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L’histoire pour le plaisir

Brasidas

vendredi 20 septembre 2019

Brasidas (mort en 422 av. jc)

Général spartiate

Stratège et tacticien hors pair, sa vie est principalement connue grâce à Thucydide d’Athènes, l’historien. Platon en fit un nouvel Achille

Fils d’un certain Tellis qui participa sans doute aux signature de traités de paix et d’alliance entre Sparte et Athènes au cours de la dixième année de la guerre du Péloponnèse [1] au 5ème siècle av. jc.

Brasidas intervint très tôt dans le conflit, en 431 av. jc, en sauvant la ville, fortifiée mais disposant d’une faible garnison, de Méthônè [2], menacée par une flotte athénienne. Il traversa avec une centaine d’hoplites [3] l’armée athénienne qui était dispersée et rentra dans la ville avec des pertes légères. Cette action d’éclat, sa première, lui permit d’être le premier à recevoir des félicitations de Sparte. En récompense, il est désigné éphore [4] éponyme [5] l’année suivante.

À la suite de la défaite navale de Patrai, il fut envoyé avec Timocrate et Lycophron comme conseiller naval. La flotte lacédémonienne [6] fut battue à Naupacte [7] mais réussit un raid sur le promontoire de Salamine [8] qui menaça le Pirée [9]. Il participa ensuite comme conseiller du navarque [10] Alcidas à une intervention infructueuse de la flotte lacédémonienne sur Corcyre [11] qui était alors déchirée par la guerre civile.

Après la création de la base avancée de Pylos [12] par l’Athénien Cléon , Brasidas, commandant d’une trière [13], participa à une tentative infructueuse de débarquement au cours de laquelle il fut blessé et perdit son bouclier que les Athéniens mirent dans le trophée.

Au début de l’été 424, basé près de Corinthe [14] pour préparer une campagne en Thrace [15], il repousse une tentative athénienne sur la ville de Mégare [16]. Si cette dernière resta sous contrôle de la ligue du Péloponnèse [17], l’un de ses deux ports, Nisée [18] , tomba aux mains des Athéniens avant l’arrivée de Brasidas.

Ensuite, il traverse promptement la Thessalie [19] et rejoint Perdiccas II, le roi de Macédoine [20], qui a demandé l’assistance de Sparte du fait de la défection de nombreuses cités de la ligue de Délos [21] ainsi que pour mettre au pas les Macédoniens Lyncestide [22] du roi Arrhabaios. Cette campagne poursuit deux objectifs : envoyer au loin un certain nombre d’hilotes [23] pour éviter une révolte et menacer les intérêts, notamment miniers [24] et forestiers [25], d’Athènes dans la région et ainsi réduire la pression sur le Péloponnèse. Il obtient avant la fin de l’été le ralliement des cités d’Acanthos [26] et de Stagire [27].

À la fin de l’année 424, Brasidas, avec l’aide des troupes de la ville d’Argilos [28], lance une offensive contre le principal point d’appui athénien : sa colonie d’Amphipolis [29]. Brasidas obtint rapidement la reddition de la cité en garantissant les droits des habitants. Par contre, si Thucydide, alors stratège et à la tête de 7 navires, ne parvint pas à temps pour sauver la ville depuis Thasos [30], il sécurisa la ville voisine d’Eion [31] qui se révélera importante pour la suite des opérations dans la région.

S’il échoua devant Eion, Brasidas obtint le ralliement des cités de Myrcinos après l’assassinat de son roi, Pittacos, par son fils et sa femme, Galepsos et Oisymé. Durant l’hiver, il s’empara du pays de l’Aktè [32], la péninsule se terminant par le Mont Athos [33] et des cités afférentes [34] à l’exception de Sanè et Dion qui résistèrent. Il porta alors son effort sur la cité de Toronè [35], dans la péninsule de Sithonie [36], qui fut capturée à la faveur de la nuit avec l’assistance de quelques partisans et de sept peltastes [37] qui éliminèrent les sentinelles et ouvrirent deux portes. Brasidas dut ensuite s’emparer du poste fortifié voisin de Lécythos occupé par des troupes athéniennes qui s’y étaient repliées au moment de la capture de la ville.

Il obtint quelque temps plus tard le ralliement de la cité de Scione [38], située à l’extrémité de la presqu’île de Pallène [39] mais un armistice avait été déclaré entre Sparte et Athènes deux jours plus tôt.

Brasidas refusa de rétrocéder la ville et l’une de ses voisines, Mendè fit également défection. En réaction, Athènes se prépara à intervenir contre les deux cités et décida de faire exécuter tous les habitants de Skionè. Craignant la réaction athénienne, Brasidas fit transférer les femmes et les enfants des deux cités vers Olynthe [40] et renforça les garnisons avec 800 hommes sous le commandement de Polydamidas.

Du fait de ses obligations envers Perdiccas, Brasidas l’accompagna contre les Lyncestes. À la suite de la trahison de troupes Illyriennes [41] qui rallièrent Arrhabaios, les troupes de Perdiccas paniquèrent et firent retraite sans attendre le corps de Brasidas plus éloigné.

Brasidas organisa ses troupes de manière à résister aux assauts macédoniens et se mis notamment à la tête de 300 combattants d’élite chargés de couvrir la retraite de l’ensemble. Il atteignit ainsi la ville d’Arnisa où le comportement de ses troupes amena la rupture de l’alliance avec Perdiccas.

Pendant ce temps, au printemps de l’année 422, une troupe athénienne sous le commandement de Nicias s’empara, à la faveur d’une révolte du parti populaire, de la cité de Mendè et mis le siège devant Scione.

À la fin de l’hiver de l’année 422, Brasidas tenta un assaut contre Potidée [42] mais ce fut un échec et il arriva trop tard pour sauver Toronè d’une offensive de Cléon arrivé d’Athènes. Ensuite, à partir d’Eion, Cléon s’attaqua sans succès à Stagiros avant de s’emparer de Galèpsos puis de s’approcher d’Amphipolis, défendu par Brasidas.

Alors que Cléon entamait un repli vers Eion, Brasidas effectua une sortie audacieuse qui dispersa l’armée athénienne qui perdit 600 hommes dont Cléon mais Brasidas fut mortellement blessé. Il fut enterré au sein de la ville dont la population l’éleva au titre de fondateur au détriment d’Hagnon.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de histoire de Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins »,‎ 2003 (ISBN 2-221-05854-2)

Notes

[1] La guerre du Péloponnèse désigne le conflit qui oppose la ligue de Délos, menée par Athènes, et la ligue du Péloponnèse, sous l’hégémonie de Sparte. La guerre du Péloponnèse est la première guerre d’une série de conflits pour l’hégémonie d’une cité sur l’ensemble du monde grec. Ce conflit met fin à la pentecontaetie et s’étend de 431 à 404 en trois périodes généralement admises : la période archidamique de 431 à 421, la guerre indirecte de 421 à 412, et la guerre de Décélie de 412 à 404. La guerre du Péloponnèse se termine par la victoire de Sparte et l’effondrement de l’impérialisme athénien. Cette victoire lui coûte cependant la perte de sa puissance au 4ème siècle av. jc.

[2] Modon est une ville grecque de Messénie, dans le Péloponnèse.

[3] L’hoplite est un fantassin lourdement armé, par opposition au gymnète et au peltaste, armés plus légèrement.

[4] Les éphores sont un directoire de cinq magistrats annuels à Sparte, dont ils forment le véritable gouvernement. Créé selon Plutarque environ 130 ans après Lycurgue, l’éphorat est supprimé en 227 av. jc par Cléomène III, puis rétabli par Antigone III Doson, roi de Macédoine, avant d’être définitivement aboli par l’empereur Hadrien au 2ème siècle.

[5] Qui donne son nom à l’année, mais on ignore comment il est choisi. Si son nom figure en premier sur les actes officiels (les quatre autres sont ensuite listés par ordre alphabétique), on ignore s’il jouit d’un pouvoir accru.

[6] habitants de Sparte, région de Laconie

[7] La bataille de Naupacte est une bataille navale qui fut livrée en 429 av. jc au large de Naupacte, pendant la guerre du Péloponnèse entre les 20 navires du stratège athénien Phormion et une flotte péloponnésienne de 77 navires.

[8] Salamine est une île grecque de l’Attique, fermant la baie d’Éleusis dans le golfe Saronique, dont elle est la plus grande île. Salamine est la patrie du roi homérique Ajax fils de Télamon et du poète tragique Euripide. L’île devient connue internationalement par la bataille qui s’y déroule en 480 av. J.-C. entre la flotte grecque et celle de l’Empire perse. Les Grecs emportent la victoire et mettent fin, définitivement, aux plans d’expansion des Perses en Europe.

[9] Le Pirée est le principal port d’Athènes. Il est aussi le premier port et le principal centre industriel de Grèce. Il est le point de départ des voyageurs vers les îles de la mer Égée. Il est situé dans la région d’Attique (appelée jusqu’en 2010 nomarchie du Pirée, maintenant périphérie de l’Attique), sur la côte est du golfe Saronique. Il fait partie de la zone urbaine d’Athènes, à 12 km au sud-ouest du centre de la cité. Elle est néanmoins la capitale du diocèse décentralisé d’Égée constitué de deux périphéries extérieures à son territoire.

[10] Le navarque est le titre militaire donné aux capitaines de vaisseaux de guerre dans la Grèce antique. À Sparte, c’est une magistrature importante donnant le commandement de la flotte. Mais on trouve également des navarques à Athènes. En Macédoine et dans les royaumes hellénistiques, chez les Séleucides comme chez les Lagides le navarque est l’amiral de la flotte. Ainsi Alexandre le Grand est navarque de la flotte macédonienne au siège de Tyr. À Rome, le navarque est le commandant d’un escadron de la flotte. Les Byzantins utilisent parfois ce terme pour désigner le capitaine d’un navire. Sans rapport avec ces fonctions militaires, le navarque est enfin également le responsable d’une liturgie spécifique à Érétrie et dans d’autres cités, dans le cadre de fêtes de la navigation en l’honneur d’Isis et d’autres divinités égyptiennes.

[11] Corfou

[12] Pylos est une ville de Grèce, en Messénie. Elle est aussi connue sous le nom de Navarin.

[13] Une trière ou trirème, est une galère de combat antique, développée à partir de la pentécontère. Plus court que son prédécesseur, c’est un navire équipé d’une voile dans lequel prennent place 170 rameurs étagés sur trois rangs, d’où son nom. Léger et agile, il permet le développement de la manœuvre d’éperonnage grâce au rostre de bronze monté sur sa proue, technique qui donne lieu aux premières batailles à caractère réellement naval.

[14] Corinthe était l’une des plus importantes cités de la Grèce antique, située dans les terres au pied de son acropole, l’Acrocorinthe. Elle abritait autrefois un célèbre temple d’Aphrodite.

[15] La Thrace désigne une région de la péninsule balkanique partagée entre la Grèce, la Bulgarie et la Turquie ; elle doit son nom aux Thraces, la peuplade qui occupait la région dans l’Antiquité. Au 21ème siècle, la Thrace fait partie, à l’ouest, de la Grèce, Thrace occidentale, au nord, de la Bulgarie et, à l’est, de la Turquie, Thrace orientale.

[16] Mégare est une ville de la banlieue d’Athènes en Grèce. Située à l’extrémité est de l’isthme de Corinthe, à mi-chemin entre Corinthe et Athènes, elle était connue à l’origine sous le nom de Nisée, d’après le roi éponyme légendaire Nisos. Selon la tradition, la cité est peuplée par les Doriens après que ceux-ci ont été écartés d’Athènes par le sacrifice du roi Codros. Point de passage terrestre entre la Grèce centrale et le Péloponnèse, la cité acquiert rapidement de l’importance. Ses deux ports, l’un sur le golfe Saronique et l’autre sur le golfe de Corinthe, en font un centre commercial de première importance. Entre 730 et 550 av. jc, elle connaît une activité coloniale considérable : elle fonde Astacos, Chalcédoine et Byzance sur le Bosphore ; Héraclée du Pont en Bithynie ; Megara Hyblaea en Sicile. Vers 600 av. jc, elle tombe sous la domination du tyran Théagène ; la tyrannie fut suivie de luttes politiques dont l’écho se trouve peut-être dans les poèmes de Théognis. Elle perd ses territoires à l’ouest au profit de Corinthe, et Salamine au profit d’Athènes (570 av. jc). Peu avant 500 av. jc, elle rejoint la ligue du Péloponnèse et prend une part active aux guerres médiques.

[17] La ligue du Péloponnèse était une alliance de cités grecques, dominée par la puissance spartiate, entre le 6ème siècle av. jc et le 4ème siècle av. jc. Elle est surtout connue pour avoir combattu la Ligue de Délos au moment de la guerre du Péloponnèse. L’expression Ligue du Péloponnèse est une expression contemporaine inventée par les historiens, afin de recouvrir ce que les contemporains appelaient « les Lacédémoniens et leurs alliés » ou « Sparte et ses alliés ». Sa puissance sera considérablement affaiblie par la création de la ligue d’Argos.

[18] Mégare

[19] La Thessalie est une région historique et une périphérie du nord-est de la Grèce, au sud de la Macédoine. Durant l’antiquité cette région a, pour beaucoup de peuples, une importance stratégique, car elle est située sur la route de la Macédoine et de l’Hellespont. Elle possédait un important port à Pagases. Le blé et le bétail sont les principales richesses de la région et une ressource commerciale vitale. La Thessalie est aussi l’une des rares régions de Grèce où l’on peut pratiquer l’élevage des chevaux, d’où l’importante cavalerie dont disposaient les Thessaliens.

[20] Le royaume de Macédoine est un État antique situé au nord de la Grèce correspondant aujourd’hui principalement à la Macédoine grecque. Il est centré sur la partie nord-est de la péninsule grecque, bordé par l’Épire à l’ouest, la Péonie au nord, la Thrace à l’est et la Thessalie au sud. Royaume périphérique de la Grèce aux époques archaïque et classique, il devient l’État dominant du monde grec durant l’époque hellénistique. L’existence du royaume est attestée au tout début du 7ème siècle av. jc avec à sa tête la dynastie des Argéades. Il connaît un formidable essor sous le règne de Philippe II qui étend sa domination sur la Grèce continentale en évinçant Athènes et la ligue chalcidienne pour ensuite fonder la Ligue de Corinthe. Son fils Alexandre le Grand est à l’origine de la conquête de l’immense empire perse et de l’expansion de l’hellénisme en Asie à la fin du 4ème siècle av. jc. Après sa mort, la Macédoine passe brièvement sous la tutelle des Antipatrides dans le contexte des guerres des diadoques. En 277, la royauté échoit à Antigone II Gonatas qui installe la dynastie des Antigonides qui règne jusqu’en 168, date à laquelle la Macédoine est conquise par les Romains. En 146 la Macédoine devient une province romaine.

[21] À la suite de ses victoires sur les Perses au cours des guerres médiques, Athènes devient la puissance dominante du monde grec durant toute la période du 5ème siècle av. jc. En effet la Ligue de Délos, alliance militaire initialement créée pour repousser l’ennemi perse, évolue d’une coordination de forces armées grecques sous l’égide des Athéniens vers une confédération étatique soutenue militairement, financièrement, et culturellement par Athènes. Les liens qu’entretient cette cité avec ses alliés sont donc à partir du milieu du siècle des rapports de cité mère à cités vassales. Ainsi en 454 le trésor de Délos est transféré à Athènes. L’union entre la nouvelle métropole et ses provinces est passée de mutuellement consentie à maintenue par la force.

[22] La Lyncestie, Lyncestie ou Lynkestis est une région, dans les premiers temps un royaume de la haute Macédoine situé à la frontière de l’Illyrie et gouvernée par des rois, seigneurs indépendants ou semi-indépendants jusqu’à l’époque où les derniers rois de la dynastie des Argéades de Macédoine (Amyntas IV et Philippe II), mettent fin à leur indépendance par le biais d’unions dynastiques et la pratique de l’envoi des fils des chefs tribaux semi otages qui sont éduqués dans les palais de Philippe II.

[23] Dans la Grèce antique, les Hilotes ou Ilotes sont une population autochtone de Laconie et de Messénie asservie aux Spartiates, qu’ils font vivre. Leur statut s’apparente à celui des serfs du Moyen Âge : attachés à la terre, ils sont la propriété de l’État lacédémonien. Ils ne sont donc pas des esclaves-marchandises, qui existent par ailleurs mais qui sont plutôt rares. L’hilotisme se rencontre également dans d’autres sociétés grecques, comme la Thessalie, la Crète ou la Sicile.

[24] or et argent

[25] pour répondre aux importants besoins de la flotte

[26] Acanthos est une cité et un port antique de Chalcidique, au nord du mont Athos, située sur le territoire de l’actuelle municipalité de Stagira-Akanthos, et notamment à proximité immédiate de son chef-lieu, la localité de Ierissos. Acanthos est fondée vers 650 av. jc par des colons originaires d’Andros, de même que la ville voisine de Stagire. Elle se range aux côtés du Perse Mardonios au moment des guerres médiques, puis du Grand Roi Xerxès 1er. Pendant la guerre du Péloponnèse, Acanthos est d’abord l’alliée d’Athènes avant de faire défection en 424 av. jc, cédant ainsi aux discours du Spartiate Brasidas. Lors de la paix de Nicias, Acanthos gagne son autonomie mais est contrainte à payer tribut aux Athéniens. Au 4ème siècle av. jc, elle est prise par le royaume de Macédoine. En 199 av. jc, elle est prise et pillée par les flottes conjointes de Rome et Pergame. Il semble pourtant que son existence persiste jusqu’aux premiers siècle de l’ère chrétienne.

[27] Stagire est une ancienne cité de Macédoine située en Chalcidique, sur le golfe Strymonique (actuellement située au nord-ouest du territoire de la municipalité de Stagira-Akanthos). Elle est principalement connue pour être le lieu de naissance d’Aristote. Stagire a été fondée en 656 av. jc par des colons d’Andros, une île des Cyclades. En 480, elle est occupée par le Grand Roi achéménide Xerxès 1er. Elle entre dans la ligue de Délos mais, avec la cité voisine d’Acanthos, fait défection en 424, convaincue par les promesses du Spartiate Brasidas, et rejoint la ligue chalcidienne avec notamment Olynthe. Athènes envoie alors le démagogue Cléon comme stratège pour prendre la cité, mais celui-ci échoue. Philippe II de Macédoine, alors aux prises avec les Chalcidiens, réussit à prendre la cité en 348 av. jc et la fait détruire. En hommage à Aristote, précepteur de son fils Alexandre et natif de la cité, il la restaure quelques années plus tard.

[28] Argilos est un site archéologique, situé en Grèce du nord. C’était une colonie d’Andros, fondée en 655-654 avant notre ère. Selon Thucydide, Argilos était une fondation d’Andros. Hérodote raconte que lorsque l’armée perse de Xerxès 1er envahit la Grèce, lors de la Deuxième guerre médique (480 av. jc), la première ville qu’elle rencontra après la traversée du Strymon fut Argilos. La ville a souffert de la concurrence de sa voisine, fondée plus tard mais devenue plus prospère, Amphipolis. Lorsque, au cours de la Guerre du Péloponnèse, le général spartiate Brasidas fait campagne en Macédoine pour y affaiblir les positions d’Athènes, il reçoit, à la fin de l’année 424 av. jc, le soutien de troupes d’Argilos pour obtenir la reddition d’Amphipolis.

[29] Amphipolis est une cité grecque d’Édonie en Macédoine orientale. Elle occupe un haut plateau sur la rive est (gauche) d’une boucle du Strymon, à 4 km au nord de son embouchure dans la mer Égée au niveau du golfe Strymonique. Fondée en 437 av. jc, elle fut abandonnée au 8ème siècle de notre ère.

[30] Thasos ou Thásos, est une île montagneuse de l’archipel grec, à 8 km de la Thrace continentale et à l’ouest de l’île de Samothrace.

[31] Eion est une ville du nord-est de la Grèce. Cette ancienne colonie érétrienne en Édonide se situe à l’embouchure du fleuve Strymonas qui se jette dans la Mer Égée. Thucydide s’y réfère dans la Guerre du Péloponnèse comme étant une place stratégique pour Athènes durant la guerre du Péloponnèse. Elle fut occupée en 476 av. jc par les Perses durant les guerres entre Perses et Grecs puis conquise en 475 av. jc par la ligue de Délos sous le commandement d’Athènes par le général Cimon. La prise de la ville fut le début d’une campagne militaire pour la nouvelle ligue de Délos dont le but était de contrôler la mer Égée. Durant la guerre du Péloponnèse, Aristide y intercepta un message perse adressé aux spartiates indiquant leurs positions. Plus tard, les spartiates du général Brasidas prirent, avec l’aide des Thraces, Amphipolis, cité grecque située à côté d’Eion où étaient postées les défenses athéniennes qui furent détruites.

[32] L’Aktè ou péninsule du mont Athos, est une péninsule de Grèce s’avançant en mer Égée. Avec celles de Cassandra et Sithonie, elle est l’une des trois péninsules situées à l’extrémité de la Chalcidique. Montagneuse, l’Aktè a pour point culminant le mont Athos avec 2 030 mètres d’altitude et son extrémité est formée par le cap Akhratos. Elle est en majorité incluse dans le territoire de la République monastique du Mont-Athos et pour une petite partie dans celui de la municipalité de Stagira-Akanthos. Elle est baignée par le golfe Singitique au sud-ouest où se trouve l’île d’Ammoulianí ainsi que par la mer de Thrace au nord-est et notamment le golfe de Ierissos au nord délimité par le cap Arapis, toutes ces étendues d’eau faisant partie de la mer Égée.

[33] Le mont Athos, est une montagne de Grèce située en Macédoine, à l’extrémité de l’Aktè dont il constitue le point culminant avec 2 030 mètres d’altitude. Il est célèbre pour les vingt monastères orthodoxes qui y sont établis sur ses flancs et dans les environs depuis le 10ème siècle. Cette communauté théocratique est organisée en République monastique du Mont-Athos qui tire son nom de la montagne et qui jouit d’un certain degré d’autonomie interne au sein de la République hellénique.

[34] Thyssos, Cléones, Acrothôion, Olophysos

[35] Torone est une ancienne municipalité de Grèce située dans la péninsule de Sithonie. La cité de Toronè a probablement été fondée au 8ème siècle av. jc. Elle devient membre de la Ligue de Délos à la fin des guerres médiques et devient un objectif convoité pendant la guerre du Péloponnèse où Sparte et Athènes se disputent son contrôle lorsque Brasidas envahit la région en 424 av. jc. Révoltée contre les Athèniens, elle est reprise par ceux-ci l’année suivante. Elle fait ensuite partie du royaume de Macédoine et décline après la conquête romaine de 168 av. jc.

[36] La Sithonie est une des trois péninsules de la Chalcidique, située entre la péninsule de Cassandra à l’ouest, et celle de l’Aktè à l’est. C’est également le nom d’un dème (municipalité) de la périphérie de Macédoine-Centrale, dont le siège est Nikiti. La Sithonie est baignée à l’est par le golfe Singitique, et à l’ouest par le golfe Toronéen.

[37] Les peltastes sont, à partir du 4ème siècle av. jc, l’infanterie légère mercenaire caractéristique des armées grecques puis hellénistiques. Les peltastes sont recrutés au départ dans les cités grecques de la côte de Thrace puis ils viennent plus tard d’horizons plus variés. Cette infanterie légère, par opposition à l’infanterie lourde composée des hoplites, est constituée de soldats portant un bouclier d’osier léger (peltè), soit rond soit en forme de croissant, et armés de javelots et d’une épée. Le peltè est parfois recouvert d’une peau de chèvre ou de mouton, parfois même de bronze poli. Au début du 4ème siècle av. jc, ils ne forment qu’une troupe d’appoint, utilisée contre les charges de cavalerie, avec le jet massif de leurs javelots, puis ils utilisent ensuite leur épée. Ils servent probablement également dans la poursuite des vaincus.

[38] Scione est une cité de la Grèce antique située en Chalcidique, dans la presqu’île de Pallène, sur la mer Égée. Elle est fondée au 8ème siècle av. jc par des colons Ioniens venant de Chalcis, en Eubée. Passée sous la domination d’Athènes, elle doit lui payer un tribut annuel de six talents à l’époque de la ligue de Délos. Lors de la guerre du Péloponnèse, elle accueille avec enthousiasme le général spartiate Brasidas en 423, ce qui entraîne des représailles féroces de la part de Cléon : les hommes furent mis à mort et le site donné à des réfugiés venus de Platées. Elle obéit plus tard à Olynthe, avant de faire partie du royaume de Macédoine.

[39] aujourd’hui la péninsule de Cassandra

[40] Olynthe est une ancienne ville de Chalcidique, construite principalement sur deux plateaux de 30 à 40 m de hauteur, dans une plaine fertile, sur le golfe de Torone, près de l’isthme de la péninsule de Pallène, à environ 2,5 kilomètres de la mer et environ 60 stades (soit 9 km) de Potidée. La ville prit part à la guerre du Péloponnèse contre les Athéniens d’abord, puis contre les Spartiates. À la tête de la Ligue de Chalcidique, elle accéda à l’indépendance après la paix conclue entre Athènes et Sparte en 421 av.jc. Alliée à Philippe, elle combattit encore contre Athènes, obtenant en échange les villes d’Amonte et de Potidée. Mais soupçonnant que Philippe voulait en fait prendre possession de son territoire, Olynthe fit alliance avec Athènes. Le roi macédonien assiégea alors la ville et la détruisit complètement. Les habitants, réduits en esclavage, furent expulsés vers la Thrace et la Macédoine.

[41] L’Illyrie est un royaume fondé à Shkodra, Albanie actuelle, en 385 av.jc, par le roi Bardylis. Annexée par Rome durant l’Antiquité, elle désignera plus tard une région historique des côtes de la rive orientale de l’Adriatique, correspondant à peu près actuellement à l’ouest de la Croatie, de la Slovénie, de la Bosnie-Herzégovine, du Montenegro de l’Albanie et du Kosovo.

[42] Potidée est une colonie fondée par les Corinthiens vers 600 avant notre ère sur l’isthme de Pallène, pointe occidentale de la Chalcidique, en Thrace. En 432 avant notre ère s’y déroula, entre Athéniens et Corinthiens alliés de la cité, la bataille de Potidée. Philippe II de Macédoine détruisit la cité en 356 avant notre ère, chassa ses habitants et donna leur territoire aux voisins Olynthiens (dont il détruisit aussi la cité et qu’il vendit comme esclaves en 348 avant notre ère). Cassandre bâtit une nouvelle ville sur son territoire. Il la baptisa Cassandrée.