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L’histoire pour le plaisir

Valérien de Tournus

dimanche 14 février 2021, par ljallamion

Valérien de Tournus

Il serait l’un des premiers martyrs de l’histoire chrétienne. Les seules sources dignes de foi sont, d’une part, le “De Gloria Martyrum” de Grégoire de Tours, qui rapporte l’existence au 6ème siècle à Tournus [1] d’un oratoire en très mauvais état dédié à Valérien et, d’autre part, “la Chronique de Tournus” rédigée avant 1087 par le moine Falcon, religieux de Tournus, à la demande de l’abbé Pierre.   D’autres sources plus discutables existent. Selon elles, au 2ème siècle, Valérien aurait quitté la Palestine pour évangéliser la Gaule et aurait été emprisonné à Lugdunum [2].   Après s’être évadé de prison, il serait arrivé à Trinorchium [3], où il aurait alors converti nombre d’habitants. L’hagiographie rapporte encore que l’existence de Valérien arriva aux oreilles de Priscus, gouverneur de Chalon-sur-Saône [4], qui donna l’ordre de l’arrêter et de le torturer jusqu’à ce qu’il cessât de louer Dieu. Comme Valérien refusait, il fut décapité en 178.   On bâtit sur son tombeau une église et un monastère, qui prit le nom de Saint-Philibert [5] après le don de ce monastère par Charles II le Chauve en 875 aux moines bénédictins de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu [6], chassés de Noirmoutier [7] par les invasions normandes.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de André Talmard, Note sur l’abbaye Saint-Valérien et la crypte de Saint-Philibert, bulletin de la Société des amis des arts et des sciences de Tournus, tome CXVIII, Tournus, 2019, pp. 25-30. (ISSN 0153-9353).

Notes

[1] Tournus est une commune française située dans le département de Saône-et-Loire. Tournus devint un centre religieux important grâce à l’influence de l’abbaye Saint-Philibert, chef-d’œuvre de l’art roman. Noble mérovingien, Filibert mourut et fut enseveli en 685 dans son monastère d’Héri (aujourd’hui Noirmoutier), une île sur l’Atlantique au sud de l’embouchure de la Loire. Dès 799, cette île est victime d’attaques viking, et après diverses tentatives de résistance armée, il fut nécessaire, en 836, de quitter les lieux. Les Vikings s’en prenant aux reliques chrétiennes, il fut nécessaire d’exhumer et d’emporter le corps de Filibert, contenu dans un important sarcophage. Le lieu de repli était le monastère de Déas (désormais Saint-Philbert-de-Grand-Lieu en Loire-Atlantique). Mais, en 858, les Normands revinrent attaquer Déas ; les moines s’enfuirent, emmenant avec eux les précieuses reliques de saint Philibert jusqu’à Tournus, où ils arrivèrent en 875

[2] Lyon

[3] Tournus

[4] Chalon-sur-Saône est une commune française, sous-préfecture du département de Saône-et-Loire. Chalon est une capitale du royaume durant l’indépendance du royaume des Burgondes, elle garde toute son importance en revenant dans les royaumes francs. Chalon est, du 5ème au 8ème siècle, le théâtre de douze conciles, de 470 à 1073. La ville est détruite par les Sarrasins en 732, rebâtie par Charlemagne un demi-siècle plus tard, incendiée en 834 par Lothaire ; prise d’assaut par les Hongrois en 937 et de nouveau en 1168 par Louis VII, irrité contre le comte Guillaume. Jean 1er de Chalon, dit Jean l’Antique ou Jean le Sage, en 1237, échange avec Hugues IV le Pacifique, duc de Bourgogne, les comtés de Chalon et d’Auxonne contre les seigneuries de Salins, de Bracon, de Vuillafans et d’Ornans, et conserve jusqu’à sa mort le titre de comte de Chalon qu’il transmet à ses descendants. Au milieu du 12ème siècle, Chalon obtient une charte communale

[5] Saint-Philibert de Tournus est un ancien monastère bénédictin situé à Tournus, dans le département français de Saône-et-Loire. De nombreuses parties de ce monastère sont conservées (réfectoire, cellier, cloître, salle capitulaire, etc.), et son église abbatiale est l’un des plus grands monuments romans de France.

[6] L’abbaye Saint-Philibert de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu est une abbaye fondée au 9ème siècle par des moines bénédictins et située à Saint-Philbert-de-Grand-Lieu en France. Il ne subsiste que l’église abbatiale et quelques bâtiments autour. Édifice de style carolingien, il a accueilli un temps le corps de saint Philibert dont la commune tirera son nom. À la suite de l’attaque du site par les Normands, les moines s’enfuient avec le corps du saint et se réfugient à Tournus. La communauté se reforme alors pour fonder un prieuré. Utilisée au 19ème siècle comme marché couvert, l’abbatiale ne sert alors plus à la célébration du culte. L’abbatiale est réaffectée au culte depuis 1936. C’est aujourd’hui l’un des monuments importants du pays de Retz ouvert aux visiteurs.

[7] L’abbaye de Noirmoutier est un monastère fondé à partir de 674 sur l’île de Noirmoutier par Philibert de Tournus, qui y meurt le 20 août 684. D’abord appelé Herio puis Hermoutier, le monastère prend le nom de Noirmoutier de la couleur dont sont vêtus les moines bénédictins qui l’occupent. Il vit de l’exploitation des marais salants et de travaux agricoles, et commerce avec le continent grâce à son port. L’abbaye subsiste dans un état florissant jusqu’à ce qu’elle soit détruite par les Sarrasins en 732. L’abbaye de Noirmoutier est rétablie en 804 par Louis le Pieux, roi d’Aquitaine. Elle est pillée plusieurs fois entre 814 et 819 par les Normands. Les moines construisent à Déas, sur les rives du lac de Grand-Lieu une nouvelle abbaye après avoir obtenu en 819 l’autorisation de Louis le Pieux, devenu empereur, de détourner la rivière Boulogne. Noirmoutier est de nouveau saccagée par les Vikings en 8246, 830, 835 et l’abbaye est finalement incendiée en 846. L’île devient alors une base pour les opérations des Vikings sur la Loire.