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Claude Glucq des Gobelins

samedi 10 mars 2018

Claude Glucq des Gobelins (1676-1742)

Seigneur de Villegénis

Magistrat, industriel et collectionneur du 18ème siècle né à Paris. Fils de Jean Glucq , teinturier en écarlate aux Gobelins [1], et de Marie Charlotte Jullienne, il choisit la carrière de Conseiller au Parlement [2], comme son aîné Jean-Baptiste Glucq. Il fut reçu le 30 juillet 1710 en la cinquième Chambre des Enquestes et hérita en 1718 de la moitié de la manufacture paternelle.

Il acheta le 17 novembre 1719 à Henry-Reynaud d’Albertas le château de Villegénis à Massy [3], qu’il décora de somptueux chefs-d’œuvre acquis auprès des artistes qu’il côtoyait et protégeait aux Gobelins.

Il possédait Les agréments de l’été et Les plaisirs du bal, entre autres toiles de Watteau , et avait commandé en 1725 et 1726 à Alexandre-François Desportes , peintre des chasses et de la meute de Louis XIV, de très nombreux tableaux et dessus-de-porte. “Une Chasse au loup” se trouve au musée des beaux-arts de Rennes [4], son pendant, “une Chasse au sanglier” au musée de la chasse et de la nature [5] ; un dessus-de-porte est conservé au Louvre et un autre au musée de la Vénerie de Senlis [6] ; le musée du château de Fontainebleau [7] en possède quelques autres ainsi que le musée du château de Versailles.

De même, il avait fait de grands travaux dans le château de Pionsat [8], bien de la famille de Chabannes jusqu’au 22 mai 1719 en Auvergne, mais entraîné par son train de vie, il se démit de sa charge au profit de son neveu Jean-Baptiste-François de Montullé le 10 janvier 1741 et mourut l’année suivante sans avoir contracté d’alliance.

Son château de Villegénis avec ses fiefs d’Igny [9], de Gommonvilliers [10] et de Vilaine ainsi que la métairie de la Fontaine-Michel fut acheté le 8 août 1741 par le marquis Claude-Pierre de Sabrevois qui le céda à son tour en 1744 à Elisabeth Alexandrine de Bourbon, comtesse de Sens [11].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Claude Glucq des Gobelins/ Portail de l’histoire de l’art/ Magistrat français du XVIIIe siècle

Notes

[1] La manufacture des Gobelins est une manufacture de tapisserie dont l’entrée est située au 42 avenue des Gobelins à Paris dans le 13ème arrondissement. Elle est créée en avril 1601 sous l’impulsion d’Henri IV, à l’instigation de son conseiller du commerce Barthélemy de Laffemas.

[2] Avant la Révolution, le terme de parlement désigne en France une cour de justice jugeant en appel des juridictions d’une région, et dont le pouvoir législatif est purement jurisprudentiel. Des arrêts de règlements, pris collégialement toutes chambres réunies, permettent de codifier des questions de droit en faisant une synthèse de la jurisprudence. De nombreuses matières sont de la compétence de juridictions spéciales sous appel d’autres cours souveraines que les parlements, notamment pour les contentieux relatifs aux affaires ecclésiastiques, au domaine du roi (Eaux et Forêts, Amirauté, monnaie), à certaines professions (Maréchaussée, chambre de la Maçonnerie), aux questions fiscales.

[3] Le château de Villegénis est un château français situé dans la commune de Massy, en pays Hurepoix, aujourd’hui le département de l’Essonne, à 15 kilomètres au sud-ouest de Paris. En 1575, le domaine passe à la famille de Vigny qui agrandit le domaine en annexant les terres d’Igny et Gommonvilliers. En 1616, c’est Bertrand de Solly qui achète le domaine relevant de la baronnie de Macy, puis en 1618, il est acquis par Charles Levoyer. Le 27 mars 1643, il revient à Barthélémy de Lafont et Étienne de Vigny. Le 6 septembre 1651, la veuve de ce dernier, Madeleine de Lafont, cède le château de Villegénis et ses dépendances, la terre et seigneurie d’Igny et le fief de Gommonvilliers sis en la paroisse d’Igny à Pierre d’Albertas, maître des requêtes, seigneur de Ners et Gémenos ; en 1688, c’est Guy Carré de Montgeron qui en prit possession en attendant la majorité d’Henry-Reynaud d’Albertas (1674-1746), héritier de son grand-oncle. Ce dernier devint le premier président de la Cour des comptes de Provence. En 1719, Claude Glucq (1676-1742), magistrat et industriel parisien rachète le domaine (au père de son neveu par alliance) et décore son nouveau château de nombreuses œuvres d’art - dont celles de Nicolas Coustou - et commanda en 1725 au peintre animalier, Alexandre-François Desportes (1661-1743), un extraordinaire ensembles de toiles. Le domaine fut entouré d’eaux vives avec une chapelle. Le 8 août 1741, Claude Glucq, ruiné, cède à Claude-Pierre, marquis de Sabrevois, capitaine de carabiniers et Louise de Guiry, son épouse, les terres et seigneuries de Villegénis, d’Igny, de Gommonvilliers, de Villaine ainsi que les terres et la métairie de la Fontaine-Michel pour 400 000 livres et 20 000 livres pour les meubles du château.

[4] Le musée des beaux-arts de Rennes (MBAR) est un musée situé à Rennes. Le fonds initial de ce musée d’art provient des œuvres saisies lors des confiscations révolutionnaires effectuées en 1794 dans les édifices religieux et civils de la ville. Il doit cependant la plus grande partie de ses richesses au fabuleux cabinet de curiosités du marquis de Robien, président à mortier du Parlement de Bretagne, qui y avait rassemblé une impressionnante collection d’œuvres et d’objets de toutes époques. Avec la collection du marquis de Livois à Angers, c’était alors l’une des rares collections provinciales de peinture ancienne.

[5] Le musée de la chasse et de la nature, « Musée de France » depuis 2003, est un musée privé rassemblant les collections de la Fondation de la Maison de la Chasse et de la Nature. Il est situé à Paris, dans l’hôtel de Guénégaud et l’hôtel de Mongelas dans le quartier du Marais.

[6] Le musée de la Vénerie est un musée municipal de la ville de Senlis (Oise) situé dans l’ancien prieuré Saint-Maurice, inscrit monument historique. Au cœur de l’ancien Château Royal, lui-même classé, il se situe juste en face du parvis de la cathédrale Notre-Dame de Senlis.

[7] Le château royal de Fontainebleau est un château de styles principalement Renaissance et classique, jouxtant le centre-ville de Fontainebleau (Seine-et-Marne), à une soixantaine de kilomètres au sud-est de Paris, en France. Les premières traces d’un château à Fontainebleau remontent au 12ème siècle.

[8] La construction du premier château de Pionsat remonte à la fin du XIVe siècle au cœur de la guerre de Cent ans. Il est vraisemblablement l’œuvre de Guy Aubert, seigneur le Pionsat (et neveu du pape Innocent VI), appliquant l’édit de Charles V de 1367 sur la fortification du royaume, afin de renforcer la défense de l’Auvergne face aux incursions Anglaises. Au cours des siècles, le château prend la forme d’une enceinte avec plusieurs tours (peut-être cinq) et donjon selon un schéma assez élaboré dont il reste encore des vestiges

[9] Igny est une commune française située à dix-sept kilomètres au sud-ouest de Paris dans le département de l’Essonne en région Île-de-France. A partir de 1580, le domaine fut rattaché au château de Vilgénis puis vendu en 1648 à Pierre d’Albertas qui laissa à son neveu, ce dernier le vendit au magistrat et homme d’affaires Claude Glucq des Gobelins. Vendu en 1744 à Élisabeth-Alexandrine de Bourbon-Condé, les domaines revinrent par héritage au prince Louis V Joseph de Bourbon-Condé, contraint rapidement à l’exil.

[10] aujourd’hui quartier d’Igny

[11] La nécessité de rémunérer le prince de Condé contraint le pouvoir à lui engager le comté de Sens. Il s’agit de la résurgence d’une entité qui n’est jamais citée entre le milieu 11ème et le début du 17ème siècle. Ce comté sera restitué par son arrière-petite-fille, détentrice de Vallery