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Alphonse Fréderic ou Alfonso Fadrique d’Aragon

mercredi 13 janvier 2021, par ljallamion

Alphonse Fréderic ou Alfonso Fadrique d’Aragon (mort en 1338)

Lieutenant Général ou Vicaire du Duché d’Athènes de 1317 à 1330

Fils illégitime du roi Frédéric II de Sicile, il possède d’importants territoires en Eubée [1] et en Grèce centrale, dont le Comté de Salona [2].   En 1317 il est nommé par son père vicaire ou lieutenant général du duché d’Athènes [3], pour le compte de son jeune demi-frère légitime Manfred d’Athènes ou Roger Manfred .   Alphonse débarque dans le duché au début de 1317, à la tête de renforts, et devient le véritable chef de la Compagnie catalane en Grèce. Il apprend à la fin de l’année la mort accidentelle à Trapani [4] à l’âge de 11 ans du jeune duc et la nomination comme nouveau duc titulaire de son autre demi frère Guillaume II d’Athènes âgé de 5 ans.   L’année même de sa nomination il épouse Marulla ou Maria fille et héritière de Boniface de Vérone , le plus puissant seigneur d’Eubée. Par ce mariage il reçoit l’expectative du contrôle de Carystos [5] et d’Égine [6].   Alphonse Fadrique entre alors en conflit avec les terciers, soutenus par la république de Venise [7] qui était le suzerain de l’île d’Eubée. Repoussé par les forces vénitiennes il doit conclure une trêve dès le 9 juin 1319 avec Francisco Dandolo , bayle [8] vénitien de Négrepont [9] de 1317 à 1319, cet accord est renouvelé en 1321.

Alphonse Fadrique conserve Carystos et Égine, mais il doit s’engager à respecter les possessions de Venise et des terciers.   Après la disparition de Roger Desllor il devient également comte de Salona en 1318. La mort en 1318 de Jean II Doukas lui donne l’occasion d’annexer son domaine en Thessalie [10] méridionale. Il s’empare de Lidorikion, Domokos, Pharsale [11], Siderocastron* et de la région alentour en 1319. Ces territoires forment le Duché de Néopatrie [12] dont il adjoint le titre à celui d’Athènes. Alphonse Frédéric dont le gouvernement marque l’apogée de la domination catalane en Grèce conserve la lieutenance générale des 2 fiefs.   En 1330 lorsqu’il est remplacé comme vicaire du duché d’Athènes par Odo de Novelles, il reçoit en compensation le comté de Malte et Gozo [13].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du livre de Jep Pascot Aventuriers de l’Histoire, les Almugavares Elzévir Séquoia, Paris 1971.

Notes

[1] L’Eubée est la plus grande des îles de la mer Égée, située en face de l’Attique et de la Béotie, dont elle est séparée par le détroit de l’Euripe. La période archaïque est considérée comme celle de l’apogée de l’Eubée et de ses cités Chalcis et Erétrie. Puissantes, elles participèrent à la vague de colonisation grecque. Après les guerres médiques, Eubée est totalement soumise aux Athéniens, la ville italienne de Cumes et Naxos en Sicile, deviennent des colonies de Chalcis.

[2] Le comté de Salona ou Salone était une seigneurie franque établie dans l’actuelle Grèce au début du 13ème siècle, à la suite de la 4ème croisade. Le site de Salona (aussi appelée La Sola ou La Sole) se trouve à l’emplacement de l’actuelle Amphissa en Phocide, non loin de Delphes. La ville fut conquise dans les années 1204-1205 par Thomas d’Autremencourt, un seigneur picard de l’entourage de Boniface de Montferrat, roi de Thessalonique. Les Autremencourt construisirent un château, le Frourion, sur les ruines de l’ancienne acropole

[3] Le duché d’Athènes était l’un des États des croisés mis en place en Grèce après la quatrième croisade au détriment de l’Empire byzantin. Le duché s’étendait sur l’Attique et la Béotie, mais il est difficile de restituer ses frontières avec précision. L’acropole d’Athènes était le symbole du pouvoir ducal, mais le centre réel du duché était la ville de Thèbes.

[4] Trapani ou Drépane, est une ville italienne dans la province dont elle est la capitale qui se situe dans la partie occidentale de la Sicile. La ville est connue pour avoir développé l’extraction et la commercialisation du sel, en relation avec sa position naturelle en bordure de la mer Méditerranée et son port, qui servait dans l’antiquité de débouché commercial à la ville d’Erice, (Éryx) située sur le mont qui domine Trapani, et qui était alors plus connue grâce à son sanctuaire d’Aphrodite

[5] Carystos, Caryste ou Karystos est un petit port de pêche du sud de l’île d’Eubée, plus grande île grecque après la Crète. La ville semble exister depuis des temps assez reculés, fondée, selon les récits mythiques, par des colons Dryopes. Dans L’Iliade, Homère mentionne la ville dans le Catalogue des vaisseaux.

[6] Égine est une île grecque du golfe Saronique. Ses habitants sont les Éginètes. L’île est célèbre pour son temple d’Aphaïa, un des 3 temples du triangle sacré Parthénon, Sounion, Aphaïa. Elle fut longtemps une grande rivale d’Athènes, dans l’Antiquité comme au début du 19ème siècle. Égine fut une des premières cités maritimes et commerçantes de la Grèce antique : elle eut la première marine de Grèce et fut la première cité à battre monnaie. Elle fut la première capitale de 1828 à 1829 de la Grèce luttant pour son indépendance et le jeune État grec y fit battre sa première monnaie. L’île est aussi la principale productrice de pistaches de Grèce.

[7] La république de Venise, parfois surnommée « la Sérénissime », est une ancienne thalassocratie d’Italie, progressivement constituée au Moyen Âge autour de la cité de Venise, et qui s’est développée par l’annexion de territoires divers en Italie du Nord, le long des côtes de la mer Adriatique et en Méditerranée orientale : les « Domini di Terraferma », l’Istrie, la Dalmatie, les bouches de Cattaro, l’Albanie vénitienne, les îles Ioniennes, la Crète, l’Eubée, Chypre et d’autres îles grecques, jusqu’à devenir une des principales puissances économiques européennes.

[8] Le patronyme est la forme méridionale d’un nom de dignité employé comme sobriquet (gouverneur), et vient du latin bajulus

[9] Eubée

[10] La Thessalie est une région historique et une périphérie du nord-est de la Grèce, au sud de la Macédoine. Durant l’antiquité cette région a, pour beaucoup de peuples, une importance stratégique, car elle est située sur la route de la Macédoine et de l’Hellespont. Elle possédait un important port à Pagases. Le blé et le bétail sont les principales richesses de la région et une ressource commerciale vitale. La Thessalie est aussi l’une des rares régions de Grèce où l’on peut pratiquer l’élevage des chevaux, d’où l’importante cavalerie dont disposaient les Thessaliens.

[11] Pharsale est une ville grecque située dans l’ancienne nome de Larissa, en Thessalie méridionale, aux pieds du mont Narthakion, proche de la rivière Énipée, affluent du Pénée.

[12] Le duché de Néopatrie ou de Néopatras est un État catalan installé sur le territoire de l’actuelle Grèce au début du 14ème siècle, autour de la ville de Néopatrie. La compagnie catalane des Almogavres, un groupe mercenaires catalans et siciliens présents dans l’Empire byzantin et les États latins d’Orient depuis 1303, fut employée par le duc d’Athènes Gautier V de Brienne en 1310. Le duc refusa de la payer, ce qui amena à la conquête du duché d’Athènes par les Catalans en 1311. L’organisation du duché fut confiée à un vicaire général nommé par le roi de Sicile. Alphonse Frédéric d’Aragon, comte de Salona, vicaire entre 1315 et 1330, mena une vigoureuse politique d’expansion vers le nord du duché d’Athènes, en Thessalie et en Phthiotide, profitant de la mort sans héritier du souverain de Thessalie Jean II Doukas. Partant de ses bases de Salona (actuelle Amphissa), El Cito (actuelle Lamia) et Gardiki, il s’empara des villes de Néopatrie, de Siderokastron, de Loidoriki, de Domoko et de Pharsale. Il échoua toutefois à s’emparer du marquisat de Bodonitza. Ces territoires nouvellement conquis furent organisés en un duché de Néopatrie, du nom de sa capitale.

[13] Après la conquête de Malte par Roger de Hauteville en 1091, l’archipel devient un territoire de la couronne de Sicile en entre dans sa période féodale. En 1192 Malte est élevée en comté puis en marquisat en 1393. Jusqu’à l’arrivée des chevaliers de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem en 1530, Malte sera tantôt sous l’autorité d’un comte, tantôt intégrée au domaine royal et directement administré par des fonctionnaires nommés par la cour de Palerme. Malte est souvent offerte en cadeau à des membres de la famille royale à des nobles pour services rendus à la couronne. Pour cette raison, la chronologie est complexe est parfois peu sûre.