Bienvenu sur mon site historique. Bon surf

L’histoire pour le plaisir

Honorius 1er

jeudi 1er août 2019, par ljallamion

Honorius 1er (mort en 638)

Pape de 625 à 638

Honorius 1er 70ème Pape de l'Église catholiqueNé en Campanie [1]. Fils d’un consul honoraire, il est élu en succession de Boniface V et consacré le 27 octobre 625.

L’empereur Héraclius étant en campagne, il ne peut confirmer l’élection. Pour éviter tout délai, c’est donc l’exarque de Ravenne [2] qui procède à cette formalité.

Honorius poursuit les travaux d’urbanisation de Rome menés par la papauté. À cet effet, il fait enlever les tuiles en bronze doré du temple de Rome [3] pour réparer le toit de la basilique Saint-Pierre. Il fait également bâtir de nombreuses églises et transformer la Curie Julia [4] en église.

Il n’intervient que rarement en Occident, excepté en Angleterre. Il envoie un évêque à Dorchester [5], dans le royaume de Wessex [6], et sanctionne la fondation de l’évêché d’York [7] après la conversion du roi Edwin 1er de Northumbrie.

En Orient, il mène une politique de compromis politique entre orthodoxes et monophysites [8], mais non sur le plan doctrinal. S’il a été poussé à approuver, en 634, une solution intermédiaire proposée par Serge 1er, patriarche de Constantinople [9], c’est sur un malentendu. Cette solution consistait à admettre que Jésus-Christ aurait deux natures [10] mais une seule volonté, qualifiée de théandrique* [11].

Sous le pontificat de l’un de ses successeurs, Léon II , et le règne de l’empereur Constantin IV, Honorius est condamné comme monothéliste au troisième concile de Constantinople [12] et subit l’anathème [13] en tant que pape de Rome.

Son corps repose à la basilique Saint-Pierre.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de J. Durliat, Philippe Levillain (dir.), Dictionnaire historique de la papauté, Paris, Fayard,‎ 2003 (ISBN 2-213-618577)

Notes

[1] La région de Campanie, plus couramment appelée la Campanie, est une région d’Italie méridionale. Elle fut associée au Latium, une des 11 régions de l’Italie romaine créées par l’empereur Auguste au 1er siècle av.jc Érigée en province à part entière au début du 4ème siècle au temps de l’empereur Dioclétien, la Campanie fut ensuite sous domination lombarde puis byzantine. Elle fut ensuite morcelée par l’indépendance que quelques-unes de ses villes adoptèrent.

[2] L’exarchat peut prendre deux sens, le premier est politique et administratif qui est propre à l’empire romain d’Orient et l’autre est ecclésiastique propre à l’Église orthodoxe. L’exarchat est une organisation de certains territoires périphériques de l’empire byzantin, mise en place au 6ème siècle pour faire face à la menace d’envahisseurs. L’exarchat est dirigé par un exarque qui concentre les pouvoirs civils et militaires. Cette organisation visait à réagir de façon optimale aux dangers menaçant l’empire dans ses régions périphériques, sans avoir à attendre les ordres venus de Constantinople. Ils bénéficiaient d’un plus grand degré d’indépendance que les autres gouverneurs provinciaux. Seuls deux exarchats furent constitués, à Ravenne contre l’invasion des Lombards, et à Carthage. Les autres provinces de l’empire byzantin reçurent progressivement une organisation semblable, mais sous le nom de « thèmes ». Les exarques civils étaient de véritables vice-rois, à qui l’on confiait le gouvernement de plusieurs provinces tandis que les exarques ecclésiastiques étaient des délégués du patriarche de Constantinople ou du Saint-Synode, chargés de visiter les diocèses, et de surveiller la discipline et les mœurs du clergé. Dans les Églises d’Orient, un exarque est un évêque qui a reçu mission de représenter un patriarche auprès d’un autre patriarche ou dans un lieu qui n’est le territoire d’aucune Église orthodoxe autocéphale. L’exarchat est à la fois la dignité de l’exarque, l’ensemble des paroisses et des fidèles placés sous sa responsabilité ainsi que l’église et les bâtiments qui en constituent le siège. C’est en quelque sorte un évêché sans diocèse et sans structure prévue pour durer. C’est une façon de s’adapter à des circonstances particulières, absence d’une église locale organisée, nécessité d’assurer une vie liturgique à un personnel diplomatique. Un exarchat possède un statut dérogatoire par rapport au principe de la territorialité de l’organisation ecclésiastique. L’évêque mentionné dans les diptyques n’est pas l’évêque du lieu mais le primat représenté par l’exarque. On peut comparer l’exarchat ecclésiastique à extra-territorialité de bâtiments diplomatiques. Les métropolites des "Nouvelles Terres" du Nord et de l’Est de la Grèce ont reçu du patriarche œcuménique de Constantinople des titres d’exarque qui rappellent leur appartenance au Patriarcat œcuménique de Constantinople.

[3] en fait la basilique de Maxence

[4] La Curie Julia ou Curie Julienne est un édifice destiné à accueillir les réunions du Sénat romain. Construite sur l’initiative de Jules César et achevé par Auguste, elle est accolée au Forum de César, en remplacement de la Curie Hostilia, incendiée par les partisans de Publius Clodius Pulcher, qui se trouvait au même endroit, mais alignée différemment. Il ne faut pas la confondre avec la Curie de Pompée où se réunissaient les sénateurs en attendant la construction du nouveau bâtiment, et où fut assassiné César. Dans la Rome antique, le mot curia (traduit en français par « curie »), désigne à l’époque républicaine le bâtiment où se réunit le Sénat romain, mais aussi les subdivisions civiques de Rome et les cités de droit romain.

[5] L’évêché de Dorchester est fondé en 634 par Birin, l’évangélisateur des Saxons de l’Ouest. Ce diocèse disparaît après la démission du successeur de Birin, Agilbert, vers 660. Le roi Cenwalh déplace alors le siège des Saxons de l’Ouest à Winchester, dont Wine devient le premier évêque. Dorchester redevient un siège épiscopal vers le milieu du 9ème siècle, alors que la Mercie subit des invasions de Vikings païens qui commencent à s’y implanter durablement. L’évêché de Leicester est alors déplacé à Dorchester, plus à l’ouest, peut-être vers 870. Il annexe le diocèse de Lindsey en 971. Le siège est de nouveau déplacé en 1072, cette fois-ci à Lincoln.

[6] Le Wessex est l’un des royaumes fondés par les Anglo-Saxons en Angleterre durant le Haut Moyen Âge. Il s’étend sur une partie du sud-ouest de la Grande-Bretagne, entre la Domnonée à l’ouest, la Mercie au nord et les royaumes de Kent, de Sussex et d’Essex à l’est. Au IXe siècle, le Wessex est le dernier royaume anglo-saxon à résister aux invasions vikings.

[7] York est une ville du nord de l’Angleterre. Située à la confluence de deux rivières, l’Ouse et la Foss, elle donne son nom au comté du Yorkshire. Fondée par les Romains sous le nom d’Eboracum, elle est l’une des villes majeures du royaume anglo-saxon de Northumbrie, puis la capitale du royaume viking de Jórvík. Elle est également le siège d’un archevêché de l’Église d’Angleterre. Après l’arrivée des Anglo-Saxons, York devint l’une des principales villes du royaume de Northumbrie sous le nom vieil anglais Eoforwic. Le roi Edwin y fut baptisé en 627. Elle devint le siège d’un évêché, puis d’un archevêché en 735. Tombée aux mains de la Grande Armée en 866, elle fut la capitale d’un royaume viking de 876 à 954 sous le nom de Jórvík, date de sa conquête définitive par le royaume d’Angleterre. Le 20 septembre 1066, Harald Hardrada s’empara de la ville, mais fut tué cinq jours plus tard par le roi Harold Godwinson à la bataille de Stamford Bridge, vainqueur qui devait périr à son tour à la bataille de Hastings peu de temps après. En 1190, Richard de Malbis et d’autres nobles d’York qui envisageaient de se joindre à Richard dans la troisième croisade profitèrent d’un incendie qui avait éclaté en ville pour faire courir une rumeur contre les Juifs. Les maisons de Benoît et Joce furent attaquées et ce dernier obtint la permission du gardien du château d’York d’y évacuer sa famille et l’ensemble des Juifs, probablement dans la tour de Clifford. Assaillis par la foule, les Juifs prirent peur et ne laissèrent pas rentrer le gardien qui avait quitté la tour. Il en appela au shérif, qui fit venir la milice du Comté. La tour de Clifford fut assiégée plusieurs jours. Un moine fit la cérémonie de sacrement chaque matin autour des murs comme pour sacraliser la lutte. Il fut écrasé d’une pierre jetée par les Juifs assiégés ; la colère de la foule devint alors une folie forcenée. Quand les Juifs de la tour de Clifford virent qu’ils n’avaient aucune alternative autre que de se soumettre au baptême ou périr aux mains de la foule, Yom-Tob ben Isaac de Joigny, tossafiste français et nouveau chef de la communauté, les exhorta à se tuer eux-mêmes plutôt que de succomber à la cruauté de leurs ennemis. Ceux qui étaient en désaccord furent autorisés à se retirer. Les autres se donnèrent la mort, après avoir mis le feu à leurs vêtements et marchandises pour éviter que ceux-ci ne tombent dans les mains de la foule.

[8] Le monophysisme est une doctrine christologique apparue au 5ème siècle dans l’Empire byzantin en réaction au nestorianisme, et ardemment défendue par Eutychès et Dioscore d’Alexandrie.

[9] Le titre de Patriarche de Constantinople est porté par le chef de la première juridiction autocéphale de l’Église orthodoxe qu’est le patriarcat œcuménique de Constantinople. Le titre de « patriarche » est traditionnellement porté par l’archevêché orthodoxe de Constantinople (actuelle ville d’Istanbul). Ce diocèse est l’un des plus anciens de la chrétienté. Le patriarche de Constantinople est primus inter pares (premier parmi les pairs) des chefs des Églises autocéphales formant l’Église orthodoxe, souvent considéré à tort comme étant le chef spirituel des 300 millions de chrétiens orthodoxes dans le monde.

[10] hypostaseis

[11] c’est-à-dire divino-humaine

[12] Le troisième concile de Constantinople, compté comme sixième concile œcuménique, se tint du 7 novembre 680 au 16 septembre 681.

[13] Le mot anathème désigne une réprobation. Cette réprobation peut concerner une mise à l’index, une personne ou une idée. Ce mot est notamment utilisé en rhétorique dans des expressions telles que « lancer l’anathème » et « frapper d’anathème », pour ajouter de l’emphase. L’origine de ce mot est religieuse et selon les époques désigne une offrande ou un sacrifice, comme chez les Grecs et les Romains. Dans le Christianisme, il signifie généralement une sentence de malédiction à l’égard d’une doctrine ou d’une personne, spécialement dans le cadre d’une hérésie.