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Pélopidas

jeudi 25 juin 2020, par ljallamion

Pélopidas (vers 420 av. jc-364 av. jc)

Stratège thébain

Né dans une famille de la noblesse, il devient pourtant le chef du parti populaire et son nom est associé à celui d’Épaminondas qui fut son ami fidèle jusqu’à sa mort. Durant la guerre de Corinthe [1], Pélopidas, qui était tombé à terre au combat, dut la vie à Épaminondas qui se présenta alors à l’ennemi. Cette amitié devait durer à jamais.

En 382, Pélopidas est chassé de Thèbes [2] après la prise de la Cadmée [3] par Phébidas avec l’aide des Spartiates [4]. Il s’enfuit à Athènes pendant 3 ans tandis que Thèbes est gouvernée par Archias et Léontidas.

Mais en 379, avec la complicité de certains démocrates restés à Thèbes, il renverse le gouvernement pro-spartiate, tue Archias et Léontidas et rétablit la démocratie. Épaminondas l’aide alors à attaquer la Cadmée occupée par l’ennemi. Il est alors nommé béotarque [5] et lutte sans relâche contre Sparte qui envahit la Béotie [6].

Bien qu’inférieurs en nombre, les Thébains, conduits par Pélopidas et Épaminondas, sont vainqueurs à Platées [7], Thespies [8], Tanagra [9] et surtout à Tégyres [10] en 375 lors d’une vaine tentative spartiate pour prendre Orchomène [11]. La bataille décisive est remportée, avec l’aide du Bataillon sacré [12], reformé et commandé par Pélopidas, ainsi que celle d’Épaminondas, à Leuctres [13] en 371. Ce désastre spartiate entraîne une courte période d’hégémonie de Thèbes sur la Grèce centrale de 371 à 362.

Pélopidas pénètre alors en Laconie [14] en 370 et s’empare d’Argos [15] et d’Élis [16]. Il échoue cependant dans sa tentative contre la ville même de Sparte. Il bat les Athéniens en remontant vers Thèbes. Traduit en justice sous un prétexte futile, il est acquitté en même temps que son ami Épaminondas. Thèbes entre en lutte contre Alexandre de Phères , tyran [17] de la Thessalie [18] et Pélopidas est envoyé en tant qu’émissaire pour se concilier cette puissance. C’est à l’occasion de cette ambassade qu’il est fait prisonnier en 367 av. jc. Il restera plus d’un an en captivité, et ne devra la liberté qu’au courage et au génie militaire de son ami éternel Épaminondas. Ce dernier commande en effet l’expédition de secours qui est dépêchée en 366.

Libéré, il dirige une ambassade envoyée auprès du roi des Perses, Artaxerxès II en 366, puis conduit une nouvelle expédition contre Alexandre de Phères. Désireux de se venger de l’affront qu’il a subi contre les lois de la diplomatie, il commande une expédition pour punir Alexandre de Phères. Les deux armées s’affrontent à Cynoscéphales [19] en 364. Courageux, Pélopidas vient défier en personne au milieu de la bataille le chef thessalien. Malheureusement, il est tué au cours du combat ; mais la bataille est quand même remportée par Thèbes. Si la trahison dont il a été victime en Thessalie a jeté sur lui certaines critiques, sa mort les armes à la main et dans le désir de laver son honneur lui valurent d’être traité par les auteurs antiques comme un exemple de vertu.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Pélopidas/ Portail de la Grèce antique/ Catégories : Thèbes (Grèce)Personnalité de la Grèce antique

Notes

[1] La guerre de Corinthe fut un ancien conflit grec qui dura de 395 av. jc à 387 av. jc, opposant Sparte à une coalition de quatre États alliés, Thèbes, Athènes, Corinthe et Argos, initialement soutenus par la Perse. La cause immédiate de la guerre fut un conflit local dans le nord-ouest de la Grèce, dans lequel Thèbes et Sparte sont intervenus.

[2] Thèbes est une ville grecque de Béotie, siège d’un dème. Elle fut dans l’antiquité l’une des principales cités de Grèce, et était liée à de très nombreux mythes antiques.

[3] La Cadmée est la citadelle de la cité grecque de Thèbes, l’acropole thébaine. Son fondateur légendaire est Cadmos, fils d’Agénor (roi de Tyr en Phénicie), parti en vain à la recherche de sa sœur Europe enlevée par Zeus sous la forme d’un Taureau. En 382 av. jc, le Spartiate Phoibidas, dans le cadre des opérations lacédémoniennes en Chalcidique, se détourne de sa route et prend d’assaut la Cadmée, avec la complicité de Léontiadès, chef de la faction laconophile de Thèbes. Sparte installe une garnison dans la cité, dont le gouvernement est assumé par une oligarchie composée de Léontiadès et de ses amis. Après la défaite de Chéronée en 338 av.jc face à Philippe II de Macédoine, cette citadelle sera occupée par une garnison macédonienne.

[4] Sparte était une ville-état de premier plan dans la Grèce antique . Dans l’Antiquité, la ville-état était connue sous le nom de Lacedaemon, tandis que le nom de Sparte désignait son établissement principal sur les rives de la rivière Eurotas en Laconie, dans le sud-est du Péloponnèse. Vers 650 av. jc, elle est devenu la puissance terrestre militaire dominante dans la Grèce antique. Compte tenu de sa prééminence militaire, Sparte fut reconnu comme le chef de file des forces grecques combinées pendant les guerres gréco-perses. Entre 431 et 404 av. jc, Sparte fut le principal ennemi d’ Athènes pendant la guerre du Péloponnèse

[5] Un béotarque est un magistrat de la Confédération béotienne. Les béotarques, théoriquement élus chacun par un district de la Confédération pour un an, forment un collège exerçant le pouvoir exécutif et assumant le commandement de l’armée fédérale. Leur nombre a varié au cours de l’histoire, passant de 11 à 7. Ils représentent également la Béotie dans les relations entre cités, reçoivent et envoient des ambassadeurs. Au 4ème siècle, la confédération est dissoute après la guerre de Corinthe en 394, puis une nouvelle fois en 382 (prise de la Cadmée). Elle est reformée 3 ans plus tard après la libération de Thèbes en 379.

[6] La Béotie est une région de Grèce centrale. Elle est bordée par l’Attique au sud-est, par le golfe d’Eubée à l’est, par la Phthiotide au nord, par la Phocide à l’ouest et par le golfe de Corinthe au sud. La capitale moderne est Livadiá, mot qui signifie prairie, pâturage, une réalité économique emblématique de la région. La capitale antique était Thèbes (actuelle Thiva).

[7] Platées ou Platée est une cité de Béotie sur le versant nord du Cithéron, au sud-ouest de Thèbes, qui a joué un rôle important lors des guerres médiques. Au 6ème siècle av. jc, Platées est l’une des cités béotiennes qui préfèrent l’alliance avec Athènes à la domination de Thèbes au sein de la première confédération béotienne. Près d’un millier de ses citoyens participent à la bataille de Marathon aux côtés d’Athènes en 490 av. jc. En 479 av. jc les Grecs dirigés par le Lacédémonien Pausanias et par l’Athénien Aristide battent complètement le général perse Mardonios lors de la dernière grande bataille terrestre des guerres médiques, la bataille de Platées. Tout au long du 5ème siècle av. jc, les Platéens défendent avec acharnement leur indépendance contre la volonté hégémonique de Thèbes alliée de Sparte. Au cours de la guerre du Péloponnèse, ils soutiennent un siège héroïque de 3 ans entre 429 et 427 av. jc, et ne se rendent que contraints par la famine. Sparte fait raser la ville et de nombreux Platéens se réfugient à Athènes où ils reçoivent le droit de cité. La paix d’Antalcidas en 386 av. jc les autorise, du moins leurs descendants, à rebâtir leur cité mais celle-ci est de nouveau détruite par Thèbes en 373 av. jc et ses habitants connaissent un nouvel exil à Athènes.

[8] Thespies était une cité grecque de Béotie située entre Thèbes et le mont Hélicon. Un festival littéraire s’y tenait tous les 4 ans. Elle était également renommée pour le culte rendu à Éros.

[9] Tanagra est une ancienne cité grecque de Béotie, située non loin de Platées, à 20 km de Thèbes, près de la frontière avec l’Attique. Elle est rasée par sa voisine Thèbes dans les années 370-360, puis reconstruite.

[10] Tégyres est le nom d’une bourgade de Béotie orientale, située à environ cinq kilomètres au nord du lac Copaïs, à l’emplacement de l’actuelle Pyrgos (Béotie), près d’Orchomène. Elle est célèbre à cause de la bataille remportée en 375 av. jc par les Thébains sur les Spartiates.

[11] Orchomène de Béotie, à bien distinguer d’Orchomène d’Arcadie, est une ancienne cité grecque de Béotie, sur le fleuve Céphise, au nord de la plaine du lac Copaïs où le fleuve débouchait.

[12] Le Bataillon sacré était un corps d’élite, peut-être mythique, de l’armée thébaine, dans la Grèce antique. Il est parfois appelé légion thébaine, bien que cette expression désigne plus couramment une légion mentionnée par le martyrologe chrétien

[13] La bataille de Leuctres (un lieu-dit de Béotie, situé au sud-ouest de Thèbes, non loin de Thespies) a lieu le 6 juillet 371 av. jc, et voit la victoire des Thébains, conduits par le béotarque Épaminondas, qui infligent une sévère défaite aux Spartiates du roi Cléombrote II.

[14] La Laconie est une région historique de Grèce, située à l’extrême sud-est de la péninsule du Péloponnèse. De nos jours, la Laconie est un district régional de la périphérie de la Péloponnèse, entre la Messénie et l’Arcadie, dont la capitale est Sparte. C’est une longue vallée, entourée par des montagnes (Taygète, Parnon) sur trois de ses côtés, et débouchant sur la mer (golfe de Laconie) par le dernier.

[15] Argos est une ville d’Argolide dans le Péloponnèse, située près de Nauplie. Située au pied de deux acropoles remontant à l’antiquité Argos fut définitivement éclipsée par Sparte à partir du 6ème siècle av. jc. Elle ne participa pas aux guerres médiques. La rivalité avec Sparte explique qu’Argos ait adopté systématiquement un parti anti-laconien pendant la guerre du Péloponnèse, soit en restant neutre, soit en s’alliant à Athènes. La bataille de Mantinée, en 418 av. jc, finit par convaincre Argos de s’allier avec Sparte. Elle rompit cependant son traité au début de la guerre de Corinthe, en 395 av. jc. Pyrrhus s’attaqua à Argos en 272 avant notre ère, au cours de sa guerre contre le Macédonien Antigone II Gonatas. Il y fut tué, en recevant une tuile lancée depuis un toit par une vieille femme.

[16] Élis était une cité grecque située au nord-ouest du Péloponnèse, à l’ouest de l’Arcadie. Elle était la capitale de l’Élide. La ville d’Olympie dépendant de son territoire, Élis avait la charge d’organiser les Jeux olympiques antiques.

[17] Dans la Grèce antique, un tyran était un homme qui disposait d’un pouvoir assuré par la force ; ce pouvait être un ancien magistrat, parfois même un esclave, arrivé au pouvoir après un coup d’État, par ruse plus que par violence. Les tyrans ne prirent jamais officiellement le titre de tyran, et il n’y eut pas de titre général et officiel pour les désigner, c’est pourquoi on leur donne le nom dont leurs ennemis les stigmatisaient.

[18] La Thessalie est une région historique et une périphérie du nord-est de la Grèce, au sud de la Macédoine. Durant l’antiquité cette région a, pour beaucoup de peuples, une importance stratégique, car elle est située sur la route de la Macédoine et de l’Hellespont. Elle possédait un important port à Pagases. Le blé et le bétail sont les principales richesses de la région et une ressource commerciale vitale. La Thessalie est aussi l’une des rares régions de Grèce où l’on peut pratiquer l’élevage des chevaux, d’où l’importante cavalerie dont disposaient les Thessaliens.

[19] La bataille de Cynoscéphales eut lieu en Thessalie en 364 av. jc. Elle s’inscrit dans la lutte de Thèbes contre les tyrans de Phères. Elle se solde par la victoire des forces menées par Pélopidas sur Alexandre de Phères. Pélopidas meurt dans la bataille mais sa mort est vengée l’année suivante par Épaminondas.