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L’histoire pour le plaisir

Henri II d’Avaugour

mardi 2 février 2021, par ljallamion

Henri II d’Avaugour (1247-1301) 

La Bretagne en 1180Fils d’ Alain II d’Avaugour et de Clémence de Beaufort dame de Dinan [1]. À la suite des spoliations dont son grand-père avait été victime et des dilapidations de son père, son patrimoine breton se trouvait réduit à la modeste baronnie d’Avaugour [2] en Goëllo [3]. Par contre, il fut à l’extérieur de la Bretagne baron de Mayenne [4] et seigneur de L’Aigle [5].   En 1270 il épouse Marie de Brienne [6] dite de Beaumont [7] dame de Margon près Nogent-le-Rotrou [8] morte le 13 mars 1329 et inhumée dans le couvent des Cordeliers [9] de Guingamp [10] qui lui donne une nombreuse progéniture   À la mort en 1281 de son grand-père Henri 1er d’Avaugour seigneur de Mayenne et de L’Aigle, Henri II dit Henriot refuse de donner l’hommage au duc Jean 1er de Bretagne pour les vestiges de l’héritage breton du défunt, c’est-à-dire les domaines du Goëlo et Quintin [11] tant que le duc ne lui rétrocèdera pas les biens de sa mère vendus en 1264 avec ses biens propres, par son père à Pierre de Bretagne le fis cadet du duc.   Cette transaction avait été attaquée par le vieil Henri devant le roi de France dès 1265 et un compromis avait été trouvé. Le duc Jean 1er gardait Dinan-Sud et le château de Léhon [12] mais devait restituer Dinan-Nord et surtout l’hommage du par la seigneurie de Dinan-Sud à celle de Dinan-Nord. L’affaire est une nouvelle fois portée devant la cour royale et le 26 octobre 1267 le duc de Bretagne doit s’engager à rendre à Henriot, à sa majorité, les biens de sa mère dans cette attente une rente de 300 livres devait être versée.   Philippe III intervient de nouveau pour arbitrer le conflit. Pour récupérer sa partie de Dinan Henri II doit rembourser les sommes versées pour l’acquisition et donner en garantie l’un de ses domaines.   À la même époque Henri II doit concéder à son beau-frère Guy VII de Laval son fief de L’Aigle dont l’héritier était Guillaume de Laval fils cadet de Guy. Il doit également composer avec son oncle Geoffroy d’Avaugour mort en 1303 qui réclamait L’Aigle comme sa part d’héritage paternel.   En 1282 l’accord définitif est enfin conclu L’Aigle est cédée au duc de Bretagne sous la garantie des principaux vassaux d’Henri II, le sire de Quintin [13], le vicomte de Tonquédec [14] et le sire de la Hunaudaye [15]. Henri reçoit sa moitié de Dinan Léhon et 2.000 livres. Il doit de plus s’engager à renoncer à fortifier Châtelaudren [16] la principale place du Goëlo. À la mort de Jean 1er de Bretagne, Henri II récupère enfin sa part de Dinan et sa terre de L’Aigle.   Il sera inhumé dans la nécropole du couvent des Cordeliers de Dinan.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Frédéric Morvan, « Les règlements des conflits de succession dans la noblesse bretonne au xiiie siècle », 2010/ consulté le 11novembre 2019

Notes

[1] Dinan est une commune française, sous-préfecture située dans le département des Côtes-d’Armor. C’est une ville du Poudouvre, pays traditionnel du nord-est de la Haute Bretagne. La ville de Dinan est fortifiée par une ceinture de remparts et était défendue par un imposant château. Point stratégique pour la circulation entre la Normandie et la côte nord de Bretagne, Dinan est construite principalement sur une colline. La cité domine de 75 m la Rance qui coule vers le nord pour se jeter dans la Manche entre Saint-Malo et Dinard. Dinan proposa longtemps le pont le plus au nord pour traverser la Rance et son large estuaire. En 1357, lors de la guerre de succession du duché de Bretagne, Bertrand Du Guesclin et son frère Olivier défendent avec succès la ville assiégée par les troupes anglaises et les Bretons fidèles à Jean de Montfort. Il affronte Thomas de Canterbury en combat singulier et en sort vainqueur. En 1364, après plusieurs tentatives infructueuses, le duc Jean IV parvient à reprendre le contrôle de la ville et y fait construire la Tour ducale. Les fortifications de la ville sont modernisées dans la deuxième moitié du 15ème siècle avec l’addition de plusieurs tours d’artillerie. Cela passe par la destruction de la partie des faubourgs située contre les murailles par l’incendie, afin de dégager un glacis. Le Château de Léhon, tout proche, est alors abandonné. Les canons n’ont jamais tiré : le gouverneur de la ville rend les clefs au représentant du roi de France après la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier en 1488. Comme toutes les autres villes bretonnes, Dinan est définitivement rattachée au Royaume de France en août 1532.

[2] La Famille d’Avaugour ou Maison d’Avaugour est une branche issue des comtes de Penthièvre et est l’une des plus anciennes baronnies de Bretagne, du 13ème siècle au 18ème siècle, siégeant un temps aux États de Bretagne. Le château d’Avaugour se dressait sur un éperon dominant le cours du Trieux à l’extrémité occidentale de Plésidy, dans l’actuelle commune de Saint-Péver (Côtes-d’Armor).

[3] Le Goëlo est un ancien pays de Bretagne, qui comprenait le nord-ouest de l’ancien évêché de Saint-Brieuc, sur la côte ouest de la baie de Saint-Brieuc, jusqu’à l’embouchure du Trieux. L’archidiaconé du Goélo comprenait, en plus de la définition actuelle du Goello, le secteur de Loudéac. Il correspondait à une bande de l’ouest de l’évêché de saint Brieuc. Le reste de l’évêché de Saint Brieuc était appelé archidiaconé de Penthièvre. Son territoire correspond approximativement à l’ancien territoire romain du « velaviensis pagus ». Il comprend aujourd’hui, les cantons de Paimpol, Lanvollon, Plouha, Pontrieux, Plouagat, Châtelaudren, Etables-sur-Mer et les communes de Binic, Pordic, Plérin et Trémuson.

[4] Mayenne est une commune de l’ouest de la France, située à 250 km à l’ouest de Paris. Mayenne est apparue au Moyen Âge, près d’une voie romaine. Située dans le Maine, elle se trouvait à proximité des duchés de Bretagne et de Normandie. La ville était au départ une place forte carolingienne, dominant les berges de la rivière Mayenne et la route entre Le Mans et la Manche.

[5] L’Aigle, écrit Laigle jusqu’en 1961 est une commune française, située au nord-ouest de la France, au confluent de la Risle et du ruisseau du Gru, dans le département de l’Orne

[6] La Maison de Brienne est une maison noble de France, issue de la Champagne, dont plusieurs membres se sont illustrés en France, en Italie et en Orient. La maison de Brienne est une dynastie célèbre dont les comtes remontent jusqu’à Engelbert 1er qui vivait au 10ème siècle sous le règne de Louis IV d’Outremer. Vassaux des comtes de Champagne, leur comté médiéval était centré sur la ville de Brienne-le-Château. Cette maison s’éteignit en 1356, en la personne de Gautier VI, connétable de France.

[7] Beaumont-sur-Sarthe est une commune française, ancienne cité médiévale, située dans le département de la Sarthe. La vicomté de Beaumont entra dans la Maison de Brienne avant le mois de février 1253, par le mariage d’Agnès, vicomtesse de Beaumont, dame de La Flèche, de Fresnay, de Sainte-Suzanne et du Lude, fille héritière de Richard II de Beaumont, dernier descendant des premiers vicomtes, avec Louis d’Acre, troisième fils de Jean de Brienne, roi de Jérusalem, empereur de Constantinople, et de Bérangère de Castille-León, sa seconde femme.

[8] Nogent-le-Rotrou est une commune française située dans le département d’Eure-et-Loir.

[9] Les Cordeliers est le nom que prirent les franciscains établis en France. Leur nom leur aurait été attribué par Jean de Beauffort lors de la septième croisade. Cette appellation remonte à saint Louis. Pendant la croisade de 1250, le roi ayant remarqué des religieux très combatifs envers les Sarrasins, demanda leur nom. On lui répondit qu’ils étaient « de cordes liés » (cordeliers). En effet, ces moines portaient sur leur robe de bure brune ou grise, une grosse corde, armée de nœuds de distance en distance, qui tombait presque jusqu’à leurs pieds et d’un capuchon court et arrondi. Ils appartenaient à l’Ordre des Frères mineurs, appelés encore Franciscains, fondé par saint François d’Assise, et confirmé par le pape Honorius III en 1223.

[10] Guingamp est une commune française située dans le département des Côtes-d’Armor

[11] Quintin est une commune du département des Côtes-d’Armor. Au début Quintin était située à l’emplacement de l’actuelle commune du le Vieux-Bourg mais, par suite d’une épidémie de peste, la ville déménagea.

[12] Léhon est une ancienne commune française du département des Côtes-d’Armor, ville voisine de Dinan en amont (2 km au sud)

[13] Le château de Quintin est élevé, à la fin du 12ème siècle, par Geoffroy 1er Botherel pour défendre un gué du Gouët sur la voie romaine Alet-Carhaix. Geoffroy 1er Botherel, fils du comte Alain 1er de Penthièvre, reçoit en 1228, en partage de son frère Henri II d’Avaugour, le territoire de Quintin qui comprend 28 paroisses. De retour de la 7e croisade, à laquelle il a participé avec Louis IX (Saint-Louis), il entreprend, autour de Quintin, la construction d’une muraille d’enceinte percée de quatre portes. En 1443, le château, mal entretenu, est abandonné par les seigneurs habitant généralement l’Hermitage, et, en 1480, l’une des tours est encore en construction. Formant un comté, Quintin sera érigé en 1451 en baronnie. En juin ou juillet 1487, le château de Quintin, résidence de Pierre de Rohan (du parti français), est pris et saccagé par des soldats du parti breton. En 1494, Jeanne du Perrier et Pierre de Rohan, son époux, donnent un terrain et une maison situés en bas de la rue des Carmes pour y aménager un hôpital.

[14] Tonquédec est une commune française située dans le département des Côtes-d’Armor, Le château de Tonquédec est l’un des plus impressionnants vestiges médiévaux français, les ruines du château fort de Tonquédec, à 8,5 km de Lannion, se situe dans un beau cadre de verdure et domine la vallée du Léguer. Le début de la construction du château remonte au 12ème siècle.

[15] Le château de la Hunaudaye, construit une première fois au 13ème siècle et reconstruit aux 15ème siècle et 16ème siècle, est situé sur le territoire de la commune française de Plédéliac, dans les Côtes-d’Armor, en Bretagne. Le but poursuivi avec l’édification de ce château était probablement de surveiller le Poudouvre (pays de Dinan) dont la frontière avec le Penthièvre (pays de Lamballe) était constituée par l’Arguenon, cours d’eau situé à deux kilomètres de là. Henri 1er d’Avaugour s’était en effet réfugié au Poudouvre et aurait pu envisager de récupérer ses terres.

[16] Châtelaudren est une ancienne commune française située dans le département des Côtes-d’Armor. Châtelaudren est la capitale historique du Goëlo. La fondation de la forteresse remonte au 11ème siècle et très vite un prieuré et une ville vont naître à l’abri du château. Sa situation au croisement de voies importantes de circulation ainsi que sa position privilégiée sur la rivière le Leff vont favoriser son développement. Elle s’enrichit et devient ainsi une cité de commerce et d’artisanat, dotée d’importantes foires.