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Arthur Pendragon dit le Roi Arthur

mercredi 10 mars 2021, par ljallamion

Arthur Pendragon dit le Roi Artur

Fils d’ Uther Pendragon , roi des Bretons [1], et d’ Igraine ou Ygerne , veuve de Gorlois ou Gorlais , duc des Cornouailles [2]. Il est le frère d’ Anna ou Morgause , épouse du roi Loth d’Orcanie , et aussi de la fée Morgane . Il épouse Guenièvre , fille de Léodagan , roi de Carmélide [3].

D’après les romances médiévales, il serait un seigneur breton qui aurait organisé la défense des peuples celtes des îles Britanniques et de Bretagne armoricaine [4] face aux envahisseurs germaniques à la fin du 5ème siècle ou au début du 6ème siècle.

La légende d’Arthur est principalement inspirée par le folklore et l’invention littéraire, et son existence historique n’est pas attestée.

La figure légendaire d’Arthur s’est développée essentiellement grâce à l’Historia regum Britanniae [5] écrite par Geoffroy de Monmouth au 12ème siècle.

Toutefois, antérieurement à cette œuvre, certains contes et poèmes gallois ou bretons, ainsi que des chroniques ou annales reprenant des traditions orales, font déjà apparaître Arthur comme un grand guerrier défendant la Bretagne des hommes et d’ennemis surnaturels ou comme une figure magique du folklore.

Bien que les thèmes, les événements et les personnages de la légende du roi Arthur varient considérablement de texte en texte, et qu’il n’existe pas de version unique, les événements contés dans l’Historia regum Britanniae ont servi de base pour la plupart des histoires postérieures.

Geoffroy de Monmouth dépeint Arthur comme un roi ayant établi un empire rassemblant toute l’île de Bretagne, ainsi que l’Irlande, l’Islande, la Norvège, le Danemark et une bonne partie de la Gaule. En fait, beaucoup d’éléments qui font désormais partie intégrante de l’histoire du roi Arthur apparaissent dans l’Historia regum Britanniae.

Au 12ème siècle, l’écrivain français Chrétien de Troyes y ajoute Lancelot du Lac et le Saint Graal [6] et initie le genre de la romance arthurienne qui devient un volet important de la littérature médiévale. Dans ces histoires, la narration se concentre souvent sur d’autres personnages, tels que les différents chevaliers de la Table ronde au lieu de se focaliser sur le roi Arthur. La littérature arthurienne a prospéré pendant le Moyen Âge, avant de perdre de l’importance dans les siècles qui suivent.

Les défenseurs de l’hypothèse galloise constatent que le roi Arthur apparaît pour la première fois dans les légendes et élégies galloises, bien avant d’être repris dans les romans de chevalerie du 12ème siècle.

Arthur serait né vers 470/475 et serait originaire du Pays de Galles [7], ou de l’ouest de l’Angleterre, mais l’emplacement exact de sa cour, connue sous le nom de Camelot, reste un mystère. Il aurait repoussé l’invasion des Saxons au début du 6ème siècle bien qu’il n’ait jamais été couronné roi. En effet, la chronique de Nennius du 9ème siècle le désigne comme un dux bellorum [8] combattant avec les rois bretons et les textes médiévaux en gallois ne lui donnent jamais le titre de roi, mais l’appellent amerauder [9].

Certains auteurs en feraient un grand propriétaire terrien romanisé ayant constitué, comme c’était alors courant, sa propre troupe de bucellaires [10], et ayant prêté main-forte aux rois bretons contre les Saxons. En outre, dès le 4ème siècle, les corps de bucellaires sont constitués majoritairement de cavaliers. La légende d’un corps de cavaliers d’élite servant Arthur n’est pas loin…

Ainsi, il apparaît que certains auteurs médiévaux ont voulu réécrire l’histoire transformant en victoire la défaite essuyée par les Bretons lors de la bataille de Déols [11]. Après s’être rendu maître de toute l’île de Bretagne, Arthur aurait ainsi conquis l’Irlande, l’Islande, la Norvège, le Danemark et une bonne partie de la Gaule. Il aurait même vaincu les légions romaines en Burgondie [12], au cours d’une expédition qui l’aurait mené jusqu’à Rome…

La légende du roi Arthur s’est répandue dans toute l’Europe. Des images d’Arthur ont été retrouvées à de nombreux endroits. En particulier, dans la cathédrale de Modène [13] en Italie, une gravure datée entre 1099 et 1120 représente Arthur et ses chevaliers attaquant un château.

Une mosaïque de 1165 dans la cathédrale d’Otrante [14], près de Lecce [15], en Italie contient la représentation curieuse d’Arturus Rex portant un sceptre et chevauchant une chèvre.

De nombreux lieux évoquent le roi Arthur en Bretagne, notamment la forêt de Brocéliande [16] ou la Grotte Art en forêt de Huelgoat [17] ou encore Glastonbury [18].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Martin Aurell, La légende du roi Arthur (550-1250), Paris, Perrin, 2007, 682 p. (ISBN 978-2-262-02635-6)

Notes

[1] La Bretagne insulaire, parfois également appelée l’île de Bretagne, est le nom donné à la Grande-Bretagne par les historiens modernes jusqu’à la fin de la période médiévale britannique.

[2] Les Cornouailles ou la Cornouailles est un comté d’Angleterre et une nation celtique situé à l’extrémité sud-ouest du pays. Sa capitale est Truro. Limité à l’est par le fleuve Tamar, il a une superficie de 3 563 km²

[3] La Carmélide est, dans la légende arthurienne, le plus souvent la patrie du roi Léodagan, le père de la reine Guenièvre. Il existe différentes hypothèses contradictoires pour la localiser, en Grande-Bretagne (Cornouailles, Pays de Galles) ou dans le Poher, pays de Carhaix en Bretagne

[4] Le nom d’Armorique, d’un mot gaulois latinisé en Aremorica ou en Armorica, est donné dans l’Antiquité classique à une large région côtière de la Gaule, allant de Pornic au sud de l’estuaire de la Loire à Dieppe dans le pays de Caux. À l’époque gauloise, l’Armorique était une vaste confédération de peuples gaulois s’étendant sur les cinq départements Morbihan, Ille-et-Vilaine, Loire-Atlantique, Finistère et Côtes-d’Armor, la partie nord-ouest de la région Pays de la Loire Anjou, Sarthe, Mayenne, la quasi-totalité des départements modernes de l’actuelle Normandie Manche, Calvados, Eure, peut-être une partie de la Seine-Maritime et leurs territoires limitrophes.

[5] Histoire des rois de Bretagne

[6] Le Graal est un objet mythique de la légende arthurienne, objet de la quête des chevaliers de la Table ronde. À partir du 13ème siècle, il est assimilé au Saint Calice (la coupe utilisée par Jésus-Christ et ses douze disciples au cours de la Cène, et qui a recueilli le sang du Christ) et prend le nom de Saint Graal.

[7] Le pays de Galles est une nation constitutive du Royaume-Uni située dans l’Ouest de l’île de Grande-Bretagne. Il partage une frontière avec l’Angleterre à l’est et est bordé par la mer d’Irlande au nord et à l’ouest et le canal de Bristol au sud.

[8] chef de guerre

[9] empereur

[10] mercenaires à la solde d’une personne riche et payés en nourriture

[11] La bataille de Déols est, une célèbre bataille de l’Antiquité tardive qui s’est déroulée en Gaule, près de Déols, en Berry, au 5ème siècle, vraisemblablement en 469.

[12] D’abord cantonnés en Sapaudia les Burgondes commencèrent par grignoter le territoire gaulois vers l’ouest. En 457, Gondioc et Chilpéric Ier saisirent une première occasion de pousser leurs frontières. A l’été 457 le Valais, la Tarentaise, les villes de Besançon, Chalon sur Saône, Langres, Autun, Grenoble ainsi que Lugdunum, la vieille capitale des Gaules, se livrèrent pacifiquement aux Burgondes. Egidius, le généralissime de Majorien en Gaule reprit aussitôt la capitale des Gaules mais il abandonna aux rois Burgondes leurs nouvelles terres. Lugdunum reviendra aux Burgondes vers 467 lorsque Chilpéric 1er s’en empara, comme il s’empara également à la même époque de la ville de Vienne. Il profita probablement des troubles qui secouèrent entre 469 et 475 un Empire d’Occident, alors à l’agonie, pour porter jusqu’à la Durance les limites de son royaume. Les villes de Viviers, Gap, Embrun, Die, Sisteron, Orange, Apt, Cavaillon, Avignon devinrent villes burgondes. L’empereur Népos reconnut leurs conquêtes. Dès ce moment le royaume burgonde eut, ou peu s’en faut, les limites qu’il conserva dès lors. Ce territoire ne comprenait pas moins de 25 diocèses ou anciennes cités romaines : Auxerre, Langres, Besançon, Chalon sur Saône, Autun, Lugdunum, Genève, Windisch, Octodurum actuellement Martigny, en Suisse, Vienne, Valence, Carpentras, Orange, Avignon, Cavaillon, Vaison, Gap, Embrun, Sisteron, Grenoble, Aoste, Die, Viviers, Saint-Paul-Trois-Châteaux, Apt. Mais les Burgondes gagnent ou perdent incessamment du terrain. Marseille et son port, Arles et la Provence gagnés vers 484, et perdus après la guerre contre les Francs, conquêtes éphémères, auront un moment fait partie de leur territoire. À son apogée, les contours du royaume burgonde touchaient, au nord, la ligne des Vosges et la Durance au midi ; d’orient en occident, ils s’étendaient de l’Aar à la Saône et la Haute-Loire. Ce fut le territoire soumis à cette royauté qui prit, une première fois, le nom de Burgondia dans une correspondance de Cassiodore et rédigée en 507 au nom de Théodoric le Grand.

[13] Modène est une ville italienne, chef-lieu de la province du même nom située en Emilie Romagne. La ville se situe sur la Via Emilia, route romaine qui relie Piacenza jusqu’à Rimini sur la côte Adriatique. Au cœur de la vallée du Pô, la ville est entourée de deux rivières, la Secchia et le Panaro qui sont deux affluents du Pô, le plus important fleuve du territoire italien. La ville s’élève à 34 mètres d’altitude au-dessus du niveau de la mer, dans une zone complètement plate. Au sud de la province de Modène se trouve le parc régional de l’Appennino modenese, au cœur de la chaîne de montagne des Appennini.

[14] Otrante est une commune de la province de Lecce dans les Pouilles, en Italie, ayant donné son nom au canal d’Otrante qui sépare l’Italie de l’Albanie.

[15] Lecce est une ville italienne, capitale de la province de même nom dans les Pouilles (Puglia en italien), dans le sud de l’Italie. Ville importante du sud-est des Pouilles, située au centre du Salento (la péninsule qui forme le « talon » de la « botte » italienne), Lecce a été, pendant des siècles, un centre culturel, religieux et commercial prospère et l’une des villes les plus peuplées du Royaume de Naples.

[16] La forêt de Paimpont, parfois identifiée à la forêt mythique de Brocéliande, est une forêt française située autour de Paimpont dans le département d’Ille-et-Vilaine en Bretagne à environ 30 km au sud-ouest de Rennes. D’une surface de 9 000 hectares, elle fait partie d’un massif forestier plus large qui couvre les départements voisins du Morbihan (avec le camp de Coëtquidan) et des Côtes-d’Armor pour s’étendre sur une surface totale de 19 500 ha environ.

[17] Huelgoat ou Le Huelgoat est une commune française dans le département du Finistère en plein cœur de l’Argoat. Huelgoat est un ancien chef-lieu de canton.

[18] L’abbaye de Glastonbury, située en Angleterre, dans le Somerset, prétend être la plus ancienne église au monde, datant l’établissement de la communauté de moines en 63, au moment de la visite légendaire de Joseph d’Arimathie, qui y aurait apporté le Saint-Graal et aurait planté l’aubépine de Glastonbury, arbrisseau fleurissant à Noël et en mai. L’église abbatiale est agrandie au cours du xe siècle par l’abbé de Glastonbury, saint Dunstan, figure centrale du renouveau de la vie monastique anglaise à cette époque, qui introduit la Règle bénédictine. Dunstan devient archevêque de Canterbury en 960. Il fait également bâtir de nouveaux cloîtres. En 967, le roi Edmond 1er d’Angleterre est inhumé à Glastonbury. Au début de la dissolution des monastères en 1536, il y a plus de 800 monastères et couvents en Angleterre. En 1541, il n’en reste plus aucun.