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L’histoire pour le plaisir

Jules Alberoni ou Giulio Alberoni

vendredi 18 mai 2018

Jules Alberoni ou Giulio Alberoni (1664-1752)

Cardinal italien-Homme d’État espagnol

Né à Plaisance [1], dans l’actuelle province de Plaisance, en Émilie-Romagne [2], fils d’un jardinier de Firenzuola [3], près de Plaisance. Il dut sa fortune au duc de Vendôme, qu’il avait connu pendant les guerres d’Italie, et auquel il su plaire autant par son esprit vif et enjoué que par ses mœurs homosexuelles.

Il suivit ce seigneur en France, puis l’accompagna en Espagne, et s’y fit connaître avantageusement de Philippe V .

Le duc de Parme François Farnèse l’ayant nommé son agent politique à Madrid, il réussit à marier dès décembre 1714 la nièce du duc, Élisabeth Farnèse , au roi d’Espagne, tout juste veuf de Marie-Louise Gabrielle de Savoie et à faire éloigner la princesse des Ursins Marie-Anne de La Trémoille , qui avait été jusque-là toute puissante et à laquelle il avait lui-même d’ailleurs les plus grandes obligations.

Il tint le rôle de Premier ministre à partir de 1716 et obtint le chapeau de cardinal en 1717. Alberoni forma dès lors de vastes desseins aussi bien en faveur de l’Espagne que du duché de Parme [4], il voulut placer Philippe V sur le trône de France et mit toute l’Europe en mouvement. Mais le duc d’Orléans Philippe d’Orléans, alors régent, s’étant ligué contre lui avec le roi d’Angleterre, déjoua tous ses projets, porta la guerre en Espagne, obtint plusieurs avantages sur terre et sur mer, et n’accorda la paix à Philippe V qu’à la condition qu’Alberoni fut renvoyé. Le premier ministre reçut en conséquence l’ordre de quitter l’Espagne le 5 décembre 1719.

Alberoni rentra en Italie puis erra de ville en ville parce qu’il était recherché sur ordre du pape Clément XI lequel était son rival. Après la mort de Clément XI, il se rendit à Rome, où il participa à l’élection du pape Innocent XIII qui fit examiner sa conduite à la demande de l’Espagne. Il fut enfermé pendant 4 ans dans un couvent, mais dès 1723, il fut rétabli dans tous ses droits de cardinal.

Il jouit même d’une assez grande faveur à la cour de Rome, allant jusqu’à se présenter en 1724 à l’élection pontificale qui vit l’élection de Benoît XIII . Clément XII élu en 1730, le nomma légat apostolique [5] à Ravenne [6] d’où il tenta l’annexion de la république de Saint-Marin [7], désapprouvée par le Saint Siège. Il fut remplacé en 1740 et il se retira à Plaisance. Il y créa le collège Alberoni destiné alors à la formation au sacerdoce des jeunes gens d’origine modeste.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Jules Alberoni/ Portail de l’Italie/ Cardinal italien du XVIIIe siècle

Notes

[1] Plaisance est une ville italienne, chef-lieu de la province de Plaisance, située sur la rive droite du Pô, en Emilie Romagne (plaine du Pô). À Plaisance en 456, Ricimer, commandant des forces armées romaines, renversa l’empereur Avitus. Il épargna Avitus et lui permit de devenir évêque de Plaisance. En 1095, elle est le siège du concile de Plaisance, à l’origine de la première croisade. Au Moyen Âge, Plaisance fait partie du Saint Empire romain germanique et adhère à la Ligue lombarde. Cédée à la Papauté à l’issue des guerres d’Italie, elle fut unie à Parme en 1545 au sein du duché de Parme et Plaisance, sous la domination de la famille Farnese, puis passa aux Bourbons en 1732.

[2] La Romagne est une région historique, géographique et linguistique de l’Italie septentrionale et centrale, qui forme, avec l’Émilie, la région italienne de l’Émilie-Romagne. La République de Saint-marin et certaines communes des régions adjacentes de Toscane et des Marches sont considérées comme faisant traditionnellement partie de la Romagne. La Romagne n’a pas de capitale administrative propre, la ville la plus peuplée du territoire est Ravenne.

[3] Fiorenzuola d’Arda est une commune italienne de la province de Plaisance dans la région Émilie-Romagne en Italie.

[4] Le duché de Parme et de Plaisance est un ancien État italien dont la ville de Parme était la capitale. Issu du népotisme pratiqué par le pape Paul III, le duché est créé en 1545 et gouverné, à l’origine, par la famille Farnèse, à laquelle appartient le pontife. Le duché parvient à garder une certaine autonomie et son intégrité territoriale malgré les prétentions de la France, de l’Espagne et de l’Autriche, notamment après la disparition des Farnèse, en 1731, remplacés sur le trône par une branche des Bourbons d’Espagne, les Bourbon-Parme.

[5] Le légat apostolique, ou plus communément légat du pape, ou légat pontifical, est un représentant extraordinaire du pape chargé d’une mission spécifique, généralement diplomatique. Il se distingue en cela du nonce apostolique qui est un ambassadeur permanent du Saint-siège auprès des gouvernements étrangers.

[6] Ravenne est une ville italienne de la province de Ravenne en Émilie-Romagne. Elle est considérée comme la capitale mondiale de la mosaïque. Ravenne fut une cité de première importance au tournant de l’Antiquité et du Moyen Âge. En 402, pendant le règne d’Honorius, elle fut, du fait de sa position stratégique plus favorable, élevée au rang de capitale de l’Empire romain d’Occident en lieu et place de Milan, trop exposée aux attaques terrestres des barbares. Son port de grande capacité, sur l’Adriatique, la mettait en communication aisée avec Constantinople, capitale de l’Empire romain d’Orient. La cité continua d’être le centre de l’Empire d’Occident jusqu’à la chute de celui-ci en 476. Elle devint alors la capitale du royaume d’Italie d’Odoacre, puis à partir de 493 celle du royaume des Ostrogoths, sous Théodoric le Grand, qui englobait l’Italie, la Rhétie, la Dalmatie et la Sicile. En 540, sous le règne de Justinien 1er, Ravenne fut conquise par le général de l’Empire d’orient Bélisaire ; elle fut ensuite reconquise par les Ostrogoths avant d’être à nouveau reprise par le général de l’Empire d’orient Narsès en 552. C’est pour contrer le danger né de l’invasion des Lombards en Italie à partir de 568, que Ravenne devint le siège de l’exarchat byzantin d’Italie, par décision de l’empereur Maurice. La concentration de tous les pouvoirs civils et militaires entre les mains de l’exarque, représentant personnel de l’empereur byzantin favorisa, à long terme, l’émancipation des territoires du nord de l’Italie vis-à-vis du pouvoir impérial. Ravenne fut prise en 752 par Aistolf, roi des Lombards. Deux ans après, Pépin le Bref, roi des Francs, la lui enleva et la donna au Saint-Siège.

[7] Saint-Marin, en forme longue la Sérénissime République de Saint-Marin ou République de Saint-Marin, est le troisième plus petit État d’Europe après le Vatican et Monaco, et le cinquième au monde après ces deux mêmes États ainsi que du Nauru et du Tuvalu. C’est aussi la plus ancienne république au monde avec un système constitutionnel qui remonte au 16ème siècle. La République fait partie intégrante de la région historique du Montefeltro.