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L’histoire pour le plaisir

Berhtwald

jeudi 19 novembre 2020, par ljallamion

Berhtwald (mort en 731)

9ème archevêque de Cantorbéry

Selon Bède le Vénérable, il est abbé de Glastonbury [1] avant d’être élu archevêque, et des éléments indiquent qu’il a également été abbé à Reculver [2]. Berhtwald inaugure la première série continue d’archevêques d’origine anglo-saxonne, bien que lui-même ne soit pas le premier archevêque autochtone.   Après son élection, Berhtwald se rend en Gaule pour y être consacré. Son archiépiscopat coïncide avec la fin de la longue période durant laquelle Wilfrid tente de récupérer son titre d’archevêque d’York [3], et Berhtwald préside deux conciles pour tenter de résoudre ce problème. Il est également le destinataire de la plus ancienne des “litterae clausae” d’Europe de l’Ouest connues.   Les origines de Berhtwald et sa jeunesse sont mal connues. Il est probablement né vers le milieu du 7ème siècle. Selon Bède, le roi du Wessex [4] Cenwalh nomme Berhtwald abbé de Glastonbury en 667, sur le conseil de son ami Benoît Biscop  ; il est le premier Anglo-Saxon à occuper ce poste. Bède mentionne également une donation de terres dans la région de Meare faite par le roi à Berhtwald 4 ans plus tard. Une charte datée de mai 679 indique qu’il devient abbé du monastère de Reculver, dans le Kent [5], avant cette date. Cette charte du roi Hlothhere est la plus ancienne charte anglo-saxonne connue.   Après la mort de Théodore de Tarse, le siège de Cantorbéry reste vacant pendant 2 ans, jusqu’à l’élection de Berhtwald, le 1er juillet 692. Cette longue vacance s’explique par les troubles traversés par le royaume de Kent durant cette période. 2 prétendants au trône s’opposent : Oswine et Wihtred, sans parler des incursions des souverains voisins sur le territoire du royaume, parmi lesquels Cædwalla de Wessex et Swæfheard .   Berhtwald est consacré le 29 juin 693 en Gaule par l’archevêque de Lyon [6] Godwin. Cette consécration sur le continent s’explique probablement par la crainte de Berhtwald que son élection ne soit pas unanimement approuvée en Angleterre. Après sa consécration, il se rend à Rome pour recevoir le soutien du pape Serge 1er, qui écrit à plusieurs rois et évêques anglo-saxons en faveur du nouvel archevêque. Berhtwald reçoit également de Serge le pallium [7].   Berhtwald partage l’opinion de son prédécesseur selon laquelle les archevêques de Cantorbéry sont les primats de toute l’île de Bretagne. Il fonde l’évêché de Sherborne [8] et consacre le premier évêque de Selsey [9], ainsi que l’évêque de Rochester [10] Tobias, entre autres.   C’est sous son épiscopat que le Sussex, dernier royaume païen d’Angleterre, se convertit au christianisme. Berhtwald collabore étroitement avec le roi Wihtred de Kent, dont le code de lois, promulgué en 695, exempte d’impôts l’Église. Ce code de lois aborde également d’autres éléments religieux, parmi lesquels le mariage, le respect du dimanche et les cultes païens.   L’épiscopat de Berhtwald est marqué par les tentatives de Wilfrid de reconquérir le siège d’York et d’annuler la division d’York en plusieurs petits diocèses, toutes choses auxquelles Berhtwald est opposé.   En 702, Berhtwald préside le concile d’Austerfield [11], que le biographe de Wilfrid décrit comme une réunion de ses ennemis pour lui arracher toutes ses distinctions et possessions ; il est plus probable que Berhtwald ait cherché un compromis avec les Northumbriens [12]. Finalement, le concile propose à Wilfrid de se retirer à Ripon [13] et d’abandonner ses prérogatives d’évêque. Wilfrid refuse et fait à nouveau appel au pape. 3 ans plus tard, un nouveau concile décrète que Wilfrid obtiendra le siège de Hexham [14] au lieu de celui d’York.   Berhtwald meurt le 13 janvier 731.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Berhtwald »

Notes

[1] L’abbaye de Glastonbury, située en Angleterre, dans le Somerset, prétend être la plus ancienne église au monde, datant l’établissement de la communauté de moines en 63, au moment de la visite légendaire de Joseph d’Arimathie, qui y aurait apporté le Saint-Graal et aurait planté l’aubépine de Glastonbury, arbrisseau fleurissant à Noël et en mai. L’église abbatiale est agrandie au cours du xe siècle par l’abbé de Glastonbury, saint Dunstan, figure centrale du renouveau de la vie monastique anglaise à cette époque, qui introduit la Règle bénédictine. Dunstan devient archevêque de Canterbury en 960. Il fait également bâtir de nouveaux cloîtres. En 967, le roi Edmond 1er d’Angleterre est inhumé à Glastonbury. Au début de la dissolution des monastères en 1536, il y a plus de 800 monastères et couvents en Angleterre. En 1541, il n’en reste plus aucun.

[2] Reculver est un village du Kent, en Angleterre. Il est situé sur la côte nord du comté, à environ 5 km à l’est de Herne Bay. Administrativement, il relève du district de la Cité de Canterbury. Reculver prospère au Moyen Âge, autour d’une abbaye fondée en 669, mais elle périclite au fur et à mesure que le Wantsum se bouche. L’érosion côtière cause également de nombreux dégâts, et le village est presque entièrement abandonné vers la fin du 18ème siècle.

[3] L’archevêque d’York est le troisième personnage de l’Église d’Angleterre, après le gouverneur suprême de l’Église d’Angleterre (c’est-à-dire le monarque) et l’archevêque de Cantorbéry (le primus inter pares de tous les primats anglicans).

[4] Le Wessex est l’un des royaumes fondés par les Anglo-Saxons en Angleterre durant le Haut Moyen Âge. Il s’étend sur une partie du sud-ouest de la Grande-Bretagne, entre la Domnonée à l’ouest, la Mercie au nord et les royaumes de Kent, de Sussex et d’Essex à l’est. Au IXe siècle, le Wessex est le dernier royaume anglo-saxon à résister aux invasions vikings.

[5] Le Kent est un royaume anglo-saxon fondé au 5ème siècle par les Jutes dans le sud-est de l’Angleterre. Il correspond approximativement au territoire occupé par le peuple celtique des Cantiaci avant la conquête romaine, et à l’actuel comté de Kent. C’est le premier royaume anglo-saxon converti au christianisme, et il atteint son apogée au début du 7ème siècle sous le roi Æthelberht.

[6] L’archidiocèse de Lyon est un des archidiocèses métropolitains de l’Église catholique en France. Les évêques de Lyon sont élevés au rang d’archevêques, à partir d’Agobard. Puis ils portent le titre de Primat des Gaules confirmé officiellement par Grégoire VII en 1079.

[7] Le pallium est un ornement liturgique catholique dont le port, sur la chasuble, est réservé au pape, aux primats, aux archevêques métropolitains et à quelques rares évêques, pendant la célébration de la messe. Il vient du latin pallium qui signifie manteau.

[8] Le diocèse de Sherborne est fondé vers 705 par Aldhelm. Il s’étend à l’origine sur tout le Sud-Ouest de l’Angleterre, correspondant aux comtés de Cornouailles, Devon, Somerset et Dorset. Les Cornouailles en sont détachées au 9ème siècle pour former un diocèse séparé. Après la mort de l’évêque Asser en 908 ou 909, il est divisé en 3 sièges correspondant aux trois comtés restants : Crediton pour le Devon, Wells pour le Somerset, et Sherborne ne conservant que le Devon. L’évêque Herman de Ramsbury devient également titulaire du siège de Sherborne en 1058. Il unifie les deux diocèses et déplace leur siège à Old Sarum en 1075, à la suite du concile de Londres.

[9] Le Sussex est le dernier royaume païen d’Angleterre, bien que son roi AEthelwealh se soit récemment converti à l’instigation de Wulfhere de Mercie. AEthelwealh offre des terres autour de Selsey à Wilfrid, qui y fonde un monastère et y joue le rôle d’un évêque, sans avoir été sacré. Wilfrid retourne en Northumbrie vers 685, et le Sussex est rattaché au diocèse de Winchester. L’évêché des Saxons du Sud est recréé entre 706 et 716 à partir du monastère fondé par Wilfrid. L’abbé Eadberht en devient le titulaire. Le siège épiscopal est déplacé à Chichester vers 1075, à la suite du concile de Londres, qui décrète que les évêchés doivent avoir pour siège des cités ou des grandes villes.

[10] L’évêque de Rochester est à la tête du diocèse anglican de Rochester, dans la province de Cantorbéry. Le diocèse couvre l’ouest du comté de Kent. Le siège épiscopal est dans la ville de Rochester, à la cathédrale fondée en 604. À la fin du 17ème siècle et pendant le 18ème siècle, il était courant que l’évêque de Rochester soit également nommé doyen de l’abbaye de Westminster.

[11] Le concile d’Austerfield est un synode organisé à Austerfield vers 702. Il est censé régler le cas de l’évêque Wilfrid. Ce dernier, ancien titulaire du siège d’York, s’est réfugié auprès du roi de Mercie AEthelred en raison de ses mauvaises relations avec le roi de Northumbrie Aldfrith. L’un des principaux points de contention entre les deux hommes repose dans la division du diocèse d’York (qui couvrait l’ensemble de la Northumbrie) décidée en 678 par l’archevêque Théodore de Cantorbéry. Wilfrid en appelle au pape Serge 1er, qui renvoie la décision à un concile de l’Église anglaise. Organisé par Aldfrith et présidé par l’archevêque Berhtwald, le concile se réunit à Austerfield, à la frontière sud du royaume de Northumbrie. Wilfrid plaide sa cause devant l’assemblée des évêques anglais, mais la majeure partie d’entre eux rejettent ses prétentions épiscopales sur toute la Northumbrie. Ils exigent son abdication pure et simple, ainsi que son retrait dans le monastère qu’il a fondé à Ripon. Certains réclament même qu’il leur abandonne toutes les terres qu’il possède, aussi bien en Mercie qu’en Northumbrie

[12] La Northumbrie est un royaume médiéval situé dans le nord de l’actuelle Angleterre et constituait l’un des principaux royaumes de l’Heptarchie. Sa notoriété est surtout liée à son rôle dans la propagation du christianisme nicéen dans l’île et à la constitution d’un centre culturel d’importance européenne avec l’archevêché d’York. Le nom de Northumbria désigne à l’origine les terres envahies par les Angles au 6ème siècle situées au nord de la rivière Humber. La Northumbrie en tant que royaume se constitue au début du 7ème siècle par l’union de deux autres entités Angles : celle de Bernicie (Bernicia) au nord et celle de Deirie (Deira) au sud.

[13] Ripon est une ville d’Angleterre, dans le Yorkshire du Nord, qui possède le statut de Cité (historiquement associé à la présence d’une cathédrale).

[14] L’abbaye de Hexham est un lieu de culte chrétien de la ville de Hexham, située au nord-est de l’Angleterre, dans le Northumberland. Cet édifice a beaucoup de points communs avec la cathédrale de Noyon, toutes deux étant de remarquables exemples de gothique primitif. Pendant la période normande, l’abbaye de Wilfrid est remplacée par un prieuré augustin. L’église actuelle date essentiellement de cette période (vers 1170-1250) avec un style architectural du début de la période anglaise. Le chœur, les transepts nord et sud et les cloîtres, où les chanoines étudiaient et méditaient, datent de cette période.