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L’histoire pour le plaisir

Théodora

mardi 28 janvier 2020 (Date de rédaction antérieure : 5 septembre 2011).

Théodora (500-548)

Impératrice Byzantine

D’humble origine, fille d’Acacius, un dresseur d’ours attaché au cirque de Constantinople [1]. Avant de devenir la maîtresse du futur empereur Justinien elle fut danseuse et courtisane. Pour épouser Théodora, de 17 ans sa cadette, Justinien obtient de son oncle l’empereur Justin 1er l’abrogation d’une loi qui interdisait à un sénateur de se marier avec une courtisane.

Elle l’épousa en 523 et fut sa conseillère secrète et s’associa à toutes les grandes décisions. Lors de la sédition Nika [2] en janvier 532, elle fit front et empêcha l’empereur d’abdiquer.

De même l’obligea-t-elle à des décisions rigoureuses contre les propriétaires de maisons de tolérance, et lutta contre la prostitution. Alors que Justinien penchait vers l’orthodoxie elle se montra tolérante à l’égard du monophysisme [3], qui était très répandu en Syrie et en Egypte, et réussit à infléchir dans ce sens la politique impériale. Elle meurt en 548, 17 ans avant Justinien. Son corps fut enterré dans l’église des Saints Apôtres à Constantinople [4].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article du petit mourre dictionnaire d’histoire universelle édition Bordas 2004 p 1309

Notes

[1] Constantinople est l’appellation ancienne et historique de l’actuelle ville d’Istanbul en Turquie (du 11 mai 330 au 28 mars 1930). Son nom originel, Byzance, n’était plus en usage à l’époque de l’Empire, mais a été repris depuis le 16ème siècle par les historiens modernes.

[2] La sédition Nika (victoire en grec), « Sois vainqueur », qui signifie en fait « remportons la Victoire » à cause de son cri de ralliement, est un soulèvement populaire à Constantinople qui fit vaciller le trône de l’empereur Justinien 1er en 532. Bien que nous disposions des témoignages capitaux de Jean Malalas, de Procope, du Chronicon Pascale et de Théophane, de nombreuses obscurités subsistent quant au déroulement de cet événement majeur qui faillit bien coûter son trône à Justinien.

[3] Le monophysisme est une doctrine christologique apparue au 5ème siècle dans les écoles théologiques de l’empire byzantin. Cette doctrine tente de résoudre les contradictions de la foi nicéenne concernant la nature du Christ. La doctrine chrétienne s’est construite à l’origine autour du symbole de Nicée, c’est-à-dire la reconnaissance de la consubstantialité du Père et du Fils, tout comme de la nature humaine du Christ. Les monophysites, en revanche, affirment que le Fils n’a qu une seule nature et qu’elle est divine, cette dernière ayant absorbé sa nature humaine. Ils rejettent la nature humaine du Christ. En cela le monophysisme s’oppose au nestorianisme. Cette doctrine a été condamnée comme hérétique lors du concile de Chalcédoine en 451, tout comme la doctrine opposée. Malgré cela, sous l impulsion de personnages tels que Sévère d’Antioche, le monophysisme continue de se développer dans les provinces byzantines de Syrie et d’Égypte auprès des populations coptes tout au long du 6ème siècle, jusqu aux invasions perses puis arabes au tout début du 7ème siècle. Il fut également responsable du premier schisme entre Rome et Constantinople en 484. Le monophysisme est encore professé aujourd’hui, dans sa variante miaphysite. Ce sont les Églises préchalcédoniennes, arménienne, syro jacobite, copte, etc.

[4] L’église des Saints-Apôtres, également connue sous le nom de Polyandrion (cimetière impérial) ou Myriandrion, est une église byzantine de Constantinople aujourd’hui disparue. Elle fut fondée par Constance II, fils de Constantin 1er, dans les années 350 et bâtie à partir d’un mausolée construit par Constantin. Reconstruite beaucoup plus grande dans la première moitié du 6ème siècle sous Justinien, elle était la deuxième église de Constantinople en taille et en importance après la basilique Sainte-Sophie, et elle fut la principale nécropole des empereurs et impératrices byzantins. Après la chute de Constantinople en 1453, elle devint brièvement le siège du patriarche de Constantinople, qui l’abandonna en 1456. En 1461, l’édifice alors en très mauvais état fut abattu par les Ottomans pour édifier la mosquée Fatih