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Publius Aelius Hadrianus Afer

mercredi 28 août 2019, par ljallamion

Publius Aelius Hadrianus Afer (vers 46-86)

Sénateur romain du 1er siècle

Hadrianus Afer, portrait imaginaire du Promptuarium iconum insigniorum de Guillaume Rouillé - 1553.Père d’Hadrien. C’est l’un des descendants d’un groupe de colons italiens installés à Italica [1], dans la province d’Hispanie [2], la future Bétique [3], située au sud de la péninsule Ibérique [4].

Les ancêtres d’Hadrien, les Aelii [5], sont originaires de Hadria [6] dans le Picenium [7]. Italica est fondée en 206 av. jc par un mélange de vétérans et de soldats romains et alliés italiens blessés ou malades de l’armée de Scipion l’Africain. Il est probable que le premier Aelius installé en Bétique provienne de cette armée, à l’instar du premier Ulpius, ancêtre de Trajan.

Il est né vers 46 et a grandi dans la ville d’Italica. Il vient d’une famille bien établie, riche et aristocratique de rang prétorien.

Son père est un sénateur romain du nom de Publius Aelius Hadrianus Marullinus. Il est le fils d’une noble romaine appelée Ulpia, sœur de Marcus Ulpius Traianus et tante de Trajan. Afer et Trajan sont donc cousins ​​maternels.

Afer épouse une certaine Domitia Paulina, une femme romaine issu d’une famille sénatoriale hispanique distingué qui vient de Gadès [8]. Ils ont pour enfants Aelia Domitia Paulina, née en 75 et Hadrien né en 76.

Après avoir atteint la préture [9], Afer meurt en 86, à l’âge de 40 ans. Son fils et sa fille sont mis sous la tutelle de son cousin Trajan et de Publius Acilius Attianus.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Anthony R. Birley, Hadrian : The Restless Emperor, Routledge, 1997

Notes

[1] Italica est une ancienne ville romaine de la province de Bétique située sur la municipalité actuelle de Santiponce (province de Séville, Andalousie, Espagne). Italica fut la première ville romaine fondée en Hispanie, par Scipion l’Africain. À la fin de la deuxième Guerre punique, Scipion l’Africain répartit entre les soldats de ses légions des parcelles de terre dans la vallée du fleuve Bétis (actuellement Guadalquivir), ce qui fait qu’Italica naquit comme une ville de vétérans (vicus civium romanorum), sur la berge ouest du Bétis en 206 av. jc.

[2] L’Hispanie est le nom donné par les Romains à la péninsule Ibérique. Depuis le 15ème siècle l’Hispanie est l’hôte des États modernes espagnol et portugais. Au début les Carthaginois installent des comptoirs commerciaux sur la côte, sans pousser plus profondément à l’intérieur de l’Hispanie. En 501 av.jc, ils s’emparent de Gadès (Cadix), une ancienne colonie phénicienne. Après la première Guerre punique, les Carthaginois s’étendent rapidement dans le Sud, sous la conduite des Barcides. Ils y exploitent des mines d’or et redonnent à Carthage sa puissance économique et commerciale. En 230, ils fondent Carthagène, la nouvelle Carthage (Cartago Nova). En 218 av.jc, Hannibal forme une puissante armée qui comprend un contingent d’Ibères, et commence la deuxième Guerre punique en prenant Sagonte, puis en marchant vers l’Italie. Les Romains ne peuvent l’intercepter en Gaule, et dirigent une partie des leurs forces sur l’Hispanie, qui devient un théâtre d’opération de cette guerre. Après divers affrontements, Scipion l’Africain prend Carthagène en 209, et en 207, Hasdrubal mène les dernières forces carthaginoises de l’Hispanie vers l’Italie. En 202, la capitulation de Carthage livre officiellement l’Hispanie carthaginoise à Rome. En 197 av.jc, les Romains divisent l’Hispanie en deux provinces : Hispanie citérieure, donnant sur la Méditerranée, et Hispanie ultérieure (car plus éloignée de Rome), comprenant le Sud et tournée vers l’océan.

[3] La province romaine de Bétique couvre le sud de l’Espagne, et correspond à peu près à l’actuelle Andalousie. Elle est issue de l’ancienne Hispanie ultérieure, et tire son nom du Baetis, nom latin du fleuve Guadalquivir. C’est une province sénatoriale administrée par un ancien préteur, dont la capitale est Corduba(Cordoue)

[4] La péninsule Ibérique est la péninsule à la pointe sud-ouest de l’Europe. Ses premiers habitants connus sont les Lusitaniens et les Ibères. Puis les Carthaginois, les Celtes et enfin les Romains l’occupent successivement, la nommant Hispanie et y laissant la culture prédominante désormais, latine et chrétienne. À la chute de l’Empire romain, les Wisigoths s’y installent, reprenant son nom antique de Bétique avant d’en être dépossédés par les Maures, qui eux la renomment Al-Andalus.

[5] Les Aelii sont les membres d’une ancienne famille romaine, la gens Aelia, parmi lesquels plusieurs empereurs dont Hadrien.

[6] Atri est une commune italienne, située dans la province de Teramo dans la région des Abruzzes.

[7] La région a comme capitale Ancône que les Romains annexent au 3ème siècle av. jc. Les Grecs se sont limités à la fondation d’Ancône au 4ème siècle av. jc et établissent seulement des liens commerciaux avec les premiers. Les Marches sont envahies par les tribus gauloises des Sénons qui fondent Senigallia, aujourd’hui jumelée avec Sens. Ils sont chassés par les Romains avec l’aide des Picéniens, qu’ils défont ensuite vers 300 av. jc.

[8] Gadès est le nom de la ville actuelle Cadix. La cité fut fondée vers 1100 av. jc par les Phéniciens, au sud de l’Ibérie, à l’entrée du détroit de Gibraltar, sur le golfe atlantique de Gadès. Ses habitants, les Gaditains, étaient des commerçants et des marins réputés. Les Carthaginois s’emparèrent de la ville en 501 av.jc. La Seconde Guerre punique entre la République de Carthage et la République romaine commença par un différend sur l’hégémonie sur Sagonte, une ville côtière hellénisé et allié de Rome. Après de nombreuses batailles entre les Romains et les Carthaginois dans la Péninsule Ibérique, seul Gadir avec l’aide de Magon Barca résista un certain temps, mais assiégée par Scipion l’Africain, elle se rend sans condition à la République romaine en 206 av.jc tout en maintenant sa forte activité commerciale.

[9] Le préteur est un magistrat de la Rome antique. Il était de rang sénatorial, pouvait s’asseoir sur la chaise curule, et porter la toge prétexte. Il était assisté par 2 licteurs à l’intérieur de Rome, et 6 hors du pomerium de l’Urbs. Il était élu pour une durée de 1 an par les comices centuriates. La fonction de préteur fut créée vers 366 av. jc pour alléger la charge des consuls, en particulier dans le domaine de la justice. Le premier préteur élu fut le patricien Spurius Furius, le fils de Marcus Furius Camillu. Égal en pouvoir au consul, auquel il n’a pas de compte à rendre, le préteur prêtait le même serment, le même jour, et détenait le même pouvoir. À l’origine, il n’y en avait qu’un seul, le préteur urbain, auquel s’est ajouté vers 242 av. jc le préteur pérégrin qui était chargé de rendre la justice dans les affaires impliquant les étrangers. Cette figure permit le développement du ius gentium, véritable droit commercial, par contraste avec le ius civile applicable uniquement aux litiges entre citoyens romain. Pour recruter, pour former ou pour mener des armées au combat ; sur le terrain, le préteur n’est soumis à personne. Les préteurs ont aussi un rôle religieux, et doivent mener des occasions religieuses telles que sacrifices et des jeux. Ils remplissent d’autres fonctions diverses, comme l’investigation sur les subversions, la désignation de commissionnaires, et la distribution d’aides. Lors de la vacance du consulat, les préteurs, avant la création des consuls suffects, pouvaient remplacer les consuls : on parle alors de préteurs consulaires.