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Abū ʾAyyūb Sulaymān ibn ʿAbd Al-Malik dit Sulaymān (calife omeyyade)

jeudi 26 décembre 2019, par ljallamion

Abū ʾAyyūb Sulaymān ibn ʿAbd Al-Malik dit Sulaymān (calife omeyyade) (vers 674-717)

Septième calife

Dinar d'or frappé sous Sulayman à Damas (716/717)Il succède à son frère aîné Al-Walīd 1er en 715, puis est remplacé par son cousin Umar II en 717, après un règne de 2 ans et 5 mois.

Sous le règne de son frère Al-Walīd 1er, Sulaymān est gouverneur de Palestine [1]. Yazīd ibn Al-Muhallab, un partisan poursuivi par Al-Hajjaj ben Yusef, fuit vers la Palestine et y trouve refuge, protégé par Sulaymān. Al-Hajjaj ben Yusef en informe Al-Walīd 1er, qui demande à son frère de remettre Yazīd, avant de se rétracter et d’accepter le droit d’asile demandé par Sulaymān.

Peu avant sa mort, Al-Walīd 1er tente de désigner son fils Abd Al-Azīz comme successeur à la place de son frère Sulaymān. Sulaymān refuse de se retirer, alors Al-Walīd 1er demande aux gouverneurs de faire allégeance à son fils. Tous refusent sauf les deux fidèles Al-Hajjaj ben Yusef et Qutayba ben Muslim . Al-Hajjaj ben Yusef meurt peu après.

Al-Walīd 1er veut négocier avec Sulaymān, qui se dérobe. Il décide d’aller à sa rencontre, mais en chemin, il tombe malade et meurt. Le 23 février 715, jour même de sa mort, on prête serment à Sulaymān.

Sulaymān, nouveau calife, nomme Yazīd ibn Al-Muhallab gouverneur d’Irak et Ṣāliḥ ibn ʿAbd Ar-Raḥmān administrateur financier du même pays. Ṣāliḥ reçoit également comme consignes l’arrestation et l’exécution de la famille d’Al-Hajjaj ben Yusef, qui avait refusé que Sulaymān succède à son frère.

Qutayba ibn Muslim, qui était, tout comme Al-Hajjaj ben Yusef, contre le fait que Sulaymān succède à son frère Al-Walīd 1er, craint surtout de se voir retirer la charge de gouverneur du Khorassan [2]. Il envoie une délégation chez le calife, avec des lettres confirmant sa loyauté, et lui demande de ne pas le remplacer par Yazīd ibn Al-Muhallab. Sulaymān reconduit Qutayba dans son poste de gouverneur du Khorassan, mais Qutayba se prépare déjà à s’opposer au calife. Cependant, ses troupes ne le suivent pas dans sa révolte, le tuent et envoient sa tête à Sulaymān. Ce dernier nomme finalement Yazīd gouverneur du Khorassan, le soulageant de la rigueur financière imposée par Ṣāliḥ ibn Abd Ar-Raḥmān en Irak.

Sulaymān, une fois calife, préfère rester en Palestine, à Ramla [3], plutôt que de rentrer à Damas. Yazīd, le gouverneur du Khorassan, continue d’étendre les frontières du Califat omeyyade [4] dans les régions montagneuses du plateau iranien, notamment l’Elbourz [5], avec plus ou moins de succès, mais il se fait des ennemis à cause de ses nombreuses extorsions et ses dépenses jugées excessives.

En 717, Sulaymān envoie son frère Maslama ibn Abd Al-Malik assiéger Constantinople [6]. Ce siège sera un échec, la famine rongeant aussi bien les assiégeants que les assiégés.

En 716 ou 717, Sulaymān désigne son fils Ayyūb comme successeur, mais ce dernier meurt la même année. Il envisage alors de nommer un autre fils, parti assiéger Constantinople aux côtés de Maslama, mais ses conseillers lui rappellent qu’il n’est pas certain qu’il soit encore en vie, et que ses autres fils sont trop jeunes pour gouverner. Sulaymān décide alors de désigner à sa succession son cousin Umar ibn Abd Al-Azīz.

Il décide ensuite de partir avec des renforts pour Constantinople, mais meurt en route, à Dābiq, le 22 septembre ou le 1er octobre 717.

Sulaymān fait construire des puits à La Mecque pour les pèlerins, et organise leur pèlerinage. Il est également connu pour être un orateur hors pair.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Sulaymān (calife omeyyade)/ Portail du monde arabo-musulman/ Catégories : Calife omeyyade

Notes

[1] Le nom Palestine désigne la région historique et géographique du Proche-Orient située entre la mer Méditerranée et le désert à l’est du Jourdain et au nord du Sinaï. Si le terme « Palestine » est attesté depuis le 5ème siècle av. jc par Hérodote, il est officiellement donné à la région par l’empereur Hadrien au 2ème siècle, désireux de punir les Juifs de leur révolte en 132-135. Elle est centrée sur les régions de la Galilée, de la Samarie et de la Judée. Ses limites sont au nord la Phénicie et le mont Liban et au sud la Philistie et l’Idumée. À l’époque des croisades, le Pérée au nord-est de la mer Morte, la Batanée et la Décapole au-delà du Jourdain y étaient attachés. La Palestine peut désigner le territoire situé uniquement à l’ouest du Jourdain. Historiquement, elle correspond à Canaan, à la Terre d’Israël et fait partie de la région de Syrie (Syrie-Palestine). Les Arabes, qui ont conquis la Palestine sur les Byzantins dans les années 630, divisent la province d’al-Sham en cinq districts (jund), dont l’un garde le nom de « Palestine » et s’étend du Sinaï jusqu’à Akko (connue par les Chrétiens sous le nom de Saint-Jean-d’Acre) ; son chef-lieu est d’abord Ludd (Lod) puis, dès 717, ar-Ramlah (Ramla) et plus tard Jérusalem. Les autres villes les plus importantes sont Rafah, Gaza, Jaffa, Césarée, Naplouse et Jéricho. Ce district de « Palestine » était bordé au nord et à l’est par celui de « Jordanie », al-Urdunn, qui avait pour capitale Tibériade et incluait Akko et Tyr. Les frontières entre ces deux districts ont plusieurs fois varié au cours de l’histoire. À partir du 10ème siècle, cette division a commencé à tomber en désuétude, pour faire place finalement au royaume chrétien de Jérusalem. Sous le gouvernement des Croisés, est fondé en 1099, le royaume latin de Jérusalem ; Jérusalem redevient capitale d’un État. Après la défaite et le départ des Croisés, aux 12ème et 13ème siècles, les jund (districts) arabo-musulmans sont réintroduits, mais leurs frontières sont sans cesse redéfinies.

[2] Le Khorassan est une région située dans le nord-est de l’Iran. Le nom vient du persan et signifie « d’où vient le soleil ». Il a été donné à la partie orientale de l’empire sassanide. Le Khorassan est également considéré comme le nom médiéval de l’Afghanistan par les Afghans. En effet, le territoire appelé ainsi englobait en réalité l’Afghanistan actuel, le sud du Turkménistan, de l’Ouzbékistan et du Tadjikistan, ainsi que le nord-est de l’Iran. Dans sa longue histoire le Khorassan a connu de nombreux conquérants : Grecs, Arabes, Turcs, Mongols, etc.

[3] Ramla, est une ville israélienne et la capitale administrative du district centre. Ramleh est fondée en 716 par le calife omeyyade Sulayman. C’est la seule ville de Palestine construite de toutes pièces par les Arabes. Elle sert de capitale administrative pour la région sous les omeyyades et les abbasides. Grâce à sa situation au croisement des routes entre Jérusalem et Jaffa, et entre l’Égypte et Damas, la ville est prospère jusqu’à l’époque des Croisades.

[4] Les Omeyyades, ou Umayyades sont une dynastie arabe de califes qui gouvernent le monde musulman de 661 à 750. Ils tiennent leur nom de leur ancêtre Umayya ibn Abd Shams, grand-oncle de Mahomet. Ils sont originaires de la tribu de Quraych, qui domine La Mecque au temps de Mahomet. À la suite de la guerre civile ayant opposé principalement Muʿāwiyah ibn ʾAbī Sufyān, gouverneur de Syrie, au calife ʿAlī ibn ʾAbī Ṭalib, et après l’assassinat de ce dernier, Muʿāwiyah fonde le Califat omeyyade en prenant Damas comme capitale, faisant de la Syrie la base d’un Califat qui fait suite au Califat bien guidé et qui devient, au fil des conquêtes, le plus grand État musulman de l’Histoire.

[5] L’Elbourz, est une chaîne de montagnes au nord de l’Iran, s’étendant des frontières de l’Arménie au nord-ouest, à la mer Caspienne au nord, jusqu’à l’est aux frontières du Turkménistan et de l’Afghanistan. C’est au sud de la chaîne qu’est situé le plus haut sommet d’Iran, le mont Damavand (5 671 m) et la ville de Téhéran, située en moyenne à 1 300 mètres d’altitude (le centre est à 1 200 mètres). La chaîne de l’Elbourz forme une barrière entre le sud de la Caspienne et le plateau de Qazvin-Téhéran.

[6] Constantinople est l’appellation ancienne et historique de l’actuelle ville d’Istanbul en Turquie (du 11 mai 330 au 28 mars 1930).