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L’histoire pour le plaisir

Nathalie Alexeïevna de Russie

samedi 30 décembre 2017

Nathalie Alexeïevna de Russie (1673-1716)

Sœur préférée de Pierre le Grand. Elle est la fille d’ Alexis 1er de Russie et de Nathalie Narychkine.

Elle perd son père lorsqu’elle a 3 ans, et elle est élevée par sa mère avec son frère Pierre, dont elle partage les confidences. Lorsque sa demi-sœur la régente Sophie gouverne, la famille habite l’été dans le village de Préobrajenskoïe [1], près de Moscou et l’hiver à Moscou. Son grand-père, Cyrille Narychkine, et ses oncles parviennent à échapper aux désordres de la révolte des Streltsy [2], le 15 mai 1682, et la fillette est saine et sauve.

C’est elle qui est chargée de l’éducation de son neveu, le tsarévitch [3] Alexis Petrovitch , lorsque la mère de ce dernier, Eudoxie Lopoukhine accusée de complot, est obligée de prendre le voile.

Pierre installe aussi sa future femme Marthe au moment de son baptême orthodoxe sous le nom de Catherine chez Nathalie. Elle compte parmi les dames de sa cour les sœurs Anne et Marie Menchikov, avec qui elle a des rapports d’amitié, Anissia Tolstoï qui deviendra dame d’honneur de Catherine 1ère, comme Varvara Arséniev, ainsi que la sœur de cette dernière, Daria, épouse du prince Menchikov, favori de Pierre.

Elle doit habiter à partir de 1708 Saint-Pétersbourg [4] sur l’île Krestovski [5], mais elle ne s’y plaît pas et passe de longs séjours à Moscou, pendant que l’on bâtit son palais.

En 1713, elle habite enfin une demeure à côté de celle du tsarévitch Alexis. Elle ne se maria jamais et Pierre n’arrangea pas de projets matrimoniaux à l’égard de sa jeune sœur. Elle était passionnée de théâtre, en fit installer un, le premier, dans son palais de Moscou en 1706, et s’essaya même à écrire 4 pièces. De même à Saint-Pétersbourg, elle faisait jouer des pièces à la cour. Elle soutenait les réformes de son frère et en faisait ainsi passer le message dans ses pièces.

Elle mourut à l’âge de 43 ans et fut enterrée au cimetière Saint-Lazare [6] du monastère Saint-Alexandre-Nevski [7]. On installa une chapelle funéraire dédiée à la résurrection de Lazare, au-dessus de sa tombe, et c’est ainsi que cette partie du cimetière de la laure, reçut son nom par la suite.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Nathalie Alexeïevna/ Portail de la Russie/ Noblesse russe du XVIIIe siècle

Notes

[1] Preobrajenskoïe est un district municipal de Moscou, dépendant du district administratif est.

[2] Streltsy est le pluriel du mot strelets et désigne un corps militaire russe ayant servi du 16ème siècle au début du 18ème siècle. Après la tentative de coup d’État de Sophie, demi-sœur de Pierre le Grand et régente de Russie en 1682 et leur révolte de 1698, Pierre le Grand dissout le corps des streltsy petit à petit jusqu’en 1720 date de leur liquidation définitive.

[3] Le tsarévitch est le nom improprement donné à l’héritier du trône impérial russe en occident. Le titre exact était grand-duc tsésarévitch. Le titre est généralement porté par le fils aîné du tsar. Il signifie fils du tsar, par adjonction du suffixe « évitch » au titre impérial servant ici de patronyme. Le titre désignait à l’origine les fils d’un potentat, russe ou non, portant le titre de tsar. À cet égard, il était utilisé pour parler des enfants des souverains de Kiev, de Géorgie, etc. En 1721, le titre officiel du souverain russe fut occidentalisé : Pierre le Grand, délaissant le tsarat prit celui d’empereur de Russie. Un titre particulier fut alors composé pour le grand-duc fils aîné de l’empereur : tsésarévicth, c’est-à-dire le fils du César.

[4] Saint-Pétersbourg a été fondée en 1703 par le tsar Pierre le Grand dans une région disputée depuis longtemps au royaume de Suède. Par son urbanisme résolument moderne et son esthétique d’origine étrangère, la nouvelle ville devait permettre à la Russie d’« ouvrir une fenêtre sur l’Europe » et contribuer, selon le souhait du tsar, à hisser la Russie au rang des grandes puissances européennes. Le centre-ville, construit sur des directives des souverains russes, présente une architecture unique qui mélange des styles architecturaux (baroque, néoclassique) acclimatés de manière originale par des architectes souvent d’origine italienne. Sa beauté alliée à l’existence de nombreux canaux lui ont valu le surnom de « Venise du Nord » ou « de la Baltique ». De sa fondation jusqu’au début du 20ème siècle, Saint-Pétersbourg a été le principal centre intellectuel, scientifique et politique du pays. Au 19ème siècle, la ville devient le principal port commercial et militaire de la Russie ainsi que le deuxième centre industriel du pays, après Moscou. C’est d’ailleurs à Saint-Pétersbourg qu’éclate la Révolution russe de 1917 et où les bolcheviks triomphent. Saint-Pétersbourg a changé plusieurs fois d’appellation : elle a été rebaptisée Pétrograd de 1914 à 1924, puis Léningrad de 1924 à 1991, avant de retrouver son nom d’origine à la suite d’un référendum en 1991.

[5] L’île Krestovski est une île de Saint-Pétersbourg de 3,4 km² à l’embouchure de la Néva, située entre les bras du fleuve : la Néva moyenne (Srednaïa), la petite Néva (Malaïa), et la Krestovka. L’île appartenait pendant le 19ème siècle et jusqu’à 1917 à la famille Belosselsky-Belozersky.

[6] Le cimetière Saint-Lazare est l’un des trois cimetières du monastère Alexandre-Nevski de Saint-Pétersbourg. Il fait partie depuis 1932 du musée de sculptures de la ville et s’étend sur 0,7 ha.

[7] Le monastère de la Sainte-Trinité-Alexandre-Nevski à Saint-Pétersbourg a été fondé par Pierre le Grand en 1710, pour abriter les reliques de saint Alexandre Nevski, protecteur de la nouvelle capitale de la Russie. Ces reliques furent transférées depuis Vladimir le 30 août 1724. Le monastère prend alors le titre de « laure » pour que Pétersbourg n’ait rien à envier ni à Kiev, ni à Moscou. Il manifeste la volonté d’enraciner la nouvelle capitale dans le prestigieux passé de la « sainte Russie ».