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Bélisaire

vendredi 15 novembre 2019 (Date de rédaction antérieure : 5 septembre 2011).

Bélisaire (500-565)

Général byzantin

Né aux confins de l’Illyrie [1] et de la Thrace [2], vainqueur des Perses à Dara [3] en 530, il a raison, en 532 avec Narsès, d’un soulèvement populaire connu sous le nom de sédition Nika [4]. A à cette occasion il a l’appui de l’impératrice Théodora, dont il a épousé l’amie, Antonina. Il détruisit l’Etat vandales d’Afrique [5] en 533.

A la même période, Amalasonte, reine des Ostrogoths [6], fut assassinée et remplacée par Théodahab, ce qui légitimait l’invasion des terres gothiques par l’Empire romain d’Orient. Il débarqua en Sicile en 535 avec 10 000 hommes, tandis que Mundus envahit la Dalmatie [7]. En juin 536, il franchit le Détroit de Messine et prit Neapolis [8] après un siège d’un mois. Il prend Rome le 10 décembre 536, la garnison gothique s’enfuyant devant son armée. Mais Vitigès assiège Rome en mars 537 avec 50 000 hommes. Le siège n’est levé que 1 an après, quand une flotte byzantine remonte le Tibre [9] et apporte des renforts à Bélisaire. Vitigès bat en retraite avec ses troupes, poursuivi par Bélisaire, et se réfugie à Ravenne [10], sa capitale, qui fut à son tour longuement assiégée. Mais au printemps 540, les risques de guerre avec les Perses et les Slaves poussent l’empereur Justinien à envisager une paix avec les Goths [11]. Bélisaire ne transmet pas l’offre de paix. Mais Vitigès propose à Bélisaire de devenir empereur d’Occident et roi des Goths. Celui-ci feint d’accepter, mais une fois entré à Ravenne avec ses meilleurs vétérans, il capture Vitigès et prend la ville.

La popularité croissante de Bélisaire, et la crainte qu’il finisse par accepter de devenir empereur d’Occident, poussent Justinien à le rappeler à l’est, il est envoyé se battre contre les Perses sassanides [12] en Syrie en 541 et 542 Cette campagne finit par la négociation d’une trêve de 5 ans.

S’il ne pu sauver Rome des goths en 546, il repoussa une offensive des Bulgares contre Constantinople en 599. L’empereur Justinien, jaloux de sa gloire, l’accusa de conspiration, puis l’écarta ensuite de tout poste de commandement militaire important au profit de son rival Narsès. Il meurt à Constantinople en mars 565 dans une relative pauvreté.

P.-S.

Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Imago Mundi/ Bélisaire

Notes

[1] L’Illyrie est un royaume des côtes de la rive orientale de l’Adriatique, correspondant à peu près à l’Ouest de la Croatie, de la Slovénie et de l’Albanie actuelle. Les Illyriens apparaissent vers le 20ème siècle av. jc. C’est un peuple de souche Indo-Européenne qui comprenait des Dalmates et des Pannoniens. Vers -1300 ils s’établissent sur les côtes Nord et Est de l’Adriatique. Les Illyriens sont les premiers avec les Grecs, à s’installer dans les Balkans et constituent un immense Royaume. Au VIIe siècle av. J.-C. et VIe siècle av. J.-C., l’Illyrie subit une forte héllénisation du fait de ses relations avec les Grecs, qui y ont fondé des comptoirs.

[2] La Thrace désigne une région de la péninsule balkanique partagée entre la Grèce, la Bulgarie et la Turquie ; elle doit son nom aux Thraces, la peuplade qui occupait la région dans l’Antiquité. Au 21ème siècle, la Thrace fait partie, à l’ouest, de la Grèce, Thrace occidentale, au nord, de la Bulgarie et, à l’est, de la Turquie, Thrace orientale.

[3] La bataille de Dara a eu lieu à la frontière des empires byzantin et sassanide au niveau de la ville fortifiée de Dara en 530. Elle débuta par les tirs des archers perses. Des lanciers et la cavalerie lourde chargèrent le flanc droit des forces byzantines, puis le gauche. Les cavaliers byzantins furent repoussés par ces charges. Cependant les archers montés Huns de Bélisaire avaient profité des charges ennemies pour les encercler. La cavalerie perse fut défaite et les fantassins au vu de cette perte s’enfuirent. Bélisaire refusa de les poursuivre.

[4] La sédition Nika (victoire en grec), « Sois vainqueur », qui signifie en fait « remportons la Victoire » à cause de son cri de ralliement, est un soulèvement populaire à Constantinople qui fit vaciller le trône de l’empereur Justinien 1er en 532. Bien que nous disposions des témoignages capitaux de Jean Malalas, de Procope, du Chronicon Pascale et de Théophane, de nombreuses obscurités subsistent quant au déroulement de cet événement majeur qui faillit bien coûter son trône à Justinien.

[5] Le royaume vandale ou royaume des Vandales et des Alains est un royaume barbare fondé par le roi vandale Genséric en 435, qui règne sur une partie de l’Afrique du Nord-Ouest et la Méditerranée. En 429, les Vandales, dont le nombre est estimé à 80 000 personnes, passent d’Espagne au Maroc par bateau. Ils progressent vers l’Est, traversant les régions côtières de l’actuel Maroc, de l’Algérie et de la Tunisie. En 435, l’Empire romain, qui règne alors sur une partie de l’Afrique du Nord, permet aux Vandales de s’installer dans les provinces de Numidie et de Maurétanie sétifienne, lorsqu’il devient clair que l’armée vandale ne peut être vaincue par les forces militaires romaines. En 439, les Vandales reprennent leur progression vers l’Est et s’emparent de Carthage, la ville la plus importante de l’Afrique romaine. Le royaume naissant conquiert ensuite les îles de la Sicile, de la Sardaigne et de la Corse, alors régies par les Romains. Le royaume vandale chute en 534 lorsqu’il est conquis par le général byzantin Bélisaire lors de la guerre des Vandales, et est incorporé dans l’Empire byzantin.

[6] Les Ostrogoths étaient une des deux fractions des Goths, peuple germanique venu des confins de la Baltique et établi au 4ème siècle en Ukraine et en Russie méridionale, au nord de la mer Noire, l’autre fraction étant celle des Wisigoths. Ils jouèrent un rôle considérable dans les événements de la fin de l’Empire romain.

[7] La Dalmatie est une région littorale de la Croatie, le long de la mer Adriatique, qui va de l’île de Pag, au nord-ouest, à Dubrovnik et la baie de Kotor au Monténégro au sud-est.

[8] Naples

[9] Le Tibre est un fleuve italien qui se jette dans la mer Tyrrhénienne. C’est le plus long fleuve d’Italie après le Pô et l’Adige. Il traverse notamment la capitale italienne, Rome, à l’histoire de laquelle il est étroitement lié.

[10] Ravenne est une ville italienne de la province de Ravenne en Émilie-Romagne. Elle est considérée comme la capitale mondiale de la mosaïque. Ravenne fut une cité de première importance au tournant de l’Antiquité et du Moyen Âge. En 402, pendant le règne d’Honorius, elle fut, du fait de sa position stratégique plus favorable, élevée au rang de capitale de l’Empire romain d’Occident en lieu et place de Milan, trop exposée aux attaques terrestres des barbares. Son port de grande capacité, sur l’Adriatique, la mettait en communication aisée avec Constantinople, capitale de l’Empire romain d’Orient. La cité continua d’être le centre de l’Empire d’Occident jusqu’à la chute de celui-ci en 476. Elle devint alors la capitale du royaume d’Italie d’Odoacre, puis à partir de 493 celle du royaume des Ostrogoths, sous Théodoric le Grand, qui englobait l’Italie, la Rhétie, la Dalmatie et la Sicile. En 540, sous le règne de Justinien 1er, Ravenne fut conquise par le général de l’Empire d’orient Bélisaire ; elle fut ensuite reconquise par les Ostrogoths avant d’être à nouveau reprise par le général de l’Empire d’orient Narsès en 552. C’est pour contrer le danger né de l’invasion des Lombards en Italie à partir de 568, que Ravenne devint le siège de l’exarchat byzantin d’Italie, par décision de l’empereur Maurice. La concentration de tous les pouvoirs civils et militaires entre les mains de l’exarque, représentant personnel de l’empereur byzantin favorisa, à long terme, l’émancipation des territoires du nord de l’Italie vis-à-vis du pouvoir impérial. Ravenne fut prise en 752 par Aistolf, roi des Lombards. Deux ans après, Pépin le Bref, roi des Francs, la lui enleva et la donna au Saint-Siège.

[11] Les Goths faisaient partie des peuples germaniques. Selon leurs propres traditions, ils seraient originaires de la Scandinavie. Ils provenaient peut-être de l’île de Gotland. Mais ils pourraient également être issus du Götaland en Suède méridionale ou bien du Nord de la Pologne actuelle. Au début de notre ère, ils s’installèrent dans la région de l’estuaire de la Vistule. Dans la seconde partie du 2ème siècle, une partie des Goths migrèrent vers le sud-est en direction de la mer Noire. Dès le 3ème siècle les Goths étaient fixés dans la région de l’Ukraine moderne et de la Biélorussie où ils furent probablement rejoints par d’autres groupes qui ont été plus ou moins intégrés dans la tribu. Les Goths formaient un seul peuple jusqu’à la fin du 3ème siècle. Après un premier affrontement avec l’Empire romain dans le sud-est de l’Europe au début du siècle, ils se séparèrent en deux groupes : les Greuthunges à l’Est et les Tervinges à l’Ouest qui deviendront par la suite les Ostrogoths ou « Goths brillants », à l’Est, et les Wisigoths ou « Goths sages » à l’Ouest.

[12] Les Sassanides règnent sur le Grand Iran de 224 jusqu’à l’invasion musulmane des Arabes en 651. Cette période constitue un âge d’or pour la région, tant sur le plan artistique que politique et religieux. Avec l’Empire romano byzantin, cet empire a été l’une des grandes puissances en Asie occidentale pendant plus de quatre cents ans. Fondée par Ardashir (Ardéchir), qui met en déroute Artaban V, le dernier roi parthe (arsacide), elle prend fin lors de la défaite du dernier roi des rois (empereur) Yazdgard III. Ce dernier, après quatorze ans de lutte, ne parvient pas à enrayer la progression du califat arabe, le premier des empires islamiques. Le territoire de l’Empire sassanide englobe alors la totalité de l’Iran actuel, l’Irak, l’Arménie d’aujourd’hui ainsi que le Caucase sud (Transcaucasie), y compris le Daghestan du sud, l’Asie centrale du sud-ouest, l’Afghanistan occidental, des fragments de la Turquie (Anatolie) et de la Syrie d’aujourd’hui, une partie de la côte de la péninsule arabe, la région du golfe persique et des fragments du Pakistan occidental. Les Sassanides appelaient leur empire Eranshahr, « l’Empire iranien », ou Empire des Aryens.