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Muhammad al-Jawâd al-Taqî dit Muhammad al-Jawad le généreux

mercredi 16 septembre 2020, par ljallamion

Muhammad al-Jawâd al-Taqî dit Muhammad al-Jawad le généreux (811-835)

Neuvième Imam chiite duodécimain et alaouite

Né à Médine [1]. Ses parents sont l’imam Alî ar-Ridhâ et Sa mère était Khaizaran, également connu sous le nom de Sabika, une femme de la famille de Maria al-Qibtiyya, elles étaient d’origine copte [2] Égyptienne.

Il n’avait que 8 ans à la mort de son père, et par conséquent on pouvait douter de son aptitude à assumer l’imamat. Il parvint cependant à tenir sa position avec l’aide du calife Al-Mamûn qui l’amena à Bagdad pour vivre auprès de lui. Enfin il épouse une sœur de Al-Mamûn, Umm al-Fadl.

D’après la tradition des chiites duodécimains [3], les imams étaient aptes à donner un avis sur tous les sujets de religion et de droit et leurs avis étaient toujours légalement corrects. Concernant la transmission des connaissances d’un imam à l’autre il y a cependant une difficulté. En particulier dans le cas de Muhammad al-Taqî qui devint imam encore enfant, le point important est la transmission miraculeuse du savoir au moment de la mort de l’imam précédent. Les commentateurs chiites expliquent cet extraordinaire savoir à un jeune âge en se référant au cas de Jésus dont le Coran précise qu’il débuta sa mission alors qu’il était encore enfant.

Au cours de son séjour à Bagdad, il eut la réputation d’avoir une bonne connaissance des sciences islamiques surtout si l’on considérait son jeune âge. On relate que Al-Taqî a démontré son expertise lors d’un débat public avec les principaux savants de Bagdad.

Après avoir passé 8 années à Bagdad, A-Taqî et son épouse sont partis pour Médine. Quelques années plus tard, après la mort de Al-Mamûn en 833 sa situation s’est détériorée avec le nouveau calife Al-Mu’tasim . Muhammad al-Taqî avait perdu son protecteur et ses relations avec le calife allèrent de mal en pis à cause de l’hostilité que Al-Muta’sim lui portait.

En 835, Al-Muta’sim ordonna à Muhammad al-Taqî de revenir séjourner à Bagdad où il espérait l’amener à adopter les mœurs prodigues de la cour.

Muhammad al-Taqî laissa son fils Alî al-Hâdî et sa mère à Médine et se rendit à Bagdad. Il y est resté plus d’un an, ne se laissant pas influencer comme Al-Mu’tasim l’espérait, au contraire il devint un savant reconnu dont on appréciait les débats.

Muhammad al-Taqî est mort soudainement le 27 novembre 835. On attribue souvent cette mort à un empoisonnement par son épouse Umm al-Fadl à l’instigation de Al-Mu’tasim. Il a été enterré à côté de son grand-père Mûsâ al-Kâzim dans le cimetière des Quraych [4] à Bagdad. Cette tombe est de nos jours contenue dans le mausolée de Al-Kadhimiya [5].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Muhammad al-Taqi »

Notes

[1] Médine est une ville d’Arabie saoudite, capitale de la province de Médine, située dans le Hedjaz. C’est là que vint s’installer en 622 à l’hégire le prophète de l’islam, Mahomet, après qu’il eut, selon le Coran, reçu l’ordre de Dieu de quitter La Mecque, ville distante de plus de 430 km. C’est aussi là qu’il mourut et fut enterré en 632. La ville abrite son tombeau dans la Masjid An Nabawi (mosquée du Prophète) ainsi que les premiers califes Abou Bakr et Omar, les autres personnes importantes de l’islam restant au cimetière Al-Baqi.

[2] Les coptes désignent un groupe ethnoreligieux indigène d’Afrique du Nord qui habite principalement le pays d’Égypte. Les coptes sont aujourd’hui les habitants chrétiens d’Égypte. La très grande majorité des coptes est membre de l’Église copte orthodoxe dirigée par un primat, mais il existe aussi depuis le 19ème siècle une Église catholique copte, ainsi qu’une Église évangélique copte. Sur le plan de la doctrine, l’Église copte orthodoxe est fidèle aux trois premiers conciles œcuméniques et est souvent rattachée à tort, comme les Églises arménienne, éthiopienne, et érythréenne à l’orthodoxie, peut-être parce qu’elles présentent une grande similitude de rite. Elle s’en distingue pourtant puisqu’elle se fonde sur les thèses miaphysites condamnées par le concile de Chalcédoine. Les coptes, comme tous les Égyptiens à l’exception des Nubiens, parlent arabe et la messe se dit dans cette langue mais aussi en copte parfois ; les prières du Credo et le Notre Père se disent encore en copte, ainsi que la liturgie

[3] Le chiisme duodécimain désigne le groupe des chiites qui croient dans l’existence des douze imams. 90 % des chiites sont duodécimains et ils sont majoritaires parmi les écoles de la pensée chiite. Ils sont majoritaires en Azerbaïdjan, à Bahreïn, en Iran, en Irak, et constituent la communauté musulmane majoritaire au Liban.

[4] Quraych est la tribu au sein de laquelle naquit Mahomet. Elle tire son nom du surnom d’un ancêtre commun à ses membres, appelé Fihr ibn Malik et surnommé Quraysh. À l’époque de la naissance de Mahomet, la tribu de Quraych contrôlait la Mecque et la Kaaba, qui était alors un sanctuaire païen majeur, un lieu de pèlerinage préislamique et une importante foire commerciale. Les Qoreychites sont les membres de cette tribu et leurs descendants. Ils sont divisés en différentes « branches » (ou « clans »).

[5] Le Sanctuaire Al-Kadhimiya est un mausolée situé à Bagdad. Musa al-Kazim et Muhammad al-Jawad, respectivement le 7e et le 9e imam, chez les duodécimains chiites, y sont enterrés. Cheikh Al-Moufid et Nasir ad-Din at-Tusi y sont également enterrés. Il est un lieu de pèlerinage important pour les chiites.