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Marcus Nonius Macrinus

samedi 2 janvier 2021, par ljallamion

Marcus Nonius Macrinus

Sénateur et consul romain du 2ème siècle

emblème consul Marcus Nonius Macrinus était originaire de Brixia [1], il est né dans les années 110. Sa carrière commence par le decemvirat judiciaire [2], puis il effectue le tribunat militaire [3] dans deux légion, la VII Gemina et sans doute la XVI Gallica.   Il est ensuite questeur [4], légat [5] en Asie [6] auprès d’un proconsul [7], tribun de la plèbe [8], préteur [9]. Il est ensuite nommé légat de légion de la XIV Gemina à Carnuntum, gouverneur de la Pannonie [10] inférieure. Il est ensuite consul en 154.   Il est alors aussi membre du collège sacerdotal des Quindecemviri sacris faciundis [11]. Macrinus est ensuite nommé curateur des rives du Tibre [12]. Puis il dirige la Pannonie supérieure, où il se trouve en 159. À une date postérieure à 161, il est coopté parmi les “sodales antoniniani”, puis accompagne Marc Aurèle dans une expédition militaire, ce qui lui vaut le titre de comes [13].   Il est proconsul d’Asie vers 170 et reçoit le titre de Sauveur de la province. Ce titre est vraisemblablement dû à son action au moment de l’attaque des Costoboques [14] et des barbares contre la péninsule balkanique et la mer Égée [15].   Il est aussi nommé gouverneur d’Hispanie citérieure [16] et peut-être de Bétique [17], en réaction, peut-être aussi aux troubles qui touchent la région sous Marc Aurèle. Son épouse était une Flavia Arria.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de Alister Filippini, Gian Luca Gregori, « Adversus rebelles. Forme di ribellione e di reazione romana nelle Spagne e in Asia Minore al tempo di Marco Aurelio », Mediterraneo Antico, XII, 1-2, 200

Notes

[1] Brescia

[2] Les decemviri stlitibus iudicandis forment un tribunal civil dont l’origine remonterait au règne du roi Servius Tullius. À cette époque, les decemviri rendent des jugements dans les « procès de liberté », des affaires durant lesquelles est remis en cause le statut juridique d’un individu qui se réclame être libre face à un citoyen qui prétend être son maître, sous la présidence d’un préteur. Sous la République, ces decemviri deviennent des magistrats mineurs (magistratus minores) élus tous les ans par les comices tributes. Ils font partie du vigintisexvirat, un collège de magistrats (vigintisexviri, littéralement « vingt-six hommes ») divisé en six sous-collèges. Selon Suétone et Dion Cassius, Auguste donne aux decemviri stlitibus iudicandis la présidence du tribunal des Centumvirs (centumviri). En 93 ou 94, Hadrien, comme la plupart des jeunes aristocrates appartenant à l’ordre sénatorial, entame son cursus sénatorial comme magistrat junior parmi les decemviri stlitibus iudicandis, une fonction jugée peu exigeante.

[3] Le tribun militaire est un officier supérieur qui sert dans la légion romaine sous la Rome antique. Sous le Haut Empire, le poste de tribun militaire reste une étape dans les débuts de carrière publique, rendue obligatoire par Auguste pour le cursus honorum tandis que son accès par la voie électorale tombe en désuétude. Il semble que l’empereur, en tant qu’imperator se réserve les nominations

[4] Le questeur du palais sacré est une importante fonction légale dans le bas Empire romain et au début de l’Empire byzantin, puisqu’il est responsable de l’élaboration des lois. Au fur et à mesure de l’histoire de l’Empire byzantin, la fonction du questeur évolue pour devenir un important poste judiciaire à Constantinople. Il subsiste jusqu’au 14ème siècle, même s’il n’est alors plus qu’un titre honorifique.

[5] Titre porté par les représentants officiels de la Rome antique. Les ambassadeurs étaient des légats du Sénat romain. Sous la République romaine, les consuls, proconsuls, préteurs en campagne pouvaient charger temporairement des légats du commandement de la cavalerie, des réserves ou même d’une légion entière et de plusieurs légions. Sous l’Empire romain, à partir d’Auguste, la fonction de ces légats militaires devint permanente. Désignés par l’empereur, ils le représentaient dans les provinces et les légions. On distingua alors les légats consulaires et les légats prétoriens, qui gouvernaient les provinces « impériales » et exerçaient le pouvoir militaire, et les légats de légion, officiers expérimentés, de rang sénatorial, qui étaient chef d’une légion. Le titre de légat se transmit de l’Empire romain à l’Église catholique

[6] La province romaine d’Asie comprenait plusieurs des royaumes antiques d’Anatolie : la Carie, la Lydie, la Mysie, la Phrygie et la Troade. Elle avait une superficie d’environ 78 000 km². Les villes étaient nombreuses : Pergame, Smyrne, Éphèse, Milet… Bien que le royaume de Pergame ait été légué par Attale III en 133 av. jc, elle ne fut organisée par Manius Aquilius qu’en 129 av. jc, après la guerre causée par la révolte d’Aristonicos. La province d’Asie couvre alors l’ancien royaume de Pergame, à l’exception de quelques districts de Phrygie et de Lycaonie, confiés au roi du Pont, Mithridate V, et de Cappadoce, Ariarathe VI. De 56 à 49 av. jc, les trois districts orientaux de Cibyra, Synnada (Şuhut) et d’Apamée (Dinar) en sont détachés au profit de la Cilicie. Jules César les lui rend et lui rattache la Pamphylie. En 36 av. jc, Marc Antoine en détache celle-ci au profit du royaume galate d’Amyntas. Sous l’Empire, devenue province sénatoriale, elle connut une période faste.

[7] La fonction de proconsul dans la Rome antique correspond à la notion actuelle de gouverneur. Étymologiquement, ce terme vient du préfixe latin pro, à la place de, et consul. Le premier cas de proconsulat historiquement cité par Denys d’Halicarnasse date de 464 av. jc, lorsque Titus Quinctius Capitolinus Barbatus reçut le pouvoir de diriger une armée (imperium) pour aller au secours d’un consul assiégé. Il s’agit alors d’une solution improvisée sous la pression des événements. La fonction réapparaît avec l’agrandissement de la République romaine au 4ème siècle av. jc, lorsqu’un consul doit finir une campagne militaire ou doit gouverner un territoire au-delà de la durée normale de son mandat de consul (un an). Son pouvoir (imperium consulaire) est alors prolongé, en général pour une durée d’un an et toujours sur un territoire précis, le plus souvent une province. Le terme « proconsul » tient au fait que son titulaire exerçait un pouvoir consulaire ; cependant, tous les proconsuls n’étaient pas forcément d’anciens consuls.

[8] Dans la Rome antique, les tribuns de la plèbe sont les représentants de la plèbe. Ils ne représentent pas le populus dans son entier, puisque la plèbe est le populus (l’ensemble du peuple de Rome, comprenant tous les citoyens de toutes les classes) sauf les patriciens.

[9] Le préteur est un magistrat de la Rome antique. Il était de rang sénatorial, pouvait s’asseoir sur la chaise curule, et porter la toge prétexte. Il était assisté par 2 licteurs à l’intérieur de Rome, et 6 hors du pomerium de l’Urbs. Il était élu pour une durée de 1 an par les comices centuriates. La fonction de préteur fut créée vers 366 av. jc pour alléger la charge des consuls, en particulier dans le domaine de la justice. Le premier préteur élu fut le patricien Spurius Furius, le fils de Marcus Furius Camillu. Égal en pouvoir au consul, auquel il n’a pas de compte à rendre, le préteur prêtait le même serment, le même jour, et détenait le même pouvoir. À l’origine, il n’y en avait qu’un seul, le préteur urbain, auquel s’est ajouté vers 242 av. jc le préteur pérégrin qui était chargé de rendre la justice dans les affaires impliquant les étrangers. Cette figure permit le développement du ius gentium, véritable droit commercial, par contraste avec le ius civile applicable uniquement aux litiges entre citoyens romain. Pour recruter, pour former ou pour mener des armées au combat ; sur le terrain, le préteur n’est soumis à personne. Les préteurs ont aussi un rôle religieux, et doivent mener des occasions religieuses telles que sacrifices et des jeux. Ils remplissent d’autres fonctions diverses, comme l’investigation sur les subversions, la désignation de commissionnaires, et la distribution d’aides. Lors de la vacance du consulat, les préteurs, avant la création des consuls suffects, pouvaient remplacer les consuls : on parle alors de préteurs consulaires.

[10] La Pannonie est une ancienne région de l’Europe centrale, limitée au Nord par le Danube et située à l’emplacement de l’actuelle Hongrie, et partiellement de la Croatie et de la Serbie. Les habitants originaux sont les Pannoniens, qui sont envahis par les Celtes et les Boïens au 4ème siècle av. jc. Vers 105 apr. jc, Trajan divise la province en Pannonie supérieure à l’ouest et Pannonie inférieure à l’est. Ces qualificatifs ne sont pas seulement déterminés par le sens du cours du Danube, mais aussi par l’éloignement par rapport à Rome en suivant les itinéraires routiers : le voyageur venant d’Italie rencontre d’abord la Pannonie supérieure, puis la Pannonie inférieure. Le Pannonien Maximien est associé au pouvoir en 285. Les tétrarques réorganisent les provinces pour en améliorer l’administration et la défense : la Pannonie inférieure est divisée en deux : au nord la Valeria, du nom de famille de Dioclétien, avec pour capitale Aquincum ; au sud, la Pannonia Secunda, avec pour capitale Sirmium

[11] Les viri sacris faciundis formaient l’un des quatre collèges majeurs de prêtres de Rome. Leur nombre et leur nom évoluèrent au cours de l’histoire. Créés d’après la légende par Tarquin le superbe, ce collège, tout d’abord composé de deux membres, est appelé duumviri sacris faciundis jusqu’à ce que le nombre de membres soit porté à dix en 367 av. jc (on les appelle alors decemviri sacris faciundis) puis porté à quinze (quindecimviri sacris faciundis) au 1er siècle av. jc. Ils gardèrent ce dernier nom après que leur nombre augmente encore, porté à seize, peu avant le début de l’empire. Ils forment un collège de prêtres chargés de conserver et de consulter les Livres sibyllins.

[12] Le Tibre est un fleuve italien qui se jette dans la mer Tyrrhénienne. C’est le plus long fleuve d’Italie après le Pô et l’Adige. Il traverse notamment la capitale italienne, Rome, à l’histoire de laquelle il est étroitement lié.

[13] comte

[14] Les Costoboces ou Costoboques sont une confédération tribale composée d’éléments daces (ou géto-daces), thraces et peut-être thraco-celtes. Les Costoboques occupent à l’origine et au cours de l’époque romaine les deux versants des Carpates du Nord, ainsi que la zone située entre les Carpates et le Dniestr. Ils peuvent être très largement assimilés à la culture de Lipitsa qui s’étend sur la Galicie et le nord de la Moldavie à partir du 1er siècle av. jc.

[15] La mer Égée est une mer intérieure du bassin méditerranéen, située entre l’Europe et la Grèce à l’ouest, et l’Asie et la Turquie à l’est. Elle s’étend de la côte thrace et du détroit des Dardanelles au nord jusqu’à la Crète au sud.

[16] L’Hispanie citérieure couvre la côte méditerranéenne des Pyrénées à Carthagène. L’administration de la province est installée à Tarragone. Avec l’extension des conquêtes romaines vers l’intérieur des terres, cette province devient la Tarraconaise, qui couvrira le territoire allant de la Méditerranée à la Galice et au nord de l’actuel Portugal.

[17] La province romaine de Bétique (Hispania Baetica) couvre le sud de l’Espagne, et correspond à peu près à l’actuelle Andalousie. Elle est issue de l’ancienne Hispanie ultérieure, et tire son nom du Baetis, nom latin du fleuve Guadalquivir.