religieux de la ville avec le temple consacré à la triade Jupiter, Junon et Minerve. Par extension chaque cité romaine se doit d’avoir son Capitole.