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Virius Nicomachus Flavianus ou Nicomaque Flavien

mercredi 7 février 2018

Virius Nicomachus Flavianus ou Nicomaque Flavien (vers 334-394)

Érudit et homme politique romain

Issu d’une grande famille aristocratique romaine, il est l’un des acteurs principaux du parti païen à Rome dans la deuxième moitié du 4ème siècle et s’efforce de maintenir voire de ranimer les rites païens traditionnels, et de lutter contre l’influence grandissante du christianisme. C’est à ce titre un adversaire acharné de l’évêque Ambroise de Milan dans la controverse sur l’autel de la Victoire [1].

Il fait une carrière civile brillante mais entrecoupée de disgrâces dues à ses positions politiques et religieuses. Vicaire de la préfecture du prétoire d’Afrique en 376, il part à Constantinople en 382 où Théodose 1er le fait questeur [2] du palais, malgré son paganisme.

De retour en Italie, il est nommé préfet du prétoire [3] d’Italie en 390, et se trouve au sommet de sa carrière politique. La législation anti-païenne de Théodose l’incite à soutenir la rébellion d’Eugène qui le fait consul pour 394. Lorsque la guerre éclate finalement entre Eugène et Théodose 1er, il participe à la campagne et se suicide à l’issue de la bataille de la Rivière Froide [4].

Nicomachus Flavianus est aussi un lettré, traducteur d’Apollonius de Tyane, et auteur d’un ouvrage sur “les dogmes des philosophes”. Également grammairien, c’est dans le domaine de l’histoire qu’il est le plus actif.

Il dédie à Théodose 1er des Annales qui s’arrêtent en 366 et il serait probablement, selon plusieurs études récentes, l’auteur de l’Histoire Auguste [5].

Il est le père de Nicomachus Flavianus le jeune .

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de André Piganiol, L’Empire chrétien, PUF, Paris, 1972

Notes

[1] Dans la Rome antique, le mot curia, traduit en français par curie, désigne un groupe d’hommes, ou le lieu où ils se réunissent. Le terme désignait ainsi des subdivisions civiques à Rome à l’époque de la monarchie et dans les cités de droit latin. La Curie désigne le bâtiment où se réunissait le Sénat romain, bâtiment toujours visible sur le forum romain aujourd’hui.

[2] Dans la Rome antique, les questeurs sont des magistrats romains annuels comptables des finances, responsables du règlement des dépenses et de l’encaissement des recettes publiques. Ils sont les gardiens du Trésor public, chargés des finances de l’armée et des provinces, en relation avec les consuls, les promagistrats et les publicains. Maintenue sous le Haut Empire avec son rôle comptable, cette fonction se réduit sous le Bas-Empire à une magistrature honorifique et coûteuse exercée uniquement à Rome.

[3] Le préfet du prétoire (præfectus prætorio) est l’officier commandant la garde prétorienne à Rome, sous le Haut-Empire, et un haut fonctionnaire à la tête d’un groupe de provinces, la préfecture du prétoire, dans l’Antiquité tardive.

[4] La bataille de la rivière froide ou bataille du Frigidus a eu lieu du 5 au 6 septembre 394 et a vu s’affronter les troupes de l’Empire romain d’Orient alliées aux Wisigoths, et commandées par l’empereur romain Théodose 1er et le roi des Wisigoths Alaric, aux troupes coalisées de l’Empire romain d’Occident et des Francs, sous le commandement d’Eugène et d’Arbogast. La défaite et la mort d’Eugène et de son commandant, le général franc Arbogast, permettent pour la dernière fois dans l’histoire romaine d’unir, sous le pouvoir d’un seul empereur, l’ensemble des territoires de l’Empire romain. Cette bataille favorise également l’adoption du christianisme dans la partie occidentale de l’empire, Eugène possédant le soutien de l’aristocratie païenne.

[5] L’Histoire Auguste (en latin Historia Augusta) est le nom que l’on donne couramment depuis le début du 17ème siècle à un recueil de biographies d’empereurs romains composé en latin au cours de l’Antiquité tardive, à la fin du 4ème siècle.