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L’histoire pour le plaisir

Moïse

jeudi 28 juillet 2016

Moïse

Premier prophète du judaïsme

Moïse est probablement le personnage le plus important de la Bible hébraïque, recevant la Loi pour le judaïsme, préfigurant Jésus-Christ pour le christianisme et précédant le prophète Mahomet pour l’Islam.

Le personnage de Moïse apparaît dans le Livre de l’Exode* [1]. Ce récit semble notamment inspiré de la légende du roi mésopotamien Sargon d’Akkad sauvé des eaux, à l’instar duquel Moïse apparaît, pour la recherche du début du 21ème siècle, comme un personnage fondateur mythique mais dont l’historicité est inaccessible.

Pour les traditions monothéistes juive et chrétienne, Moïse est l’auteur sous inspiration divine du Pentateuque [2]. C’est là que sont relatées l’histoire de Moïse lui-même, celle des Patriarches et celle du peuple d’Israël.

Moïse y apparaît comme le prophète et le guide qui conduit le peuple hébreu hors d’Égypte, pays où ils vivaient dans la servitude, après que les dix plaies infligées à l’Égypte ont permis la libération du peuple d’Israël.

Fils d’ Amram , Moïse est le premier personnage à être nommé « homme de Dieu » dans la Bible. Selon ces traditions, Moïse écrit également « sous la dictée de Dieu » les Dix Commandements et tout un ensemble de lois religieuses, sociales et alimentaires. En plus de cette idée d’une rédaction mosaïque sous la dictée de Dieu connue comme la « Torah écrite », les rabbins attribuent également à Moïse la « Torah orale » que constituent les commentaires de la Loi codifiés dans la Mishna [3].

La tradition de la rédaction mosaïque de la Torah a été remise en question à partir du 17ème siècle, entre autres par Spinoza, puis au 18ème siècle par Jean Astruc , qui ne réfutent pas l’historicité de Moïse pour autant. C’est depuis lors que se développe l’école de la critique biblique, étudiant la Bible comme un objet scientifique.

En islam, Moïse (sous le nom de Moussa) est le prophète le plus présent dans le Coran, cité à 136 reprises. Il fait partie des « grands prophètes », il est considéré comme l’un des messagers envoyés par Allah et annonce le prophète Mahomet. Les récits mosaïques du Coran s’inspirent du Pentateuque, de l’Aggada [4] et proposent des épisodes originaux, insistant sur le parallélisme entre Mahomet et Moïse. Ce dernier est le seul des prophètes à avoir entendu directement Dieu lorsqu’il reçoit les tables de la Loi ce qui lui vaut le titre de kalîm Allah [5].

La vie de Moïse décrite dans la Bible se découpe en trois parties de quarante ans.

La fille de Pharaon découvre sur la rive du fleuve un berceau où flotte un nourrisson qu’elle nomme Moïse. Plus tard, Moïse constate la misère de son peuple d’origine et tue un contremaître égyptien qui battait un Hébreu. Il n’a d’autre choix que de s’enfuir dans le désert.

Moïse prête main-forte aux filles du prêtre de Madian , Jethro ou Yitro . Il se marie avec l’une d’elles, Tsippora/Séphora , et mène une vie de berger.

Lorsque Moïse atteint l’âge de 80 ans, Dieu se révèle à lui et lui dévoile sa mission : L’ange de l’Éternel lui apparut au milieu d’un buisson alors qu’il faisait paître les moutons de son beau-père. Il conduit alors les Enfants d’Israël hors d’Égypte, jusqu’à la Terre promise, le pays de Canaan, sur le seuil duquel il meurt, à 120 ans.

Avant de mourir, il nomme Josué comme successeur pour conquérir la Terre promise.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Philippe Borgeaud (éd.), Thomas Römer (éd.) et Youri Volokhine (éd.), Interprétations de Moïse : Égypte, Judée, Grèce et Rome, vol. 10, Leiden, Brill, coll. « Jerusalem Studies in Religion and Culture »,‎ 2010/ Le petit mourre dictionnaire d’histoire universelle édition Bordas 2004 p 885

Notes

[1] texte composé de différentes strates d’écritures et dont les premiers éléments semblent dater de la fin du 7ème siècle av. jc

[2] c’est-à-dire des cinq premiers livres de la Bible, livres qui constituent la Torah juive et sont appelés la « Loi de Moïse » dans le judaïsme

[3] La Mishna est la première et la plus importante des sources rabbiniques obtenues par compilation écrite des lois orales juives, projet défendu par les pharisiens, et considéré comme le premier ouvrage de littérature rabbinique. La Mishna est écrite en hébreu. Le terme Mishna fait à la fois référence à l’ouvrage recensant l’opinion et les conclusions des rabbins de l’époque on parle alors de La Mishna et aux conclusions des rabbins elles-mêmes on parle alors d’une ou des mishnayot (pluriel de mishna). Elle comporte six ordres, eux-mêmes divisés en traités. Chaque traité comporte plusieurs chapitres. Il est d’usage de faire référence à une Mishna par : le nom du traité, suivi du numéro du chapitre, lui-même suivi du numéro de la mishna.

[4] L’Aggada ou Aggadata désigne les enseignements non-législatifs de la tradition juive ainsi que le corpus de ces enseignements pris dans son entièreté. Ce corpus de la littérature rabbinique recouvre un ensemble hétéroclite de récits, mythes, homélies, anecdotes historiques, exhortations morales ou encore conseils pratiques dans différents domaines. Il est principalement recueilli dans le Talmud et dans diverses compilations de Midrash Aggada, dont l’une des plus connues est le Midrash Rabba, ainsi que dans des genres non-rabbiniques comme la littérature apocalyptique et judéo-hellénistique.

[5] interlocuteur de Dieu