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Johann Eberhard Nithard

vendredi 22 juillet 2016

Johann Eberhard Nithard (1607-1681)

Prêtre jésuite autrichien

Né à Falkenstein [1], il fut un précepteur des enfants de Ferdinand III d’Autriche , régent d’Espagne de 1666 à 1669 et créé cardinal en 1672.

D’origine aristocratique allemande Nithard participe militairement à la Ligue catholique [2] avant d’entrer dans la compagnie de Jésus [3] le 15 octobre 1631 à Vienne.

Il fit des études de philosophie et de théologie à Graz [4] de 1633 à 1640 où il resta comme professeur après son ordination sacerdotale en 1639.

De 1641 à 1646 Nithard enseigne la philosophie et le droit canon à Graz. Il est alors choisi par l’empereur Ferdinand III d’Autriche pour être le précepteur de ses enfants Léopold et Marianne. C’est le tournant de sa vie.

En 1647 il est de plus aumônier et confesseur de Marianne, rôle qu’il garde même après le mariage de la princesse avec Philippe IV d’Espagne deux ans plus tard en 1649.

Nithard suit sa protégée à Madrid. Il gagne la confiance de son royal époux, Philippe IV qui le nomme dans une série de commissions qui ont pour but d’améliorer le sort du peuple. Il remplit ces tâches mineures à la satisfaction du roi qui, semble-t-il, souhaite le voir créer cardinal. Nithard, l’en dissuade.

L’estime du roi n’en est que plus grande. C’est Nithard que Philippe IV appelle à son chevet pour le soutenir spirituellement lors de ses derniers moments.

Philippe IV meurt en 1665. Son fils et successeur Charles II n’ayant que quatre ans, la reine Marianne est régente du royaume. Peu préparée à ce rôle la régente, elle se tourne de plus en plus vers son confesseur pour obtenir conseil. Les consultations se font quotidiennes. L’influence de Nithard grandit. La reine lui donne la nationalité espagnole et il est fait membre du Conseil de la Régence. Il est clair que le jésuite Nithard est devenu le principal conseiller politique de la régente, et de facto le premier ministre du royaume. Il a largement dépassé son rôle spirituel de confesseur.

Non contente de cela, la reine obtient du pape Alexandre VII que Nithard soit dispensé de ses vœux de jésuite pour qu’il puisse être nommé inquisiteur général d’Espagne. L’ascension de Nithard lui crée beaucoup d’ennemis. Il reste un étranger pour la noblesse espagnole et, qui plus est, descendant de parents luthériens, ce qui ne lui gagne aucun ami dans le haut et bas clergé de l’Espagne catholique. Opposition et jalousie restent discrets tant qu’il a la faveur de la reine. Par ailleurs Nithard est un bon et irréprochable administrateur.

Opposition et hostilité se cristallisèrent en la personne de Don Juan José d’Autriche, fils illégitime de Philippe IV. Écarté de la cour et du pouvoir après la mort de Philippe IV, il tenta d’abord de s’obtenir un retour en grâce auprès de la régente par l’intermédiaire de Nithard. Échouant dans son entreprise il organise une campagne contre le jésuite. Un attentat contre la vie de Nithard échoue. Juan José prend la fuite pour éviter l’arrestation. À Saragosse où il est populaire il rassemble une force de 600 chevaux et menace de monter sur Madrid si Nithard n’est pas écarté. Une guerre civile menace.

Suite à l’intervention du pape Clément IX la reine accepte de se séparer de son conseiller. Le 25 février 1669 Nithard part en exil à Rome, où il est nommé ambassadeur d’Espagne avec promesse du chapeau cardinalice.

L’ambassadeur extraordinaire d’Espagne passe la plus grande partie de son temps à écrire ses mémoires (21 volumes) et d’autres ouvrages pieux. Il est nommé archevêque titulaire d’Edesse le 16 novembre 1671 et fait cardinal peu après par le pape Clément X le 22 février 1672. Il souhaite retourner en Espagne mais n’en obtient pas la permission. Il semble qu’il ait été influent lors du conclave de 1676 qui élut le cardinal Benedetto Odescalchi pape sous le nom d’ Innocent XI .

Il meurt à Rome le 1er février 1681.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia Johann Eberhard Nithard/ Portail de l’Espagne/ Jésuite autrichien

Notes

[1] Autriche

[2] La Sainte Ligue catholique (du Saint Empire) est une alliance des États allemands catholiques formée afin de contrecarrer l’Union protestante. La tension entre ces deux groupes mettra par la suite, le feu dans la première phase de la guerre de Trente Ans. Le duc Maximilien de Bavière, fondateur de cette ligue, en fut également le premier commandant. En 1609, les États du Saint Empire romain germanique se réunirent à Munich pour signer entre eux, pour une durée de neuf ans, un traité d’alliance militaire. Peu avant cette échéance, la guerre éclata entre Ferdinand II, empereur du Saint Empire, et Frédéric V, électeur palatin. L’Union protestante s’est naturellement groupée derrière Frédéric V, contre la Ligue catholique soutenue par Ferdinand II. La ligue est parvenue à défaire les protestants dans la première phase de la guerre.

[3] La Compagnie de Jésus est un ordre religieux catholique masculin dont les membres sont des clercs réguliers appelés « jésuites ». La Compagnie est fondée par Ignace de Loyola et saint François Xavier et les premiers compagnons en 1539 et approuvée en 1540 par le pape Paul III. Dissoute en 1773, elle fut rétablie en 1814 par le pape Pie VII.

[4] Graz est une ville d’Autriche et la capitale de la province de Styrie. Graz fut construit autour de la colline du Schloßberg. La première mention de la bourgade est dans un document de 881 qui devint ensuite la résidence du pouvoir local. Les privilèges de l’ancienne charte furent confirmés par Rodolphe 1er en 1281. Avec une situation stratégique à l’entrée de la vallée fertile de la Mur, Graz fut souvent assiégée sans succès : par les Hongrois sous Matthias Corvin en 1481, et par les Turcs ottomans en 1529 et 1532. En 1540, Eggenberg fonda les Paradies, ou école luthérienne, dans laquelle Johannes Kepler enseigna de 1594 à 1598. L’archiduc Charles II d’Autriche Styrie a brûlé 20 000 livres protestants dans le carré de ce qui est de nos jours un asile de malades mentaux et réussit à remettre la Styrie sous l’autorité de Rome.