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L’histoire pour le plaisir

Onias III

mardi 9 février 2016

Onias III

Grand prêtre du Temple de Jérusalem

Fils de Simon [1] est un grand prêtre [2] du Temple de Jérusalem [3] au 2ème siècle av. jc. Il est le dernier des grands prêtres légitimes, car considérés comme descendants de la lignée de Sadoq.

Onias III est déposé en 175 av.jc. Son frère Jason qui est imposé par Antiochus IV, est considéré comme un usurpateur.

L’auteur du deuxième livre des Maccabées [4] s’attache à décrire Onias comme un homme bon et recherchant la justice. Il semble qu’il ait adopté un parti pro-lagide contrairement à son père, pro-séleucide. Sa politique pro lagide se reflète dans ses liens avec Hyrcan le Tobiade [5], un grand partisan du parti égyptien. Onias garda même l’argent déposé par Hyrcan dans le Temple de Jérusalem.

Onias, en tant que grand prêtre, concentrait dans ses mains à la fois une charge religieuse et un pouvoir politique civil dont étaient exclus ceux n’appartenant pas à la lignée des grands prêtres. Lorsque Simon le Benjamite de la tribu de Benjamin, donc pas de la descendance d’Aaron, intendant du Temple, cherche à obtenir une charge plus importante et qu’Onias lui refuse, il dénonce Onias au pouvoir séleucide.

Il met au courant Apollonius , le gouverneur de Syrie et de Phénicie, qu’Onias dispose de réserves d’argent importantes en plus du trésor du Temple. Il convainc le gouverneur séleucide qu’il doit récupérer cet argent pour éviter qu’Onias ne s’en serve pour financer le parti pro-lagide contre le souverain séleucide Séleucos IV.

L’action de Simon conduit à l’envoi à Jérusalem du général Héliodore pour inspecter le trésor du Temple. La suite des événements après l’arrivée à Jérusalem d’Héliodore n’est pas claire, mais il semble qu’il échoue et qu’il rentre à Antioche [6] les mains vides.

La situation politique d’Onias est délicate. Sa position en tant que dirigeant est affaiblie car contestée, le gouverneur de Syrie montre son intention d’intervenir dans les affaires intérieures de la Judée et le danger d’une guerre civile à Jérusalem devient imminent.

Onias décide de se rendre à Antioche pour donner sa version des événements à Séleucos IV et pour renforcer sa position. C’est alors que Séleucos meurt et est remplacé par son frère Antiochus IV en 175 av.jc.

Antiochus, engagé dans un conflit avec Rome et avec les souverains égyptiens, choisit de ne pas soutenir Onias, pro-lagide, et de vendre la charge de grand prêtre à Jason, le frère d’Onias. Onias est déposé en 174.

À la suite de sa déposition, il semble qu’Onias s’enfuit à Sparte, avant de revenir à Antioche où il vit en exil. Il est assassiné à Daphné [7], dans la périphérie d’Antioche vers la fin 171 ou au début 170.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère : des prêtres aux rabbins, Presses universitaires de France, coll. « Nouvelle Clio »,‎ 2012

Notes

[1] probablement Simon le Juste

[2] Le grand prêtre est le titre que portait le premier des prêtres dans la religion israélite ancienne et dans le judaïsme classique, depuis l’émergence de la nation israélite jusqu’à la destruction du Second Temple de Jérusalem en 70 ap. jc. Les grands prêtres, comme d’ailleurs tous les prêtres, appartenaient à la lignée d’Aaron. Pendant la période du Second Temple, le grand prêtre exerça souvent la charge de président du Sanhédrin. Son rôle déclina avec l’occupation romaine à partir de 63 av. jc puis la fonction de grand Prêtre disparut avec la destruction du Second Temple. On estime que la période du Premier Temple compta 18 grands prêtres, et celle du Second Temple environ 60.

[3] Le Temple de Jérusalem est, selon la Bible, le bâtiment religieux construit par les Israélites pour abriter l’arche d’alliance. Il fut détruit par l’armée de Babylone et reconstruit 70 ans plus tard avec l’aide d’Esdras (d’après les récits bibliques), pour être à nouveau détruit par Rome.

[4] Le deuxième livre des Maccabées est un livre deutérocanonique de quinze chapitres relatant la révolte des Maccabées sous un angle plus théologique et apologétique qu’historique. La période qu’il couvre est plus restreinte que celle du premier Livre des Maccabées : il s’ouvre en effet sur les derniers jours de Séleucos IV et se conclut sur la défaite quinze ans plus tard du général Nicanor par Judas Maccabée, héros de l’ouvrage.

[5] Les Tobiades sont une famille juive implantée depuis le 6ème siècle av. jc en Transjordanie et d’extraction très ancienne. Type achevé de l’aristocratie indigène intégrée au monde hellénistique. Le destin de cette famille fascina les contemporains : Flavius Josèphe l’évoque longuement, et elle inspire sans doute le livre de Tobie dans la Bible.

[6] Antioche est une ville de Turquie proche de la frontière syrienne, chef-lieu de la province de Hatay. Elle est située au bord du fleuve Oronte. Antioche était la ville de départ de la route de la soie.

[7] Daphnè est une localité antique de Syrie, située à 7 kilomètres au sud-ouest d’Antioche dont elle constituait une banlieue résidentielle pour gens aisés. La métropole était parfois appelée « Antioche près de Daphnè » ou « Antioche-lez-Daphné » pour la distinguer des autres villes du même nom. L’actuelle ville turque d’Harbiye, près d’Hatay, occupe le site.