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Juan José d’Autriche ou Don Juan José d’Autriche

vendredi 25 mars 2016

Juan José d’Autriche ou Don Juan José d’Autriche (1629-1679)

Comte d’Oñate-Homme politique et général espagnol-Gouverneur des Pays-Bas espagnols de 1656 à 1659-Premier ministre de l’Espagne de 1677 à 1679

Reconnu comme fils bâtard par Philippe IV d’Espagne, sa mère, María Calderón était une actrice dont la vie dissolue avait rendu sa paternité problématique. Cependant, le roi le légitime et lui fait suivre une éducation soignée à Ocaña [1] où il apprend les bases de la vie militaire. Le père jésuite et mathématicien Jean-Charles della Faille est son précepteur.

En 1647, il est envoyé à Naples avec une escadre militaire pour venir en aide au vice-roi Rodriguez Ponce de Léon alors aux prises avec la révolte populaire emmenée par Masaniello . La restauration de l’autorité sera toutefois plus due à l’épuisement des insurgés et à la folie de leur chef français, le duc Henri de Guise qu’à la force militaire.

Il est ensuite envoyé comme vice-roi de Sicile, d’où il est rappelé en 1651 pour terminer la "pacification" de la Catalogne en révolte contre la Castille depuis 1640, secondée par la France de Richelieu et de Mazarin et par le Portugal des Bragance.

Les excès de l’armée française, appelée à la rescousse par les indépendantistes, ont toutefois passablement refroidi les ardeurs de ceux-ci et don Juan n’arrive guère qu’à temps pour diriger le siège final de Barcelone et la signature en octobre 1652 d’une convention qui après douze ans de guerre essayera de mettre fin au soulèvement catalan, qui pourtant ne sera abandonnée par Mazarin contre la cession castillane du Roussillon catalan qu’au Traité des Pyrénées [2] de 1659.

Dans les deux cas, il tient le rôle du défenseur de la paix armée. Son air sympathique couplé avec ses manières plaisantes et son physique avantageux en font un homme populaire parmi ses compatriotes castillans. En 1656, il est envoyé dans les Flandres, alors en révolte elles aussi, contre la couronne de Castille. Lors de la charge de cavalerie sur le camp français de Valenciennes en 1656, il montre un grand courage personnel.

Bien qu’il prenne part au commandement de l’armée lors de la Bataille des Dunes [3] de 1658 contre Turenne et les forces britanniques envoyées par Cromwell, son armée est complètement battue, en dépit des efforts de son allié, le Prince de Condé.

À la suite du Traité des Pyrénées de 1659, lequel libéra les forces castillanes des fronts français, où Olivarès avait cédé le Roussillon à Richelieu en échange de la conquête hypothétique du Portugal, la Castille tourne contre celui-ci l’ensemble de sa force guerrière, en concentrant enfin ses moyens militaires sur la frontière portugaise.

Entre 1661 et 1662, don Juan José reçoit le commandement en chef de cette armée occidentale, dont les tercios [4] sont traditionnellement composée aussi par un grand nombre de mercenaires européens payés avec l’or d’Amérique, armée qu’il dirige contre le Portugal depuis l’Extremadure castillane [5].

Ces troupes multinationales sont frappées de maladie, mal payées et peu fiables, tout comme les portugaises, mais plus nombreuses que leurs opposants, ce qui leur assure à leur tour quelques succès frontaliers qui apparemment auraient pu être mieux exploités.

Ce sera pourtant don Juan d’Autriche qui ira diriger la première grande invasion du Portugal, depuis le début de la Guerre d’Acclamation [6], essayant de la mener jusqu’à Lisbonne. S’il obtient une victoire partielle en 1663 en conquérant une partie du sud du Portugal autour d’Évora [7], qui tombe pour peu de temps entre ses mains, et qu’il fait réprimer avec cruauté, en revanche il est à nouveau défait lorsque, finalisant la campagne de cette année, les Portugais sont eux aussi renforcés par un contingent de mercenaires français, suisses, anglais et allemands, placés sous le commandement du maréchal allemand Frédéric-Armand de Schomberg qui le bat durement lors de la bataille d’Ameixial [8], le 8 juin.

Malgré toutes ces défaites, don Juan José d’Autriche garde la confiance de son père jusqu’à ce que la reine Marie-Anne , mère du seul héritier légitime du trône, le futur Charles II, n’intrigue pour le faire tomber en disgrâce et envoyer en exil. À la mort du roi Philippe IV, en 1665, il prend la tête de l’opposition au gouvernement formé par la régente qui fera assassiner l’un de ses serviteurs.

En réaction, le bâtard royal prend la tête d’un soulèvement en Aragon et en Catalogne, qui aboutira à l’expulsion du confesseur et conseiller de la reine régente, le jésuite Johann Eberhard Nithard . Il doit toutefois se contenter de la vice-royauté de l’Aragon [9]. En 1677, la reine s’étant attiré les foudres du gouvernement suite à ses faveurs envers Fernando de Valenzuela, don Juan José parvient à la faire expulser de la cour et à se faire choisir premier ministre. Il ne peut tenir les espoirs mis en lui et en son gouvernement car il décède peu de temps plus tard, en septembre 1679.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « John of Austria the Younger »

Notes

[1] Ocaña est une commune d’Espagne de la province de Tolède dans la communauté autonome de Castille-La Manche.

[2] Le traité des Pyrénées formalise une paix conclue entre la couronne d’Espagne et la France à l’issue de la guerre franco-espagnole, commencée en 1635 dans le cadre de la guerre de Trente Ans (1618-1648), et ayant continué durant la Fronde. Il est signé le 7 novembre 1659 sur l’île des Faisans, au milieu du fleuve côtier Bidassoa qui marque la frontière entre les deux royaumes dans les Pyrénées-Atlantiques. Les rois Louis XIV et Philippe IV y sont représentés par leurs Premiers ministres respectifs, le cardinal Mazarin et don Luis de Haro

[3] La bataille des Dunes est la bataille décisive de la guerre franco-espagnole (1635-1659). Elle a lieu le 14 juin 1658, et s’est conclue par une victoire des armées française et anglaise alors alliées depuis peu sous le commandement du vicomte de Turenne, sur l’armée espagnole des Flandres commandée par le prince de Condé, passé au service des Espagnols après l’épisode de la Fronde, et Don Juan José d’Autriche.

[4] Les tercios furent l’unité administrative et tactique de l’infanterie espagnole de 1534 à 1704. Regroupant environ trois mille fantassins professionnels par unité, hautement entraînés et disciplinés, les tercios furent réputés invincibles jusqu’à la bataille de Rocroi. Dans les autres pays, ils furent souvent appelés carrés espagnols.

[5] L’Estrémadure est l’une des 17 communautés autonomes d’Espagne. Située dans le sud-ouest du pays, elle partage ses frontières avec le Portugal, la Castille-Léon, la Castille-La Manche et l’Andalousie.

[6] La guerre de Restauration est une guerre d’indépendance menée par le Portugal contre l’Espagne du 1er décembre 1640 au 12 février 1668 (traité de Lisbonne). Elle est causée par la volonté des Portugais de se débarrasser de la domination des Habsbourgs d’Espagne, en détrônant Philippe IV d’Espagne, roi de Portugal sous le nom de Philippe III de Portugal, au profit d’un roi portugais de la maison de Bragance, Jean IV de Portugal qui rétablit la lignée aînée antérieure des rois de la dynastie d’Aviz. Aux 17ème et 18ème siècles, elle était connue sous le nom de guerre d’Acclamation.

[7] Évora est une ville et une municipalité du Portugal, chef-lieu du District d’Évora, dans la région de l’Alentejo et la sous-région de l’Alentejo Central.

[8] La bataille d’Ameixial, connue par les Espagnols comme bataille d’Estremoz, fut livrée le 8 juin 1663 pendant la guerre de Restauration. Elle opposa l’armée portugaise commandée par Schomberg et le comte de Vila Flor à l’armée espagnole de Don Juan d’Autriche qui fut vaincu.

[9] Le Vice-roi d’Aragon était le représentant de la monarchie en Aragon. La charge a été instituée en 1517 par Ferdinand II d’Aragon, appelé « le Catholique », dernier roi d’Aragon, lors de l’union des Couronnes de Castille et d’Aragon. Avec la création de l’État Moderne, les anciens royaumes de la Péninsule, tout en gardant une certaine indépendance politique et juridictionnelle, se sont transformés en vice-royautés, dont l’autorité était exercée par le vice-roi, représentant l’autorité suprême, celle du roi, à partir de Charles Quint, petit-fils de Ferdinand le Catholique. La vice-royauté d’Aragon a disparu avec la réforme de l’État menée à bien par la maison des Bourbons.