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Umar ben Abd al-Aziz dit Umar II ou Omar II

dimanche 11 février 2018 (Date de rédaction antérieure : 2 octobre 2011).

Umar ben Abd al-Aziz dit Umar II ou Omar II (682-720)

Huitième calife omeyyade

Né à Médine [1] ou il y vécut jusqu’à la mort de son père. Ensuite il fut appelé à Damas par Abd Al-Malik et marié à sa fille Fatima.

Il fut nommé gouverneur de Médine par Al-Walid. Rompant avec l’usage de ses prédécesseurs, créa un conseil pour gouverner la province. À cette période les réclamations auprès du calife cessèrent et de nombreux émigrés venaient de l’Irak pour échapper aux brutalités d’ Al-Hajjaj . Ce dernier incita Al-Walid à révoquer Umar de son poste de gouverneur. Umar fut révoqué mais sa bonne réputation se répandit dans l’empire.

Umar continua à vivre à Médine. Sulayman peu avant sa mort désigna par testament Umar comme successeur, au prétexte que ses enfants étaient trop jeunes pour remplir cette tâche.

Il succéda à son cousin Sulayman en 717. Fils de Abd al-Aziz gouverneur de l’Égypte, auquel son frère aîné le calife Abd al-Malik avait, dans un premier temps, promis la succession avant de désigner son fils aîné Al-Walid 1er. Le second fils d’Abd al-Malik, Sulayman, succéda à son frère. Il vint interrompre cette succession entre frères pour un temps assez court, puisque 3 ans plus tard c’est un 3ème fils de Abd al-Malik, Yazîd II qui lui succéda.

En 717, Sulayman avait envoyé Maslama ben Abd al-Malik à la conquête de Constantinople. Le siège tourna mal pour les Arabes. Dès sa prise de pouvoir il donna l’ordre à Maslama de lever le siège de Constantinople et de revenir en Syrie avec tous ses hommes. il fit envoyer des provisions à ces troupes. Dès son arrivée à Damas, Maslama se rendit à la cour de Umar, mais le calife refusa de le recevoir.

Nommé gouverneur du Khorasan [2] par Sulayman ben Abd al-Malik, Yazîd ben al-Muhallab avait fait l’objet de plaintes mais Sulayman n’eut pas le temps d’intervenir. Umar envoya une lettre à Yazîd ben Muhallab lui demandant de faire allégeance, de remettre le gouvernement du Khorasan à un de ses lieutenants et de venir à Damas. Yazid remit son gouvernement à son fils Mukhallad. Il prit le bateau à Wasit [3] jusqu’à Bassora [4]. Il fut mis en état d’arrestation et amené devant Umar. Celui-ci réclama le butin qu’avait pris Yazid pendant ses campagnes dans le Gorgan [5]. Il nomma Al-Jarrah al-Hakami gouverneur du Khorasan en 718. Mukhallad ayant appris l’arrestation de son père se rendit auprès d’Umar. Quelques jours après cette entrevue Mukhallad tomba malade et mourut. Yazîd ben Muhallab resta en prison jusqu’en 720 quand il parvint à s’échapper. Il destitua aussi d’autres gouverneurs abusifs.

En 719, Muhammad ben Alî ben Abd Allah ben Abbâs père de celui qui devint plus tard le premier calife abbasside As-Saffâh , commença à poser les premiers jalons du réseau qui parviendra à renverser les Omeyyades [6].

À Damas Al-Walid avait eu la réputation d’un bâtisseur et d’un esthète, Sulayman eut celle d’un amateur du harem et du plaisir, et son successeur Umar celle d’un homme religieux méprisant le luxe. Il quitta les palais pour vivre dans une maison, vêtu si simplement que certains le prenaient pour un domestique. Il redistribua les terres confisquées par les Omeyyades. Il n’acceptait les cadeaux que rarement et au contraire il imposa à son épouse de donner ses bijoux au trésor public. Il voulut faire appliquer plus rigoureusement la charia [7]. Il fut sur le point de faire détruire les mosaïques de la grande mosquée de Damas parce que représentant des paysages. Apprenant que ces mosaïques rendaient envieux les byzantins, il y renonça. Il prit un édit interdisant de maudire Ali à la fin des prières du vendredi et de réciter un verset du Coran à la place. Cela le rendit impopulaire à la cour des omeyyades mais le soutien du peuple fit que personne ne manifesta ouvertement son opposition. Il fit fermer les débits de boissons et les bains où les femmes se mêlaient aux hommes.

Il supprima la capitation sur les nouveaux convertis que l’on percevait comme s’ils étaient encore des dhimmis [8]. Il destitua Al-Jarrah al-Hakami un an et demi après l’avoir nommé gouverneur du Khorasan parce qu’il percevait indûment cette taxe. Il est mort le 7 février 720 à Alep [9].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Umar II/ Portail du monde arabo-musulman/ Catégories : Calife omeyyade

Notes

[1] Médine est une ville d’Arabie saoudite, capitale de la province de Médine, située dans le Hedjaz. C’est là que vint s’installer en 622 à l’hégire le prophète de l’islam, Mahomet, après qu’il eut, selon le Coran, reçu l’ordre de Dieu de quitter La Mecque, ville distante de plus de 430 km. C’est aussi là qu’il mourut et fut enterré en 632. La ville abrite son tombeau dans la Masjid An Nabawi (mosquée du Prophète) ainsi que les premiers califes Abou Bakr et Omar, les autres personnes importantes de l’islam restant au cimetière Al-Baqi.

[2] Le Khorassan est une région située dans le nord-est de l’Iran. Il a été donné à la partie orientale de l’empire sassanide. Le Khorassan est également considéré comme le nom médiéval de l’Afghanistan par les Afghans. En effet, le territoire appelé ainsi englobait en réalité l’Afghanistan actuel, le sud du Turkménistan, de l’Ouzbékistan et du Tadjikistan, ainsi que le nord-est de l’Iran.

[3] Wasit est le nom d’un site archéologique d’Irak. Elle a été nommée ainsi par son fondateur car elle est à mi-chemin de Bassora et Bagdad sur la rive gauche du Tigre. La ville de Wâsit a été fondée par Al-Hajjaj ben Yusef en 702 pour être sa résidence lui permettant de contrôler la frontière avec la Perse. Elle était destinée à être un centre administratif pour l’Irak. La circonférence de la ville ancienne est de 16 km. Elle a été abandonnée au 17ème siècle après un changement dans le tracé du lit du Tigre.

[4] Bassora ou Bassorah ou Basra est la deuxième ville d’Irak, après Bagdad, la capitale. C’est la capitale de la province d’Al-Basra. Principal port du pays, la ville est située sur le Chatt-el-Arab, estuaire commun des fleuves Tigre et Euphrate, à 55 km en amont du golfe Persique et à 550 km de Bagdad. Bassora est, avec Koufa (située plus au nord), un ancien « misr » (au pluriel « amsar » : ville-camp), bâtie en 638 par Omar, le deuxième calife bien-guidé, lors de l’expansion musulmane. Afin de maintenir la distinction entre « croyants » (les convertis à l’islam) et les autres populations, les musulmans y vivaient. Ce confinement ethnique et religieux a, à maintes reprises, fait de la ville un lieu de bouillonnement idéologique.

[5] Gorgan est une ville du nord-est de l’Iran, à l’extrémité sud-est de la mer Caspienne. C’est la capitale de la province du Golestan, située à 400 km de Téhéran. Dans l’Antiquité, elle était nommée Tambrax ou Thambraces, et était capitale de la région antique appelée Hyrcanie. La ville fut capitale aux 10ème et 11ème siècles sous les Ziyarides. L’un de ses notables fut Qabus, mécène d’al-Biruni en l’an 1000, qui est enterré dans la tour Gonbad-e Qabus voisine.

[6] Les Omeyyades, ou Umayyades sont une dynastie arabe de califes qui gouvernent le monde musulman de 661 à 750. Ils tiennent leur nom de leur ancêtre Umayya ibn Abd Shams, grand-oncle de Mahomet. Ils sont originaires de la tribu de Quraych, qui domine La Mecque au temps de Mahomet. À la suite de la guerre civile ayant opposé principalement Muʿāwiyah ibn ʾAbī Sufyān, gouverneur de Syrie, au calife ʿAlī ibn ʾAbī Ṭalib, et après l’assassinat de ce dernier, Muʿāwiyah fonde le Califat omeyyade en prenant Damas comme capitale, faisant de la Syrie la base d’un Califat qui fait suite au Califat bien guidé et qui devient, au fil des conquêtes, le plus grand État musulman de l’Histoire.

[7] La charia ou charî’a ou sharî’a représente dans l’islam diverses normes et règles doctrinales, sociales, cultuelles, et relationnelles édictées par la « Révélation ». La charia codifie à la fois les aspects publics et privés de la vie d’un musulman, ainsi que les interactions sociétales. Les musulmans considèrent cet ensemble de normes comme l’émanation de la volonté de Dieu. Le niveau, l’intensité et l’étendue du pouvoir normatif de la charia varient considérablement sur les plans historiques et géographiques. Dans le monde, certaines de ces normes sont considérées incompatibles avec les droits humains notamment en ce qui concerne la liberté d’expression, la liberté de croyance, la liberté sexuelle et la liberté des femmes.

[8] Un dhimmi est, suivant le droit musulman, un citoyen non-musulman d’un État musulman, lié à celui-ci par un « pacte » de protection. Le terme dhimmi s’applique essentiellement aux gens du Livre, qui, dans le champ de la gouvernance islamique, moyennant l’acquittement d’un impôt de capitation (jizya), d’un impôt foncier (kharâj), d’une certaine incapacité juridique et du respect de certaines obligations discriminantes édictées dans un « pacte » conclu avec les autorités, se voient accorder une liberté de culte restreinte, certains droits ainsi que la garantie de sécurité pour leur personne et leurs biens. Le terme dhimma désigne ce régime juridique auquel sont soumis les dhimmis et l’expression Ahl adh-dhimma désigne la communauté des dhimmis auxquels l’ensemble de ces règles sera appliqué de façon plus ou moins stricte à travers l’histoire, selon les périodes et les lieux dans le monde arabo-musulman.

[9] Capitale de la Syrie.C’est une des plus anciennes villes habitées au monde. Elle existe déjà à l’époque paléo-babylonienne (2004-1595 av. jc), sous le nom de Halab.