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Jean-Antoine de Mesmes

dimanche 19 juillet 2020, par ljallamion

Jean-Antoine de Mesmes (1661-1723)

Magistrat français-Comte d’Avaux

Fils de Jean-Jacques de Mesmes , lui aussi magistrat, il est élu membre de l’Académie française [1] en 1710 et devient premier président du Parlement de Paris [2] en 1712.

Il est un des habitués des salons littéraires et des fêtes des Grandes Nuits de Sceaux [3] dans le cercle des Chevaliers de la Mouche à Miel [4] que donne la duchesse du Maine en son Château de Sceaux [5].

Il est maître des requêtes [6], conseiller d’Etat [7] ordinaire, Président à mortier [8] du Parlement de Paris. Il fait réaménager en 1704 par Pierre Bullet et Germain Boffrand son hôtel dans la rue Sainte-Avoye [9]

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu du texte de histoire de Jean-Antoine de Mesmes Membre de l’Académie française/ Fauteuil 22 / les immortels/ Jean-Antoine de Mesmes

Notes

[1] L’Académie française, fondée en 1634 et officialisée le 29 janvier 1635, sous le règne de Louis XIII par le cardinal de Richelieu, est une institution française dont la fonction est de normaliser et de perfectionner la langue française. Elle se compose de quarante membres élus par leurs pairs. Intégrée à l’Institut de France lors de la création de celui-ci le 25 octobre 1795, elle est la première de ses cinq académies. La mission qui lui est assignée dès l’origine, et qui sera précisée le 29 janvier 1635 par lettres patentes de Louis XIII, est de fixer la langue française, de lui donner des règles, de la rendre pure et compréhensible par tous, donc d’uniformiser cette dernière. Elle doit dans cet esprit commencer par composer un dictionnaire : la première édition du Dictionnaire de l’Académie française est publiée en 1694 et la neuvième est en cours d’élaboration. L’Académie française rassemble des personnalités marquantes de la vie culturelle : poètes, romanciers, dramaturges, critiques littéraires, philosophes, historiens et des scientifiques qui ont illustré la langue française, et, par tradition, des militaires de haut rang, des hommes d’État et des dignitaires religieux.

[2] Le parlement de Paris est une institution française de l’Ancien Régime. Il fait partie des cours souveraines, rebaptisées cours supérieures à partir de 1661 (début du règne personnel de Louis XIV). Issu de la Curia regis médiévale, le parlement apparaît au milieu du xiiie siècle et prend progressivement son autonomie pour juger le contentieux sous forme d’un organe spécialisé aux sessions régulières, la curia in parlamento, que saint Louis établit dans l’île de la Cité, à côté du palais de la Cité, et qui reçoit sa première réglementation générale avec une ordonnance de Philippe III le Hardi en 1278. À partir du 15ème siècle, treize autres parlements furent érigés à partir d’institutions locales parfois beaucoup plus prestigieuses, comme l’échiquier de Normandie, ou beaucoup plus anciennes, comme les États de Provence, ou mêmes créés ex nihilo ; néanmoins, celui de Paris, cour de justice du Roi, ultime suzerain, et donc d’ultime recours, devint ainsi prééminent. On le mentionnait souvent simplement comme « le Parlement ».

[3] Les Grandes Nuits de Sceaux ensemble de fêtes et divertissements donnés par Louise Bénédicte de Bourbon (1676-1753) en son château de Sceaux entre 1705 et 1753.

[4] L’ordre de la Mouche à miel est un ordre de chevalerie créé en 1703 par Louise-Bénédicte de Bourbon, duchesse du Maine pour attacher à sa personne la cour qu’elle avait rassemblée au château de Sceaux.

[5] Au début du 17ème siècle, les Potier de Gesvres, seigneurs de Sceaux depuis 1597, font construire un château de style Henri IV ou Louis XIII. C’est une famille de bourgeois qui finiront par devenir ducs : ducs de Tresmes et ensuite ducs de Gesvres. Sceaux est érigée en châtellenie en 1612 et en baronnie en 1619-1624 pour le fils cadet de Louis, Antoine Potier de Sceaux, greffier des ordres du Roi. En 1670, Jean-Baptiste Colbert, contrôleur général des finances de Louis XIV, qui souhaite disposer d’un domaine près de Paris et non loin de Versailles, pour y établir sa maison de campagne, achète la terre de Sceaux aux trois héritiers de René Potier, marquis de Gesvres, duc de Tresmes.

[6] Les maîtres des requêtes ordinaires de l’hôtel du Roi étaient, depuis le Moyen Âge, des officiers propriétaires d’une charge extrêmement prestigieuse et devenue, sous Louis XIV, particulièrement coûteuse. Pour pouvoir devenir maître des requêtes, il fallait avoir exercé pendant six ans dans une cour supérieure (Parlement, Chambre des comptes) ; les enfants des magistrats de ces cours bénéficiaient d’une durée réduite de trois ans seulement. À l’origine, les maîtres des requêtes tenaient le tribunal des Requêtes de l’Hôtel. De cette fonction primitive subsiste, au 18ème siècle, l’usage selon lequel deux d’entre eux, les dimanches et jours de fête, accompagnaient le Roi à la messe et se tenaient près de son prie-Dieu puis le reconduisaient à son cabinet, pour recevoir sur le chemin les placets et les suppliques.

[7] Les conseillers d’État étaient parmi les plus hauts dignitaires de la monarchie française. Au nombre de trente, trois d’Église, trois d’épée et vingt-quatre de robe ils étaient 42 en 1789 : 25 conseillers ordinaires, 16 qui exerçaient par semestres et le doyen des doyens des maîtres des requêtes. L’étiquette leur attribuait de très grands honneurs : ils étaient juste en dessous des princes du sang, des cardinaux et des ducs et pairs. La rémunération était modeste mais pouvait être majorée des pensions ou des vacations en raison de l’assistance à des commissions de finances. Ils étaient des commissaires, nommés par le Roi par lettres patentes, dans une charge de dignité qui anoblissait immédiatement son titulaire s’il n’était déjà noble avant d’y être nommé.

[8] Sous l’Ancien Régime français, les présidents à mortier sont, au sein des parlements, des présidents de chambre. Chaque parlement était présidé par un « premier président » nommé par le roi et était divisé en plusieurs chambres (chambre civile, chambre pénale, chambre commerciale, chambre du commerce maritime, etc.). La plus prestigieuse de ces chambres est appelée la « Grand’Chambre ». Le président qui la préside est le Président à mortier, du nom du « mortier » (une toque de velours noir bordée d’or).

[9] actuellement 62 rue du Temple et passage Sainte-Avoie.