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Théodore 1er (pape)

vendredi 4 décembre 2015

Théodore 1er (pape) (mort en 649)

73ème pape du 24 novembre 642 jusqu’à sa mort

Né à Jérusalem, fils d’un évêque palestinien de même nom que lui. À la suite de son prédécesseur Jean IV , il se signala comme un farouche adversaire du monothélisme [1], doctrine que l’empereur Héraclius et le patriarche de Constantinople Serge 1er avaient adoptée officiellement en 638 en promulguant l’Ecthèse [2].

Théodore y était d’autant plus sensible que sa province natale, la Palestine, avait été le principal foyer de résistance au monoénergisme [3] et au monothélisme sous l’influence du patriarche Sophrone de Jérusalem .

Sitôt après sa consécration, il écrivit au patriarche Paul II de Constantinople pour lui signifier son rejet total de l’Ecthèse placardée à Sainte-Sophie.

Le patriarche Pyrrhus de Constantinople , ancien collaborateur et successeur de Serge 1er, ardent défenseur du monothélisme, avait été démis de ses fonctions au moment du renversement de l’impératrice Martine et de son fils Héraclonas en septembre 641, et remplacé par Paul II.

Réfugié en Palestine, puis à Carthage, il entra en contact avec un des chefs du parti anti-monothélite, le moine Maxime le Confesseur. Les deux hommes débattirent, et une dispute publique fut organisée en présence de l’exarque [4] de la province, Grégoire en juillet 645. Pyrrhus s’avoua vaincu et persuadé, et écrivit même un opuscule contre le monothélisme. Les deux ecclésiastiques se rendirent à Rome, où Théodore 1er prononça la réhabilitation de Pyrrhus et le tint pour le patriarche légitime de Constantinople. Cependant Pyrrhus, de retour à Constantinople, revint peu après au monothélisme.

En 647, Théodore 1er excommunia pour hérésie le patriarche Paul II de Constantinople. Quand celui-ci l’apprit, il fit supprimer l’autel appartenant au pape au palais de Placidie et rompit tout contact avec l’Église de Rome et expulsa le nonce [5].

Cependant, soucieux d’éviter un schisme, l’empereur Constant II promulgua en septembre 648 un édit appelé le Typos [6]. Refusant ce compromis, Théodore 1er prépara le concile tenu au Latran par son successeur Martin 1er et qui condamna à la fois le monothélisme et le Typos.

Théodore 1er fut le premier pape à reprendre officiellement le titre de pontife, venant du titre latin pontifex maximus [7] qui désignait le chef de la religion romaine à l’époque païenne et qui fut porté par les empereurs romains d’Auguste à Gratien, lequel l’abandonna en 379. À partir de Théodore 1er, les papes s’intitulèrent summus pontifex [8]. Théodore utilisa aussi le premier le titre de patriarche d’Occident, qui fut abandonné par Benoît XVI en 2006.

Il introduisit dans la liturgie romaine la fête orientale de la Dormition de Marie, qui plus tard, vers 770, fut appelée Assomption. À Rome, il fit bâtir l’église Saint-Valentin et orna somptueusement l’église Saint-Étienne [9].

P.-S.

Source : Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Encyclopédie catholique > T > Théodore Ier

Notes

[1] Le monothélisme est un courant de pensée du christianisme, développé au 7ème siècle dans le but de réunifier l’Église chalcédonienne et les Églises des trois conciles, et condamné comme hérésie au troisième concile de Constantinople en 681.

[2] L’ecthèse est le nom d’un Symbole de foi proclamé en 638 par l’empereur Héraclius et probablement rédigé par le patriarche Serge 1er de Constantinople. Il tente de susciter une réunion ecclésiale des monophysites arméniens, des sévériens d’Égypte et des jacobites de Syrie afin notamment de reconquérir l’appui des Ghassanides qui s’étaient alliés avec les musulmans et avaient pris les armes contre Byzance. Acceptée en 639 par un synode de Constantinople présidé par le patriarche Pyrrhus, cette tentative de conciliation de l’orthodoxie (dogme de Chalcédoine) et du monothélisme est par ailleurs condamnée par le pape Jean IV en 640.

[3] Essai de restaurer l’unité religieuse de l’empire, déchiré par le schisme entre les partisans du concile de Chalcédoine de 451 et ceux du monophysisme (notamment l’Église jacobite de Syrie et l’Église copte). Ces tentatives, fortement encouragées par l’empereur Héraclius, paraissaient cruciales pour souder l’empire contre les Perses, puis contre les Arabes.

[4] L’exarchat, mot d’origine grecque, peut prendre deux sens, le premier politique et administratif est propre à l’empire romain d’Orient et l’autre ecclésiastique est propre à l’Église orthodoxe. Dans les Églises d’Orient, un exarque est un évêque qui a reçu mission de représenter un patriarche auprès d’un autre patriarche ou dans un lieu qui n’est le territoire d’aucune Église orthodoxe autocéphale.

[5] Le nonce apostolique est un agent diplomatique du Saint-Siège, accrédité comme ambassadeur de ce dernier auprès des États.

[6] l’Ecthèse était retirée de Sainte-Sophie, mais toute discussion sur les points en litige était formellement interdite

[7] grand pontife

[8] souverain pontife

[9] L’édifice a été consacré par le pape Simplice entre 468 et 483 à saint Étienne, martyr dont le corps avait été retrouvé quelques décennies auparavant en Terre sainte et transporté à Rome. L’église a été la première de Rome à avoir un plan circulaire, inspiré de l’église du Saint-Sépulcre, à Jérusalem. Elle fut probablement financée par la riche famille des Valérius, dont les domaines couvraient une grande partie du Caelius. Leur villa était située à proximité, sur le site de l’actuel hôpital de San Giovanni-Addolorata. Saint Mélanius, membre de cette famille, s’était souvent rendu en pèlerinage à Jérusalem, et il y mourut, de sorte que la famille avait des liens avec la Terre sainte.