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L’histoire pour le plaisir

Héliodore

lundi 8 février 2016

Héliodore

Général-Ministre du roi séleucide Séleucos IV vers 175av.jc

Selon le récit du deuxième livre des Maccabées [1], Séleucos IV charge Héliodore d’inspecter et de confisquer le trésor du Temple de Jérusalem. Le grand-prêtre Onias III refuse catégoriquement cette réquisition [2]. Après son échec à Jérusalem, Héliodore empoisonne Séleucos à Antioche [3] et tente de se faire déclarer roi mais il est renversé et exécuté par Antiochos IV, frère de Séleucos IV.

Ce récit émaillé d’événements surnaturels semble être l’écho d’un conflit opposant le pouvoir séleucide et les autorités juives. Les Séleucides se débattent dans des problèmes financiers liés à la dette à verser aux Romains depuis la paix d’Apamée [4], alors que les autorités juives sont soucieuses de préserver l’autonomie financière du Temple.

Au sein de la société juive, ce conflit est relayé par différents partis luttant pour prendre le pouvoir à Jérusalem et qui en profitent pour faire jouer leurs alliances politiques.

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère : Des prêtres aux rabbins, Paris, Presses universitaires de France,‎ 2012

Notes

[1] Le deuxième livre des Maccabées est un livre deutérocanonique de quinze chapitres relatant la révolte des Maccabées sous un angle plus théologique et apologétique qu’historique. La période qu’il couvre est plus restreinte que celle du premier Livre des Maccabées : il s’ouvre en effet sur les derniers jours de Séleucos IV et se conclut sur la défaite quinze ans plus tard du général Nicanor par Judas Maccabée, héros de l’ouvrage.

[2] le trésor comprenait non seulement les dépôts du peuple mais aussi la fortune du tobiade Hyrcan

[3] Antioche est une ville de Turquie proche de la frontière syrienne, chef-lieu de la province de Hatay. Elle est située au bord du fleuve Oronte. Antioche était la ville de départ de la route de la soie.

[4] Le Traité d’Apamée-Kibôtos est un traité de paix signé en 188 av.jc, lors de la victoire des Romains sur les volontés expansionnistes d’Antiochos III, roi séleucide, durant la guerre de Syrie. Vaincu à Magnésie du Sipyle, le royaume séleucide doit renoncer définitivement à ses droits sur l’Asie mineure, au profit de Pergame (qui est alors composée de la Lydie, la Phrygie, la Pisidie, la Lycaonie et la Chersonèse) et de Rhodes (composé de la Carie et de la Lycie). Rome devient dès lors le propriétaire et gestionnaire de cette zone, et impose de nombreuses clauses territoriales et militaires pour favoriser une nouvelle organisation politique du monde hellénistique.