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L’histoire pour le plaisir

Iphicrate

vendredi 27 mai 2016

Iphicrate (vers 425/415 av.jc-

Stratège et homme politique athénien du 4ème siècle av. jc

Né dans une famille modeste, il était le fils d’un cordonnier, mais il se fait très vite repérer par Callistratos, un homme politique riche et influent qui le prend en charge. En 390, il détruit une mora [1] lacédémonienne lors la bataille de Lechaion [2], sous les murs de Corinthe [3] grâce à l’utilisation d’un bataillon de peltastes [4].

En 386, au moment de la Paix du Roi dite Paix d’Antalcidas [5], du nom de son principal négociateur spartiate, il part en Thrace [6] au service du roi Cotys dont il épouse la fille en secondes noces.

En 380, il entre au service du satrape  [7] perse Pharnabaze pour qui il combat en Égypte. En 373, il revient à Athènes après 13 ans d’absence. Il est élu stratège [8] et remporte un succès à Corcyre [9], ralliant toutes les cités de la région à la confédération athénienne [10].

Entre 368 et 365, il commande les forces athéniennes en Thrace et dans le Nord de la Mer Égée, puis est remplacé par son rival Timothée. Iphicrate retourne alors au service du roi Cotys avant de le laisser en 362, lorsque la situation se tend entre les Athéniens et ce dernier. Iphicrate s’exile alors en Thrace où il vit quelque temps avant de revenir à Athènes. Il est alors élu stratège avec son fils Ménesthéos ; ils participent à la bataille d’Embata [11], près d’Erythrées [12] qui voit la défaite décisive d’Athènes en 356. Accusés par le stratège Charès, Iphicrate et son fils sont tous deux acquittés. Iphicrate meurt vers 352.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Xénophon (trad. Pierre Chambry), Les Helléniques : Xénophon, Œuvres complètes, Flammarion,‎ 1967

Notes

[1] L’armée lacédémonienne est découpée en 6 morai d’environ 1 280 hommes (chiffre maximal), dirigée par un polémarque. Chaque mora est composée de 2 lochoi de 640 hommes, sous l’autorité d’un lochage ; le lochos est divisé en 8 pentekostyes, le pentekostys est dirigé par le pentécontère qui a sous ses ordres 32 unités d’une quarantaine d’hommes. Ces unités, appelées énomoties, sont structurées par des cadres, les énomotarques. Dans chaque mora, il y a un lochos de Sparte, et un lochos de périèques, ces derniers étant issus des cités autonomes mais non souveraines placées sous le contrôle de Sparte. Les hippeis appartiennent la première mora et sont, à Sparte, l’élite de l’armée, l’aile droite. Les hippeis sont sélectionnés par des officiers appelés hippagretai, dont tous les mlembres étaient au moins pères d’un fils, afin de prolonger la lignée. Chaque mora étaient distinctes d’une autre : ils campaient et allaient au combat séparément, accompagné d’une suite séparée. Des sacrifices étaient offerts chaque matin, et avant chaque bataille par le roi ou les officiers ; si les oracles ne lui étaient pas favorables, un chef pieux pouvait refuser la bataille, ne pas prendre part au combat

[2] La bataille de Lechaion (ou bataille des Longs-Murs de Corinthe, le Lechaïon étant le port relié à la ville de Corinthe par ces murs, comme Le Pirée à Athènes). Elle oppose d’un coté les Spartiates du roi Agésilas, soutenant les exilés corinthiens, et d’un autre coté les Argiens, les peltastes du stratège athénien Iphicrate et les Corinthiens de la ville. Elle se déroule en 390 av. jc.

[3] Corinthe était l’une des plus importantes cités de la Grèce antique, située dans les terres au pied de son acropole, l’Acrocorinthe. Elle abritait autrefois un célèbre temple d’Aphrodite.

[4] corps de fantassins légers créés par lui, qu’il forme à la guérilla

[5] La Paix d’Antalcidas est signée en 386 av. jc entre le roi de Perse Artaxerxès II et la cité de Sparte représenté par le général Antalcidas. Ce traité marque la fin de la Guerre de Corinthe. Elle est ensuite acceptée par Athènes, Thèbes, Corinthe et l’ensemble des cités grecques qui proclamèrent leur autonomie. Sparte devient la cité garante de la paix.

[6] La Thrace est une région de la péninsule balkanique partagée entre : la Bulgarie (Thrace du Nord), la Grèce (Thrace occidentale ou Thrace égéenne) et la Turquie (Thrace orientale).

[7] Un satrape est le gouverneur d’une satrapie, c’est-à-dire une division administrative de l’empire achéménide (Perse).

[8] Un stratège est un membre du pouvoir exécutif d’une cité grecque, qu’il soit élu ou coopté. Il est utilisé en grec pour désigner un militaire général. Dans le monde hellénistique et l’Empire Byzantin, le terme a également été utilisé pour décrire un gouverneur militaire. Dans la Grèce contemporaine (19ème siècle jusqu’à nos jours), le stratège est un général et a le rang d’officier le plus élevé.

[9] Corfou ou Corcyre est une île grecque située en mer Ionienne, sur la façade occidentale de la Grèce, à proximité de sa frontière avec l’Albanie. Elle est la capitale de la périphérie des Îles Ioniennes. L’île est connue dans l’histoire de la Grèce antique en tant que cité grecque sous le nom de Corcyre.

[10] La Seconde Confédération athénienne fut, de 377 à 355 av.jc, une confédération maritime de cités égéennes. Dirigée essentiellement par Athènes, elle visait à une défense commune, d’abord contre l’expansion de Sparte, et ensuite contre l’Empire perse.

[11] La bataille d’Embata est une bataille navale livrée en 356 av. jc, qui vit s’opposer des navires athéniens, menés par Charès, et des villes rebelles de la seconde confédération athénienne (Rhodes, Chios, Byzance) refusant de payer des impôts à Athènes. Elle fut perdue par les Athéniens.

[12] Érythrées est une ville d’Ionie située à 22 km au nord-est du port de Cyssus (dont le nom moderne est Çeşme), sur une petite péninsule qui s’étend dans la baie d’Érythrée, en face de Chios. Les ruines de ce comptoir maritime sont proches de la moderne Ritri. La cité était réputée pour son excellent vin, ses chèvres et son bois. Érythrées a été le berceau de deux prophétesses, des Sibylles, dont l’une, Sibylla, est mentionnée par Strabon comme vivant au début de l’histoire de la ville, et l’autre, Athénaïs, vivait à l’époque d’Alexandre le Grand. Les Sibylles érythréennes présidaient l’oracle apollinien.