Après lui, par la descendance de Élisabeth Farnèse , l’héritage des Farnèse [1] passa à la Maison de Bourbon-Siciles [2].
Fils de Ranuce II Farnèse et de Maria d’Este. Troisième fils du duc, Antoine n’avait jamais pensé porter la couronne mais Édouard était mort avant son père ne laissant qu’une fille et François, son frère alors duc, n’eut pas d’enfant.
Sa vie publique débute à 18 ans avec un voyage dans les principales villes européennes. Plus qu’une formation, ce "Grand Tour" a pour but de créer des rapports entre les Farnèse et les souverains européens.
Le voyage débute le 14 décembre 1697. Pour l’occasion, Antoine utilise le titre de marquis de Sala Baganza [3]. Son accompagnateur est le comte Alessandro Roncovieri.
La première étape du voyage est Milan [4], où ils visitent la bibliothèque Ambrosiana [5] et sont reçus par Carlo Borromeo ou Charles Borromée ; ils poursuivent par Turin et par la France où Antoine s’arrête assez longtemps. L’étape suivante est l’Angleterre où il rend hommage au roi Guillaume III, puis les Pays-Bas espagnols [6], la Hollande [7] et l’Allemagne. En novembre 1699, ils sont reçus à Vienne en Autriche par l’empereur Leopold 1er en personne. De retour d’Autriche, ils s’arrêtent à Venise [8] lors du carnaval de l’année 1700, puis ils poursuivent par Rome et par Naples [9]. Finalement, le 24 juillet 1700, ils rentrent à Parme, après avoir dépensé 1 584 000 lires de Parme.
Certains documents rapportent que, par ses voyages, le duc François, son frère, chercha à retarder son mariage et à le tenir éloigné des affaires de l’État, favorisant son penchant pour la vie mondaine et oisive. Ce fut certainement une période insouciante au cours de laquelle il pu se consacrer à ses occupations préférées : le théâtre, le jeu de cartes et la chasse pour laquelle il embellit la réserve de Sala Baganza d’un riche pavillon. Le retard avec lequel il se maria contribua à l’extinction de la branche masculine de la famille.
Quand François meurt le 26 février 1727, Antoine se trouve placé à l’âge de 48 ans au centre de la scène politique. Au moment de la mort de son frère, il est à Reggio Emilia [10] où se déroule le carnaval, certainement plus festif que celui de Parme, car François pratiquait une politique d’austérité.
Antoine se précipite à Plaisance [11] pour recevoir l’allégeance de ses sujets mais afin de ne pas créer d’incidents diplomatiques, il ne présente la sienne ni au pape, ni à l’empereur.
Désormais la nécessité du mariage devient pressante, ainsi Antoine décide d’épouser une représentante de la Maison d’Este, Henriette d’Este , fille de Renaud III de Modène . En raison des liens familiaux qui existent entre les deux familles, une dispense papale est nécessaire et accordée.
Le mariage est célébré de manière fastueuse le 5 février 1728. La nouvelle duchesse fait son entrée dans Parme le 6 juillet.
Les actions que le duc a le temps de mettre en place sont l’augmentation des plantations de mûriers afin de favoriser l’industrie de la soie, l’apiculture, ainsi que le renouveau de la foire de Plaisance. En 1729, après 40 ans, il rétablit l’usage du masque au carnaval.
Le 20 janvier 1731, au terme de trois jours de souffrances, le duc meurt, à 51 ans. Les personnes présentes suspectent qu’il a utilisé un « remède chimique » et le doute d’un empoisonnement commandité par l’empereur naît.
Rapidement, le comte Carlo Francesco Stampa, lieutenant impérial, maréchal de camp et délégué du comte Carlo Borromeo, s’approche du duché pour l’occuper au nom de l’Empereur.
En l’absence d’un mâle, c’est la descendance d’Élisabeth, fille de Dorothée Sophie de Neubourg, qui doit en effet lui succéder. La duchesse Dorothée Sophie, jalouse gardienne du pouvoir de son petit-fils Charles (le futur Charles III) , cherche à s’opposer à l’entrée des troupes autrichiennes, mais le 25 janvier, 3 000 fantassins et 500 cavaliers arrivent sous les ordres de Frédéric-Louis de Wurtemberg prince de Wurtemberg [12].
Dorothée Sophie en réfère au pape Clément XII pour qu’il persuade l’Empereur de retirer les troupes et elle n’hésite pas à s’adresser directement à Charles VI , lequel répond qu’il veut appliquer les pactes de la Quadruple-Alliance [13]. C’est seulement le 17 février 1731 que Dorothée Sophie reçoit en audience le comte Stampa. Les troupes devraient partir seulement après la naissance du fils posthume du duc.
En effet, dans son testament, rédigé un jour avant de mourir, Antoine a nommé héritier universel le « ventre enceint » de son épouse et nomme un conseil de régence formé de sa veuve, de l’évêque Camillo Marazzani, du comte Odoardo Anviti, premier secrétaire d’État, du comte Federico dal Verme, majordome du palais et de deux gentilshommes de la cour, le comte Jacopo Antonio Sanvitale [14] et le comte Artaserse Baiardi. Dans les faits, Dorothée Sophie assume la régence et impatiente de voir son petit-fils Charles devenir duc, elle suspecte l’inexistence de la grossesse d’Enrichetta.
Le 19 mai 1731, accompagné du plénipotentiaire du roi d’Espagne, de l’ambassadeur d’Espagne à Gênes et du comte Neri Capi, elle vient à Parme pour soumettre en sa présence Henriette à l’examen de 5 sage-femme qui la déclarent grosse après un examen attentif. Les cours de toute l’Europe sont vigilantes mais le 13 septembre, on annonce que le « ventre enceint ne donnerait pas de fruit ». Cela met fin au règne des Farnèse.
Le comte Stampa émet un édit qui appelle les sujets à jurer fidélité à l’infant Charles. Le 30 décembre, les troupes autrichiennes quittent Parme et le 9 octobre 1732, Charles de Bourbon entre triomphalement dans Parme. Enrichetta se retire à Colorno [15] où elle épouse Léopold de Hesse-Darmstadt. Elle décèdera le 30 janvier 1777.